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102522 Messages dans 7499 Sujets par 874 Membres - Dernier membre: Torimix septembre 19, 2019, 00:24:19 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Dorothée  |  Livre I – L’Invasion de la Plaie du Monde (Modérateur: Dorothée)  |  Chap. 10 : Drezen (the elven point of view)
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Auteur Sujet: Chap. 10 : Drezen (the elven point of view)  (Lu 683 fois)

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Chap. 10 : Drezen (the elven point of view)
« le: février 14, 2016, 01:31:10 am »
La reine Galfrey venait d’enjoindre Zacknamaël Kantaria, son général de la Cinquième Croisade, à ne pas gouverner seul et de prendre souvent conseil dans l’exercice du pouvoir. C’est là que Reyan de Kercyan vit une ouverture dans laquelle s’engouffrer. Pour lui, hors de question d’obéir à Kantaria qui l’avait mis aux arrêts. Non, pas maintenant, songea intérieurement Aërys avec déception. S’ensuivit un duel verbal où chacun parlait sans écouter vraiment, n’entendant  plus que les mots qui les braquaient davantage et alimentaient leurs propres convictions. A les entendre, ils n’avaient plus l’un et l’autre que des défauts alors qu’ils étaient l’un et l’autre les artisans de la victoire de Drezen. Aërys intervint pour leur rappeler que ces conflits ne font que le jeu des templiers du labyrinthe d’Ivoire, fort habile a distiller le doute et les graines de la discorde. Le souvenir de la propre bardesse de la reine, orchestrant jusqu’à sa propre exécution pour semer le trouble dans l’armée, restait vivace.
Galfrey remercia le prince elfe en salua la sagesse de son propos, souhaitant qu’elle inspire tout ceux qu’elle avait consacré Protecteur du Mendev. Aërys fit une inclinaison de tête en songeant « non, je ne mérite aucun remerciement et devrait plutôt m’excuser de cet écueil. » mais il était non seulement prince mais aussi un elfe. De fait, il ne disait jamais de prime abord le fond de sa pensée.

La réunion allait toucher à sa fin mais non, le jeune duc revint à la charge sur ce qu’il ne pouvait accepter.

Au coté d’Aërys Sirindor, Lothor Valunumÿe n’avait pas pipé mot mais regardait le mage avec un imperceptible sourire. Lothor avait gagné le respect des humains par son sens stratégique et son habilité au combat mais aussi par sa capacité à se faire accepter, au premier chef par Appoline qui lui avait lancé un regard amusé durant la réunion au plus fort des accrochages.

Alors que chacun vaquait à ses occupations, Aërys vint à la rencontre de la paladine de Ragathiel.

« Appoline. Je n’ai guère pris le temps de bien faire ta connaissance.
- Ah oui? Pourquoi ça, dis moi ? »


Evidemment. Elle avait assez de bon sens et d’intuition pour savoir que cet entretien était motivé.

« Lothor m’a dit le plus grand bien de toi.
Je veux bien le croire. Pourquoi? Tu… »


Elle avait laissé trainer le dernier mot avec un air mutin en se rapprochant très près. Jouer avec un elfe, jouer avec un autre… Et alors? Pas que le prince elfe soit du genre à l’intéresser - trop coincé - mais autant le chahuter un peu et voir où il veut en venir. Calme malgré le fait que l’athlétique paladine ait réduit la distance entre eux, Aërys reprit.
« Tu as entendu la même querelle que moi aujourd’hui.
- Qu’ils se débrouillent…
- Bien sur, cependant, un peu de répit dans des débats stériles serait profitable. Car tôt ou tard, ces accrochages pollueront la cohésion des administrés de Drezen.
- En quoi j’interviens là-dedans?
- Et bien, Reyan est jeune, je crois qu’il a besoin de compagnie. »


Appoline manqua de s’étouffer. Elle réfléchit un instant, plissant le front d’un air qui oscillait entre la stupeur et l’envie de s’énerver. Aërys précisa à temps sa pensée en levant la main dans une geste d'apaisement.

