gfxgfx
 

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
 
gfx gfx
gfx
102326 Messages dans 7472 Sujets par 913 Membres - Dernier membre: pepeARea décembre 11, 2019, 11:36:28 am
*
gfx*AssociationDonsForumMessagesgfx
gfx
Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Mascarade - Cianers  |  Chroniques Groupe 2 (Modérateurs: Yademael, manquedebol, Cianers, Havokation, Ash, Kinburi)  |  [RP/HRP] Azz Père et Fille, la correspondance.
gfx
gfxgfx
 

Auteur Sujet: [RP/HRP] Azz Père et Fille, la correspondance.  (Lu 633 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne manquedebol

  • Moderator
  • *****
  • Messages: 1653
  • Sexe: Femme
  • e-kikookokine
    • Voir le profil
    • Moufle !
[RP/HRP] Azz Père et Fille, la correspondance.
« le: mars 05, 2013, 15:52:47 pm »
J'poste les lettres qu'Azz échange avec son Papa, parce que c'est trop classe et le monde entier devrait les lire, mais aussi pour qu'elles soient simples à retrouver par moi et le MJ au besoin.

Lettre à Papa 1
Citer
Père,

Je vous écris ce jour pour vous remercier. Les évènements récents que je dois vivre me font réaliser la chance que j'ai d'appartenir à votre lignée. Je porte cet honneur au plus profond de mon coeur et de mon âme. Je vous prie de croire à mon pardon sincère pour m'être éloignée de vos enseignements, ainsi que de ceux d'Haqim, loué soit son nom, ne serait-ce qu'un instant.

Cet égarement m'aura au moins permis de rencontrer Samson Bendjema. Ce combattant émérite m'a aidée à regagner le droit chemin, à me faire comprendre mes erreurs. Il me semble être un allié précieux dans ces lieux éloignés de la protection d'Alamut. Je me ferais une joie d'entretenir avec lui de solides liens fraternels.

Sachez enfin que ma quête avance. Haqim, loué soit son nom, n'a pas disparu sans laisser de traces. Les alliés avec lesquels je travaille, dans le but d'atteindre la vérité, sont dignes de d'intérêt et d'attention. Je partage volontiers avec eux la grandeur de notre ancêtre. Vous serez, je l'espère, ravi de savoir que je me suis rapprochée de Khayyin.

Que la paix soit sur vous et sur le nid.


Lettre de Papa 1
Citer
Ma très chère fille,

J’ai bien reçu ta lettre, et je t’en remercie. Avoir de tes nouvelles a soulagé ma conscience d’un de ses fardeaux. Je craignais de te voir t’éloigner autant de nos valeurs que de notre forteresse. Je suis ravi d’apprendre qu’il n’en est rien. Ces petits égarements ne sont rien face à la force de ta foi, et il est nécessaire de remettre en questions ses enseignements afin d’en comprendre leurs véritables sens, significations et légitimités.

Je suis ravi de voir que Samson répond à toutes ses obligations avec la ferveur et la conscience qui sont les siennes. Il est doublement ton frère et je me porte garant de sa sincérité. Tu peux voir en lui un être aussi digne de confiance que je le suis à tes yeux. Cependant, la mission de Samson n’est pas la même que celle qui t’est confiée, et ses épaules sont aussi lourdement chargées que les tiennes. Sache que s’il est trop orgueilleux pour te l’avouer, il pourrait également avoir besoin de ton aide. Aussi je te demanderai de veiller sur lui avec la même bienveillance qu’il t’accorde. Ainsi mes enfants, vous pourrez marcher plus sereinement sous la lune blafarde de cette ville lointaine.

J’ai suivi avec le plus grand intérêt les développements de ta mission et j’ai divers conseils et remarques à t’apporter. Sans vouloir diminuer le poids des charges de Samson, je suis obligé de reconnaître que ta quête dépasse de loin la plupart des obligations de tous tes frères et sœurs. Aussi il est d’un importance capitale que tu réalises l’impérieuse nécessité de sa réussite. Je ne remettrai pas en cause tes décisions et ta manière de procéder. Tâche cependant de ne pas éveiller trop d’ennemis sur ton chemin. Enfin j’ai un certain nombre d’informations qui te seront, je pense, utiles.

Nos espions ont recensé depuis quelques temps de nombreux « incidents », des objets, des individus, des créatures, et autres anomalies ne semblant pas provenir de notre monde se manifestent un peu partout. Ils sont rares, certains s’adaptent très vite. Nous pensons que c’est le cas de l’individu dénommé Janus avec lequel tu as déjà pris contact. D’autres réagissent de manière moins appropriée. Ainsi la coupure de courant générale de Moscou il y a quelques jours était vraisemblablement due à l’un de ces « Étrangers ».
Nos occultistes semblent convaincus qu’il y a une corrélation directe entre le départ d’Haqim, loué soit son nom, la disparition des antédiluviens, et la venue de ces entités. Il reste cependant difficile d’obtenir des informations précises sur l’origine de ces évènements. Si Haqim n’en est pas l’instigateur, alors elles doivent être d’une gravité extrême.

Notre source d’information la plus directe, il n’y a pas de mot plus approprié, nous a révélé des informations qui sont probablement aussi capitales que mystérieuses. Le sujet est un être vivant, à la fois humain et… autre chose. Il dispose de capacités magiques encore jamais observées. Il ne s’agit ni de la Magÿe des éveillés, ni des Numinas des rares sorciers. Il ne parle pas un traitre mot de notre langue et l’interrogatoire psychométrique mené sur lui nous a appris qu’il attribue tous ces évènements à un « Kel ».

