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102285 Messages dans 7473 Sujets par 814 Membres - Dernier membre: Cakela août 18, 2019, 13:50:15 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Dorothée  |  Livre I – L’Invasion de la Plaie du Monde (Modérateur: Dorothée)  |  Prise de commandement.
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Auteur Sujet: Prise de commandement.  (Lu 550 fois)

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Prise de commandement.
« le: août 28, 2015, 14:58:52 pm »
Arrivé deux jours plus tôt avec la Reine Galfrey, l’escadron de paladins avait reçu l’ordre d’assainir
et de remettre en état l’académie de Saint Clydwell. Chacun des guerriers saints avaient pris
cette mission à cœur, et pour cause. Ils y avaient reçu leur premier entraînement, leur première blessure,
leur première victoire, leur première défaite, et surtout, la grâce de leur déesse. Les couloirs qui mènent
aux maisons ; les salles de classes autour du jardin intérieur ; l’armurerie souterraine ; le jardin
aux trois cascades ; le réfectoire aux vitraux d’or et aux mosaïques racontant l’ascension de Iomédae ;
rien n’avait été épargné. En tentant de recoller les morceaux d’un pot cassé, Samett Hoggun se revoyait
plus jeune, accoudé au mur face à lui, une rose cachée dans son dos, guettant l’arrivée de Réann.
L’immense Graham s’approcha de lui. Il tenait un petit bouclier ternis dans ses doigts aux proportions
éléphantines. Il l’épousseta avec une douceur et une tendresse qui détonnait chez le colosse.
Graham sourit tristement à Tim. Ce dernier pouvait voir dans les yeux de l’homme le plus fort de son escadron,
que lui aussi revivait des jours heureux. L’académie de Saint Clydwell formait l’élite des paladins du Mendev.
La ville fortifiée de Kénabrès s’enorgueillissait d’être la formatrice de la garde d’élite de la reine Galfrey.
La réputation des paladins avait dépassé les frontières du Mendev.
Dernier Rempart lui-même reconnaissait leur valeur et leur férocité.


Déliah finissait de remettre la dernière chaise en bois de chêne en place. Le réfectoire était
enfin propre et utilisable. Les bruits de fourneaux qu’on active lui confirmèrent que
la cuisine était elle aussi opérationnelle, et que Lewland avait pris en main la confection du repas
 du soir. Peu à peu, les hommes en armures entrèrent dans la « cantine » et ôtèrent leurs casques.
Comme s’ils avaient quitté l’académie pour seulement quelques jours, au lieu des deux ans
passés à Nérosian, ils se dirigèrent vers leurs anciennes places, se rangeant en maison.
La rangée la plus à gauche pour les phénix, puis les salamandres, les dragons au milieu,
les balrogs, et enfin tout à fait à droite, les Effrits. Déliah sourit en voyant ses camarades commencer
à discuter entre eux joyeusement, puis soupira. Il manquait Freerick et Cenred. Il manquait aussi … elle serra les dents
et souffla nerveusement. La porte s’ouvrit soudain, et les deux paladins qui partagèrent sa vie
d’apprentie firent leur entrée dans le réfectoire. Freerick le hobbit semblait toujours aussi jovial
et tout en lui respirait l’énergie chaleureuse de sa race. Cenred avait embelli. Il était un homme
désormais. Il avait pris des épaules et son regard trahissait l’habitude du commandement.
Déliah couru vers ses deux amis et se jeta à leurs cous. Ils restèrent un moment dans cette position,
quand une voix cria soudain : « Escadron ! La Reine ! »