« J’ai conscience que tu choisis seule tes partenaires, Appoline. Si je m’adresse à toi, c’est que je sais que tu sauras trouver sans détour si une des jeunes femmes de la croisade trouve le duc à son goût. Je sais qu’il n’est pas paladin mais ça ne l’empêche pas d’accumuler beaucoup de tensions, à ceci près qu’il ne l’évacue pas de la bonne manière, du moins pas de la meilleure manière pour un humain. »

Appoline manqua de se décrocher la mâchoire et tourna la tête en soupirant vers Reyan, trépignant comme un jeune lion en cage.
« Modifié: février 14, 2016, 01:52:21 am par Valaar »
Les décisions basées sur l'émotion ne sont pas des décisions. Franck Underwood, House of Cards.

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Chap. 10 : Drezen (La première gorgée de bière)
« Réponse #1 le: février 18, 2016, 02:06:45 am »
Aliénor Sonocolline était pleine d’entrain en préparant la soirée festive de ce qui était appelé à devenir une humble copie du Coeur des Defenseurs, l’immense auberge de sa famille à Kenabrès.

Aërys apparu dans la bâtisse précédé par Eté, la grive chanteuse et siffleuse.
« Aërys ! Enfin, prince Aërys, je suis contente de vous… de te voir.
- C’est une chance, puisque tu as envoyé Eté me chercher.
- Ah oui ? »

Aliénor se lança dans plein de sujets différents, posant plein de questions dont elle donnait ensuite  elle-même les réponses. Les décorations, la quantité de boissons, la propreté des lieux…
Aërys appréciait la compagnie de l’halfling mais passait le plus clair de son temps à étudier la démonologie et pratiquer la magie avec méthode et rigueur, étant débarrassé de l’activité chronophage de boire et manger et ne dormant pour ainsi dire jamais. Pour lui, chaque instant était dédié à percer de nouveaux mystères et découvrir de nouvelles clés pour combattre les démons. Il félicita Aliénor pour toute l’énergie qu’elle déployait et l’inspiration qu’elle lui donnait.

« Ah bon?
- Oui, Ali. Tu fais tout pour vivre de la façon la plus normale possible et tu enjoins le plus grand nombre à conserver des repères sociaux de convivialité, d’entraide et de partage. »


La halfling rougit avec joie puis une ombre passagère obscurcit un instant son visage.
« Pour quelle raison souhaitait-tu me voir?
- Tu viendras à la fête de ce soir? »

Aërys la regarda sans rien répondre et s’assit face à Aliénor avec un mouvement de sourcil signifiant qu’il patienterait pour avoir une réponse.

« Je voulais te demander ton avis. Ton avis d’expert en magie. Voilà, est-ce que tu crois qu’on peut envoyer un message à quelqu’un? Tu sais, comme le sort que je connais où je murmure dans la tête de quelqu’un à quelques mètres…
- … Cinquante et un mètres au vue de tes capacités actuelles.
- Oui, enfin, là, il faudrait beaucoup de kilomètres. »


Aërys posa la main sur le banc pour l’inviter à s’asseoir également.

« Oui, cela est bien possible. D'ailleurs, si un jour, tu souhaites une réponse rapide, n'hésites pas à interroger Eté, il connait beaucoup de choses dans de nombreux domaines. Ce que tu recherches est une magie qui est accessible plus simplement en magie divine qu’en magie profane. Nous pourrions demander à Athiel... ou à Soziel, si Isaël-Elendaël ne lui a pas encore octroyé ce talent à travers les gemmes sacrées. Souhaites-tu entrer en contact avec ton grand-père? »
Aliénor blêmit.
« Oui. Enfin, je crois, je ne sais pas...
- Tu t’inquiètes pour lui et cela est normal. Cependant, s’il n’a rien à se reprocher et qu’il n’est en rien de connivence avec les serviteurs de Baphomet, il ne devrait rien craindre. Par contre, s’il fuyait pour une raison ou une autre, ne risque t’il pas de paraître suspect ?
- Tu me conseilles de ne pas le prévenir, alors?
demanda Aliénor inquiète.
- Je te conseille de lui faire confiance. Et de te faire confiance pareillement, quelle que soit ta décision. Le doute est un terrain fertile pour la peur et la peur une terrain fertile pour la colère. »