Donner un sens à ce mot semble impossible. Mais après concertation, plusieurs concepts ont été retenu. Premièrement et pragmatiquement, il s’agit d’un texte, d’un livre, d’une parole, ou d’une chanson peut-être, d’une écriture, d’un parchemin, bref, d’un document. Mais c’est bien plus que cela. Les pensées et émotions collectées sur l’individu suggèrent un concept philosophique très exotique. Mais cela aurait un rapport avec le temps, et la possibilité, l’ensemble des possibles. L’ensemble des passés, des présents, des futurs, sur ce monde et les autres. Il semble associer notre monde à l’un des autres mondes évoqués par l’un des sens du mot « Kel ». Enfin, il faut lui attacher une notion de divinité. Pas au sens mythologique du terme, mais au sens ontologique, Ces « Kels » seraient en rapport avec la création. De quoi ? par quoi ? où ? et quand ? Cela reste à voir. Mais il semble que ces choses soient chargées d’une portion de cette énergie créatrice.

Ces informations sont à considérer avec la plus grande méfiance. Peut-être cet individu est-il fou, peut-être est-il simplement terriblement mal informé ou malveillant, ou peut-être nourrit-il des croyances erronées. Mais nous ne pouvons négliger aucune piste. L’individu en question, que nous traitons plus comme otage d’antan que comme un prisonnier, semble être à la recherche de ce « Kel », aussi je tenais à ce que vous soyez informée de ces développements pour le moins passionnants. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire de la découverte de ce « Kel » votre priorité. Mais restez à l’affût, ces informations pourraient vous sauver la vie ou vous mener à la vérité si elles s’avèrent exactes. Et dans le cas contraire, elles ont peu de chance de faire autre chose que de vous divertir comme un conte d’enfant.

Je vous tiendrais bien évidemment informée de tout nouveau développement, et d’ici là, que la paix soit sur vous et votre nouveau et lointain nid.


Lettre à Papa 2
Citer
Père,

Après les très récents évènements qui ont eu lieu à Paris, je me dois de vous confesser ma honte, et ma colère. Je vous l'ai déjà dit, mais je crois nécessaire de vous le rappeler, appartenir à votre lignée est un honneur que j'espère porter dignement. J'ai été atterrée par le comportement de Mokhtar. « Émissaire » déplorable de notre clan à Paris, il assassinait des humains, contrevenant directement aux paroles d'Haqim. Ce type de comportement doit être jugé, doit être puni ; Haqim dit aussi de ne pas tuer ceux de notre sang, de laisser ce privilège aux anciens.

J'avais géré cette situation, vous étiez prévenu, Alamut envoyait un enquêteur. Qui a autorisé Samuel Sombrage à prendre des droits sur ce prisonnier ? Pour quelles raisons ? Il m'a offert Mokhtar pour laver l'affront que ce dernier m'avait infligé. Je me suis nourrie du sang du coeur d'un être terrorisé et pitoyable. Bien sûr, que la diablerie est bonne, peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ! Je me suis repue de son âme car je savais ne pas désobéir à la volonté d'Haqim, mais cet acte m'a laissé un goût amer, le sentiment d'être maternée, de n'être qu'une faible chose. Alamut m'aurait accordé cette diablerie, je ne veux rien devoir à personne en ce qui concerne mon honneur et ma ligne de conduite.

Père, j'aimerais que vous me trouviez ces informations, je veux savoir comment il a réussi à s'accaparer le vampire que j'avais fait mettre aux fers, celui qui devait être jugé devant le clan pour ce qu'il m'avait fait. Je me sens humiliée de m'être vue offert la proie que j'avais capturée et qui me revenait de droit, même si je sais qu'il ne pensait pas à mal et qu'il pensait me faire plaisir.

De façon beaucoup moins pragmatique, plus intime et paradoxalement à tout ce que je viens d'écrire, j'ai besoin de votre lumière pour savoir comment me comporter avec les caïnites que je rencontre. Dans votre précédente lettre, vous me disiez :
« les petits égarements ne sont rien face à la force de ta foi, et il est nécessaire de remettre en questions ses enseignements afin d’en comprendre leurs véritables sens, significations et légitimités. »
J'ai peur de ne pas être sûre de la signification de vos paroles, notamment quand je pense à ce que Haqim dit en parlant des autres caïnites, de les juger, de les punir s'il est besoin. Je suis entière, loyale et franche, digne de confiance et dévouée à Haqim. Mais pourquoi notre voie est-elle si stricte ? Haqim n'a jamais été aussi dur en ce qui concerne les autres caïnites, un vampire qui n'adhère pas à notre façon de penser n'est pas forcément un être mauvais qui doit être annihilé. Ou alors si ? Je ne peux m'y résoudre. Le code de conduite que nous suivons se doit d'être exigeant et rigoureux pour nous permettre de garder la tête froide, je peux le comprendre. Mais pourquoi ne pas enseigner aussi la nuance, la subtilité, les singularités des enseignements que prônaient Haqim ? Pourquoi ostraciser volontairement notre clan ?

Que doit-on faire, laisser les autres caïnites s'entretuer, se vautrer dans la perversion et la corruption ? Nous protéger du monde extérieur dans notre nid, sans réagir ? Pourquoi ce choix ? Nous ne serions que de vulgaires prosélytes, incapables de changer le monde alors qu'il en a besoin ?

Je ne doute pas que vous savez comment je vis, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle vous m'aviez écrit ces mots. Il est vrai qu'il est dur d'avoir des avis divergents de ceux de ses compagnons de voyage. Il est vrai que je souhaiterais voir mourir tous les sabbatiques qui traitent la race humaine comme du bétail. Néanmoins des amis ne peuvent-ils pas s'épauler, se soutenir, se comprendre et, je ne sais pas, s'apprécier malgré ces différences ? Si ce n'était le cas, le monde ne serait que guerre perpétuelle, sectarisme ou hypocrisie, ce que je ne pourrais concevoir sans déchirement.

