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102535 Messages dans 7508 Sujets par 887 Membres - Dernier membre: AlexKet septembre 23, 2019, 12:55:15 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 5ème : Terre d'asile (Modérateur: Sstrad)  |  EPILOGUE
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Auteur Sujet: EPILOGUE  (Lu 3760 fois)

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Hors ligne Valaar

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EPILOGUE
« le: février 25, 2016, 22:35:59 pm »
LE PRESENT

« Laisses moi tranquille! »

L’agacement de Gabriel était perceptible dans sa voix profonde. Les hommes présents autour de lui ne comprenaient pas les raisons de ces fulgurances mais aucun ne se risquaient à le questionner quand il parlait ainsi… mais à qui?
« Modifié: février 25, 2016, 22:50:02 pm par Valaar »
Les décisions basées sur l'émotion ne sont pas des décisions. Franck Underwood, House of Cards.

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EPILOGUE
« Réponse #1 le: février 25, 2016, 22:36:42 pm »
Des semaines plus tôt.

Gabriel se lavait la figure quand son reflet dans l’eau le fit sursauter. Reprenant ses esprits, il porta ses doigts à son visage avec inquiétude. Et d’où lui venait cette manie de frotter sa langue sur ses incisives? Il avait vu quelque chose dans le reflet, une bête à la peau grise. Il releva la tête vivement.

« Que passe-t’il? Parles! »

L’homme en face de lui s’approcha, levant les mains dans un geste d’apaisement. Gabriel lui fit part de sa vision et l’homme s’approcha encore pour lui regarder le blanc de l’oeil.

« Et bien… Voilà qui est pour le moins étonnant. »

Gabriel s’impatientait tandis que l’homme farfouillait dans ses affaires pour enfin trouver et brandir dans un geste triomphant un petit miroir sans défaut qu’il tendit au suzerain qui le dépassait d’une tête.

« Regardez, Roi Gabriel, regardez vos yeux. Vous voyez cette ligne verticale de couleur jaune au milieu de votre iris? C’est quasi imperceptible mais c’est là.
- Et alors?
- Et alors? Alors, il semble que vous n’êtes pas seul. »

Gabriel ne comprenait pas un traitre mot de tout cela.

« Qu’est-ce qu’ils ont mes yeux, ce n’est pas naturel ?
- Pas vous, Roi Gabriel. Tout est naturel. Allez, ne tardons pas, vous avez une grande route à faire.»

Le monde avait changé. Des jours et des nuits ne pourraient suffire à entendre tout ce qui s’était produit durant ces siècles et ces siècles. Mais les faits étaient là : Gabriel était revenu avec l’antique relique. Leur destin était lié, ils seraient de nouveau réunis pour reprendre le combat contre elle, c’était écrit : « L’épée est une lame sans poignée, elle appellera la main qui la garde. »

Gabriel 1er avait un long voyage à faire et ce voyage serait mis à profit pour apprendre quel nouveau visage avait son royaume aujourd’hui divisé. Le chaos… L’oeuvre de Naërissa.
Le soir venu, il se força à s’allonger. Il lui faudra dormir régulièrement pour tenir la cadence d’un rythme soutenu jour après jour.

Ne trouvant pas le sommeil, il fouilla dans sa mémoire à la recherche de lointains souvenirs apaisants… ou délicieux.

Dans la pénombre de la grande salle royale qu’elle avait fait vider, Aëlynn dénoua ses cheveux qui cascadaient sur ses épaules comme des fils d’or animée d'une vie propre à la faveur de la lumière d’une seule bougie sur un chandelier voisin. Pour le chef de guerre qu’il était, elle ressemblait de plus en plus à l'image de la sorcière par excellence. Séductrice et doucereuse, ombrageuse et tentatrice à la fois. Le contraste entre ce feu obscur qui animait Aëlynn était saisissant comparée à la mélancolie glacée de Gabriel. La nuit et le jour. Indissociables depuis leur première rencontre.