Aliénor se leva et le gratifia d’un bisou avant de changer de sujet. Fallait-il des chemins de table en tissu ou des bouquets en leur centre?

« Alors, tu viendras à la fête? Cela me ferait trop plaisir de t’y voir avec Athiel.
- Oui. Été aime chanter et je sais qu’Athiel appréciera également.
- Si tu viens, tu dois t’amuser aussi ! Et chanter avec moi.
- Hum… Non, je ne fais pas cela. Mais Athiel le fait très bien. »


Aliénor fit les gros yeux.

" Donc, vous ne faites jamais rien ensemble? Je veux dire en dehors des prières à votre déesse, de réparer des trucs maudits et de combattre les démons?
- Ali… Athiel est une personne merveilleuse et pétrie de qualités.
- Oui, justement…
- Je ne peux pas nier que je fus heureux qu’elle et Lothor décide de venir avec moi au Sarkaris. Seulement, ce n’est pas une vie qu’elle mérite. Depuis sa naissance, elle est destinée à devenir grande-prêtresse d’Isaël-Elendaël. Si j’étais là où je dois être, je serais parmi les miens, dans la grande foret de Fériani, héritier de la garde du portail. Je l’épouserai comme mon père à épouser la grande-prêtresse il y’a 300 ans.
- Et bien oui, vous rentrerez un jour et vous pourrez faire tout ça.
- Ali… Tu te rappelles quand j’ai révélé que j’étais ici pour retrouver ma soeur. Si elle est au Sarkaris, ce n’est pas par hasard. Au Kyonin, cela fait si longtemps que Fléau-des-Arbres corrompt notre terre sacrée, répandant ses racines empoisonnées dans le sol et dispensant des vagues insectoïdes dans nos forêts. Des siècles de combat durant lesquels se sont échinés les grands mages et les plus grands guerriers. J’ai vu ce démon, j’ai vu ma soeur le combattre. J’ai compris qu’il nous manquait un savoir enfoui pour pouvoir le vaincre définitivement. Chercher cette réponse à la Plaie du Monde était mon idée. Mais ma soeur m’a devancé.
- Je suis sur que tu vas la retrouver.
- Bien sur car je lui fais confiance… Elle a toujours été la meilleure en toute chose. Le Kyonin n’est pas une société patriarcale. Une femme peut hériter de la charge de sa maison. Son prestige est immense dans nos contrées et sa place est là-bas, pas ici.
- Donc, tu veux la remplacer. Et si elle ne veut pas?
- Il faut que l’un de nous soit au Kyonin, sinon la maison Sirindor perdra bientôt son influence et sa position privilégiée dans le gouvernement de notre reine. Ma soeur sait cela. L’essence de la Pierre de Garde est en moi, elle ne pourra pas nier que je suis de ce fait maintenant mieux armé qu’elle. J’ai aussi accumulé de nombreuses connaissances. Je ne serais jamais capable d’égaler ses prouesses au combat mais je puis invoquer des créatures.
- Je suis sur qu’Athiel resterait volontiers avec toi jusqu’au bout.
- Oui, je le crois. Et je le crains. Mais si je la respecte et la considère, ce n’est pas une vie pour une personne aussi noble d’âme et de coeur qu’elle.
- Mais non. Regardes, moi, j’ai Freerick, on s’aime, on va avoir des enfants.
- Et vous les élèverez à Kenabrès, car c’est là qu’est votre place. La cinquième croisade doit mater les démons pour que vous viviez en paix. Alors que je pourrais tout aussi bien ne jamais rien trouver et finir ma vie ici. J’apprécie la compagnie d’Athiel mais ce serait pur égoïsme que de lui imposer cette vie par défaut. »


