gfxgfx
 

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
 
gfx gfx
gfx
102316 Messages dans 7472 Sujets par 915 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 12, 2019, 07:33:39 am
*
gfx*AssociationDonsForumMessagesgfx
gfx
Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Dorothée  |  Les Justes (Modérateur: Dorothée)  |  Zack
gfx
gfxgfx
 

Auteur Sujet: Zack  (Lu 1048 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Sstrad

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 594
    • Voir le profil
Zack
« le: mars 17, 2015, 00:19:24 am »


« Modifié: mars 17, 2015, 00:22:00 am par Sstrad »

Hors ligne Sstrad

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 594
    • Voir le profil
Re : Zack
« Réponse #1 le: mars 17, 2015, 00:20:52 am »

Hors ligne Sstrad

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 594
    • Voir le profil
3 ans plutôt
« Réponse #2 le: mai 07, 2015, 20:32:29 pm »
"Quand le poing de son adversaire percuta sa mâchoire, Cenred pensa l’espace d’un instant qu’il venait de se faire percuter
par un taureau en pleine charge. Le temps sembla ralentir et tout allait lentement. Dans ce temps suspendu, il senti ses pieds
décoller du sol et son corps partir à l’horizontal vers l’arrière. Il eut cette pensée folle qu’il venait d’apprendre à voler,  comme seul
savait le faire les maîtres des arcanes. Sur sa gauche, il voyait ses amis, Freerick et Déliah, l’encourager et, s’il pouvait lire
son nom sur leurs lèvres, il n’entendait qu’un bourdonnement sourd frapper contre ses tempes douloureuses. 
Au-dessus du visage de son ami Freerick, il vit les armoiries de Saint Clydwell.

Il était arrivé à l’académie un an plutôt. Son père, Vern, était paysan et luttait jours après jour pour subvenir au besoin
de sa famille nombreuse. Sa mère, Colette, avait fait de son mieux pour que ses cinq sœurs et ses deux petits frères ne manquent
de rien.  Sa convocation pour Saint Clydwell, remise par le vieux paladin Oldarick, avait gonflé le cœur de son père de fierté.
« Tu honoreras mon nom qui est désormais le tien, Cenred Winterfield »,
lui avait-il dit le jour de son départ. Il laissa derrière lui sa fratrie nombreuse et sa mère en pleurs, et gagna Kénabrès avec le vieil
Oldarick jusqu’à la ville Garnison. Le voyage à pied dura un mois, et en chemin, leur groupe se gonfla des postulants détectés par
le vieux paladin. Il se lia d’amitié avec Déliah, une brune au regard vif, d’origine chélaxienne et avec Freerick, un hobbit au sourire
franc et au pied rapide.

Kénabrès, la ville frontière. Des murs infranchissables, une garde d’élite réputée pour ses faits d’armes, des paladins plus nombreux
que n’importe où ailleurs sur Golarion, et campant à l’extérieur, des barbares et des mercenaires assoiffés de combats. Derrière ses murs
et au-delà de la Sellen, la Plaie-du-Monde. Il avait entendu de nombreuses histoires sur le pays des démons, toutes plus terribles les unes
que les autres, toutes plus vraies les unes que les autres, et pourtant toutes, loin de la véritable horreur qui avait inspiré ses histoires.
Oldarick le répétait inlassablement : « Préparez-vous au pire, messieurs, car ce que vous feront les démons, vous n’êtes pas en mesure de l’imaginer. »
Il aimait aussi répéter que les patates caramélisées du « Cœur du défenseur » valaient à elles seules le risque de s’approcher des démons comme ils le faisaient.

Ils étaient arrivés le jour de la Messe des armes. Les rues étaient auréolées de couleurs, d’étendards bariolés, de guirlandes qui pendaient
d’une fenêtre à l’autre. Les apprentis sentaient l’odeur des brochettes au bœuf et poivron, de poulet sauté à la sauce, de maïs grillés, de gâteaux
par centaines. La ville était en liesse et tous les habitants s’étaient massés sur la place Saint Clydwell. Tous venaient célébrer les paladins
fraîchement nommés, admirer les nombreux groupes de mercenaires qui paradaient. Sur une estrade érigée face à la cathédrale, au milieu d’une assemblée
de nobles, Cenred remarqua un homme au regard sévère. « L’académie est zuste derrière la cathédrale » glapit Freerick,
pointant du doigt les bâtiments adjacents à la cathédrale. Cenred sursauta en sentant quelque chose passer très vite entre ses jambes et
il perdit tout à fait l’équilibre quand quelqu’un d’autre passa à son tour en hurlant « Pardon ! Oups ! Totor ! Viens ici ! ».