Comme un seul homme tous les paladins se levèrent et frappèrent leur torse du poing droit.
La reine paladin entra dans le réfectoire d’un pas martial et mesuré. Elle regarda chacun
de ses guerriers saints puis les salua d’un mouvement de la tête. « Repos, messieurs. »
Les hommes et femmes rabaissèrent le bras droit le long du corps et se fixèrent. La reine Galfrey
se positionna au centre afin que chacun puisse la voir et entendre ses paroles.
« Aujourd’hui est un grand jour. » commença-t-elle, avant de continuer « Je vous libère de ma garde. »
Les paladins reçurent les paroles de leur reine comme une gifle. Ils se regardèrent médusés,
ne comprenant pas ce qui était en train d’arriver. La reine resta face à eux, sans un mot,
les fixant les uns après les autres. « Votre majesté, un mot. » résonna une voix féminine
au milieu des hommes en armures. « Oui ? » répondit Galfrey. « Vous avons-nous failli ? »
commença Déliah. « N’êtes-vous plus satisfaite de votre garde personnelle ? » continua-t-elle.
La Reine lui lança un regard bienveillant puis répondit d’une voix où l’on sentait le regret et l’espoir
« Je vous rends à Kénabrès. Je vous rends à cette académie qui vous a si admirablement formé.
Je vous rends enfin, au devoir qui était le vôtre dès votre ordination : Le combat contre la Plaie-Du-Monde. »
La guerrière aux armes étincelantes leva sa main droite d’un geste solennel. « Vous êtes l’élite parmi l’élite.
Les meilleurs guerriers saints que l’on puisse trouver sur Golarion. Vous êtes ma fierté, mon orgueil,
mon dernier espoir. » Les poitrines des paladins se soulevaient à l’unisson, galvanisés par les mots de celle
qu’ils avaient jurés de défendre au prix de leur vie. La reine continua « Je refuse de laisser dormir
la meilleure arme du Mendev dans son fourreau ! Vous avez été élu par Iomédae, par Sarenrae, par Shelyn,
par Abadar, et même pour certain, par Ragathiel. Ces dieux et déesses ne vous ont pas accordé leur grâce
pour que je vous garde pour ma protection ! Ils vous ont choisi car leurs desseins étaient plus grands ! »
La voix de Galfrey résonnait tel les tambours de guerre. « Ils vous ont choisi pour que vous combattiez
l’ennemi directement dans le cœur de leur territoire ! » hurla-t-elle. Cent voix d’hommes et de femmes
lui répondirent et rugirent à son invective. « Galfrey ! Galfrey ! Galfrey ! » Scandèrent-ils en rythme.
La reine leva la main et attendit que les hommes et les femmes reviennent enfin au calme. « Celui qui
vous mènera au combat est le dernier descendant de la lignée la plus prestigieuse du Mendev.
Le dernier des Kantaria vous mènera dans la Plaie-Du-Monde. » Les cent Paladins en eurent le souffle couper.
Ils se regardaient les uns les autres, comme pour se persuader qu’ils avaient réellement entendu leur reine prononcer
le nom de Kantaria. Galfrey resta interdite, plongée dans un silence d’incompréhension. Puis l’escadron
au grand complet se mit à hurler de joie, levant leurs armes au ciel et invectivant les démons du défunt Sarkaris.
Galfrey n’était pas mécontente de son effet d’annonce. Après plus de cent ans à gérer la politique du royaume,
c’était toujours rafraîchissant pour elle de parler simplement à des hommes qui ne disent qu’avec le cœur.
Elle savait aussi qu’elle devait bien doser ses effets, car elle venait d’annoncer un nom qui parlait à ses guerriers d’élite.


