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Opale Campagnes  |  Cthulhu  |  IdF - Vincent B  |  CR (Modérateur: Vincent_B)  |  CR 2017/05/06 - L'île noire, suite et fin
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Auteur Sujet: CR 2017/05/06 - L'île noire, suite et fin  (Lu 395 fois)

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Hors ligne jeff75006

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CR 2017/05/06 - L'île noire, suite et fin
« le: mai 09, 2017, 14:41:58 pm »
Journal de Mike Mullins, Dimanche 1er octobre 1933, juste avant l’Office de Toussaint

Dans quel Enfer nous sommes nous aventurés ? Je vais tenter de coucher par écrit ce qui nous est arrivé sur cette « Ile » tant que j’ai l’esprit clair et lucide. Franck lui-même ne se souvient plus de rien. J’essaierai de n’omettre aucun élément, tant il est important que si nous ne pouvions revenir à New-York, le monde sache quels sont les mystères que nous avons découverts.
A peine avons-nous eu le temps de souffler suite à la première escarmouche avec ces marins dégénérés, que Franck aperçoit une silhouette claudicante quelques mètres plus loin. Pensant pouvoir l’intercepter pour l’interroger, je m’élance, mais au même moment une nuée d’ombres humanoïdes décharnées se précipitent sur nous. Franck se met à hurler et semble ne plus avoir toute sa tête. Une de ces formes se précipite sur moi sans que je puisse l’intercepter, elle me saute à la gorge. Quelle horreur ! Je sens ses « mains » me prendre le cou, et l’épouvante me saisit quand je vois son visage tout à fait non humain, ressemblant à un poisson, aux petites dents, aux yeux sombres, avec une crête, comme une nageoire sur le dessus du crâne. Je sens son odeur fétide, celle du poisson pourri. Sa peau est humide et froide, et des « griffes » tentent de pénétrer ma gorge. Je me débats, arrive à le toucher, mais c’est David qui arrive à assommer la chose qui s’affaisse, mourante. L’assaut se poursuit, et nous parvenons, sans trop de mal, à liquider les créatures. Franck est en pleine crise de paranoïa. Edmund arrive tant bien que mal à le raisonner, mais on sent bien qu’il ne va pas bien.
Nous insistons pour que quelques marins gardent les chaloupes, et partons inspecter le Dekkert. Sur le chemin, une autre créature s’enfuit, Franck la liquide. Elle était équipée d’une sorte de trident abîmé en alliage de cuivre, non rouillé donc, que nous récupérons. Nous passons un peu de temps à inspecter le corps et confirmons qu’il ne s’agit en rien d’un être humain dégénéré mais bien d’une espace bipède manifestement équipée également pour la nage, avec en particulier des mains et pieds palmés. De plus, la grande maigreur des individus nous amène à penser qu’elles seraient plutôt en mauvaise santé, ou très vieilles.
Nous profitons du chemin vers le Dekkert pour observer plus attentivement l’Ile. Il est clair que les formes que nous observons ne sont pas « normales ». La côte ne parait pas issue d’une érosion classique par la mer. Nous remarquons aussi qu’une espèce de « mousse » ou couche blanche recouvre de larges portions du sol. Nous l’identifions (merci aux connaissances scientifiques de l’équipe !) comme étant de l’hydrate de méthane (ou clathrates de méthane), plus communément connue sous le terme de « glace qui brule », cette substance présente dans certains fonds marins. Etrange.
Nous montons sur le Dekkert auquel il manque la chaloupe arrière tribord (et une autre sur le flanc bâbord). Nous échangeons avec la chaloupe de secours qui nous annonce arriver dans une dizaine de minutes. En attendant, nous pénétrons prudemment dans le Dekkert. Il y règne une très forte odeur de poisson. Nous commençons par la cuisine, qui a servi récemment. Nous découvrons dans la cabine du capitaine une carte avec la route suivie par le bateau jusqu’à l’Ile, un texte écrit à la main, mais dans un langage incompréhensible (quoiqu’en alphabet romain, donc sans doute codé), et le journal de bord (dont la dernière entrée remonte à huit mois lors d’une escale à Madagascar). Puis nous fouillons les cabines le long du couloir où nous récupérons des livrets et notes écrits dans des langues inconnues. La fin de la fouille nous amène dans les quartiers d'équipage et les espaces où la graisse de phoque était fondue et stockée. Enfin, et nous comprendrons plus tard pourquoi, nous découvrons une cale entière puant l’urine et les excréments, avec des chaines indiquant le transport de nombreux êtres humains réduits à l’esclavage. Sous une apparence de phoquier, se cachait un bateau « négrier » moderne ! Quelle horreur.