La beauté a-t-elle sa place dans nos vies ? L'art ? J'aurais aimé que vous m'appreniez l'art. Et la sensibilité. Bien sûr je sais qu'il est complexe de tout enseigner, mais n'est-ce pas le propre du vampire, que d'avoir le temps ?

Et je ne sais si je devrais vous demander ceci mais... les vampires savent-ils aimer ? Comment savoir, comment faire confiance dans ce monde tordu ? Est-ce renier Haqim que de s'intéresser à l'amour ?

L'angoisse me prend à l'idée de vous envoyer ces pages, pourtant je le ferai, comme toujours. Sachez une fois encore que je vous voue la plus sincère des déférences et que vous possédez mes remerciements éternels pour ce que vous avez fait de ma vie. Vous êtes un modèle pour moi, tout comme notre famille.

Que la paix soit sur vous et sur le nid.


PS : nous n'avons plus d'adresse et de refuge à Paris, adressez votre réponse à New-York si cela est plus arrangeant pour vous. L'hôtel dans lequel nous logions a brûlé. Des humains assez puissants, aux artefacts et armes assez impressionnants (certains ont forcé mes compagnons à ne plus se servir de leurs pouvoirs, pendant plus d'une nuit), sont venus déposer chez l'un de nous de faux parchemins très bien faits sur la Divine Comédie de Dante. Apparemment les caïnites qui reçoivent ces cadeaux finissent rapidement par mourir d'un suicide ou tués après être devenus complètement fous. Auriez-vous des informations à ce propos ?


Lettre de Papa 2
Citer
Ma très chère fille,

Je te remercie pour ta lettre, lire tes écrits est toujours pour moi un plaisir qui vient trancher avec la solitude monacale de mes occupations. Je regrette le temps où, comme toi, je ne recevais qu’une carte, plus ou moins blanche, ne mentionnant que l’objectif à remplir. Je parcourais alors le monde et ce sentiment de liberté me manque terriblement aujourd’hui. Peut-être devrais-je reprendre la route loin d’Alamut. Peut-être devrais-je fuir le climat vicié qui s’est abattu sur le nid d’aigle depuis que nous avons laissé des vautours, des corbeaux et des buses venir s’y poser.

J’avais rédigé une première réponse, mais un incident avec notre invité m’a détourné de cette occupation et je reprends maintenant la plume après notre inquiétant entretien téléphonique et j’ai désormais si peu de temps pour t’informer de tant de choses.

Concernant cet incident diplomatique, Je ne peux pas rentrer dans les détails, mais disons simplement que Samuel entretient d’étroites relations avec Alamut depuis longtemps. Eusse-je été en charge de la Dinssaf (ndmj : La justice en arabe) au Nid d’Aigle, que je t’eusse épargné un tel affront. Malheureusement, l’aveuglement de la justice est la chasse gardée des vizirs que les circonvolutions de la politique éloignent trop de nos idéaux. Je ne te donnerai qu’un nom : Bachar Al Shazar. Il est archiviste en chef de la Charia Assamite du Grand Vizir, le Sérénissime Iznogoud Al-Shabaab et saura répondre à tes questions en détails. Si tu décides de poursuivre cette piste, je me dois de te conter une histoire qui t’aidera dans ta tache.

Les archivistes du Grand Vizir sont depuis maintenant près de 800 ans ses souffres douleurs personnels. Il les choisit toujours de manière très impulsive, le nouveau étant généralement le meurtrier du précédent, ou l’humain le plus proche de lui. Lors de la première guerre du golf, l’ancien archiviste, le regretté Dilat Larat, récupérait des données dans le champ pétrolier Ar Rumaylah tenu par le régiment Nabuchodonosor de Saddam Hussein. Il fut tué par une frappe préventive ordonnée par la 1st Cavalry Division qui envahit les lieux quelques heures plus tard. Furieux d’avoir perdu son souffre douleur séculaire, le Grand Vizir se rendit immédiatement sur place afin d’étreindre le responsable. Alors que les derricks étaient en flammes, la fureur d’Al-Shabaab lui permit de braver sans problème le torrent de flammes qui dansait autour de l’ancienne exploitation pétrolière. Il avança jusqu’au centre de contrôle où il surprit sans difficulté les soldats américains en formation. Alors qu’il cherchait le colonel Thompson, le dirigeant de la 1st Cavalry, Iznogoud tomba sur Bachar, un prisonnier fanatique qui venait de s’évader et était tombé nez à nez avec le colonel. Seul obstacle entre lui et une hypothétique liberté, Bachar le tua de dix-sept coups de surin. Mais Iznogoud ne l’entendait pas de cette oreille et ne voulait pas avoir fait tout ce chemin pour rien. Il entreprit donc de faire de Bachar son nouvel infant. Mais hélas l’incendie avait gagné du terrain, et c’est dans un bâtiment rongé par les flammes que le nouvel archiviste s’est réveillé, le bras et la moitié du visage dévorés par les flammes. Si Iznogoud n’a pas eu de mal à le sortir de cet enfer, le pauvre nouveau né en a gardé un souvenir abominable. Désormais, la simple flamme d’une allumette le terrorise et je pense qu’il ne serait pas difficile pour une femme pleine de ressource telle que toi d’exploiter cette information.

