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102518 Messages dans 7495 Sujets par 873 Membres - Dernier membre: RobertBak septembre 18, 2019, 15:38:25 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Dorothée  |  Livre I – L’Invasion de la Plaie du Monde (Modérateur: Dorothée)  |  Otto FRITENBOURG
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Auteur Sujet: Otto FRITENBOURG  (Lu 651 fois)

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Otto FRITENBOURG
« le: mars 09, 2016, 22:21:03 pm »
Voici les chroniques d'Otto FRITENBOURG, qui d'humble citoyen s'éleva peu à peu au rang de Grand Bourgeois, son rêve de toujours.




                                                                           "Otto FRITENBOURG et l'arrivée à Drezen"




Otto sifflotait joyeusement en épluchant ses pommes de terre. Il avait eu une bonne nuit de sommeil, et ce matin, il allait assister à la première décapitation de Drezen. Une bonne exécution était toujours bon signe pour les affaires. Il espérait que le barbare allait vociférer et insulter la foule. Il n’y avait rien de mieux pour mettre l’ambiance qu’un prisonnier qui se débat et essaie de ruer dans le public. Il avait préparé les paniers à légumes pourris à 5 pièces de cuivre l’un, les lots de 4 pierres à 1 pièce d’argent, et il avait même fait faire exprès quatre couronnes funèbres en ronces, à 1 pièce d’or l’unité. Décidément, cette nouvelle ville semblait prometteuse.


Après avoir tout perdu lors de la destruction de Kénabrès, Otto avait répondu à l’annonce royale et avait empoché, par la même occasion, les 10 pièces d’or promis à la signature pour rejoindre les « pionniers du Sarkaris ». Avec les autres colons, il se voyait déjà faire fortune dans la nouvelle Drezen, marchant dans les rues de la ville garnison, soulevant son couvre-chef en passant devant les demoiselles à marier, en lissant sa fine moustache gominée. Après un mois de voyage à travers un pays hostile, un climat changeant charriant sang et pluie, ils arrivèrent enfin à destination. Celle qui fut autrefois le bastion glorieux des croisades mendéviennes, Drezen l’invincible, était tombée trente ans plutôt, et avait été souillée par les démons. Les légendaires héros de la cinquième croisade les avaient exterminés jusqu’au dernier, et ils étaient là, tous les cinq, dans leur armure de combat. Otto les revoyaient encore, à cheval devant leurs soldats au garde à vous. Il s’était faufilé pour être au troisième rang des colons. La reine Galfrey, qui avait mené elle-même le régiment de pionniers jusqu’à Drezen, s’approcha du général doré, et ils se serrèrent le bras dans un strict salut militaire. Le général Zacknamaël KANTARIA, dans son armure étincelante et son épée d’or au côté, semblait d’ascendance divine. L’armée de paladins derrière le général lui vouait un respect visible. A droite du chef de guerre se tenait une guerrière aux traits farouches qu’Otto n’aurait pas aimé mécontenter, et à côté d’elle se tenait un homme au visage fin et à la peau pâle, un noble mendévien sans aucun doute. Le regard d’Otto revint vers le général et s’attarda sur l’enfant qui était à son côté gauche. Otto écarquilla les yeux, se rendant compte que celle qu’il avait pris pour une enfant était une halfelin. Elle rayonnait de joie de vivre et semblait par sa seule présence souhaiter la bienvenue aux voyageurs. Otto lui fit un grand signe de la main, espérant que la halfelin le verrait. Il travaillerait avec elle, il en était sûr.


« Otto, ça va commencer ! » cria Nils en poussant la porte de l’auberge. L’enfant entra en trombe, se saisit du panier de pommes de terre cuites et courut vers l’extérieur, en direction du quartier du gibet. « Oh non, je voulais en cuire encore deux marmites … » soupira Otto. « Ali ? Je vais à gibet, tu viens ? » cria Otto vers l’étage de l’auberge. La halfelin ne répondit pas.