Il tomba lourdement sur le sol.

Une main.

Celle de Freerick ?

Les cadets avaient fait silence et regardaient Cenred se masser l’arrière du crâne. Combien de temps était-il resté assommé ?
Il saisit doucement la main de son compagnon, et se leva péniblement. Son adversaire avait déjà quitté le cercle et le fixait, goguenard,
entouré des membres de son équipe : les Phénix. Déliah les rejoignit, Freerick et lui, et le frappa amicalement dans le dos en souriant.
« Pas grave, on fera mieux demain. Le tournoi des maisons n’est pas encore terminé. Les phénix n’ont pas encore gagné. »
Murmura-t-elle, les yeux tournés vers leur adversaire, un grand brun, à la mâchoire carrée, aux épaules puissantes et au regard gonflé d’orgueil.
Il les toisait et ne cachait pas le mépris qu’il avait pour eux. Elle avait espéré que Cenred lui ferait mordre la poussière et ravaler
son sourire narquois. Elle avait détesté Zacknamaël dès le premier jour.

« Dégagez de là, les bouseux. Vous voyez pas que vous gênez ?!» hurla une voix derrière les trois amis.
Cenred se retourna et serra les poings. Il n’avait pas honte de ses origines paysannes, mais il ne laissait personne l’insulter.
En face de lui se tenait un garçon très joufflu et aux épaules si larges qu’il semblait prendre tout le couloir. Déliah, Freerick
et Cenred avaient décidé de déjeuner dans un coin de l’académie, assis en travers d’un couloir qui leur semblait peu passant
et venaient de partager le pain qui leur restait. Ils devaient d’abord faire montre de leur valeur avant d’obtenir le grade d’Aspirant
et d’être admis à la cantine. D’ici là, ils devaient se débrouiller avec l’argent ou les vivre de leur paquetage. Oldarick leur avait dit
qu’ils pouvaient obtenir le titre en un mois, ou un an, ou pas du tout.  Cenred se campa face au garçon qui, malgré ses quinze ans,
devait bien peser deux fois son poids. « T’as pas compris, le nain ? Tu veux que je t’explique avec mes poings
p’têt, tête de mouette. »
Le menaça l’énorme poussah. « Il faudrait que t’arrive à me toucher déjà, et vu ta bedaine,
je ne suis sûr que d’une chose : quand tu tombes, ça doit faire beaucoup de bruit. »
Répliqua Cenred. Avec une vivacité surprenante
pour quelqu’un de son gabarit, le garçon aux dimensions éléphantesques élança son poing droit boudiné vers le visage de Cenred.
Celui-ci esquiva de justesse, en se décalant juste sous l’aisselle de son adversaire. Il envoya un crochet directement dans le foie
de son ennemi, qui s’effondra en hurlant sous le coup. Il saisit le col du gros garçon affalé comme une baleine échouée, lâcha son pain tenu
 dans sa main droite, referma ses doigts et leva le poing pour le finir. Il ne vit pas l’ombre qui arrivait derrière lui, ni le coup de pied fouetté qui visait son visage.
La violence de la frappe arracha Cenred de sa victime, et l'envoya rouler lourdement au sol. Déliah et Freerick se jetèrent sur l’inconnu
qui venait de sécher leur ami, mais ce dernier les esquiva sans efforts et leva la main en signe d’avertissement.
Les deux compagnons décidèrent de retenir leurs attaques. Le garçon devait avoir leur âge, mais ses yeux noirs étaient glacés
et semblaient essayer de percer leurs âmes à jour.

« Graham n’est pas dans l’équipe des Phénix pour son aptitude au combat à mains nues, ni même pour son intelligence,
mais pour sa force, gamins. Quiconque attaque un membre de mon équipe a signé pour recevoir une correction de ma part. »

Dit le garçon d’un ton glacial. « Si tu ne m’avais pas attaqué en traître … » souffla Cenred en se relevant difficilement.
« Tu aurais gagné ? » demanda le garçon aux cheveux d’ébène. « Tu es sous entraîné, sous équipé … »
il regarda le morceau de pain que Cenred avait laissé tomber par terre « … et sous-alimenté. Si tu veux te battre contre moi, essai déjà d’être Aspirant
et de manger correctement. Ça sera déjà un grand pas pour un bouseux comme toi. Au pire, on aura toujours besoin de palefrenier à l’écurie. »

Le garçon tourna son regard vers  Déliah et Freerick. « Maintenant dégagez de notre couloir, les bouseux. A moins d’être un phénix,
vous n’avez rien à faire devant notre salle d’entraînement. Votre médiocrité commence déjà à déteindre sur nous.»