La jeune femme avançait avec assurance, délaçant son corsage, se déchaussant d'un pied puis de l'autre tandis qu'elle passait une main sur son front pour dégager les cheveux de son visage et le regarder fièrement. Parvenue tout près de Gabriel qui restait assis sur le trône, elle posa un pied sur sa cuisse et se pencha sur lui, frôlant les parties les plus tendres de son anatomie. D'une voix plus douce, glissant vers le grave : « Je t’ai tant espérer sans savoir que je te voudrais chaque jour ». N’y tenant plus, le roi agrippa les hanches de sa reine et la regardait avec intensité. Pendant qu'il la toisait avec envie, elle caressait d'une main ses longs cheveux bruns, avec une manière presque indécente de le toucher comme si elle pensait à d'autres parties de son corps ce faisant. Elle continuait de se déshabiller songeant également au moyen le plus rapide et efficace d'ôter les vêtements de son colosse d’amant.

Avisant les cicatrices que portait Aëlynn, Gabriel relâcha un peu la pression de ses doigts pour les effleurer avec inquiétude. Elle posa sa main sur la sienne, la pressa sur sa peau et la mena vers son ventre.

Ces blessures ne sont rien désormais. Elles n’existent pas, elles sont vouées à disparaître. C’est ta marque que je porterais.
- Et moi, la tienne. »

L’ensorceleuse le regarda et se retint de lui demander s’il saisissait la portée de ces mots, elle avait déjà abordé le sujet des tatouages originels avec lui. Précaution inutile, chacun des mots qu’il prononçait devenait vérité, il n’avait d’ailleurs jamais besoin de dire les choses deux fois. Une étincelle s’alluma dans ses yeux et elle se pencha vers lui pour humer son odeur, sentir le goût de sa salive. Elle ne voulait pas le laisser prolonger ce moment, elle se redressa, ondula et se frotta contre lui, qu'il comprenne un peu plus clairement l'idée, qu'il sente ses seins au travers de cette épaisse et pénible couche de vêtements dont il fallait le libérer.

Puisqu'il fallait vraiment tout faire soi-même, elle entreprit de déboutonner, délasser, défaire son haut, passant ses mains sur sa peau dégagée. Il dégageait une chaleur qui contrastait agréablement avec la fraîcheur constante de sa propre peau... Gabriel sentait bien et clairement que la manière dont elle se tenait et se mouvait avait tendance à forcer, accentuer le contact avec une partie de sa personne dont elle attendait beaucoup.

Il ne réfléchissait plus, tout son corps était appelé à répondre, à comprendre qu'il y avait quelque chose à faire, quelque chose qui était inscrit au fond de son esprit, du côté de l'instinct. Le froid de la salle disparaissait et la flamme de la bougie devenait un brûlant feu de cheminée. Des ombres inquiétantes courait sur le corps de son amante, le couvrant de motifs fantasmagoriques qui pouvaient presque passer pour une évocation de sombres vents de magie. Déjà le visage d'Aëlynn semblait inaccessible, une étrange expression entre absence et quête, taillée dans une pierre froide, des fils noirs, semblables à une toile d'araignée qui dansaient, l'entouraient, le prenaient dans ses rets. La bête avait de nombreuses pattes, son être se démultipliait, partout à la fois... Et soudain quelque part en particulier, s'étant glissée sous le tissus de son pantalon, caressant, le prenant et le tourmentant avec un soin raffiné, cherchant à lui arracher soupir et gémissements… 
Gabriel laissa échapper un léger râle, il sentait bien de petites pointes de douleurs mais la passion l’anesthésiait et le plaisir dominait largement.