Concernant tes questions sur notre philosophie, notre voie, notre Charia, je me dois de te mettre en garde. Chacun est libre d’interpréter les paroles d’Haqim, de défendre sa vision et de trouver l’équilibre pour dompter sa bête. Si ces enseignements te semblent faux, impossibles ou inacceptables, tu peux t’y adapter. En dehors de sa présence, l’infinie sagesse d’Haqim n’est rien de plus que ce que nous en faisons, et depuis plus de 1000 ans il s’est retiré de toute implication dans la politique du clan. Jamais, même lors de ses retours à Alamut, il n’a approuvé, condamné ou critiqué les enseignements qui étaient transmis en son nom. Donc ce que je vais te dire n’est que ma vision, et je ne t’en voudrais pas de t’en éloigner si tes raisons me semblent honnêtes. Je pense qu’aussi dur à assumer que soit le choix que nous faisons en nous engageant sur cette voie, la nature vampirique interdit intrinsèquement toute compassion. De par l’érosion de nos sentiments, de par notre nature dominante (accentuée par le fait que les vampires étreignent bien souvent des dominants) et de par l’organisation de la société caïnite, il nous est impossible de parvenir à faire respecter les enseignements d’Haqim aussi facilement et moralement que dans une communauté de bergers des montagnes. Aussi, quand on sait chaque vampire n’appartenant pas aux nôtres être un ennemi potentiel et bien souvent redoutable il ne nous est pas permis de compromettre l’accomplissement de Sa volonté pour une morale humaine impropre et traitre à notre nature. Bien entendu, tuer un vampire non repentant peut ne pas être une obligation. Et bien souvent, même les plus fanatiques d’entre nous se rendent compte que c’est une mesure drastique et lourde à payer. Certains font ce choix et l’assument. J’en suis, et je pense qu’elle profite à notre clan, que l’ostracisme auquel elle nous condamne est le prix à payer pour pérenniser notre clan comme Haqim le voyait. Pourtant je ne tue pas à vue tout vampire étranger, et nos émissaires, dont certains sont de fidèles suivant de notre voie, ne le font que très rarement. Car souvent un objectif plus grand prime, et certains peuvent être amenés à rejoindre notre cause, ou bien la confiance qui se lie, qui se crée, nous fait accepter que milles autres vampires poseront problème avant que ce frère ne devienne préoccupant. D’autres choisissent de s’éloigner de cette partie des Enseignements et s’imposent d’autres contraintes pour ne pas perdre leur emprise sur la Bête. Les musulmans se tournent vers leur ancienne religion, d’autres se concentrent sur d’autres leçons d’Haqim, et décident de protéger les humains plutôt que de tuer les vampires, de méditer chaque nuit pour ne pas s’éloigner de leur voie, de ne se nourrir qu’à certaines occasions ou sous certaines conditions. Les derniers enfin, renient cet enseignement et souvent, peu de temps à près, ils en renient un autre, et petit à petit ils perdent le contrôle sur leur Bête. Je te laisse donc choisir ta voie, ta Charia, et je serai ravi de lire ou de voir quel chemin tu choisiras.

En ce qui concerne l’Art, la Beauté, l’Amour, je devine que certaines rencontres t’ont amenée à te poser ces questions et que de là sont venus tes doutes concernant notre voie. Je l’imagine donc naturellement étranger à notre clan. Je te donne ma bénédiction car j’ai toute confiance en ton jugement, et je te prie d’accepter mes excuses. Tu as été arrachée trop tôt à la vie mortelle, il t’a manqué une certaine maturité que je n’ai pas su, voulu ou pensé à t’apporter. Je ne sais pas exactement.

C’est en doutant et en t’interrogeant sur notre voie, nos choix, notre histoire, nos traditions, nos enseignements, et en les confrontant à toutes les situations que la vie t’offre que tu approchera le plus d’Haqim. En attendant que tu le retrouves un jour, et que tu lui poses toi même toutes les questions qui brûlent ton âme et tes lèvres. Garde à l’esprit le concept fondateur de sa vie, de son clan, de ses enseignement : La Dinssak, la Justice, l’Equitée. C’est pour moi le concept essentiel, le seul dont il ne faut pas s’éloigner.

Concernant l’incident de ta diablerie, je suis porteur de bien sombres nouvelles. Il y a, à notre connaissance, un seul cas similaire. Celui d’un petit infant d’Ur Shulgi, un ancien guerrier qui après une Rose Noire, s’est vu contraint de porter l’âme de sa victime pendant 250 ans. Il semblerait que seule la Rose Noire rende un tel événement possible. L’âme de la victime étant partagée par plusieurs personnes, elle empêche le survivant de posséder complètement le diaboliste. Les parties de son âme absorbées par les acolytes perturbent temporairement les porteurs mais l’âme elle même, celle qui entre dans le corps du ritualiste, quoiqu’affaiblie, est bien plus tenace. Hélas, déjà morcelée elle est condamnée à disparaître tôt ou tard. J’ai déjà mis nos plus grand sorciers sur ce problème pour tenter de trouver une solution, mais je crains que tu sois condamnée à subir ce désagrément encore un certain temps. N’hésite pas à me tenir au courant de toute découverte susceptible de nous aider.

Enfin, il y a eu d’intéressants développements ici, à Alamut. Notre invité s’est montré capable de… matérialiser des flammes, impressionnantes. La surprise a poussé Amaravati dans une crise de Rötshreck, et, vexé d’être ainsi humilié, il est entré en frénésie. Je me suis occupé de protéger la réputation de notre Père commun, mais il a tué 14 vampires dans sa colère et pire encore, le prisonnier s’est échappé. Les montagnes d’Alamut sont ratissées jour et nuit depuis lors mais il semble s’être volatilisé. Je vous joins une photo, à tout hasard.

Accessoirement, ton histoire de chasseur ne fait sonner aucune cloche dans ma mémoire. Mais je me pencherai sur cette histoire avec plus de précision.

Je te tiendrai bien évidemment informée de tout nouveau développement, et d’ici là, que la paix soit sur toi et ton lointain nid.