Ce qu’Aërys ne disait pas était d’une toute autre gravité. La naissance d’un elfe dépendait aussi de l’environnement, de la connexion avec la vie alentour : toute la corruption environnante pouvait donner le jour à des goules. Athiel le savait tout aussi bien et connaissait mieux que lui les rituels de fertilité bénie. Pour une race à la longue longévité, donner la vie n'était pas une chose légère. Aliénor sentit comme une fêlure imperceptible sur le visage d’albâtre du prince elfe et posa une main aimante sur la sienne.

Elle ouvrit ensuite un placard et en sortit une effigie de Shélyn qu’elle plaça en hauteur avant de s’exprimer à voix haute, autant pour Aërys que pour elle même.

« Nous marchons dans un océan de chaos, de haine et de violence. Quoi de mieux que l'amour pour ne pas perdre nos proches et ne pas se perdre soi-même? »

***

Le soir venu, l’ambiance à l’auberge était chaleureuse, la bière coulait à flots - sans que personne ne se risque à demander à partir de quoi elle était fabriquée. Aliénor accomplit quelques brillantes représentations tandis qu’Eté ajoutait des notes chantantes suraiguës.
Puis, elle conjura Athiel de chanter à son tour, appuyé par les encouragements de quelques paladins qui l’avait consacré entre eux « Reine d’Amour et de Beauté » jusqu’à l’arrivée de la non moins angélique Loranaëlle Kantaria.

La prêtresse entonna dans la langue elfique un chant profond et vibrant célébrant la beauté et la pureté de Fériani. Ses longs cheveux blonds auréolaient d’or son visage serein. Aërys l’écoutait en observant l’onde de sérénité qui émanait d’elle. C’était une effluve magique, une vague bienfaisante invisible à l’oeil nu, une bénédiction qui ne puisait sa force dans aucune écaille de dragon ni bannière divine. Il réalisa qu’Athiel avait changé, plus pure que jamais. Il délaissa sa comtemplation du le voile de magie à l’oeuvre et ferma les yeux pour apprécier le cadeau qu’elle faisait. Quand il les ouvrit, il vit quelques hommes renifler en se frottant les yeux.

Sans un mot, lui et Lothor remercièrent Athiel d’un regard. Dehors près d’une fenêtre entrouverte, un autre elfe, le taciturne Silure gardait les lèvres serrées en réfléchissant. Bon gré, mal gré, il devait composer avec tout les humains présents et devait garder pour lui son ressentiment à ce partage de culture ancestrale.

Plus tard, il fut brandit à une table un alcool encore plus douteux que la bière. Lothor ne recula pas devant le danger. A la surprise générale, Aërys consomma également un verre. Quand on ne boit plus et on ne mange plus - sauf pour ne pas se montrer impoli en goutant les gâteaux Toupied -, l’ingestion d’un redoutable tord-boyaux n’était pas une idée particulièrement brillante. C’est ainsi qu’on eu droit à des grimaces assez originales et des débuts de sourires à la commissure des lèvres du prince elfe. Il ne demanda pas son reste et ne tarda pas à quitter, accompagné par la vigilance bienveillante d’Athiel.

***

Freerick appela Aliénor à tue-tête qui faisait taire cette voix lointaine en se couvrant les oreilles avec les coussins du lit conjugal. Il dut finalement aller la déloger lui-même et lui intima de vite venir car on avait de la compagnie pour le petit déjeuner. « Mais on avait dit qu’on servait pas de petit déjeuner… », réussit-elle à marmonner en enfilant une robe de chambre du plus bel effet.