N’y tenant plus, il saisit la main d’Aëlynn pour la soustraire à son anatomie, en mordit la pulpe avant de lui bloquer le bras dans son dos d’une main impérieuse, pour la bien maintenir et après un dernier regard ardent vers elle, il attira son bassin vers sa bouche…




Grommelant dans un demi-sommeil, Gabriel 1er laissa descendre sous sa couverture une main indolente vers son bas-ventre qui le picotait avec ténacité. Sentant son sexe tendu comme un arc, il esquissa un petit sourire satisfait et songea : « dix mille ans, hein! »

« Hé, arrêtes ça!
Qu… quoi? »

Gabriel chercha partout autour de lui. Il était pourtant seul. Qui avait parlé?

Fais voir la suite! », reprit la voix.

Cette voix. Elle s’exprimait dans sa tête. Il hurla à tout rompre, cherchant le responsable de ce maléfice ou LA responsable. Il s’empara en un éclair de son épée : que Naërissa se montre, il la tuerait sur le champ. Il déboula ensuite dans la pièce voisine et pointa son arme vers l’homme qui mélangeait des herbes avec du gruau.

« Expliques-moi cela sur le champ!
- Vous… D’accord, je pense que vous êtes prêt cette fois. »

Boken posa devant lui sa préparation en commentant la mixture « c’est un décontractant mais gardons cela pour plus tard… Hum. Peut-être voudrez-vous d’abord rengainez vos armes, mon roi? »

Un instant incrédule, Gabriel réalisa que l’homme parlait autant de sa chemise de nuit enflé à la taille que de l’antique relique à son poing. Agacé, il leva un index en guise d’unique avertissement. Boken fit mine de baisser les yeux vu qu’il aimait assez l’idée de la présence de sa tête sur ses épaules. Puis la relevant doucement, il reprit :

« Il est temps de vous parler de quelqu’un qui semble refuser toute idée d’enfermement. »

Gabriel connaissait assez les hommes pour comprendre que Boken ne le craignait pas en réalité. Pour le moment, pour le moment seulement, il était le seul lien qu’il avait avec le monde d’aujourd’hui. Il fit preuve de tempérance et écouta patiemment les explications qu’il exigeait.

Et il comprit. Il comprit qu’il n’avait pas simplement apparu par enchantement dans cette époque mais que le corps d’un homme, un demi-orque à la peau grise, avait servi de réceptacle à son essence, à une part de son être qui avait demeuré dix mille ans dans l’épée. Ce demi-orque, il l’avait déjà vu dans son palais, il accompagnait l’Aëlynn du futur… L’Aëlynn du présent !

« Un instant ! Cet homme est dans ma tête? C’est ça que tu me dis? »

Un haussement d’épaules désolée n’était pas une réponse satisfaisante.

« Qu’il s’en aille! Enlèves-le!
- C’est que je ne peux pas, c’est… compliqué. Surnaturel.
- Cela t’amuse?
- Non-non. Du tout.
- Et là? Il est là? Il m’entend?
- Au moment où nous parlons, non. Et quand bien même il le voudrait, il ne pourrait pas : l’épée est trop proche de vous pour cela. Le temps qu’une solution satisfaisante soit trouvé, si vous ne voulez pas être « dérangé », gardez l’épée contre vous, vous ne serez pas importuné. Il dépend de vous de lui faire une « place ».


- Aëlynn. Il la connait. Elle est ici, je veux la trouver.
- Et surseoir à votre projet de revenir sur votre terre d’origine? »

Son silence suffisait comme réponse. Gabriel avait un lien fort avec la terre qu’il considérait comme sacrée, là où tout a commencer. Finalement, Gabriel ne dormit pas de la nuit. Il tenait la relique près de lui et regroupait de son mieux ses souvenirs sur ce demi-orque. Un demi-orque… La horde. La grande horde dont avait parlé Boken en était pleine. Alors le roi eut une idée.
« Modifié: février 25, 2016, 22:50:14 pm par Valaar »
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« Réponse #2 le: février 25, 2016, 22:37:32 pm »
« Montres-la moi.
- Tu me rendras mon corps?
- Assez avec cette question. Ne m’oblige pas…
- … à me répéter. Oui, je sais. Tu fais que ça, te répéter, montres moi Aëlynn et… »

La voix se tut instantanément quand Gabriel agacé posa la main sur la relique.