Lettre à Papa 3
Citer
Père,

Je suis heureuse d'apprendre que mes lettres ne sont pas pour vous le fardeau que j'imaginais. Je me fais la réflexion parfois que mes états d'âme ne devraient pas être les objets de pans entiers de mes écrits, que peut-être un compte-rendu sobre et factuel de l'avancement de ma mission serait amplement suffisant. Je suis soulagée de savoir que vous ne m'en voulez pas de vous exposer mes doutes et de chercher conseil auprès de vous.

Il y a peu, je n'aurais pas compris la nostalgie dont vous me faîtes part, considérant Alamut comme un univers à lui tout seul, pouvant m'apporter tout ce dont j'avais besoin. Mais moi qui détestait New-York, qui pensait pouvoir cracher sur ce monde dépravé, je grandis chaque jour un peu plus en le parcourant, découvrant et apprenant sans cesse lors de mes voyages. Peut-être un jour aurons nous le plaisir de partir ensemble, mais votre présence à Alamut est pour moi la meilleure des garanties quant à la pérennité des traditions. Notre famille a besoin que ses membres les plus avisés la gardent de possibles détournements, de possibles égarements. Comme vous le faîtes pour moi.

Néanmoins vos propos concernant les rapaces et nuisibles qui auraient investi le nid me troublent, me laissent perplexe. Que se passe-t-il ? Est-ce grave ? Avez-vous besoin que je revienne ? Je vous fais toute confiance, à vous, à Amaravati comme à Ur-Shulgi pour défendre le refuge de notre peuple, mais je souhaiterais tout de même comprendre, ne pas laisser l'inquiétude germer dans mon esprit.

En ce qui concerne Samuel, j'ai découvert certaines informations qui me poussent à relativiser l'incident. Je lui ai par ailleurs fait part de ma désapprobation quant à cette ingérence, et je pense qu'il est homme à comprendre. Pardonnez mon emportement. Bien que muée d'une colère qui m'aurait peut-être poussée vers une cabale dangereuse, je pense pouvoir tourner la page de manière apaisée. Je garde néanmoins en mémoire ce que vous écrivez à propos du Sérénissime Iznogoud Al-Shabaab et de son archiviste Bachar Al Shazar, pour parer à l'éventuel cas désagréable dans lequel cette mascarade se verrait perpétrée de nouveau.

Quant à juger les caïnites que je pourrais rencontrer, je pense que vous m'éclairez beaucoup, encore une fois. Khayyin avait émis des lois que ses enfants devaient respecter, telles que celle de respecter les enfants de Set, ou celle de ne pas donner le baiser. Dans l'ensemble, je crois qu'il recherchait une certaine harmonie entre les différentes créatures naturelles et surnaturelles qui peuvent exister. Mon interprétation tend vers le vivre ensemble de ces races, sans prédominance de l'une sur les autres. En ce qui nous concerne, les vampires sont des parasites qui se nourrissent sur l'humanité, leur hôte. Nous, assamites, devons veiller à ce que la race maudite des enfants de Khayyin ne prolifère pas trop. Haqim a été désigné par ses pairs pour juger leurs discordes, en son temps. Nous descendons d'un être sage et impartial. Nous sommes désignés depuis des temps immémoriaux pour la tâche qui nous incombe. C'est ce que je comprends des principes que je dois respecter et faire respecter.

Dans ces conditions, un vampire qui se repent de ses actes n'est pas forcément un vampire qui décidera de suivre la voie d'Haqim pour contrôler sa bête. Après tout des relents d'humanité peuvent subsister chez des individus qui décident d'abandonner cette dernière. Et certains des nôtres respectent les paroles d'Haqim sans pour autant se servir de celles-ci pour dominer leurs instincts. Si un maudit embrasse la connaissance et les principes que je soutiens, il est sur la bonne voie pour laver ses pêchés. Je dois encourager ce comportement chez ceux que je juge dignes et capables. Les autres ne méritent que la mort ultime.

Le manque de compassion dont vous dites faire preuve n'en est pas un à mes yeux. Vous jugez durement ceux qui doivent l'être, tout comme je m'y emploie moi-même. Votre expérience et la sagesse qu'elle a amené donnent à vos paroles un écho puissant en moi. Je ne me suis pas trompée de voie, et quand bien même je commettrais de nouvelles erreurs, quels que soient mes doutes futurs, ma conclusion est et restera. Quand je retrouverai Haqim il pourra être fier de sa descendance.

Je ne peux accepter vos excuses quant à l'influence que vous avez eu sur moi. Vous avez changé ma vie et je ne pourrai jamais... je n'aurai pas assez de temps, en toute une éternité, pour vous exprimer toute ma gratitude. L'immaturité que je transporte sert la fougue et la passion qui m'animent dans la défense des préceptes d'Haqim. Elle sert aussi l'impulsivité et la naïveté qui me compromettent en d'autres occasions, mais j'apprends de mes erreurs ; et cela reste, somme toute, une grande partie de mon caractère.

Je... je vous remercie pour votre assentiment concernant... concernant l'étranger au clan. Je reste... interdite devant certaines questions, n'ayant jamais connu telle relation. Au moins pouvons nous compter sur une certaine prudence de ma part, pour une fois. J'espère ne jamais vous décevoir.

Pour le problème de Ramen, puisque c'est son nom, j'ai contacté une salubrienne. Peut-être pourra-t-elle m'aider. Si ce n'est pas le cas, j'apprendrai à vivre avec lui. Mais il est hors de question pour moi de devoir supporter pendant 250 ans ces absences, cette intrusion. En parallèle de mes missions, je n'aurai de cesse de chercher à rétablir ma condition, dusse-je trouver les plus grands érudits, ou traiter avec des mages ou des garous. Vos nouvelles me sont plutôt rassurantes au final, et je vous suis très reconnaissante de chercher à m'aider.