Un coup d’oeil par la fenêtre et elle cru voir un curieux spectacle, celui d’une grive poursuivi par un chat volant lui même menacé par un immense loup blanc.

Quand elle apparue dans la cuisine, guidée par l’odeur du pain chaud et des lardons cuits, elle trouva son mari installé ainsi qu’Aërys et Athiel.
« Modifié: février 19, 2016, 01:21:21 am par Valaar »
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Chap. 10 : Prières (the elven point of view)
« Réponse #2 le: février 19, 2016, 23:47:34 pm »
ll y’avait dans la Chapelle de l’Héritière une foule immense particulièrement serrée pour la grande messe donnée par la prêtresse de Iomedaë. Plus de deux cent paladins et le double encore d’autres fervents croyants de la déesse. L’entrée était désormais barrée pour éviter tout accident et l’insistance de ceux qui ne pouvaient rentrer n’y changeait rien. Aërys volait au dessus de la foule agglutinée et se posta sur le bord d'un lustre suspendu pour admirer l’homélie de l’angélique Loranaëlle Kantaria. Au plus fort de ses prières, celle-ci déployait ses ailes et s’élevait de quelques mètres, saluée par des murmures emerveillés et des mains tendues paume vers le ciel. S’il ne se tenait pas à un point haut, Aërys pourrait ne pas voir les trois statues représentant un chevalier tenant une épée longue pointe vers le bas. Le mur sud accueillait toujours la grande tapisserie représentant la déesse en armure devant un homme en robe verte. Aërys avait en mémoire que c’est derrière celle-ci qu’il y’avait deux chambres fortes successives dont une contenait un leurre de l’Epée de Courage. Dans la chapelle, le murmure s’était changé en prière collective tandis que Loranaëlle tournait dans les airs comme transportée par la liesse générale, radieuse et rayonnante…

Eté secoua la tête quand Aêrys mit un terme au sortilège de partage de souvenirs.

« Alors, tu as vu? Elle a vraiment de très belles ailes. Moi, les miennes sont toutes petites…
- Je n’avais pas considéré que tu souhaitais que tes ailes aient d’autres fonctions que de te permettre de voler.
- Il me faudrait des grandes ailes, des ailes de démons ainsi je ferais peur une fois pour toute à Archéon.
- Je ne t’aiderais pas dans cette démarche, Eté. D’ailleurs, je crois que tu n’ennuierais sans vos jeux. Tu dois comprendre que c’est dans sa nature de chasser.
- Et c’est dans sa nature de voler? Est-ce bien normal, un chat qui vole sans ailes? Il commence à y avoir plus de monde dans les airs qu’au sol. Si j’étais un loup géant, personne ne me chasserait.
- Si tu étais un loup géant, tu ne parlerais pas, tu ne volerais pas et je n’aurais jamais pu te porter sur mon épaule. Sans ton acuité visuelle et ta discrétion, j’aurais souvent manqué de nombreux détails. Quand à la force et l’apparence, je te montrerai la prochaine fois une vision dans laquelle tu étais fait de pierre, éloignant le mal à grand coups d’ailes pour me sauver la vie…
- Tu dis que je volais alors que j’étais en pierre? »

Aerys retint une grimace d’agacement.

« Eté. Nous allons bientôt partir en mission. A notre retour, nous ferons le point sur le recours pertinent à la rhétorique. Mais sinon, oui : tu volais. »

***

La chapelle du Défenseur avait les mêmes dimensions que la chapelle de l’Héritière, douze mètres de long pour deux tiers de largeur avec des rangées de banc inoccupés face à l’estrade. Dans le mur du fond, une immense tapisserie commémorant la construction de Drezen et sa résistance contre les démons. La chapelle avait été débarrassée de la statue de Torag qui trônait sur l’estrade ainsi que des statues des gardiens nains et de deux tapisseries représentant des forges. A défaut d’avoir des accessoires religieux à la gloire du Général de la Vengeance, son symbole, une épée bâtarde croisant une aile pourpre, était peinte en grand sur le mur de l’estrade.