La chaloupe de secours arrivée, nous allons au-devant de son équipage. C’est à ce moment, qu’entre 2 vibrations du sol et bruits sourds provenant des entrailles de l’Ile, des hurlements épouvantables nous parviennent du sommet. Nous en sommes tous glacés jusqu’au sang.
Nous décidons, courageusement, mais ne sommes-nous pas venus pour sauver nos camarades disparus ?, de partir vers le sommet de l’Ile. Nous laissons Cole et 6 marins en protection des chaloupes, leur demandant de rester prêts en cas de départ précipité. Edmund, Franck, David, Sykes, Porter, Pulaski, "Colt", Cotter et moi-même partons à l’assaut de l’Ile.
Cela monte dur, et le froid devient rapidement de plus en plus intense. Les reliefs sont très étranges, et loin d’être « naturels ». Sommes-nous sur une immense construction ? Régulièrement, de nouveaux hurlements de terreur ou de souffrance nous parviennent. Et comme un malheur n‘arrive jamais seul, le sol vibre de plus en plus et les coups sourds redoublent. La brume s’éclaire de plus en plus, mais reste impénétrable. Nous atteignons le sommet de l’Ile qui se révèle, pour ce que nous en percevons, c'est-à-dire pas grand-chose, tout à fait plat. Des relents fétides nous parviennent. Nous avons le sentiment que de nombreuses « entités » peuplent ce plateau. Pour ne pas nous perdre, nous imaginons de laisser un cordage comme fil d’Ariane pour que nous puissions faire demi-tour rapidement et retrouver le chemin en urgence.
Le brouillard se lève légèrement. Des sortes de projecteurs très lumineux semblent posés sur le sol et projettent vers le ciel une très intense lumière blanche. Nous les évitons autant que possible et refusons de les regarder directement. Nous entendons des rumeurs devant nous. Franck s’approche doucement. Nous percevons, dans le brouillard, 10 silhouettes humaines, dont une avec un long manteau. Nous organisons discrètement une salve de tir qui décime le groupe, une deuxième l’anéantit dans la foulée. Nous avançons. D’un coup, Franck aperçoit une silhouette humaine accrochée en hauteur au-dessus d’un puits sombre. Nous arrivons à l’attraper en nous entraidant, mais il glisse légèrement dans le puits et semble être agrippé par une créature qui serait au fond. Nous luttons et arrivons à le dégager, mais le malheureux a une jambe arrachée. Edmund arrive à le stabiliser, et le prend sur ses épaules (pas pour longtemps, il sera abandonné dans la fureur de la prochaine escarmouche). On tire plusieurs fois dans le puits, mais cela semble toujours s’agiter à l’intérieur. Nous renonçons à en savoir plus et continuons à avancer. Nous avons dû abandonner notre fil d’Ariane.
Nous sentons qu’un groupe arrive sur nous, nous nous préparons à tirer encore en salve. 7 monstruosités humanoïdes, ces sortes de « singes des mers » que nous avons déjà vus avant, se précipitent sur nous. Nous arrivons à les liquider, sauf un qui se jette sur Porter qui peine à se libérer. Nous arrivons à éliminer la chose alors que Porter commençait à être sérieusement pris à la gorge.
Nous percevons un nouveau groupe qui psalmodie, à côté d’un de ces phares terrifiants. Comprenant que nous sommes en sous-nombre sur ce plateau (ils sont sans doute des centaines), et que nous ne pourrons les liquider un à un avec nos armes, je propose de semer le chaos en enflammant les plaques de « glace qui brule ». Cela fonctionne, mais le brouillard ne se lève pas. On entend des groupes surpris, mais les psalmodies ne cessent pas. Nous tombons sur un cadavre humain totalement déchiquetés. Sans doute l’un de ces esclaves transportés dans les cales du Dekkert.
