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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Dorothée  |  Livre I – L’Invasion de la Plaie du Monde (Modérateur: Dorothée)  |  Les voix du passé
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Auteur Sujet: Les voix du passé  (Lu 448 fois)

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Hors ligne Celena

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Les voix du passé
« le: avril 17, 2016, 16:42:25 pm »
Xéna, tiens-toi droite, fermes les yeux et concentres-toi.

L’enfant grimaça et s’exécuta non sans souffler.

Xéna !
Quoooiiiii ! je me concentre !
Non tu ne te concentres pas. Je ne ressens rien.

Raghnild posa ses poings sur ses hanches, visiblement agacée. Voilà près de deux heures maintenant qu’elle tentait en vain d’entrainer la fillette et rien ne se déroulait comme prévu. Elle n’était pas du tout à ce qu’elle faisait. Pas un seul sort ne c’était déroulé correctement.
Xéna baissa les yeux sous le regard courroucé de sa mère et prit une moue boudeuse.

Mais heu…. Pourquoi je dois travailler ? Karl il s’amuse lui. Pourquoi j’peux pas être dehors avec lui ?
Parce que Karl ne va pas devenir prêtre et toi si.
Mais moi je veux pas.
Silence ! tu devrais mourir de honte. Tu as été choisie par notre déesse. C’est un immense honneur. Tu me succéderas que cela te plaise ou non. C’est ainsi. Assez perdu de temps à présent. Puisque tu ne veux pas faire de sorts, nous allons étudier les traditions.

Un gémissement répondit à Raghnild. Xéna fixait sa mère les yeux embués. Les traditions, c’était pire que tout.

Ah non ! ne me regardes pas comme ça ! allez ! au travail jeune fille !
Eh bien eh bien…. Que ce passe-t-il ici ?

Thorvald venait d’entrer dans la pièce.

Papaaaaaa !!!!! hurla Xéna en se précipitant vers lui.

Le géant attrapa sa fille, la souleva de terre comme un fétu de paille et commença à la faire virevolter en l’air sous les éclats de rire de l’enfant avant de la prendre dans ses bras. Xéna s’agrippa de toutes ses forces, enfouissant son visage près de ce puissant cou.

J’veux aller jouer…. chouina-t-elle à voix basse
Oui ma chérie, vas-y, lui répondit-il en la posant à terre.

Elle ne se le fit par dire deux fois et fila hors de la pièce sous le regard furieux de sa mère.


Xéna ouvrit les yeux.
Le silence de la nuit enveloppait la ville endormie. Elle se redressa, le cœur battant.
Cela faisait cinq nuits à présent que sa mémoire s’éveillait. Des souvenirs lointains qu’elle pensait oubliés lui revenaient avec une précision stupéfiante.
Elle s’assit au bord du lit, ferma les yeux et savoura la fraicheur de la nuit sur sa peau.
Tout semblait immobile, suspendu. Elle saisit un drap qu’elle enroula négligemment autour de sa nudité, se leva et sortit.
Au-dehors, la rougeur du ciel lui parut plus terne qu’à l’accoutumée et il lui sembla par moment percevoir un rayon de lune.
Elle avança, pieds nus sur la terre battue, laissant son regard courir sur Drezen. L’on pouvait entendre ronronner le feu des forges, donnant à la cité un air de gros chat assoupi. En son cœur, la masse noire des tours de la citadelle se détachait du reste. Elle l’observa un moment, plongée dans ses réflexions. Ils avaient parcouru beaucoup de chemin depuis leur départ de Kénabrès et en dépit des quelques distensions existantes, ils pouvaient tous être fiers de ce qu’ils avaient accompli.
Son regard glissa vers la droite de la citadelle où Ali et sa petite famille s’étaient établis.
Depuis peu, elle était devenue maman. La première naissance notable dans la ville fortifiée.
Oui, beaucoup de choses avaient changé depuis Kénabrès.

Elle se tourna et fit face à son temple en construction, posant instinctivement une main sur sa poitrine, à l’endroit même où Amarok avait disparu.
Quelques jours plus tôt, ici-même, elle était redevenue la prêtresse qu’elle était autrefois. Pulura l’avait rappelée à elle.
Sa joie avait été double cette nuit là. Arueshalae, la succube repentie rencontrée quelques semaines plus tôt, était elle aussi devenue prêtresse. Une joie qu’elle n’avait pu partager sans créer l’incompréhension voir pire. Après plus de 70 ans de fuite, Pulura l’avait accueillie et c’était tout ce qui comptait.
Xéna ferma les yeux et la pria en silence. Pour la première fois depuis bien des années, elle se sentait enfin entière, en paix avec elle-même, avec son passé. Un sentiment de sérénité l’avait envahie. Le sentiment de ceux qui savent où est leur place, de ceux qui savent ce que l’on attend d’eux. Après des années d’errance et d’égarement, elle avait enfin retrouvé son chemin. Et jamais plus elle ne s’en écarterait.