« Bonjour madame je m’appelle Otto et je serai ravi de travailler avec vous j’ai vu que vous cherchiez un aubergiste et je suis un excellent aubergiste si vous me laissez travailler pour vous vous verrez que je ne vous décevrez pas et que vous et moi nous pouvons faire fortune ensemble! » souffla le colon d’une traite. Ali sourit et répondit : « Moi c’est Ali, pas madame. Avec mon mari, nous serons heureux de travailler avec vous également. » Otto releva les yeux vers l’héroïne du Mendev et lui sourit. L’auberge que le couple de halfelin avait choisie pour s’établir était en ruine et demandait de solides réparations, mais Otto voyait le potentiel futur. Un jour, il en était certain, cette auberge serait connue et réputée dans tout le Sarkaris et le Mendev.


« Ali ? » interrogea encore Otto. Ne la voyant pas descendre de sa chambre, l’aubergiste supposa que sa patronne était déjà sortie. Il avait fini par s’y habituer. Ali était réputée dans tout Drezen pour sa furtivité, et si elle ne voulait pas être vu, personne ne la voyait. Otto empoigna les paniers de légumes et cailloux ainsi que les couronnes et sortit de l’auberge à la suite de Nils. Le soleil régnait déjà à l’ouest des remparts, il devait se dépêcher pour être à l'heure pour l’exécution. "Pourvue que le barbare soit une vraie ordure ..." fut la dernière pensée d'Otto en passant la porte de l'auberge.










« Modifié: mars 10, 2016, 13:03:07 pm par Sstrad »

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Re : Otto FRITENBOURG
« Réponse #1 le: mars 09, 2016, 22:32:02 pm »
                                                                                               

                                                                     Otto FRITENBOURG et la patate ingénieuse.



« Otto, ils vont le faire ! » hurla Nils entrant en trombe dans l’auberge. Otto releva un regard interrogateur vers le garçon aux tâches de rousseurs. « Quoi ? » demanda-t-il, sceptique. « Ils vont le faire, Otto ! » hurla à nouveau le garçon, pointant et secouant son doigt vers la porte. Otto resta interdit, essayant de comprendre qui était le « ils » qu’allait faire ce « ils », qui pouvait mettre son commis dans tous ses états ? Soudain, il ouvrit les yeux à son tour et s’écria « tu es sûr de toi ?! » Nils hocha la tête vigoureusement. « Quand ? » demanda Otto qui commençait lui aussi à sentir l’excitation le gagner. « Dans une heure ! C’est un garde qui me l’a dit. » souffla Nils avant de continuer « Ils les a entendu hier soir en parler pendant leur réunion. La guilde des marchands n’est pas au courant et on est les seuls sur le coup, Otto. »  termina le garçon. Otto balaya sa cuisine du regard et s’exclama « Bon sang, les patates n’auront jamais le temps de cuire ! et en plus j’ai chauffé de l’huile tout ce matin pour cuire les beignets. » se morfondit l’aubergiste. « Ils vont le faire, et je n’ai pas de patate en cuisson, c’est horrible. » continua Otto, le visage dans ses mains. Il se mordit les lèvres et se frotta fiévreusement les mains l’une contre l’autre. Il regarda une patate, puis le chaudron dans lequel bouillait l’huile, puis la patate à nouveau. Il leva les yeux vers Nils puis saisit une patate et son couteau de cuisine, et d’un geste sûr il découpa le féculent en huit bâtonnets qu'il jeta dans le chaudron. Nils porta sa main à sa bouche et se signa, comme si Otto venait de commettre un crime terrible.