Déliah le trouva beau. Elle n’y pouvait rien. Quelque chose chez ce garçon titillait la femme en elle. Elle le détestait.
Il était vaniteux, antipathique, et elle avait envie de le tuer. Mais elle le trouvait beau. Elle savait aussi à ce moment-là,
que ni Freerick, ni Cenred, ni elle n’avaient une chance contre lui. Elle avait reconnu les galons de Cadet et le blason
 de la maison à laquelle il appartenait. De plus, il ressemblait au garçon dont toutes les filles de l’académie parlaient.
Beau comme un dieu, et arrogant comme un Prince Taldorien... c’était Zacknamaël, le leader des Phénix,
et le petit-fils du vieux paladin Kordh LEOBRIS la légende de Saint Clydwell.
 
Avec Freerick et Déliah, ils avaient intégré la maison des Salamandres  l’année passée. Après être resté un mois Prospectant,
ils avaient obtenues le titre d’Aspirant. Puis ils s’étaient battus pour faire partie des meilleurs éléments de l’académie
et décrocher leur galon de Cadet au bout d’un an. Cenred avait enduré les humiliations des Phénix et s’était abstenu
de répondre aux provocations de Zacknamaël et de ses sbires. Il avait fait l’erreur de répondre quelque fois, et s’était fait tabasser
par celui qu’il avait appris à haïr. Seules les interventions de Déliah ou d’un enseignant faisaient cesser la pluie de coup.
Il avait toujours pensé que l’académie de Saint Clydwell était réservée au plus valeureux et aux plus méritants.
Il ne comprenait pas comment des brutes comme les Cadets du Phénix pouvaient être admis en son sein. Il ne comprenait pas
pourquoi les instructeurs ne les punissaient pas pour les tortures qu’il subissait. Zacknamaël devait sûrement être protégé
par son grand-père, autrement, il aurait été expulsé de l’académie. Puis il avait fini par comprendre.
 L’académie n’avait qu’un seul but : créer des hommes de guerre au mental d’acier.
Et des brutes comme Zacknamaël, ou Graham ou n’importe quelle raclure du Phénix, était un mal nécessaire.
Si lui, Cenred Winterfield, n’était pas capable de leur survivre, il n’avait rien à espérer une fois dans la Plaie-du-monde. 

La semaine qui précède la Messe des armes est la semaine la plus importante pour les cadets de Saint Clydwell.
Durant cinq jours, les cinq maisons dans lesquelles sont répartis Aspirant et Cadets, celles des Dragons, des Balrogs,
des Salamandres, des Effrits des Phénix s’affrontent sur des épreuves dangereuses mais rarement mortelles,
reflétant chacune des situations de combat dans la Plaie-du-monde.