Un bruit sur sa droite la sortit de ses pensées.
Une silhouette avançait vers elle, massive. Elle n’eut nul besoin de la voir de près pour reconnaître la démarche d’Ulf. Elle le laissa approcher, sans bouger.
L’homme ne tarda pas à arriver à sa hauteur. Son regard glissa instinctivement le long des épaules nues de la jeune femme dont la peau métallique semblait scintiller tel de la poudre d’or puis se ressaisit aussitôt.
Pourquoi es-tu debout en pleine nuit ?
Xéna haussa les épaules.
Un rêve. Rien de plus.
Prémonitoire ?
Elle secoua la tête en signe de négation. Pour la seconde fois, elle avait rêvé de sa mère et cela la secouait.
Tu ne devrais pas rester seule dehors. Dès demain, deux hommes seront postés ici.
Je n’en ai pas besoin et tu le sais.
Je ne te demande pas ton avis. Je suis ton général et en tant que tel, je fais le nécessaire pour la sécurité de notre reine et prêtresse.

Xéna s’apprêta à répondre lorsque la voix courroucée de Zack résonna dans sa tête. Ulf était son général, responsable des hommes et de la défense. Elle ne devait pas remettre ses décisions en question. A contre cœur, elle acquiesça en signe d’accord.


Je retourne me coucher. A demain.
Je te raccompagne.

Xéna se mordit la langue et fit demi-tour, Ulf sur ses talons.
Il la quitta au seuil du temple, reprenant son tour de garde.
Elle le regarda s’éloigner. Elle savait que le moment était venu. Le moment de remettre chaque chose à sa place. Dès demain, elle y remédierait. Le temps était venu pour elle de tenir son véritable rôle.
Il était temps de rendre le pouvoir au roi.

Ulf s’immobilisa, se retournant à temps pour voir disparaître la silhouette de la jeune femme. Au plus profond de lui, il avait la certitude de toucher enfin ce qu’il considérait sien depuis toujours. Il le sentait aussi surement que le chasseur sentait sa proie.
Ses muscles se contractèrent, il serra les poings. Bientôt, très bientôt, il tiendrait le rôle qu’était le sien. Très bientôt, il possèderait ce qui lui revenait de droit.

Xéna se recoucha.
Son regard erra sur le plafond inégal de sa chambre. L’endroit était spartiate. Juste le strict minimum et cela lui convenait. Elle avait toujours vécu ainsi.
Elle se tourna sur le côté, remontant le drap. Un scintillement dans un coin accrocha son attention.
Posée précautionneusement sur une chaise, sa robe de prêtresse, seul atour de valeur.
Elle se l’était faite faire en prévision de ce jour à venir. Celui où elle cesserait d’être reine et endosserait son rôle de grande prêtresse.
Seul Aerys était au courant de sa décision. Le prince elfe ne s’en était nullement étonné. Xéna avait été transparente avec lui le jour où il avait proposé ses services à la reine des barbares : elle ne resterait pas reine, ce n’était pas sa place.

Son regard détailla la robe, ses broderies, ses perles… l’image devint floue. Lentement, la jeune femme sombra de nouveau dans un profond sommeil.

« Xéna….  Xéna ! Tu m’écoutes ? »
La fillette leva les yeux vers sa mère. Deux bonnes heures déjà qu’elle l’écoutait lui expliquer le rôle de grande prêtresse mais l’imagination de l’enfant avait fini par prendre le dessus, l’emmenant ailleurs.
« Désolée maman. »
Raghnild s’assit près d’elle et caressa la tête blonde de sa fille. 
« Ce n’est pas grave. On arrête là pour aujourd’hui. Tu peux aller jouer avec ton frère si tu veux. »
L’enfant se leva puis, se ravisant, se tourna vers sa mère.
« Je serai comme toi ? une grande prêtresse ? »
« Oui. Comme moi et ta grand-mère avant moi. Comme tous nos ancêtres. Cela remonte à loin maintenant. »
« Loin loin ? loin comment ? »
« Au moins huit générations. »
« Wouah ! alors notre famille est très vieille ! »
« La plus ancienne. »
La curiosité piquée au vif, l’enfant se rassit aussitôt, les yeux pleins d’étoiles.
« Mais alors si on est les plus vieux, la première grande prêtresse, elle est devenue comment grande prêtresse ? »
« L’on dit que cela c’est fait lors du premier pacte. »
Raghnild se pencha et déposa un baiser sur le front de l’enfant.
« Une famille aussi vieille que la notre. Ils portaient le nom de Kantaria. »


Xéna bondit hors de son lit, le cœur battant. Des perles de sueurs glissèrent le long de sa nuque, son sang battait ses tempes.
Comment avait-elle pu oublier ?
Elle plongea les mains dans l’eau claire, s’aspergea le visage, puis prenant appuie sur le rebord, contempla son reflet.
Elle inspira profondément, se redressa, s’habilla, saisit son arme et sortit.

Il était temps de remettre les choses à leur place.


 
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