« La patate Otto… qu’est-ce que tu as fait ? » hoqueta le garçon. « Franchement, je ne sais pas. » murmura le chef cuisinier à son adresse. « Mais faute d’eau bouillante, je vais frire tout ça à l’huile... En découpant la patate en petit morceau, ça cuira plus vite… » continua Otto pour lui-même.  Le cuisinier inventif retira un morceau qui commençait à dorer et le tendit au garçon qui recula de dégoût. « Tiens goûte. » dit Otto, tendant le morceau de patate. « Beurk ! jamais ! » répliqua Nils écœuré, plaquant une main sur sa bouche. « Goûte je te dis ! » insista le cuisinier. « Mais pourquoi moi ? » se plaignit le garçon de cuisine. « Parce que tu es mon commis. Parce que tu es jeune, et que les jeunes se sacrifient pour que vivent leurs aînés ! » tempêta Otto qui fourra le morceau de patate de force dans la bouche de Nils, et le força à mâcher. Ce dernier, tout en mastiquant, affichait la mine piteuse d’un condamné à mort par empoisonnement. Otto le fixait, guettant le moindre signe sur le visage de son apprentis. Les joues de Nils se détendirent peu à peu, et les traits de son visage prirent un air étonnés, presque émerveillés. « Alors ? » demanda Otto sur le qui-vive. « Ca déchire Otto ! » s’exclama Nils. « Quoi ? » demanda le chef, semblant ne pas comprendre l’adolescent. « C’est super bon ! Il faudrait un peu de sel, et ça va être une tuerie. » Otto souffla de satisfaction et entreprit de découper le reste des patates avant de les plonger dans l’huile. Ils avaient juste le temps, avant qu’ils ne commencent.

"Comment tu vas appeler ça Otto?" demanda Nils, ouvrant la porte et poussant leur cargaison vers leur chariot à bras. Otto fit une moue, signe de réflexion intense chez lui, puis souffla: "J'avais pensé à La patate ingénieuse.". Il saisit une caisse à son tour et se dirigea vers la porte que Nils lui tenait ouverte. "Mais je pense que je vais faire simple, je vais l'appeler la Fritenbourg. Oui, la Fritenbourg. C'est un peu long mais c'est jolie!"






« Modifié: mars 10, 2016, 13:03:34 pm par Sstrad »

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Re : Otto FRITENBOURG
« Réponse #2 le: mars 11, 2016, 08:35:17 am »

                                                                    Otto FRITENBOURG et l'arbitrage sportif



Otto et Nils tiraient le chariot à bras à travers les rues de Drezen, comme si Khorramzadeh lui-même leur courait aux trousses. Le quartier de Gibet était désert et la rue de la citadelle n’était pas plus peuplée. Le soleil ne serait pas levé avant encore une bonne heure, et dans le silence lugubre du matin, seuls les grincements du chariot torturé se faisaient entendre. Nils se mit soudain à crier « Ils vont le faire ! Levez-vous vite, ils vont le faire ! » Otto, surpris, regarda Nils comme si ce dernier avait perdu la raison. Et soudain, il comprit la manœuvre de son ingénieux commis, et ils se mirent tous les deux à hurler à qui voulait l’entendre « Ils vont le faire ! Levez-vous vite, ils vont le faire ! »

Les volets de bois s’ouvrirent peu à peu, révélant les têtes ensommeillées des habitants de la ville endormie. Chacun se regardait en se demandant bien quelle était l’origine du raffut, et surtout qui était ce « ils » et qu’allaient-ils donc bien « faire » ? Et soudain, comme un grondement sourd, dans chacune des chaumières, le même cri retentissait : « Ils vont le faire !!!!! », suivit de bruits de corps qui sautent dans tous les sens pour s’habiller le plus vite possible avec le peu de lumière disponible.