D’un coup, nous arrivons près d’une grande dépression, sans doute au centre du plateau, qui nous apparait ainsi bien plus grand que ce que nous imaginions. Nous y descendons prudemment, comme sur des gradins sculptés, toujours protégés par le brouillard. Rapidement, le brouillard s’éclaircit… à notre grand malheur !... En effet, face à nous apparaît un spectacle abominable, impie. Au centre de la dépression s’érige un gigantesque bâtiment de pierre, sculpté, composé de 5 ou 6 faces chacune ouverte d’une immense porte. Le bâtiment doit faire plus de 100 m de haut, et chaque porte peut-être 90m ! Mais le plus étrange, c’est cette impression bizarre et dérangeante d’une architecture, voire d’une géométrie « anormale ». Edmund nous dit même qu’il lui semble que les faces semblent bouger tout en étant immobiles, tant et si bien qu’on dirait que toutes celles du bâtiment sont visibles d’un seul coup d’œil. Les immenses phares forment une forme de cône pointé vers le ciel, qui ceint le sommet du bâtiment. Mais au-delà, c’est la masse de centaines de formes humanoïdes (certaines humaines, d’autres non) rassemblées tout autour du bâtiment, et semblant chanter une mélopée ignoble et lamentable qui nous horrifie… Entre étourdissement et nausée, nous tentons de reprendre nos esprits en nous cachant derrière des rochers. Puis nous essayons d’agir : au milieu du plus grand groupe d’adorateurs, un homme, vêtu d’une longue toge, semble guider la cérémonie. Franck épaule le fusil longue distance de Starkweather, et prend tout son temps pour éliminer le grand leader. Un coup : il touche ! L’homme vacille, atteint au foie, un 2ème coup, près de l’épaule, le met au sol, certainement mort. La masse semble stupéfaite, totalement silencieuse, et nous n’attendons pas longtemps pour fuir d’autant plus que nous sommes repérés. C’est l’affolement pour nous comme pour nos ennemis.
Nous remontons en urgence vers le plateau envisageant de le traverser au plus vite pour rejoindre le talus et le suivre pour retrouver la corde et le chemin vers nos chaloupes. Le sol redouble de grondements. Des voix et grognements montent dans nos têtes, comme par une sorte de télépathie ignoble. Franck semble être en pilotage automatique, courant le regard vide. David est aussi semble-t-il profondément choqué, mais il suit. Passant près d’un globe lumineux, je ne peux m’empêcher de tirer dessus pour le détruire, me disant qu’il doit avoir un rôle dans la cérémonie impie. Le souffle d’une explosion violente me jette au sol, et il est heureux que je ne sois pas blessé. Un geyser de flamme et de feu s’en échappe maintenant, en torrent apocalyptique. Je récupère un morceau du globe, comme un cristal, et le mets dans la poche. Nous sentons les poursuivants à nos trousses, mais le brouillard du plateau nous laisse le temps de retrouver la crête que nous suivons et retrouvons rapidement le cordage indiquant le chemin. Des bruissements d’ailes nous alertent sur de possibles attaques du ciel. Nous dévalons la pente comme des furies. Dans notre fuite éperdue, chacun d’entre nous chute à son tour, mais malgré les blessures nous arrivons en vue des chaloupes rapidement. Nous hurlons pour que les marins se préparent à partir en urgence. Ils lâchent les caisses de vivre qu’ils étaient en train de charger, et positionnent les chaloupes dans le sens du départ, moteur allumé. Bizarrement le Dekkert est sur le flanc. Pas le temps de réfléchir, nous sautons dans les deux chaloupes motorisées, chacun tractant une autre chaloupe à rames pleine de vivres.
Nous voyons des centaines de formes humanoïdes s’agglutiner sur la plage, nous en profitons pour lancer un tir nourri. Mais nombre d’entre elles plongent dans l’eau, et continuent à nous poursuivre. On voit des vagues de bulles nous rejoindre et sentons les chaloupes percutées, nous tirons à l’aveuglette pour échapper au naufrage. Mais les voix dans nos têtes se calment rapidement, et nous voyons que nous échappons à nos poursuivants. Un dernier regarde vers l’ile nous étonne : elle semble s’être largement enfoncée dans les flots, et le sommet luit de multiples lumières et explosions illuminent le bord opposé de l'île. Nous entendrons encore pendant de longues minutes les détonations sourdes et violentes. Alors, dans une forme de révélation, il me vient à l’esprit que cette « Ile » n’en est pas une, mais un navire intersidéral, une nef de l’espace ou d’un autre monde. En tout cas, jamais il ne s’est agi d’une ile…
De retour au bateau, malgré notre effroi et notre fatigue, nous sommes assaillis de questions. Nous urgeons le capitaine de prendre le large au plus vite. Mais comme il est difficile d’expliquer en peu de mots l’inexplicable !
