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102285 Messages dans 7473 Sujets par 814 Membres - Dernier membre: Cakela août 17, 2019, 17:08:21 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Dorothée  |  Livre I – L’Invasion de la Plaie du Monde (Modérateur: Dorothée)  |  Le Pacte
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Auteur Sujet: Le Pacte  (Lu 494 fois)

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Hors ligne Celena

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Le Pacte
« le: août 28, 2015, 09:46:55 am »
Xéna s’immobilisa un instant, écoutant les bruits alentours.
Au dehors, les rires et la bonne humeur allaient bon train. Quelques heures plus tôt, ici même, c’était déroulée la première bataille en terre du Sarkaris. Et ils avaient gagné.
Depuis combien d’années, de décennies les siens avaient attendu ce moment?
Certains n’étaient même pas nés ici mais de l’autre côté du fleuve, au Mendev. Toute leur vie ils avaient rêvé de fouler un jour la terre sacrée de leurs ancêtres dont les gloires passées avaient nourri leur enfance.
Ce jour était enfin arrivé.

Elle ramassa son arme puis jeta un regard vers Amarok.
Ce loup s’était incrusté dans sa vie quelques jours plutôt, après lui avoir sauvé la vie. Marqué du symbole sacré de Pulura, unique tache noire sur son pelage d’un blanc immaculé, il était bien difficile de ne pas y voir un signe. Son regard se perdit dans celui de l’animal.
Pourquoi?
Elle la lui avait posée à voix haute le premier soir de leur rencontre. Comme si une bête pouvait répondre.
« Allez, en route Amarok. Allons nous rendre utiles là-haut sur les tours. »
Le loup se releva d’un mouvement souple et lui emboita le pas.
La jeune femme se dirigea vers la porte lorsque cette dernière s’ouvrit, cédant la place à Ulf.

Le guerrier n’attendit pas l’invitation, entra et referma derrière lui.
Un silence pesant s’installa.
Xéna nota la satisfaction non feinte qu’il affichait et ne put s’empêcher de resserrer l’étreinte sur le pommeau de son arme. Chaque muscle de son corps était tendu, prêt à réagir au moindre dérapage.
Ulf la toisait de haut. Elle avait espéré que ce moment arriverait le plus tard possible. Elle savait ce qu’il venait chercher.
Depuis la traversée de la frontière, il n’avait attendu que deux jours avant de passer à l’action.

« Alors Xéna? Que comptes-tu faire? Vas-tu permettre aux tiens de recouvrir leur honneur? Vas-tu respecter le pacte? »
« Ma tribu n’est plus. Il n’y a plus de pacte »
« Tu es là. Pour moi, cela suffit pour représenter une tribu. »
(silence)
« J’attends ta réponse. Je ne sortirai pas sans. »

*******************

Xéna déposa doucement Amarok au sol. Grimper en haut d’une tour n’était pas chose aisée, surtout lorsque l’on avait un loup dans les bras.
L’arrivée de la bête poussa l’autre garde à se poster à l’opposé de la barbare. L’imposante taille d’Amarok faisait réfléchir même les plus téméraires.
Ce soir, cela convenait parfaitement à la jeune femme. Elle voulait être seule.
Elle balaya du regard le ravin en contre-bas où les feux de camps crépitaient joyeusement, puis s’en détourna, plongeant son regard dans les ténèbres de la nuit, vers la Plaie.
Bientôt, les bruits montant d’en bas devinrent sourds, lointains. Une vague de souvenirs la submergea.
Ce ciel rouge, cette terre brûlée, elle les connaissait par coeur. Elle était née ici, y avait survécu, avant que sa vie ne change du tout au tout huit mois auparavant.
Lentement, elle se laissa glisser au sol, près d’Amarok.
Le poids de la journée, les résidus de la veille, l’échange avec Ulf. Tout remonta. Une immense lassitude l’envahit et, sans qu’elle n’en ait vraiment conscience, elle glissa peu à peu dans un profond sommeil.

*******************

(Huit mois auparavant)
 
Un silence de mort régnait à présent sur le champ de bataille. Le bruit des armes s’était tu. On entendait encore quelques râles de-ci de-là s’élever vers le ciel en un ultime gémissement, avant de s’éteindre à jamais.
Xéna sentait le froid de la neige l’envahir. Elle tenta de bouger, en vain. La plupart de ses os devaient être fracturés. Son corps n’était que douleur. Seul son bras gauche semblait pouvoir lui obéir encore un peu.
Elle le tendit vers son arme gisant au sol, sans parvenir à l’atteindre. Quand bien même elle pouvait s’en saisir, elle était incapable de la porter et encore moins de se relever. Mais au moins, mourrait-elle l’arme en main.
Ce geste, si lent fut-il, suffit à attirer l’attention de l’ennemi.