« Quel crétin, lança-t’il à Boken. Quand je pense qu’il m’a paru assez de confiance pour que je lui montre les souterrains de mon palais.
- Je vous ai dit qu’il avait un problème personnel avec l’enfermement, répondit Boken d’un air navré. Mais vous êtes un des plus grands rois de l’histoire de Golarion, si ce n’est le plus grand. Vous saurez quoi faire. »
« Modifié: février 25, 2016, 22:50:29 pm par Valaar »
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EPILOGUE
« Réponse #3 le: février 25, 2016, 22:38:08 pm »
Gabriel était dans une cage dont les barreaux étaient entérrés dans la terre.

A coté de lui, trois enfants, qu’il savait être sa soeur et ses amis… dont une ressemblant à sa propre fille. Autour d’eux, dans la nuit, il voyait des silhouettes légèrement phosphorescentes de petite taille. Voir dans le noir était un sensation surprenante. Ils avaient des lances ridicules, des bras maigres et des têtes difformes qu'il savait pouvoir briser à pleine mains.

Ces mains justements, elles étaient grises et il creusait sans relâche, encore et encore. A bout de force, les ongles cassés, les doigts en sang, il n’abandonnerait pas et interdisait à ses amis de perdre espoir.


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« Réponse #4 le: février 25, 2016, 22:38:46 pm »
« RHAAAAAAAAHHHH ! »

La douleur était vive, Gabriel posa un genoux à terre en écarquillant les yeux. L’instant d’avant, il était enchainé au fond d’une cellule et sa joue était brulé au tison ardent. Gabriel soufflait comme un buffle et toucha avec perplexité son visage. Il jeta un regard vers son épée, il n’avait qu’à tendre le bras pour s’en saisir et faire partir Valaar de sa tête.

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« Non, Gabriel, attends. Je… je suis désolé, j’aurais du te prévenir. Mais tu voulais savoir…
- Elle était là. Je l’ai vu, enfermée dans la cellule voisine.
- Ah d’accord…, répondit la voix avec amertume.
- Quoi, d'accord ?!
- Aëlynn ceci, Aëlynn cela…
- Et alors? Je n’ai que faire de toi.
- …
- Valaar?
- Je ne suis pas là, votre altesse. »

Gabriel se tourna vers Boken qui regardait la scène avec attention et promit :

« Je vais l’étriper. » avant de s'éloigner en donnant un coup de pied rageur dans le feu.

Boken grimaca et garda prudemment pour lui que le projet annoncé par son roi était pour l'heure techniquement compliqué.
« Modifié: février 25, 2016, 22:50:51 pm par Valaar »
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EPILOGUE
« Réponse #5 le: février 25, 2016, 22:39:20 pm »
Aussi agacé que pouvait l’être un grand roi devant l’inconstance de celui qui habitait son esprit, Gabriel acceptait de plus en plus de le laisser monter à la surface.

« Les flammes noires, montre-les moi.
- Non… pas ça. Et comment est tu courant?
- Mes rêves, tes rêves, je ne sais pas.
- D’accord... je vais essayer de te montrer. »

Gabriel plongea sa main dans la sacoche qu’il portait à la ceinture et entrepris de mâchonner un agglomérat de racines séchées. « Quelle puanteur », lâcha-t’il à voix haute. « Je ne sens rien » répondit Valaar avec tristesse.

L’ancien roi s’installa en tailleur et vit progressivement l’herbe verte qui l’entourait céder la place à une salle richement décorée. A ses cotés, une jeune femme, Lyssandaria devenu de Porth, la pretresse d’Abadar et face à eux, Aëlynn Valmont.
« Valmont? Oui, Valmont, mais c’est pas son vrai nom et… Continues, concentres-toi. Comme si c’était facile… Concentres-toi ! »

En face d’eux, le visage d’Aëlynn prit un aspect glacial. Ses cheveux flottaient en apesanteur et une ombre immense apparut derrière elle. Celle-ci enfla, avalant la lumière environnante.