Les premiers rayons frappaient à peine les lourdes portes de la citadelle quand Zacknamaël les franchit. Vêtu d’un simple pantalon de cuir et d’une chemise brune au tissage solide, seules ses bottes militaires au cuir impeccablement ciré et l’épée qui battait son flanc trahissait l’homme d’arme. Il descendit la rue principale à enjambée rapide et bifurqua vers l’ouest. Il avait l’habitude de susciter la curiosité sur son passage quand il se rendait en ville, après tout, il était le dirigeant de la ville, mais ce matin, il lui semblait que les gens le regardait avec plus d’insistance, le désignant presque du doigt. Il pressa d’avantage le pas pour laisser derrière lui les curieux qui semblaient le suivre. Zacknamaël fronça les sourcils, la foule était plus dense à mesure qu’il s’approchait du camp barbare, et cette foule le fixait ouvertement, certain lui faisant même des signes de la main, d’autre l’encourageant. Alors qu’il passait le dernier bâtiment, Zacknamaël vit la quasi-totalité des habitants de Drezen agglutinés autour du campement des guerriers du Sarkaris. Les paladins qui n’étaient pas en faction étaient également présent et participaient visiblement à la liesse générale. Zack s’arrêta, interdit. Que diable se passait-il ici, se demanda-t-il. Son arrivée souleva aussitôt les vivats des habitants de Drezen, et des barbares ainsi que des paladins eux-même. Otto et Nils tenaient boutique, et visiblement leurs patates avaient un succès fou. Le chef cuisinier fit un grand geste de la main en direction du général et lui sourit de toutes ses dents. Zack remarqua enfin des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Allez général ! » ou encore « Zack je t’aime ! » ou bien « Tu vas l’avoir Zack ! » Les barbares avaient de leur côté hissé leurs couleurs et faisaient gronder leurs tambours. « Général, on est avec vous ! » cria un paladin à l’adresse de Zacknamaël, les compagnons du guerrier divin hurlant leur approbation. Zack se gratta la tête et soupira. Ce n’était pas exactement la vision qu’il avait d’un entraînement tranquille avec Ulf.

Ulf, le chef de guerre du clan des Sangs Hurlant, était tranquillement assis au milieu de ses hommes, et l’attroupement dont il était le centre de l’attention lui plaisait visiblement. Voyant Zacknamaël s’arrêter, il lui fit des signes des deux bras, l’invitant à le rejoindre. Zack fit une moue, et s’approcha à contre-cœur. « Je pensais qu’on devait s’entraîner tranquillement ce matin, Ulf » dit-il, arrivant près du chef barbare. Ulf était un monstre à la musculature titanesque, un véritable géant, même selon les standards du Sarkharis. Un barbare du Sarkharis dépassait un mendévien d’une bonne tête, et Ulf dominait physiquement tous ses hommes. Il haussa ses larges épaules en souriant. « Je n’y peux rien Zack. Quand je suis sorti de ma tente ce matin, tout le monde était déjà là » dit le géant de son accent rugueux. « J’espère que tu ne changeras pas d’idée, mon frère ! » s’exclama Ulf. Zack haussa les épaules de lassitude, visiblement contrarié. Il souhaitait un entraînement technique et minutieux, pour apprendre du géant les secrets du Kanoha, la célèbre technique de lutte des barbares. Il se doutait que désormais, ce qui devait être un entraînement amical allait devenir une lutte d’égo et que toute possibilité d’apprendre était perdue. Ulf posa une main apaisante sur l’épaule de son frère d’arme « Allez, je sais que ce n’est pas ce qu’on avait prévu, mais tu sais ce qu’on dit au Mendev dans ces cas-là, non ? » demanda-t-il. Zack qui acquiesça lugubrement de la tête, tout en fixant Ulf dans les yeux. Derrière le colosse, Zack vit apparaître Xéna qui sortait de sa tente. Il lui lança un regard plein d’espoir, mais la barbare leva les bras en l’air, signifiant qu’elle n’y était pour rien, puis montra la foule en liesse, signifiant cette fois, qu’elle n’y pourrait pas grand-chose. Zack baissa la tête et les épaules.

Alors que Nils vendait ses cornets de fritenbourg à tour de bras, Otto, qui avait vu Ali s’entraîner de nombreuses fois à l’auberge, ne se privait pas d’appliquer tout ce qu’il avait appris en l’observant, haranguait la foule et faisait monter la pression comme un chef d’orchestre. La foule se mettait à crier, puis à chanter des chants guerriers, et enfin à lancer des slogans « Mais ils sont où ? Mais ils sont où ? Mais ils sont où les Sarkhariens la la la la ! » De leur côté, les barbares ne se privaient pas de répondre « Mendev ! Mendev ! On t’encule ! ». L’ambiance était chauffée à blanc, il ne manquait plus que les champions des deux factions. Ils s’avancèrent tout deux d’un même pas, rejoignant le centre qui avait été vidé pour eux, sous les ovations du publique hystérique. Porté par l’effervescence de la foule, Otto se retrouva tout naturellement au milieu des combattants, prêt à arbitrer le match.