Freerick avait été choisi pour représenter les Salamandres sur les épreuves de tir à l’arc. Il fallait être le premier
à récupérer le drapeau qui flottait au-dessus du fort construit pour l’occasion au milieu de la cour, protégé par des gardes
joués par les cadets de toutes les maisons. La stratégie principale était évidemment de passer par les couloirs gardés
par les cadets de sa maison. Freerick aimait le risque et il opta pour une autre stratégie. Il allait escalader les murs du fort
par l’extérieur et courir sur le sommet de la palissade. Une fois là-haut, il pourrait observer la position des ennemis et passer
discrètement au-dessus d’eux. Sa petite taille et la dextérité légendaire des hobbit lui permirent de déjouer l’attention
des gardes et d’éviter les pièges du parcours. Mais il se rendit vite compte qu’il n’était pas le seul à avoir pensé à cette tactique,
et il se retrouva au coude à coude avec Karlane, l’archère des Phénix. Ils échangèrent des tirs pour tenter de s’éliminer l’un l’autre,
mais se rendirent vite compte qu’ils avaient intérêt à se battre ensemble pour espérer que l’un des d’eux gagne. 
Alors qu’ils avaient éliminé le dernier concurrent,  ils coururent sur le rondin qui surplombait le fort et qui menait au drapeau.
Freerick, plus petit Karlane, perdit du terrain. La jeune fille aux longues jambes déliées tendit le bras vers le drapeau et au moment
de s’en saisir, entendit le hurlement de Freerick qui chuta du tronc. La mort l’attendait vingt mètres plus bas.
Karlane plongea dans le vide sans réfléchir pour rattraper le Hobbit. Les doigts de la jeune fille allaient le saisir quand Freerick
arrêta sa chute grâce à une corde qu’il avait attachée à sa taille et qui lui permit de remonter en se servant de l’effet de balancier.
Karlane continua son plongeon vers la mort et retint un cri de terreur. Un rayon de lumière lancé par un des mages surveillants
la toucha aux épaules, et l'archère atterrit saine et sauve. Freerick lança un regard à Karlane, soulagé de la voir vivante, 
puis il prit entre ses mains le drapeau de la victoire. Plus bas, Karlane rentra la tête basse, honteuse d'avoir été jouée, et d'avoir perdu.
Elle se rendait vers ses équipiers de la maison du Phénix, et plus particulièrement vers Zacknamaël qui semblait glacial.
Elle allait visiblement passer un sale quart d’heure. Freerick eu pitié d'elle et regretta son geste.

Cenred s’était spécialisé dans le combat au corps à corps, épreuve de prédilection de Zacknamaël. A force d’entraînement
acharné, il s’était forgé une réputation de combattant hors pair. Il défit en combat singulier le chef des salamandres,
et pris la tête de la Maison. Toute l’académie avait attendu la rencontre des deux ennemis. Cenred avança lentement
au milieu du cercle où l’attendait déjà son adversaire de toujours. Il leva sa lame de bois, se mit en garde basse, et sourit.
Il avait étudié et répété « la botte de Kordh » en secret, et voulait humilier son ennemi avec la technique mis au point par le vieux paladin.
Sans une profonde maîtrise du timing et de la distorsion des muscles, il était impossible de réussir cette passe.
Mais Cenred avait travaillé comme un forçat et il était parvenu à maîtriser les deux difficultés de la technique secrète de Kordh.
Il savait que Zacknamaël ne l’avait jamais tentée, et si ce flagorneur avait été capable de la faire, il ne s’en serait pas privé.
Il fixa Zacknamaël dans les yeux, le regard plein de défi, puis il feinta un pas vers l’avant. Comme il s’y attendait, son ennemi
mordit à l’hameçon et rompit l’espace en avançant à son tour. Zacknamaël était un combattant impatient qui se jetait dans la mêlée.
Cenred allait lui apprendre que la patience était la mère de la survie. Cenred termina son "faux pas" en se décalant sur la droite
et fit passer son arme dans son dos en la faisant jaillir du côté gauche pour surprendre et désarmer son adversaire.
Avec vitesse et précision, sa lame s’abattit sur le poignet de Zacknamaël qui, de douleur, lâcha son arme.
Un hurlement de victoire retentit du côté des Salamandres tandis que Cenred exécutait une rotation parfaite du buste,
sa lame de bois filant à toute vitesse vers la tempe exposée de Zack. Au moment de l’impact, la main droite couverte d'un gantelet
de Zacknamaël s'interposa, et attrapa la lame, stoppant net l'attaque. Le leader des phénix profita de la surprise de son adversaire
pour le frapper aux poignets, fragilisant la prise sur l'épée, et arracha la lame des mains du leader des Salamandres.
D'un mouvement répété des milliers de fois, Zack avança sa jambe avant entre celles de Cenred qui perdit l’équilibre,
puis enfonça son crâne casqué dans la protection nasal de Cenred. L'armature métallique de son casque se tordit sous
l'impact et son nez se brisa avec un écoeurant bruit d'oeuf qui éclate, répandant un flot de sang dans sa gorge, sous l'attaque
brutale du leader des Phénix. Assommé et désormais sans défense,Cenred ne résista pas quand Zacknamaël lui arracha
son casque et le jeta vers ses équipiers du Phénix qui hurlèrent de joie. Zack observa son adversaire
avec un sourire mauvais et lui décocha un direct du droit qui fit décoller Cenred du sol. Avant qu'il ne perde connaissance,
il entendit son adversaire dire :
« La passe de Kordh n’a qu’une seule faiblesse, crétin. On ne l’exécute pas avec une arme en bois. »

Il avait étudié la passe durant des mois… il n’avait même pas songé que son arme en bois ne blesserait pas celui qui
en attraperait la lame à pleine main … Si elle avait été en acier, il aurait découpé les mains de Zacknamaël …

Zacknamaël… il n’exécutait pas cette technique en entraînement… parce qu’il en connaissait la faiblesse…

Il avait perdu… et cette fois… le combat était loyal. Zacknamaël l’avait simplement surclassé.