« Sors, Lyssa! demanda Valaar affolé.
- Non, je n’ai pas d’ordre à recevoir chez moi, tu…
- Noooooon! » hurla Gabriel.

Gabriel n’avait pas quitté des yeux Aëlynn et ne comprenait que trop bien ce qui allait arriver. Il regarda sans voix cette Lyssa qu’il aimait malgré son fichu caractère. L’image de la prêtresse se confondit avec celle d’une petite fille sur le crâne duquel venait d’apparaître une mèche argentée. Il se jeta devant elle pour la protéger de son corps quand le souffle crépitant des ténèbres explosa, détruisant littéralement la pièce. Il avait mal, sa chair était en sang. le bruit avait vrillé ses tympans. Les vases et les meubles retombaient en miettes comme autant de débris soulevant un nuage de suie et de poussière.

Non. Il se redressa sur ses coudes et s’approcha du corps sans vie de sa soeur de lait.
« Sors. Sors… » murmura-t’il en passant une main tremblante dans ses cheveux cramoisis avant de la prendre dans ses bras et de la serrer.

Réalisant qu’il la serrait de plus en plus fort, Valaar reposa son corps avec une délicatesse insoupçonnée. Le colosse se releva en silence et tourna lentement la tête vers Aëlynn. Ses narines étaient légèrement retroussées, les dents serrés, tout en lui respirait le meurtre imminent.

« Non. Arrêtes! »

Valaar ne répondit pas à Gabriel. Sa poitrine se soulevait avec force et ses yeux étaient d’un noir de jais. Devant lui, Aëlynn était comme groggy, tenant à peine debout. Gabriel lui hurlait de se défendre mais elle n’entendait pas, trop occupée à regarder avec effarement le corps de la prêtresse au sol et parfaitement inconsciente qu’elle perdrait la vie à son tour sous peu.

Les images devinrent flou. Un homme curieusement habillé entra, constata d’un oeil expert le décès et informa calmement Aëlynn qu’elle serait jugée et executée.

Plus tard, un jeune homme entra dans la pièce et lui demanda désemparé ce qui s’était passé. Valaar demeurait hagard.

« Valaar, qui est-ce? Pourquoi la tient-il ainsi? demanda Gabriel mais personne ne l’entendait.
- Je-suis-désolée, je-suis-désolée, répétait Aëlynn qui devenait d’une pâleur inquiétante.
- Emmènes-là, Corwyn.
- Que s’est-il…
- Emmènes-là et cachez vous dans la Verduran : Dragonfall est finie. »

Gabriel regardait avec surprise le jeune homme prendre Aëlynn par les épaules avec tendresse. Réalisant qu’on l’emmenait, celle-ci mit un terme à sa litanie et résistait, voulant rester là comme prise d’une fascination morbide pour le drame qui venait de se produire,  désireuse de se voir administrer son châtiment.
Quand elle eut le dos tourné, Valaar l’assomma d’un grand coup de pommeau derrière la tête.


Gabriel repris ses esprits et recracha la mixture immonde qu’il avait en bouche.

« Tu regretteras ce geste.
- Si tu savais… je suis plus à ça près. Et rassures-toi, elle m’a fait gouter plus d’une fois sa magie à mes dépends. Aëlynn est une teigne, jolie, mais une teigne quand même.
- Et ensuite?
- Ensuite, ils ont fuit. On a fuit. Et elle nous a rejoint, si tu veux tout savoir.
- Il s’est passé quelque chose, j’ai bien vu qu’elle ne le contrôlait pas. Valaar, elle n’est pas responsable.
- Je sais ça. Je t’ai dit que c’est une teigne. J’ai… essayé de lui dire, si tu veux tout savoir...

Gabriel reprit son calme et ferma les yeux.