Quant au fuyard, je resterai vigilante. Il me plairait de consulter les rapports que vous avez pu compiler, sur cet individu et ses pouvoirs.

Ne doutez pas que si je ne pensais pas froisser sa susceptibilité, j'adresserais mes voeux les plus sincères à Amaravati.

Que la paix soit sur vous et sur le Nid.


Lettre à Papa 4
Citer
Père,

Plusieurs évènements me poussent à chambouler le cours de notre correspondance ; j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

Je vous remercie tout d'abord de m'avoir envoyé Nassim Wali. Il a délivré de précieux conseils à mes compagnons de route et je regrette de ne pas avoir pu le remercier en personne pour sa diligence et sa perspicacité.
Je vous demande ensuite de bien vouloir me pardonner, je ne pensais pas que son déplacement serait aussi court, peut-être aurait-il été plus utile ailleurs.
Bien que vous soyez probablement déjà informé, bien que le début de ce billet vous le laisse entendre, je vous confirme la disparition de l'âme qui s'était installée dans mon corps.
Je ne manquerai pas de vous parler, un jour, de ce que peut ressentir celui dont on dévore l'âme au moment d'une diablerie.

Maintenant que cela est dit, je veux vous parler du conclave que le Prince Deloraison a organisé, il y a deux jours. Assan Alil était présent, mais je ne le connais pas encore, pas personnellement en tous cas, et, quelle que soit la personne à laquelle il rend des comptes, je me dois de vous expliquer, au moins succinctement, ce qu'il s'y est passé.
Plusieurs vampires influents de New-York, ainsi que le groupe dont je fais partie, ont été réunis pour désigner un bouc émissaire qui serait envoyé à William Oldcastle, Prince de Londres, pour juguler son courroux et ne pas mettre Jean Deloraison dans une position délicate en ce qui concerne la réunion du cercle intérieur qui va se dérouler dans un an.
Sur 17 voix, Samuel Sombrage en a récolté 7, et moi 6. Samuel est l'étranger au clan dont vous aviez deviné l'existence, il y a quelques temps. Quand vous lirez ces lignes, il sera probablement mort.
Pour essayer de le sauver, j'ai décidé de révéler aux personnes présentes le fait que je connaissais de nombreux secrets les concernant. Ce faisant je me suis mise dans une piètre position politique, mais je ne crains pas pour ma vie. Je m'excuse d'avoir mis en danger, mis en jeu, cette vie que je vous dois. J'espère que votre réputation ne sera pas entachée par celle, sulfureuse, que l'on me prête actuellement.

Sachez que mes recherches avancent. J'aurai probablement besoin de revenir à Alamut pour éclaircir certains points occultes avec l'aide d'Amaravati, dans quelques mois. À cette occasion, je vous ferai de vive voix un rapport. Nous en reparlerons, mais j'espère pouvoir amener aux portes de notre refuge mes compagnons. Notre collaboration est en passe de devenir plus importante.

Que la paix soit sur vous et sur le Nid.


PS : je suis bien entourée, ne vous faîtes pas de soucis.


Lettre de Papa 3
Citer
Ma très chère fille,

Je commencerai par te prier d’accepter mes excuses. Mon silence a été long et injustifié, et bien que cela soit une règle que l’on enseigne à nos nouveaux nés, je ne veux pas en faire une coutume entre toi et moi.

Tu te doutes qu’il ne s’agit pas là d’une volonté purement personnelle mais de l’intrusion de mes responsabilités jusque dans les sphères les plus privées de mon intimité.

En effet, Alamut a perdu de sa gloire d’antan. Ur-Shulgi est parti chercher notre père. – Rassure toi, pour l’instant il se contente d’entrer en torpeur méditative quelque part en Afrique. – Cependant son départ a donné naissance à un odieux triumvirat auquel j’ai été contraint de prendre part. Amaravati me demande de dédier la quasi totalité de mes nuits à soutenir ses idéaux. J’ai peur que l’amitié qui l’a toujours lié à son père ne fasse naître en lui une dichotomie regrettable.

Le Sérénissime Iznogoud Al-Shabaab, Grand Vizir de son état, joue, je pense un jeu dangereux, il distille les tensions entre guerriers et mages et les cristallise où et quand ça l’arrange. Je pense qu’il trame quelque chose, et je me suis fait un devoir de découvrir la vérité. Cela me laisse que peu de temps pour penser à toi. En un sens c’est une bonne chose, la nostalgie qui s’anime en moi quand je pense à ce que pourrait être la vie d’aventure menée aux côtés de mon infant.

Les recherches pour tenter de trouver le prisonnier ont eu des résultats mitigés… Il est mort. Son cadavre a été retrouvé dans les ruines d’une bâtisse non loin d’Athènes. Il était enfermé de l’intérieur dans une pièce remplie de nourriture. Fromages et tomates en abondance. Pourtant notre autopsie a révélé qu’il n’avait rien mangé pendant des jours et que la cause de sa mort avait été l’ingestion d’un grand nombre de clous. C’est un mystère total que je dois malheureusement laisser en suspens. L’autopsie a également révélé un détail inouï : Bien que vraisemblablement masculin, le sujet avait un utérus à l’intérieur de ses entrailles, à l’intérieur duquel on a retrouvé un petit cristal en forme de croissant de lune, brisé.