Skender Zstelian, le prêtre de Ragathiel accueillit le général Zacknamaël Kantaria ainsi qu’Appoline de Sainte-Croix. C’était ce matin une prière non programmée, motivée par des événements récents. Depuis l'arrivée du prêtre de Ragathiel, la chapelle accueillait progressivement de nouvelles personnes, désireuses de trouver une force supplémentaire dans leur souhait de vengeance ou comment canaliser leur colère. Apprendre aussi à ne pas vivre dans le regret et transformer le remords en courage, le courage de rendre justice.
Skender marqua une pause pour lever un sourcil interrogateur vers le fond de la salle, habituellement plongé dans la pénombre. Appoline et Zacknamaël regardèrent à leur tour et virent eux aussi un reflet de lumière qui ne devrait pas être. Le général fit signe à Appoline d’y aller et se tourna calmement vers le prêtre en hochant la tête pour qu’il continue.

Les sens aux aguets, la redoutable paladine devina la présence d’une personne qui précéda son injection en se levant et en s’approchant.
Elle le reconnut sans mal. « Prince Aërys. »
L’elfe la rejoignit et avança avec elle vers l’estrade. Avant cela, Appoline lui demanda en chuchotant « Tu n’es pas là pour remettre le couvert concernant le culte de Torag? » auquel il répondit par la négative d’un léger mouvement de tête.

« Que fais-tu assis dans le noir dans le temple de Ragathiel? » demanda Zacknamaël.
- Je m’instruis. Et être dans le noir ne me pose pas de problème. » Pas plus qu’à toi, songea Zacknamaël. « Je m’instruis car si j’ai accumulé nombres savoirs, je ne connais que peu de chose de votre culte. » Il s’adressait maintenant au prêtre en ajoutant respectueusement « Sauf si ma non obédience à Ragathiel requiert que je sorte… »

Skender lui confirma qu’il pouvait rester et assister à la messe d'autant qu'il ferait surement partie de l'expédition. C'était une messe exceptionnel et non programmée car portant sur un drame récemment survenu. Un convoi avait été brutalement et sauvagement attaqué, entrainant de nombreux morts. Tout semblait indiquer une redoutable escouade de barbares. Le prêtre de Ragathiel, vétu de rouge et d’argent, ne minimisa pas les faits bien au contraire. Il y’avait eu injustice, les tués n’avaient jamais eu la moindre chance d’en rechapper. Il appuya sur le sadisme des meurtres qui ne pouvait mériter qu’une sanction vengeresse. 
Aerys écouta avec attention, gardant les lèvres fermées et se surprenant à abonder mentalement par moment avec certains arguments prononcés avec verve. Il fut également un peu décontenancé par les visages d’impassibilités des deux paladins. Même si Appoline ne participerait pas à l’expédition qui suivrait sous peu, nul doute qu’elle n’aurait de cesse de songer au châtiment des meurtriers.

La messe fut finalement assez courte, dénotant avec celle de Iomédaë et ses envolées lyriques à l'unisson. Skender conclua en priant Ragathiel de voir ses sujets obtenir réparation en son nom ainsi qu’en les protégeant des ses ailes enflammées.

Ils sortirent ensuite tous trois tandis que Skander accueillait d'autres fidèles, les yeux rougis par la colère. Il semblait qu'une des victimes du convoi était un proche...

Appoline remarqua qu'Aërys semblait troublé et lui demanda avec son sourire gouailleur habituel s’il était assez instruit maintenant. L’elfe hocha la tête avec perplexité en demandant cependant « Y’a t’il seulement une place pour le pardon dans cette foi? »

Zacknamaël s'arrêta de marcher et leva son regard vers le prince elfe : "Alors, c'est que tu n'as pas bien écouté."
« Modifié: février 21, 2016, 23:22:55 pm par Valaar »
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