Les Kantaria … elle se rappelait de l’arrivée d’Absalom au Mendev plus d’un siècle plutôt.
Un chéliaxien à la stature formidable, auréolé de la bravoure d’un homme qui venait porter
aux Mendev la vengeance de son Dieu mort. Elle avait tout de suite été intimidée.
Elle, jeune reine parachutée au pouvoir sans y être préparée, et lui à peine plus âgé, qui semblait
savoir, que le monde devait partir en croisade dans les terres barbares, avant qu’il ne soit trop tard.
Elle l’avait aimé instantanément. Il l’avait envoûtée, et elle ne vivait plus que pour ses grands yeux noirs.
Elle lui parlait « royaume », il répondait « frontière » ; elle lui parlait « stabilité », il répondait  « campagne » ;
elle lui parlait de « rester avec elle » enfin, il répondait « départ au plus tôt pour le cœur du Sarkaris »…
Il avait emporté son cœur avec lui et plus tard il y plongerait la dague de la trahison.
Elle avait surveillé ses descendants. Et s’il fallait longtemps à une femme éconduite pour pardonner,
à une reine éconduite il fallait plus d’une vie. Et Galfrey avait vécu plusieurs vies. Elle avait refusé
de les écouter et de déclencher les croisades quand ils étaient venus le lui demander. Les enfants,
puis, les petits enfants et enfin les arrière-petits-enfants d’Absalom ont donné leurs vies dans la Plaie-Du-Monde,
avant qu’elle n’accepte de déclencher les croisades qu’ils avaient réclamées. Tous les Kantaria s’étaient
illustrés dans le combat contre les démons. Tous avaient versé leur sang pour le MENDEV.
Leur histoire et leurs campagnes militaires, leurs tactiques et leurs méthodes d’entraînement,
tout était étudié dans toutes les académies du pays. Il était temps pour Galfrey de guérir et
d’accompagner le dernier de cette lignée. Mais quelque chose lui disait que cela n’allait pas être aussi simple.
Des murmures s’élevaient peu à peu. À la fois excités et curieux, les paladins se félicitaient et piaffaient d’impatience.
Ils allaient servirent sous les ordres d’une légende ! Ils n’avaient pu se mêler aux autres paladins
à leur arrivée, la Reine les ayant envoyés immédiatement au nettoyage de l’académie,
mais une rumeur circulait déjà : Radiance avait été retrouvée !
D’abord Radiance, et maintenant un leader aussi charismatique qu’un Kantaria …
Dans le regard des guerriers saints on lisait que la cinquième croisade pouvait être déclarée,
ils étaient prêts ! La reine avait l’habitude des tensions de la guerre, mais là, dans cette salle,
elle sentait un feu palpable, un signe annonciateur d’un incendie ravageur.
Bientôt le Sarkaris tremblerait devant l’arrivée de sa troupe d’élite. Bientôt, elle le savait,
les trompettes de la victoire résonneraient sur les murs de Drezen. Il y avait une énergie ambiante
électrique qui lui hérissait délicieusement les pores de la peau. Décidément, elle était douée pour parler
aux hommes, et elle ne pouvait s’empêcher de se féliciter elle-même. Galfrey s’éclaircit enfin la voix,
puis désigna de son bras droit la porte d’entrée. « Paladins ! Voici votre général ! » Dit-elle tout haut.
Les paladins frappèrent leurs épées contre leurs armures et hurlaient « KANTARIA ! KANTARIA ! KANTARIA ! ».
Des pas claquèrent lentement, révélant un homme de haute stature, aux épaules larges et au menton carré.
Il semblait que des flammes dansaient dans ses boucles brunes, à moins que ce ne soit un effet
d’optique. Ses yeux noirs regardaient fixement devant lui, comme s’il analysait tous ceux qu’il voyait.
Il avait un corps entraîné et fait pour le combat. Dans cette assemblée d’hommes et de femmes
au charisme hors norme, il se détachait plus encore. Il portait la grâce divine et était de leur clan,
de celui des guerriers divins. Il portait à sa ceinture une épée à la poignée d’or, la légendaire Radiance,
l’arme d’Absalom Kantaria, que la main de l’héritière elle-même lui avait offerte.
Ce regard de rapace … ce port altier … et surtout cette cicatrice sous l’œil gauche… les paladins se figèrent instantanément.
« Voici Zacknamaël Kantaria ! » acheva triomphante la reine Galfrey dans le silence le plus total.