J’ai reçu une correspondance de Samuel, me remerciant de mon rôle dans sa résurrection et qui loue avec une grande humilité la manière dont tu t’es chargée d’orchestrer son retour parmi nous. Je ne crois pas aux choses de l’amour entre les vampires, c’est une illusion éphémère qui peut seulement berner les mortels. Mais je pense que tu as, par tes gestes, je dirais même plus, par ta geste, montré à cet homme la force de ta Destinée. J’ai coutume, comme tous les vieux qui s’égarent, seuls, dans les méandres de leurs pensées, de diviser l’ensemble des êtres en deux catégories. Ceux qui suivent docilement le fil que les pârques tissent pour eux et ceux qui tels des Hercules, saisissent leur destin au berceau pour mieux le dompter. Je pense, à la lecture de ses mots, que tu lui as montré, d’une manière irréfutable, que tu étais de la seconde sorte.

Cela emplit le coeur de ton vieux père d’une immense fierté.

Je sais que les temps dans lesquels tu évolues sont troublés et troublants. Ne te laisse pas distraire par l’adversité. Fais confiance à ceux qui ont su se montrer digne de la tienne. Pardonne aisément à tes alliés les petites fautes qu’ils ont commis mais ne les oublies pas. Car c’est dans les détails que se révèleront les traitres et les fidèles. C’est une chose que de commettre un faux pas, c’en est une autre que de se fourvoyer. J’ai un présent d’une rare valeur pour toi. Une relique islamiste qui est fortement convoitée, je te laisse l’utiliser à bon escient. Il s’agit de la Lumière du Vizir, une lanterne dans laquelle tu placeras une bougie en cire d’abeille de Béjaïa que tu auras préalablement fait infusé dans suffisamment de ton sang. Tu la suspendras en un lieu que tu choisiras avec précaution, car une fois choisis, tu ne pourras plus la déplacer, sous peine de briser le charme à tout jamais. Cet endroit qui devra être un refuge sera éclairé par la lumière bienveillante du prophète. (Si tu crois à la religion Islamiste). Toujours est il que chaque individu entrant dans ton refuge fera briller d’avantage la bougie s’il est ton allié et fera baisser la lueur de la flamme s’il ne t’est pas sincèrement fidèle. Il faudra changer régulièrement la bougie car chaque personne testée consomme un peu de sang infusé. J’espère que cela t’aidera à faire tes choix en ces heures difficiles.

Je te tiendrai bien évidemment informée de tout nouveau développement, et d’ici là, que la paix soit sur toi et ton lointain nid.


Lettre à Papa 5
Citer
Père,

Je suis heureuse de vous lire, néanmoins vos nouvelles me rassurent et m’inquiètent à la fois.

Je ne peux concevoir ni comprendre que ceux du Sang se déchirent. La situation que vous me décrivez me pèse et m’insupporte, me fait frémir de rage. Je ne comprends pas comment cette entorse majeure aux préceptes d’Haqim est possible. L’impunité des mécréants ne tiendra pas.

En lisant votre lettre, j’ai pensé revenir près de vous. Je le ferai au plus vite, hélas actuellement, plusieurs choses m’arrêtent.

À vous, je crois pouvoir le dire. J’ai peur de revenir dans notre nid. Peur de découvrir les charognards, peur de comprendre que les nôtres sont comme les autres, peur de devoir me dévoiler la face. Je n’y arrive pas. La politique, la manipulation, l’hypocrisie et le mensonge, ce n’est pas pour moi. J’ai essayé, Sire, je vous l’assure. Avec Assan Alil et Thompson Gunner, qui me… m’ennuyaient. J’ai fini par prendre l’un pour taper sur l’autre. Enfin, pas moi, un ami, moi j’essayais de leur expliquer qu’ils étaient vraiment nuls et qu’ils me… m’ennuyaient. Je suis désolée, je ne sais pas quelles répercussions cela peut avoir sur vous. J’imagine qu’il eut été préférable de les manipuler subtilement pour leur faire cesser leurs… bêtises, mais j’ai du mal à apprécier cette méthode.

Par ailleurs, la situation évolue rapidement ici et mes activités se diversifient. Ma recherche d’Haqim est en pause ces dernières semaines. Le Prince Deloraison m’a nommée Juge aux Affaires Vampiriques, c’est gratifiant mais peu prenant pour le moment. Disons que New-York change et va bientôt être agitée de nouveau. Les remous des futurs évènements nous déposerons en Europe. À ce moment, je viendrai vous voir, et nous parlerons de choses importantes.

Sachez que j’ai pleuré en lisant votre fierté. De joie et de fatigue. Oui, les choses évoluent rapidement. J’ai l’impression parfois de me noyer sous les responsabilités, de me sentir seule, de mal agir, de ne pas être capable ni digne. Je sais que je peux me confier à vous et cela m’aide beaucoup. Je vous parle de ces abattements passagers parce que j’ai confiance en vous, et, je dois l’avouer, parce que vous êtes loin.

Samuel m’a parlé de votre correspondance. J’ai toute confiance en lui, et j’ose espérer que pour une fois vous faîtes erreur, que l’amour n’est pas une illusion éphémère. Je me repose sur ses épaules, mais je ne peux pas tout lui dire. C’est littéralement une question de vie ou de mort. C’est pourquoi je vous supplie humblement, si vous y aviez pensé, de ne jamais lui faire part de ces dernières pensées, de ces difficultés. Il y a des fardeaux que l’on ne peut partager à tous. Je vous mettrai dans la confidence lorsque nous serons réunis ; en attendant, soyez assuré que mon calvaire reste doux.