Franck a repris ses esprits mais a perdu tout souvenir de son passage sur « l’ile ». Il semble particulièrement touché par cet épisode. Le Docteur Greene s'occupe de lui et va essayer de le soigner (il découvrira sa phobie le lendemain en se lavant…).
David nous explique qu’il a vu ce qu’il y avait derrière une des portes du bâtiment : un autre monde ! Des planètes, des soleils, un autre monde !… Il est aussi particulièrement éprouvé par cette vision.
Edmund guide le capitaine vers les chaloupes qui ont été remontées et lui montre que leur fond a été griffé et mordu, comme si on avait voulu les faire couler depuis le fond de l’eau… La preuve que nous n’avons pas inventé l’histoire. Et puis les témoins sont nombreux maintenant et indiqueront à l’équipage que nous n’avons pas tout inventé…
J’en profite pour scruter le ciel clair, l’étoile mystérieuse qui était apparue depuis quelques jours a disparu. Il y a fort à parier que cette étoile et notre « ile » ne font qu’un… Frisson…
Nous sommes de suite auditionnés par Starkweather, le capitaine et son second. Edmund fait un récit complet. L’assistance reste très perplexe. Nous sommes désolés de n’avoir pu sauver les huit marins de la Gabrielle qui ont sans doute été sacrifiés sur l’ile, mais pensons avoir fait le maximum pour le faire, tout en préservant notre peau.
A la suite de l’entrevue, le capitaine me demande de venir à la barre pour observer les compas : il les ouvre et me montre que les aimants ont dû être déplacés, un sabotage. Il cherche à savoir si j’ai une idée de qui a les compétences pour faire cela dans l'expédition. Bien sûr non. Pour lui, seules les personnes ayant accès à la barre seuls peuvent avoir fait le sabotage. La liste est rapidement établie : le maître d’équipage Blunt, les quartiers-maîtres Oates et Houlihan, et les 5 matelots brevetés survivants Almondale, Cotter, Pellerin, Moseley et Pierce. Il est possible que l’un d’entre eux soit notre saboteur. J’insiste auprès du capitaine pour qu’on puisse faire une fouille discrète des cabines de ces suspects. Il est hésitant mais finit par accepter, mais c’est lui qui nous indiquera quand faire la fouille.
Je présente le caillou issu du « phare brisé » aux géologues Griffith et Porter : ce n’est ni du verre ni du quartz, rien d’évident pour eux.
Nils et Charlène sont interrogés sur les « singes marins » : ils indiquent que de nombreuses légendes parlent d’êtres humanoïdes marins, mais rien de très significatif à nous révéler.

Le lendemain 30 septembre
Nous réparons les 4 petites radios, pendant que Starkweather commande le matériel nécessaire pour réparer les 2 grosses radios à l’escale de Melbourne. Les pannes avaient été provoquées par une projection volontaire d’acide… Encore un sabotage. Nous inspectons les cales pour vérifier si le matériel de chimie embarqué n’a pas été utilisé pour ces sabotages, mais il est intact.
L’équipage me semble toujours plus parano à notre encontre. Seul Cotter est chaleureux.
Pendant ce temps Franck est désigné assistant officiel du radio. Edmund va discuter avec Starkweather pour préparer les explications officielles sur la mort des marins…
Nous avons maintenant 4 à 5 jours de retard, nous arriverons en Australie autour du 20 octobre.
Voilà. Ce matin 1er octobre je vais assister à la messe de Toussaint. Très à propos après tant de morts autour de nous… Seigneur, quel monde me fais-tu parcourir ? Quelles horreurs restent-ils encore à découvrir ?
« Modifié: mai 21, 2017, 19:13:05 pm par Vincent_B »
Je volerai au-dessus des Montagnes Hallucinées, j'en reviendrai et le monde se souviendra de moi!

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