Galfrey fixa ses hommes sans comprendre. Son regard passa de Zacknamaël aux paladins
qui lui faisaient face. L’hostilité présente était aussi palpable que la liesse quelques instants plutôt.
Trente longues secondes s’écoulèrent avant que l’un paladin ne s’avance au milieu de la pièce,
face à la reine. Il était immense et ses bras étaient aussi épais que des colonnes de marbres.
Il n’avait pas de cou, ou alors celui-ci était si gros qu’il semblait soudé à ses muscles dorsaux.
La force de Graham était légendaire dans tout le Mendev. On disait qu’il pouvait étrangler
un taureau à mains nues. Qu’il l’avait déjà fait. Plusieurs fois.
Il baissa la tête en signe de respect pour sa souveraine, puis la regarda et leva les mains
et commença à faire des gestes devant lui. « Il demande la permission de parler, votre altesse. » dit Déliah.
La reine regarda le paladin aux dimensions formidables dans les yeux et lui fit un signe affirmatif
de la tête. Graham continua ses arabesques dans les airs, et Déliah traduisit comme si
les paroles venaient d’elle. « Avec tout le respect que je vous dois, ma reine, je refuse de servir Zacknamaël LEOBRIS. »
Un murmure d’assentiment perçait dans l’assemblée. « C’est un être sans honneur, qui ne
recule devant rien pour obtenir ce qu’il veut. » continua Déliah, suivant la danse des mains
de Graham. « Je suis prêt à partir pour la Plaie-Du-Monde, à mourir là-bas pour vous, mais ma Reine,
je refuse de servir sous ses ordres. » acheva Graham par l’intermédiaire de Déliah. Le colosse muet
dégaina son épée et s’approcha menaçant de Zacknamaël. Ce dernier ne bougea pas et fixait son ancien
compagnon dans les yeux, puis sous le menton, où l’on voyait une vilaine cicatrice, qui barrait
de part en part la gorge d’hippopotame de Graham. L’énorme paladin jeta sa lame au pied
de Zacknamaël et lui cracha au visage. Zacknamaël, le bras gauche replié derrière son dos,
leva son autre main ganté au niveau de ses yeux, la paume tournée vers son visage.
Instantanément Graham se jeta en arrière et se mit en garde, tandis qu’une cinquantaine d’épées étaient dégainées, hostiles.
D’un geste lent, le paladin offensé essuya la salive qui s’écoulait sur ses joues et descendait
le long de l’arrête de son nez. Son regard acéré n’avait pas quitté celui du géant muet.
Ce dernier ne semblait plus  très sûr de lui, et recula lentement.
 