« Messieurs, ceci est un combat dans la plus pure tradition tiannaise. » Otto n’était pas bien sûr de ce que cela voulait dire, mais il avait entendu cette expression une fois à Kénabrès, et il avait toujours voulu la replacer. Les deux adversaires se regardèrent étonnés puis fixèrent l’arbitre qui ne broncha pas et croisa les bras pour bien faire comprendre que sa parole était d’acier. Zack et Ulf, devant la rigueur des règles, se défirent de leurs armes et les jetèrent au sol. Content de son effet, Otto continua son manège et fixa la chemise de Zacknamaël, tout en donnant des œillades vers le torse nu d’Ulf. Le paladin ne semblant pas comprendre, Otto finit par faire des grimaces comiques qui déclencha l’hilarité du public. « Ta chemise, Général ! » hurla une voix chaleureuse. « Oh oui, retire là ! » s’extasia une voix féminine. L’arbitre auto-proclamé agita son visage de haut en bas et pointa du doigt la foule. Zacknamaël KANTARIA avait un goût de meurtre dans la bouche, et on pouvait voir dans ses yeux le cuisinier-arbitre-harangueur se balancer au bout d’une corde. Lentement, Zack défit les boutons de sa chemise, puis révéla de larges épaules qui surplombaient un torse puissant aux pectoraux saillants et aux abdominaux d’acier, un dos sculptural descendant en un V parfait, où se dévoilaient de vieilles et vilaines cicatrices au niveau des omoplates. Aussitôt des cris féminins d’admiration s’échappèrent de la foule extatique, car si Ulf était plus grand que Zack de quelques centimètres, c’était le seul avantage physique que le barbare avait sur le paladin.

« Messieurs, je veux un beau combat ! La foule réclame son dû et vous vous devez à la foule ! » Commença Otto qui était encore plus dans le combat que les deux combattants. Il se retourna vers le public et leva les bras en hurlant « Est-ce que vous voulez du sang ?! Est-ce que vous voulez de la rage ?! Est-ce que vous voulez des gladiateurs ?! » Les spectateurs au bord de l’émeute se mirent à hurler de joie. Otto se retourna d’un mouvement sec et dit d’un ton très calme « Messieurs allez-y. »

Aussitôt un poing aussi épais qu’un marteau de forgeron et tout aussi dur s’écrasa sur le nez de Zack qui chancela sur le coup. Il n’était pas prêt. Trop en colère contre Otto, Zack s’était laissé surprendre et Ulf en avait profité. Dans sa lancée, le barbare fit glisser sa main derrière la nuque de son adversaire tandis que son autre main agrippa sa cuisse. Ulf souleva Zack au-dessus de sa tête et projeta les 130 kilos du paladin à une dizaine de mètre, comme s’il s’agissait d’une poupée de chiffon. Aussitôt le coin du Sarkharis se mit à hurler de joies et la centaine de barbares debout derrière leur champion se mit à se frapper le torse et à mimer des danses guerrières à base d’écrasement de coudes sur le poing. Ulf leva les bras et le menton en marchant lentement vers ses supporters, profitant du moment, et laissant le temps à son adversaire de se relever. Zack secoua la tête, se releva, encouragé par son camp. Le chef barbare se pavanait toujours en lui tournant le dos, Zack bondit vers lui à une vitesse surprenante pour quelqu’un de son gabarit. Le paladin percuta violemment Ulf dans le dos, qui s’écrase au sol. Les deux adversaires roulèrent ensemble dans la poussière.