Il ne restait plus que Déliah. Leur dernière chance de victoire.

La spécialité de Déliah était rare chez les paladins. Beaucoup trouvait que c’était une méthode peu honorable
et qu’il n’y avait aucun honneur à la pratiquer. Une seule paladine enseignait ce style de combat, et elle s’appelait Apolline
de Sainte Croix, plus connu sous le sobriquet d’ « Apo la vicieuse », paladine de Ragathiel. Même si beaucoup jugeait
son style peu glorieux, aucun n’osait le lui dire en face. Apolline excellait dans le combat furtif. Sous sa tutelle, Déliah apprit
l’art des frappes sournoises et la place des points vitaux des hommes dans un premier temps, puis des démons.
Elle se spécialisa par la suite dans le combat aveugle. Elle passait des journées entières dans la salle d’entraînement
baptisée « la basse cave », une salle au plafond irrégulier, très bas par endroit, obligeant par moment les aspirants à se coucher
totalement, lors de la progression. Cette salle était plongée dans un noir absolu et était pour beaucoup considérée comme l’épreuve
qui demandait le plus de tripes. Quiconque ne supportait pas les ténèbres de la basse cave était renvoyé de l’académie.
« Quand vous descendrez dans la Plaie-du-monde, si vous vous retrouvez seul et sans lumière, vous devrez apprendre à survivre.
Les sens du paladin ne se limitent pas à ce qu’il voit, mais à tout ce qu’il perçoit. Aimez les ténèbres, embrassez-les,
faites d’elles vos amantes fidèles. Et peut-être qu’un jour, elles vous laisseront repartir en vie.»

Elle était sure de sa victoire. Elle connaissait les spécialistes du combat furtif, et si tous les cadets arrivaient à évoluer
dans la basse cave, aucun n’y évoluait avec autant d’aisance que Déliah. Elle douta quand, à la place de Louvik des Phénix,
elle vit Zacknamaël s'approcher de l'entrée de la salle de ténèbres.
Qu'importe, elle le battrait sans aucun problème. Après tout, il ne voyait pas dans le noir."


« Modifié: mai 10, 2015, 13:26:01 pm par Sstrad »

Hors ligne Sstrad

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 594
    • Voir le profil
Re : Zack
« Réponse #3 le: mai 10, 2015, 15:13:17 pm »
Ali était d’excellente humeur. C’était un magnifique matin de printemps et la journée s’annonçait chaude et douce.
Pour une jeune hobbit, c’étaient les conditions idéales pour chanter sa nouvelle chanson écrite la veille avec Totor.
Enfin, Totor écoutait religieusement tout en grignotant des noisettes, et Ali composait. Aujourd’hui c’était jour de visite,
et elle allait voir Zack. L’académie était un peu austère selon les goûts de la petite Ali, mais après  tout, si son ami avait
décidé d’y vivre le temps de se former à être le plus grand des paladins, ce devait être un endroit bien quand même.
Alors qu’elle passait les deux herses qui protégeaient l’accès à la cour intérieure de l’académie, Ali se repassa mentalement
les cadeaux qu’elle avait amenés pour Zack : « Un jambon salé, un boudin à l’ananas, un gâteau à la myrtille, trois colliers
de saucisses, quatre pommes, une outre de vin de framboise, une quiches poire et patates, et cinq gousse d’ails. Avec ça,
Totor devrait tenir toute l’après-midi. Et pour Zack, une omelette de canard.»

La petite hobbit était très contente quant à ses préparations !