Dix ans plus tôt


« Et s’ils ne m’écoutent pas ?» se demandait le cadet qui tournait et retournait
sa plume entre ses doigts, visiblement contrarié de ne pas trouver de réponse à sa question.
Les cours de commandement étaient ceux qu’il comprenait le moins. Profondément individualiste,
Zack préférait travailler seul. Dans son égo d’adolescent en devenir, il se considérait comme
le meilleur de toute l’académie. Mais il savait aussi que la promotion majeure allait quitter l’académie
à la fin de l’année, et que les places de chef de maisons allaient se libérer. Son ambition était de prendre la tête
d’une des maisons malgré son jeune âge. Il régnait un silence absolu pendant les cours de Kordh,
un silence rythmé par le pas aux reflets métallique du vieux paladin, et par le crissement des plumes
des autres cadets, qui grattaient les parchemins à allure maladroite.
« Comment je fais pour les forcer à se battre ? » demanda Zack, brisant la quiétude sépulcrale.
« Si je sais que j’ai raison, et qu’ils ne veulent pas faire ce que je dis, je fais quoi ? » continua-t-il,
les sourcils froncés. Les cadets avaient arrêté leur travail d’écriture et regardaient Zack avec stupeur.
Il avait osé parler sans demander l’autorisation du plus irascible des professeurs. Le courroux du vieux paladin allait
le foudroyer sur place, c’était sûr ! Pourtant le vieil homme sourit. « Mon garçon, on ne peut contraindre
des guerriers divins à donner leur vie pour une cause, si juste soit-elle. » Il leva un bras et balaya
lentement les cadets de la main, les désignant un par un, « mais on peut les convaincre de le faire.»
Son pas lourd et mesuré repris et il marcha lentement vers le tableau noir.
«Demander à un homme ou une femme sanctifié de donner sa vie est la chose la plus … délicate à faire.
Mais Si tu y arrives, ils te suivront aux portes des enfers ou des abysses. » Zack se mordait
la lèvre inférieur, un tic qui notait son énervement ou sa profonde concentration.
« Oui mais comment on fait ça ? » s’énerva-t-il. « C’est quoi la méthode ? Si je dois frapper Graham,
c’est facile, j’avance mon pied gauche, je fais une rotation du buste et je détends mon poing droit. »
Avant que le gros garçon qui répondait au nom de Graham ne rouspète, Zack continua.
«  Mais comment je demande à un homme de donner sa vie pour ma stratégie? ».
Kordh fixa son petit-fils dans les yeux, comme s’il sondait son âme « Pour demander à un guerrier divin
de donner sa vie, on lui parle avec le cœur. » commença –t-il « Son cerveau évaluera toutes les possibilités
en écoutant le plan que tu lui soumets, mais c’est son cœur qui voudra te suivre ou non.
Et c’est à ce cœur que tu dois parler. » Kordh se demandait si l’enfant de dix ans avait compris l’image.
Il ne recevait ce genre de questions que de cadets quatre classes au-dessus, quand ils étaient assez mature
pour briguer une place de chef de maison. Kordh leva un sourcil et fixa Zack plus attentivement.
« Et si je me trompe … et si mon idée … si je n’ai pas bien réfléchi et qu’ils vont dans un piège ? » 
Souffla l’enfant visiblement tourmenté. « Ils mourront. » répondit lentement le vieux paladin.
L’enfant avait compris l’image, et il comprenait désormais le sens des responsabilités.
« Et si par malheur tu t’en sors vivant, tu porteras ce fardeau toute ta vie… » Acheva Kordh.
Ses dernières paroles avaient frappées tout son auditoire. Le vieux professeur se racla la gorge.
« Allons ! La leçon est terminée pour aujourd’hui ! Cadets, Sortez-vous dégourdir les jambes !
Il fait un temps magnifique ! » Gronda Kordh. Les garçon se levèrent et rangèrent rapidement
leur plume et leurs parchemins, puis sortirent en criant et riant. Seul Zack resta à sa place,
visiblement tourmenté par une dernière question. Kordh soupçonnait que c’était la plus importante,
pour l’enfant. Celle qu’il ne voulait pas poser devant ses camarades. Le vieil homme s’approcha,
pris une chaise, la posa face au garçon et s’assit lourdement. Ses yeux délavés par les ans fixaient
ceux plus jeune, de celui qui allait lui succéder. Il attendit.