« Regardes. Cette chienne vit encore. »

Des bruits de bottes dans la neige. Il fut au-dessus d’elle en une fraction de seconde.
« Meurs. »
Et elle sentit la lame traverser de part en part son flanc gauche. Il retira l’épée d’un coup sec, l’observa, puis, satisfait, tourna les talons et disparut.

Le silence retomba sur le champ de bataille.
Xéna sentit le sang s’écouler de la plaie béante. Etrange contraste que la chaleur de son sang se vidant sur cette neige glacée.
Bientôt, le blanc immaculé se teinta d’un rouge sombre. Elle le voyait progresser, lentement, surement. Aussi surement que la vie la quittait.
Elle toussa, faisant remonter dans sa bouche une giclée de sang chaud qu’elle recracha aussitôt.
Son regard erra devant elle, par-dessus les corps sans vie jonchant le paysage.
Elle tourna son visage et mangea un peu de neige pour se rincer la bouche.
Elle se mourrait. Lentement.

Sa vue se brouilla. Garder les yeux ouverts lui demandait un effort presque surhumain.
Et puis, avait-elle envie de mourrir les yeux ouverts?
Elle les ferma, écoutant le râle de sa propre respiration.
Tout prenait fin ici et maintenant.
Elle allait pouvoir les rejoindre. Le rejoindre. Deux longues années déjà qu’il l’avait abandonnée. Mais c’était fini. Elle ne se battrait plus. Elle quitterait ces terres désolées semées d’horreur. Là où elle allait, ça ne pouvait pas être pire.

Une lueur au loin….
Elle tenta d’ouvrir les yeux sans y parvenir. Ses paupières semblaient scellées par le froid.
Depuis combien de temps était-elle là? Etait-ce cela la mort?
Elle se concentra sur la lumière. Une silhouette se détacha. D’abord floue.
Karl?
Elle se concentra un peu plus.
Karl, c’est toi?

(bruit de bottes dans la neige)
Xéna retint sa respiration. Des bottes? Elle ne serait toujours pas morte?
Le lumière dorée s’approche, encore et encore. Puis s’immobilise devant elle.

« Enfin, je te trouve.»
Qui es-tu? Comment me connais-tu? Laisses-moi! Que me veux-tu?

Elle sent la présence se pencher.
La lumière la touche à présent.
Son visage, ses cheveux.
Elle se dirige vers son flanc gauche.

Arrêtes! Ne me touches pas! Laisses-moi! C’est la fin. Pitié, ne me ramène pas. Laisses-moi.
La lumière dorée s’arrête, en suspend au-dessus de son flanc.
Pitié. Pars.
La lumière émet une douce chaleur qui envahit peu à peu son corps glacé.
Pitié….

Elle sent de puissants bras glisser sous elle puis l’arracher à sa prison de neige.
Elle ne sent plus le froid. Juste le vent et cette chaleur d’or qui se déplace.
Combien de temps ce voyage? Elle ne sait pas. Aux portes de la mort, le temps n’existe plus.

Soudain, une, puis deux, puis trois autres lumières dorées apparaissent.
D’abord petites. L’une d’elle semble voir la première et se dirige rapidement vers elle.

« Une survivante? »
« La seule. Je l’ai stabilisée mais elle a encore besoin de soin. Elle a perdu beaucoup de sang. Des nouvelles de votre côté? »
« Rien mon commandant. C’est un désert de glace où la vie n’existe pas.»
« … Si, elle existe. Tu es trop jeune pour la voir. »
(silence)

Elle a l’impression de flotter, entourer de ces chaleurs dorées.
D’autres bras passent sous elle, moins épais, moins puissants.

« Permettez. Je vais lui donner les derniers soins. »
« Fais donc. »

Elle quitte cette chaleur puissante pour cette autre dont la couleur est… différente? Vive, beaucoup plus vive, mais différente.

« Quels seront vos ordres Oldaric? »
« Finis de la soigner et on lève le camp. »
« Bien mon commandant. »

La marche reprend. La seconde lumière s’éloigne de la première. Puis finit pas la déposer sur un sol moins froid qu’avant.
La lumière se déplace, touche son cou, vérifie son pouls. La même sensation de chaleur l’envahit. Elle la soulage mais différemment de la première. C’est moins… profond?
Puis elle sent la lumière se pencher au-dessus d’elle.

« Accroches-toi. Je m’appelles Cenred. Et nous allons te ramener. »




 
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