« Ce n’est pas très loyal, ça, Zack. » râla Ulf qui tentait de se remettre en garde, couché au sol, tandis que Zack essayait de garder son avantage en position haute. « Qui a dit qu’un combat devait être loyal, bordel ! » lui répliqua Zack les dents serrées. « Quand je me bats, je gagne, point barre ! » éructa le paladin, envoyant un direct au visage du barbare à terre. Ulf senti son sang gicler dans sa gorge. Son nez était cassé. « Tu veux apprendre le Kanoha ? Je te montre le Kanoha. » dit le barbare calmement, toute trace d’amusement disparue de sa voix et de ses gestes. Le sarkharien donna une brusque torsion du buste, tel un serpent s’enroulant sur lui-même, et comme par magie, leurs positions s’échangèrent, lui au-dessus, et Zack couché, le dos contre le sol. « Tu vois, d’abord, tu fais le serpent pour échapper au sol et retourner l’adversaire à ta place. Toi, tu frappes fort au sol, c’est bien… » Ulf contrôlait la position montée en maintenant son poids presque mort sur Zack. Le paladin faisait des efforts terribles pour repousser le barbare tandis que ce dernier n’en faisait aucun pour se maintenir. «… Mais pour frapper plus fort, il faut lancer tout ton poids, comme si tu allais sauter, mais en étant couché. Comme ça. » dit Ulf. Quasi allongé sur Zack, il se ramassa un bref instant et se détendit comme un ressort en expédiant son poing dans le visage du paladin avec une rare violence. Ce dernier sentit son nez éclater sous l’impact, du sang s’écoula abondamment dans sa gorge et dégoulina dans ses yeux, l’aveuglant à moitié. Ulf poussa son avantage et saisissant le poignet droit de Zack d’une main, il poussa le coude droit de son autre main, créant un effet balancier irrésistible qui fit basculer le paladin sur le ventre, dos à son assaillant. « Après, tu appuies sur les articulations, tu vois ? Je prends ton poignet, et je pousse ton coude. Et là, tu as perdu quand je sers. » Dit Ulf, mi enseignant, mi punissant, en glissant son bras sous la gorge de Zack pour l’étrangler contre son biceps. Zack eu la présence d’esprit de glisser ses doigts entre le bras de Ulf et sa gorge et résista de toute ses forces tandis que le barbare bandait tous ses muscles pour étrangler son ennemi.

Autour d’eux la foule hurlait et scandait le nom de son champion. Otto était hystérique et sautait dans tous les sens encourageant l’un d’abord, et puis l’autre juste après. Nils était monté sur le dos d’un barbare pour mieux voir et se mettait à taper du poing sur la tête de sa monture improvisée comme s’il se battait lui-même. Otto s’était jeté au sol, pour se mettre au niveau du visage des deux combattants et martelait le sol des poings. Zack senti qu’il allait perdre connaissance, il fit appel à tout ce qui lui restait de force pour desserrer légèrement la prise de Ulf, pas suffisamment pour se libérer mais suffisamment pour reprendre son souffle et murmurer quelque chose à l’oreille du barbare. Ulf relâcha aussitôt sa prise et releva la tête, fixant la foule. Cette seconde de relâchement suffit à Zack qui s’enroula comme un serpent et fit basculer le barbare sur le dos. « D’abord tu fais le serpent… » commença Zack, qui avait bien assimilé la technique. Ulf savait qu’il avait perdu et qu’il allait se faire massacrer par Zack, qui allait employer la technique qui suivait celle du serpent. Soudain, Nils, qui avait sûrement énervé sa monture pour de bon, vola par-dessus les combattant au sol, et atterrit dans la tribune d’en face sur les barbares surexcités. Et ce fut l’hallali ! Les deux camps se ruèrent l’un sur l’autre dans une énorme mêlée générale. Ulf et Zack restèrent cois, ne bougeant plus, totalement sorti du combat et se demandant comment tout allait finir. Tandis qu’Otto avait sauté sur le dos d’un barbare qui ne l’avait pas senti, tentant de l’étrangler, et que Nils volait à nouveau au-dessus d’eux, les deux combattants s’assirent lentement sur le sol, observant et esquivant autant qu’ils pouvaient les coups qui passaient par-là.

Puis ils se mirent à rire. D’un rire grave et profond. D’un vrai rire bon enfant, comme ils n’en avaient plus eu depuis très longtemps. Peu à peu les combats cessèrent, et chacun des protagonistes se mit à regarder autour de lui, et puis à rire à son tour. La bagarre générale se transforma très vite en éclat de rire général et quelque chose changea ce jour-là, entre les barbares du Sarkharis et les hommes du Mendev.

Ce jour-là, ils devinrent tous des habitants de Drezen.




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