Elle salua les cadets de faction à la porte principale de l'académie, et passa le premier portail. Elle s’arrêta net, remarquant un détail
dans le plafond de pierre de l’entrée. « Comme c’est curieux. A quoi peut donc bien servir ce trou ? » Elle avait pointé son doigt
autoritaire sur l’ouverture suspecte, bras bien tendu et menton relevé. « Oh ça, c’est pour se défendre. On appelle ça un assommoir. » 
Répondit une voix derrière elle. Ali poussa un « iiiiiii » de surprise et se cacha derrière Totor qui était resté courageusement planté
au milieu du passage. « Salut » continua l’inconnu, « je m’appelle Freerick. Et toi ? » Bien à l’abri derrière l’énorme marmotte,
Ali osa un coup d’œil discret en écartant lentement l’énorme touffe de poil entre les deux oreilles de Totor qui n’avait pas bougé.
Elle vira au rose, et puis au rouge, en découvrant un jeune garçon halfelin comme elle, et à peine plus âgé, et surtout … très
mignon. « Je … je m’appelle Ali … » bredouilla-t-elle.

Le garçon sourit et leva le nez vers l’assommoir qui avait tant intrigué Ali. « Ça sert à jeter des choses sur les ennemis, quand
ceux-ci arrivent à passer la première porte. Au-dessus, il y a la salle de garde, et ceux qui sont de service sont chargés d’entretenir
un feu, pour faire bouillir de l’huile au cas où. »
dit le hobbit. « De l’huile ? Vous gâchez de l’huile ? Mais c’est horriblement cher,
l’huile ! »
s’étonna Ali. « Oui, hein. Il parait même que quand on déteste vraiment les ennemis, on a le droit de leur faire caca et pipi
dessus à travers l’assommoir. »
dit Freerick. Ali éclata de rire et risqua un coup d’œil vers l’assommoir en évitant de se mettre en dessous.
« Mais qu’est-ce que tu viens faire ici ? » demanda le garçon. « Oh, je viens voir mon grand frère. » lui répondit Ali. « Ah ? Je ne connais
pas d’autre hobbit que moi ici, pourtant… »
s’étonna Freerick. « Hi hi hi, mon grand frère n’est pas un hobbit. C’est le garçon
le plus gentil et le plus adorable de l’académie. Il est toujours prêt à aider tout le monde et c’est aussi le plus fort ! »
Freerick sourit.
Il avait en tête plusieurs candidats pour être le plus gentil, et quelques candidats pour être le plus fort. Mais il n’arrivait pas à déterminer
quel Cadet pouvait réunir toutes ces qualités. Cenred peut-être ? Mais Cenred n’avait pas une petite sœur hobbit. Ou alors Graham.
Freerick regarda Ali, puis il repensa au garçon grassouillet des Phénix. Impossible. « C’est Zack ! » dit Ali triomphante. Freerick manqua
d’avaler sa salive de travers. « Zack ? euh … tu veux dire Zacknamaël LEOBRIS ? » hoqueta Freerick. D’accord, il était bien le plus fort,
mais de là à être le plus gentil et le plus adorable des cadets, il y avait un pas que Freerick n’arrivait pas à faire. « Oui, oui. Tu le connais ?
C’est ton ami ? Oh je suis sûr que vous devez être amis. Il est tellement adorable. Je viens déjeuner avec lui et Totor. Viens avec nous,
il sera sûrement très content ! » dit Ali ravie. « Content ? Ce n’est peut-être pas le mot que j’aurai employé … »
bredouilla le garçon.
« Allez, tu viens avec nous ! Il nous attend devant le bassin aux trois cascades ! » Freerick venait de comprendre pourquoi Zacknamaël réservait
le plus bel endroit de l’académie les dimanches après-midi, et surtout pourquoi quatre cadets des phénix empêchaient quiconque de s’approcher pendant qu’il y était.