Il était dans une vaste forêt et menait des villageois vers le nord. Saisissant Aëlynn de sa main grise, il la conduisit à l’écart. Gabriel n’entendait pas vraiment les mots échangés tant son coeur se serrait de voir l’image de la femme qui était ses nuits et ses jours fondre en pleurs. Spectateur impuissant, il garda le silence quand ses bras prirent la jeune femme contre son corps, sentit une larme glacée sur son torse tandis que sa main caressait les cheveux blonds pour l’apaiser.

Le souvenir laissa la place à un long silence.

«  Hum, Valaar… Je suis désolé pour Lyssandaria.
- Ah! Merci... Mais c’est pas si simple… répondit Valaar avec ironie et amertume.
- Je sais ce que c’est.
- Non, tu ne.. »

Valaar tiqua car il lui avait sembler que quelque chose clochait. Il reprit :

« Gabriel. Hé, Gabriel?
- …
- Montres-moi.
- …
- Montres-moi. S ’il te plait. »

Valaar découvrit une immense étendue de neige. Il se voyait trainer sur la neige un phoque au bout d’un crochet. Devant lui, son village. Et les flammes qui crépitaient.

Il avait déjà vu cela. Le souvenir se confondait avec la réalité. Et la première fois, il n’avait pas aimé non plus le spectacle de désolation qui suivait. Et cette colère, cette rage qui naissait au fond du ventre, il la partageait, il la comprenait, il se laissa griser par elle, impérieuse, et que rien ne pouvait faire taire.
« Modifié: février 25, 2016, 22:50:59 pm par Valaar »
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« Réponse #6 le: février 25, 2016, 22:40:37 pm »
« Et lui, celui dont elle s’est entiché, montres-le moi maintenant, tu évites le sujet depuis assez longtemps… »

Valaar se fit prier mais finit par céder.

Gabriel 1er découvrit Gabriel, un homme fait dont le vrai nom était Raynor Tinax. Au travers des visions des souvenirs de Valaar, il sentit tout le ressentiment que le demi-orque avait contre lui.

C’était des sentiments étranges et totalement nouveaux que découvrait Gabriel 1er : Avoir la gorge tranchée, trouver simplement plus fort que soi, poser le genoux à terre, s'incliner et remercier à contrecoeur, se cacher enfant dans son propre village et être régulièrement ficelé et battu comme plâtre.
Le plus douloureux semblait pourtant être l’absence absolue de chance de pouvoir rivaliser avec Raynor pour séduire la jolie Sarah comme ce jour où ce dernier récolta le mérite d’avoir sauvé les enfants disparus.

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A l’entendre, l’on aurait dit que toutes les femmes qui peuplaient l’univers de Valaar étaient destinées à coucher avec Raynor : Lyssandaria, Fiona, Sarah, Aëlynn…
Gabriel se garda d’ajouter de l’huile sur le feu et se demanda en silence comment il réagirait s’il apprenait qu’un homme, quelque puisse en être la raison, avait couché avec sa propre soeur à peine en âge de le faire. Mais c’est une inquiétude de grand frère qu’il n’aura malheureusement jamais eu le temps de connaitre…

Chassant cette pensée lugubre, Gabriel 1er dit à Valaar qu’il aurait du être plus fort et ne fut pas surpris que celui-ci en soit contrarié.