« Et s’ils ne m’aiment pas» murmura Zack, presque comme s’il s’agissait d’un secret. L’amour … c’était donc ça.
La plus grande des forces, et le plus puissant des fléaux. Le garçon était-il prêt ? Kordh respira lentement,
puis posa ses vieilles mains burinés par les combats sur les frêles épaules de l’enfant.
« Ecoute-moi bien Zack. Ce que je vais t’apprendre aujourd’hui, je ne l’ai compris que bien trop tard.
J’aurais aimé que quelqu’un me l’enseigne à ton âge. J’aurais pu me mieux me protéger, et surtout, j’aurai pu mieux me pardonner. »
Le vieil homme hésita, comme s’il cherchait l’approbation du garçon. Il allait lui briser ses rêves,
mais c’était un mal nécessaire. Zack le regardait droit dans les yeux, et comme s’il avait compris
l’attente de son grand-père, il acquiesça de la tête.  « Ne sois pas vaniteux et ne cherche pas à te faire aimer de tes hommes,
Zack. Ils doivent te respecter, tu dois les respecter, et vos relations s’arrêtent là. » Commença le vieux paladin
« Si tu t’attaches aux hommes qui te suivent au combat, ton bras hésitera quand tu devras les envoyer
dans des missions dont on ne revient pas. Et les maigres chances de victoires que tu pourrais avoir ne seront plus,
avant même le début de la campagne. » Il resserra sa prise sur les épaules du jeune cadet « Respecte tes hommes,
mène les par l’exemple, mais ne devient pas leur ami. Est-ce que tu me comprends ?»
Zack baissa les yeux et bredouilla « mais je vais être tout seul … » Kordh acquiesça de la tête.
Son petit-fils avait compris. Il relâcha lentement les épaules du garçon, se leva de sa chaise et
se dirigea vers la sortie. Alors qu’il arrivait à la porte de la classe, il se retourna vers Zack
qui n’avait pas bougé et dit « La solitude est le fardeau des dirigeants, jeune Kantaria. »


« En tant qu’homme, Je suis désolé et je regrette sincèrement ce que je t’ai fait Graham. » articula
Zacknamaël lentement. « Mais en tant que leader de la division Ruine, je ne suis pas désolé
et je n’ai aucun regret. » il marqua un temps pour être sûr que la fin de sa phrase soit bien
comprise, tant par le colosse que par l’assemblée. « Et en tant que général, je le referai sans hésiter ».
Graham poussa un hurlement de rage inarticulé et se jeta sur son ennemi. En un éclair,
Zacknamaël dégaina Radiance et la pointa sous la gorge de Graham. Celui-ci s’effondra à genoux,
la trachée à quelques centimètres de la lame mortelle. Les paladins qui avaient dégainé pointèrent
leurs épées vers Zacknamaël. « Je t’ai dit que j’étais sincèrement désolé Graham. » répéta calmement
le paladin, alors qu’il fixait l’assemblée prête à en découdre, « mais ne te méprend pas sur mes motivations.
Je n’ai aucune intention de te laisser passer ta colère sur moi, pour étancher ta soif de vengeance. »
Zacknamaël tourna son visage vers Graham et plongea son regard dans le sien. « Sommes-nous clair ? »
Le géant à genoux leva lentement son poing vers celui qui le tenait en respect, ses yeux remplis de haine.
Son corps tremblait encore sous les convulsions de la colère, et il tentait de se maîtriser.
Puis ses doigts crispés en un poing de rage se délièrent, et commencèrent une nouvelle danse.
« Nous sommes clair, Zack, mais je ne t’aime pas. Autant que tu le saches. » Dit la voix de Déliah
pour le géant muet. Zack hocha la tête puis remis Radiance dans son fourreau. Graham se leva lentement,
puis rejoignit les rangs. Un à un, les paladins rengainèrent leurs armes. Zack était seul face à eux tous.
Il savait que son commandement se jouait à l’instant même, et bien que leur Reine l’ait désigné comme général,
s’il n’avait pas leur consentement, il ne le deviendrait pas. « Que vous m’aimiez, ou que vous me détestiez,
je n’en ai cure. » commença Zack, articulant lentement, laissant le rythme de ses mots se mettre en place.
« Je ne suis pas là pour ça. » Il les regarda tous, à chacun leur tour. « Je suis là pour vous mener au combat. »
Il se tut, sachant qu’il était nécessaire d’instaurer un dialogue. Les paladins face à lui voulaient en découdre.
Si Zack ne leur avait pas laissé le choix des armes, et avait volontairement poussé la confrontation
sur la joute verbale, il devait leur laisser prendre la parole, leur laisser la première charge.
Samett Hoggun l’ancien leader de la maison des Dragon s’avança.

Que la danse commence, pensa Zack.




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