Ali et Freerick arrivèrent devant les sentinelles de Zacknamaël. Ali sourit et fit un signe de la main pour les saluer. « Salut Graham !
Coucou Mark ! Comment tu vas Inès ? Hey, Mick, ça fait longtemps ! »
Les quatre cadets lui sourirent. « Ça va Ali ? Zack est déjà arrivé,
il a une surprise pour toi. »
Dit Graham avec un air gentil et souriant que Freerick ne lui avait jamais vu. Lorsque le colosse des phénix aperçu
le hobbit qui se tenait un peu derrière Ali, il se tourna vers lui et lui dit « Toi, le Salamandre, tu … ». Mais Ali le coupa « Oh toi aussi tu le connais
Graham ? C’est ton ami aussi ? Je l’ai croisé, et du coup je l’ai invité pour manger avec Zack, Totor et moi. »
Graham hésita « Ali, je ne suis
pas sûr que Zack va … » « mais si, mais si, tu vas voir, il va être ravi ! »
. Ali s’approcha de Graham, tira la manche du garçon jusqu’à ce que
celui-ci arrive à sa hauteur, puis la petite halfelin lui fit un bisou sonore sur la joue. Elle sorti de son panier un sac de tissus rempli.
« Tien, j’ai mis une part de tarte aux mirabelles pour toi dedans. Je sais que tu l’aimes beaucoup. Et pour toi Inès, des poires du verger de maman,
et Mark et Mick, la fameuse tourte concombre et chocolat d’Ali ! J’ai bon ?»
Les quatre cadets s’esclaffèrent de plaisir et déposèrent un baiser
sur les joues de la petite hlafelin qui en rosit de plaisir. Freerick comprenait maintenant pourquoi les vendredis soir, les phénix se livraient
à une véritable compétition et pourquoi ces quatre-là étaient tellement heureux. Graham s’écarta pour les laisser passer, mais fixa le hobbit
dans les yeux. Ce dernier pouvait lire dans son regard : « Tu es mort. »

Le bassin des trois cascades était adossé à un chêne centenaire et fermait l’académie sur son mur ouest. Une table de pierre et deux
bancs avaient été installés sous le vieil arbre, qui offrait l’ombre de ses frondaisons au plus fort de l’été. Il fallait être cadet pour y accéder,
et seuls les chefs de maison pouvaient le réserver le dimanche après-midi. La maison qui était en tête à la fin de chaque trimestre était prioritaire.
Un moyen supplémentaire de motiver les cadets. Zack était assis sur le banc, dos au chêne, et fixait Freerick assis en face de lui, qui balançait
ses jambes sous la table comme pour se donner de l’assurance. Ali s’était assise à la gauche de Zack et s’affairait à sortir les vivres de son panier
d’osier, puis les disposait sur la table. « Allez Totor, assied-toi à côté de Freerick ! » dit la fillette guillerette. « Comme on a un invité, tu vas avoir
la joie de partager tes provisions, mon brave Totor. »
continua l’halfeline. Le bruit sourd d’une marmotte qui tombe au sol, la patte sur le cœur,
agonisant, retentit presque aussitôt. Les deux cadets et la jeune hobbit se tournèrent vers Totor qui mourrait. Un silence. Puis tous les trois éclatèrent de rire.
La marmotte comprenant que, malgré ses talents de comédiens, ses provisions seraient partagés, décida de faire contre mauvaise fortune bon cœur,
il sauta sur le banc et se jeta sur Freerick pour lui faire un câlin, puis sauta au cou de Zacknamaël qui tomba à la renverse. Ali sauta également sur
son grand frère, et suivant le mouvement, Freerick bondit également. La mêlée générale qui s’en suivit dura jusqu’à ce que tous les participants s’écroulent de fatigue,
le sourire aux lèvres. « Allez, on mange ! » déclarèrent Zack et Ali comme un seul homme. « Et Totor, on ne finira pas tout. Freerick est encore Prospectant.
Il va avoir besoin de vivres jusqu’à ce qu’il passe Aspirant. »
Totor regarda Freerick avec suspicion, puis finalement lui tendit la moitié de sa pomme
qu’il avait commencé, signe de sacrifice ultime pour la marmotte. Freerick regarda Zacknamaël gêné. « C’est gentil … » bredouilla-t-il, à l’adresse de son ennemi,
« mais je ne suis pas le seul prospectant à avoir faim … ». Zack le regarda, puis se tourna vers Ali qui le fixait avait des cœurs dans les yeux.
« Je n’ai pas très faim aujourd’hui » dit finalement le chef des phénix, « j’avais juste envie d’une moitié de pomme. Je peux finir celle que t’as donnée Totor ?»
Freerick rougit et lança à Zack ce qu’il tenait entre ses mains. Le hobbit regarda Ali qui lui souriait. Il y avait chez elle un pouvoir qui transformait
les pires raclures de Saint Clydwell et les rendait presque sympathiques. Il voulait savoir ce que c’était, et il voulait en faire partie.




Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Dorothée  |  Les Justes (Modérateur: Dorothée)  |  Zack
 

gfxgfx
gfx
SMF 2.0.15 | SMF © 2011, Simple Machines
Helios Multi design by BlocWeb
gfx
Propulsé par MySQL Propulsé par PHP XHTML 1.0 valide ! CSS valide !