Pour continuer dans le fantasque et romantique sujet de la confiance, j’ai longtemps hésité à installer votre merveilleux cadeau. Je n’étais pas sûre de savoir où il serait le plus utile, mais j’ai décidé de l’accrocher au Moulin. C’est le nom que l’on donne à l’entrepôt où vous faîtes déposer ces lettres. Sachez que je m’attèle à mieux le sécuriser, un Trémère est passé à ce propos. Je rechignais à le faire malgré votre message, mais la récente perte d’un des murs et de la totalité du système de surveillance informatique m’a donné un petit coup de fouet. J’hésite à y rajouter des pièges mécaniques. Il faut que je me procure des ouvrages à ce propos.

Quant au prisonnier, vos informations sont très précieuses et recoupent beaucoup de celles que j’ai. Je cherche depuis plusieurs jours à contacter un allié absent qui devrait pouvoir m’en dire plus, sans succès. Quand j’en aurai parlé avec lui, je pourrai peut-être éclairer certains points avec vous.

Vous me manquez. Puissiez-vous ramener la paix sur le nid grâce à votre prestance, la paix dans mon cœur grâce à votre sagesse.


Lettre de Papa 4
Citer
Ma très chère Fille,

En lisant votre dernière lettre, une certaine culpabilité me saisit. Voulant vous montrer ce que le clan devrait être et non pas ce qu'il est, voulant faire de vous une assamite telle que nous devrions l'être et non pas telle que nous le sommes, j'ai voilé et obscurci votre jugement avec une candeur inappropriée à notre monde, à notre temps.

Oui, le nid est loin des légendes et des récits qui ont bercé votre éducation. Oui, il est perverti, grouillant de charognards, d'opportunistes et de traîtres. Je redoute votre retour car je crains qu'un tel constat ne vous éloigne de vos idéaux, ne vous éloigne des nôtres et donc, de moi. L'heure est grave, mais je ne baisse pas les bras. Comme vous le dites, il est agréable et apaisant de pouvoir confier à quelqu'un de confiance ses problèmes, ses angoisses. Mais n'oubliez pas une chose mon enfant, les loyalistes ont toujours été, ont toujours dirigé, et ont toujours survécu.

Notre Clan est fort car Haqim, son fondateur, Fils de notre Père à tous, loué soit son Nom, a accepté le lourd fardeau de la justice. Si Khayyin a délégué cette lourde responsabilité à notre Aîné, c'est car Lui seul pouvait, parmi ses Frères et ses Fils, supporter une telle charge. C'est donc avec la plus grande légitimité qu'il a fondé notre lignée. Et nous portons encore, nous, les loyalistes, cette légitimité. Plusieurs fois au cours de notre histoire, des schismes et des crises ont ébranlé notre clan. Des sécessions individuelles, religieuses, politiques, et bien d'autres. Toutes ont échoué car nous sommes les porteurs des principes d'Haqim, ceux pour lesquels nos frères ont accepté de se soumettre à notre Justice. Et nul homme, nul prophète, nul idole ne saura nous enlever ça.

Oui, l'heure est grave et le travail est immense. Mais soyez assurée qu'avec ou sans nous, notre clan survivra, comme il l'a toujours fait. Et l'honneur et la justice assamite triompheront toujours des violents et juvéniles idéaux passagers.

Ceci étant, je me dois de reconnaître la grande difficulté de la situation politique du nid. Et votre coup d'éclat, s'il amuse et fait sourire le vieux père qui vous a élevée, me nuit quelque peu. Il nous faut, maintenant plus que jamais, savoir nous distinguer de nos ennemis. Et céder à des pulsions violentes, certes justifiées, détériore grandement notre image. En acceptant de devenir garant de la justice, nous avons du renoncer à tous nos vices. Qui accepterait la morale et le jugement d'un homme souillé par ses vicissitudes ? Personne. Il vous faut, vous qui êtes désormais investie du plus haut honneur qui ait jamais été fait à notre clan, savoir faire fi de vos états d'âme et vous demander ce qui doit être fait, pas ce que vous aimeriez faire.

Plus dur encore, vous devez remplir votre tache avec la plus grande solennité. Les faiblesses du commun des immortels ne vous sont plus permises.

Néanmoins, je ne veux pas que vous battiez trop sévèrement votre coulpe. Ce petit écart doit être pour vous le signe révélateur de la grande responsabilité qui vous incombe désormais. Un tel incident ne nourrira rien d'autre que les rancunes personnelles de ces deux mécréants. Mais tâchez de rallier derrière vos nouvelles fonctions le plus grand nombre de nos semblables. Il n'est pas question d'intriguer ou de manipuler. Il est question de fédérer les nôtres autour de notre but premier dans des temps où chaque dissension se paye lourdement.

J'ai toute foi en vous ma fille et cela n'entache pas la fierté ou l'affection que j'ai pour vous. Bien au contraire.

J'espère que mes quelques conseils sauront éclairer votre chemin. Je préfère néanmoins garder mes réserves sur vos relations personnelles. La non vie ne m'a pas apporté les mêmes opportunités que vous à ce sujet et je serais un bien mauvais mentor sur ce terrain.

Protégez votre refuge comme vous le souhaitez, je joins à cette lettre les références de différents ouvrages écrits par nos semblables à ce sujet. Mais n'oubliez pas que votre meilleure protection reste vos proches et alliés.

Dans l'attente de vous lire, je prie pour que l’œil de Khayyin surveille votre route.
« Modifié: août 12, 2013, 11:01:48 am par manquedebol »
Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles.
Oscar Wilde

Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Mascarade - Cianers  |  Chroniques Groupe 2 (Modérateurs: Yademael, manquedebol, Cianers, Havokation, Ash, Kinburi)  |  [RP/HRP] Azz Père et Fille, la correspondance.
 

gfxgfx
gfx
SMF 2.0.15 | SMF © 2011, Simple Machines
Helios Multi design by BlocWeb
gfx
Propulsé par MySQL Propulsé par PHP XHTML 1.0 valide ! CSS valide !