« Un proverbe de chez moi dit qu’un homme reçoit ce qu’il mérite quand il le mérite, ajouta-il.
- Il est nul, ton proverbe. »
« Modifié: février 25, 2016, 22:51:09 pm par Valaar »
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« Réponse #7 le: février 25, 2016, 22:41:22 pm »
« Valaar?
- Quoi?
- Cette femme...
- Quelle femme?
-  Alanna…
- Quoi?!
- Et bien… Je l’ai vu.
- Ce n’est pas possible.
- Si, tu dormais. Et tu revais d’elle.
- Ah bon?
- Oui. Et… y’avait de quoi.
- Si tu…
- Hahahaha! T’énerver ne changeras rien, tu ne commandes rien ici. Tu es là parce que j’y consens.
- …
- Tout doux. Crois-moi, de ce que j’ai vu, tu n’as rien à envier à un roi.
- C'est pour faire un mot gentil, ça?
- Pourquoi cette aigreur, Valaar?
- Nan, fais pas attention, je... je suis désolé. Merci pour ces mots. C’est que… je l’ai perdu. Quand à envier un roi, je ne me le permettrais pas. Je n’envie même pas le comte que j’étais censé être.
- Les regrets sont de mauvais conseillers. Tu pourras m’en parler si tu le souhaites quand tu seras prêt à le faire.
- ...
- Ah, et je ne peux pas te promettre que j'arriverais à oublier ton rêve."

Gabriel rit de bon coeur au silence de Valaar qui finit par y répondre en riant également.

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« Modifié: février 25, 2016, 22:51:18 pm par Valaar »
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« Réponse #8 le: février 25, 2016, 22:42:07 pm »
L’instant présent.

« Laisses moi tranquille! »

L’agacement de Gabriel était perceptible dans sa voix profonde. Les hommes présent autour de lui ne comprenaient pas les raisons de ces fulgurances mais aucun ne se risquaient à le questionner quand il parlait ainsi… mais à qui?

Hormis Boken, personne ne savait d’ailleurs et personne n’aurait pu comprendre. Il avait fallu quelques jours à Gabriel pour réunir et convaincre les chefs des villages. Il avait déjà accompli cette exploit dix mille ans plus tôt. Contrairement à la première fois, certains avaient voulus croiser le fer mais l’avaient rapidement regretté. Magnanime, Gabriel 1er ne tua aucun de ses opposants car ils étaient de son sang, de son peuple.

Valaar apprit énormément de Gabriel. Il vécut avec lui les duels violents et rapides qu’il disputa pour assoir sa place et sa légitimité de guide. Mais ce fut l’homme de paroles, le rassembleur, le leader qui l’impressionna le plus.

Gabriel avait appris à lui laisser une place dans son esprit. Il pouvait même aujourd’hui s’il le voulait l’appeler quand bien même il tenait l’artefact dans ses mains.

Des hommes remarquables constituaient l’élite des forces de Gabriel. Ils étaient autour de leur guide et échangeaient leur point de vue avec vigueur car la proximité de la horde barbare de Skith échauffaient les esprits et l’on s’attendaient à des batailles rangées violentes et âpres. Mais Gabriel 1er n’était pas devenu roi par hasard, il avait un don inné pour la stratégie et avaient tendues des pièges redoutables à des ennemis en surnombre, dont un qui avait conduit à la capture d’un certaine ensorceleuse. Galvanisés, les hommes de Gabriel étaient près à passer à l’action et mettre en oeuvre le plan.

Gabriel ne participa au dernier toast des guerriers, celui où l’on se donne rendez-vous dans cette vie où dans l’au-delà. Il se tenait à l’écart, les mains sur les oreilles comme pour s’isoler du bruit. Le silence se fit quand il revint au centre de ses hommes en levant le poing.

« Attendez, nous… j’ai oublié quelque chose : les demi-orques, vous ne les connaissez pas, ils ont un odorat très développé, ils nous trouveront avant que n’atteignons leur rang.
- Qu’est ce qu’on va faire, alors? » demanda Ulric.

Gabriel arbora un sourire confiant et répondit calmement à un auditoire suspendu à ses lèvres : « Trouvez du poivre. »

Le roi sentit leur inquiétude légitime, les rumeurs les plus folles courraient sur la chef des barbares. Il se redressa et clama :

« Un Gabriel a déjà tué une Skith. Il dépendra d’elle de ne pas connaitre le même sort… d’autant que je suis le vrai Gabriel. »

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« Modifié: février 25, 2016, 22:51:27 pm par Valaar »
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