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102316 Messages dans 7472 Sujets par 914 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 15, 2019, 08:51:20 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - jeff75006  |  CR (Modérateur: jeff75006)  |  CR 21/11/2014 : Horreur dans les Carpathes!
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Auteur Sujet: CR 21/11/2014 : Horreur dans les Carpathes!  (Lu 896 fois)

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Hors ligne jeff75006

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CR 21/11/2014 : Horreur dans les Carpathes!
« le: janvier 04, 2015, 16:53:54 pm »
En cette fin d’après-midi du neuf février mille neuf cent vingt-huit, Il gèle à Drosvona. Nous avons quitté la grotesque église de ces adorateurs du faux dieu, après avoir patiemment attendu que Léon déchiffre les archives de la crypte et que Matthew trouve la tombe du moine, Ian Savechik, mort en seize cent quarante-huit, douze ans après la révolte contre le Château Hauptman.
Mes compagnons ont bien joué la comédie avec obséquiosité face à cet usurpateur de « Pope », mais en mon for intérieur, je sais qu’ils sont désormais convaincus que je suis le Messie, et que leur salut passera par moi. Je ne les décevrais pas, dussé-j’affronter le martyr.
Il me faut néanmoins continuer à les guider sur la voie de la Révélation Véritable. Après le diner à l’auberge de Drobne, bien sûr. Le jeune, ce John Kopeche, qui dénote complètement dans le décor, est toujours là. Les autres discutent ouvertement avec lui. Je m’en méfie. Trop sympathique pour être franc. S’enterrer au milieu d’un endroit aussi reculé, où toute vie est recouverte par ce linceul glacé de neige, pour rédiger une thèse d’histoire, plutôt que de s’enivrer dans une grande ville d’Allemagne ou de Russie, comme tout étudiant normal, je n’y crois pas un instant. Il ne semble pas méchant pour autant. Juste louche. Mais peut-être a-t’il des accointances avec le Baron Hauptman ? Il faut qu’on se méfie de lui. Et cette propension à offrir des bières à tout le monde, vraiment louche. Ou alors, il  est encore moins désargenté que je ne l’imaginais. Il faudra que je fouille sa chambre.
Les hurlements des loups autour de l’auberge se font plus plaintifs alors que la soirée se termine. Je n’ai jamais aimé ces sales bêtes. Je sombre dans un sommeil agité, souvent tiré de mes cauchemars par les craquements de la vieille maison.
Le réveil semble encore plus glacé. La nourriture chaude de Drobne est un vrai réconfort. Vivement que nous quittions cette maudite contrée complètement inhumaine. Kopeche est toujours de bonne humeur. Il nous explique qu’il va profiter de l’accalmie du vent pour aller faire un tour de la région à cheval. Enfin l’occasion d’aller visiter sa chambre. Si ce n’est Matthew, Paulus et Nathaniel qui ont les mêmes doutes que moi et décident de suivre Kopeche pour voir où il va, pendant que Willem et Léon retournent une fois encore voir la crypte. Plus de cette maudite église pour moi ! Je quitte l’auberge avec la bande, pour suivre les traces des pas du cheval de Kopeche dans la neige.
C’est presque sans surprise qu’elles nous conduisent au pied d’un vaste talus, où nous retrouvons le cheval attaché à un arbre. Nous perdons ensuite la trace des pas de Kopeche, au moment où nous sommes arrêtés par une rivière au-delà de laquelle nous voyons le château.  Sans autre alternative qu’un demi-tour, nous constatons que le cheval est déjà reparti. Nous n’avons d’autre choix que de rentrer à l’auberge avant d’être saisis par le froid glacial.
Kopeche y est déjà en train de boire, et il est de fort bonne humeur, contrairement à nous qui avons perdu notre journée. Willem s’attable avec lui et discute bâton rompu. Il apprend que Kopeche se méfie aussi de nous, improbables américains sur ce territoire oublié de tous, hormis des stratèges en géopolitique. Sommes –nous là pour défendre des intérêts américains. La réponse de Willem est interrompue par l’entrée de Laszlo, chef des miliciens. Son imposante carrure et son visage de brute font taire instantanément toutes les conversations. Il se dirige vers nous pour nous informer que le Baron nous recevra dans son château le lendemain soir. Puis repart.
Après une nuit aussi froide que la précédente, Leon, Willem et Matthew vont revoir le faux Pope, rare personne à avoir déjà rencontré le Baron.
Ce dernier est surpris : Cela fait quarante ans qu’il n’a pas vu le Baron. Seul un anglais, un grand blond qui a séjourné quelques temps à l’auberge,  s’est rendu chez lui il y a quelques années, mais on ne l’a jamais revu.
Le soir, Laszlo vient nous chercher en voiture. Paulus refuse d’y monter, préférant la tranquillité de l’auberge à l’enquête sur place.
Malgré la piètre condition de la route, nous arrivons au château. L’antichambre où nous attendons regorge de livres anciens et récents, mais est chichement éclairée. Au bout d’un temps très long, nous découvrons avec étonnement le visage jeune et austère, surmonté d’une chevelure claire, du Baron. Surpris j’essaye de me remémorer les propos du Pope que nous ont rapportés Willem parlant de leur dernière rencontre, quarante ans auparavant. Etrange.
Le Baron nous dit être content de rencontrer des étrangers, ce qui est extrêmement rare dans ce pays, et nous invite à nous attabler pour diner. Il nous narre de façon très détaillée l’histoire du château, pendant que nous mangeons et buvons. Pris d’une subite envie de m’endormir je me retourne vers mes voisins pour m’apercevoir qu’eux aussi se sont tus et semblent lutter contre le sommeil. Je réalise que le repas était drogué au moment où je sombre.
Le réveil est abominable. En un instant je réalise que je suis attaché contre le mur d’une salle médiévale froide et humide, tout comme mes compagnons.
Prisonnier. Le Baron arrive avec Laslo et deux molosses. Il semble animé par une excitation de dément, la folie brillant dans ces yeux. Je le reconnais, il est le Mal. Que ne l’ai-je compris plus tôt, moi, l’Elu ? Bravant avec dédain ses questions, je me retrouve attaché à une table de torture au centre de la pièce. Il se penche sur moi, fou furieux, armé d’un immense couteau avec lequel il tranche mes chaaaaiiirrrrsss. Aaaaarrrrrgghhhhhh.
Je hurle de douleur, j’aimerais m’endormir, mais je reste conscient, au milieu des cris que pousse chaque cellule de mon corps dans ma tête. A moitié aveuglé par la souffrance j’aperçois Laszlo qui empoigne quelque chose à l’intérieur de mon ventre. Il en sort une étrange masse rouge qu’il attache à une chaine. Mais ce sont mes propres boyaux !! Les hurlements me rendent sourd pendant que Laslo enroule la chaine et que mon corps se vide de ses organes. Mais ne peut-on arrêter ce hurlement qui m’empêche de me concentrer. Mais non, c’est ma propre bouche qui pousse ce cri infernal. Je ne comprends plus rien, mon corps se disloque. Quelque chose enserre ma tête. Quelle douleur ! Ils ne peuvent pas faire cela à l’Elu, je dois porter mon Message ! Mais non c’est mon Martyr, déjà ! Je vais retrouver le Vrai Dieu ! L’étau qui enserre ma tête fait taire progressivement la multitude de cris de mon corps. Le voile rouge qui couvre mes yeux me permet de me concentrer. Je ne sens plus rien, si ce n’est un gigantesque craqu...
Je volerai au-dessus des Montagnes Hallucinées, j'en reviendrai et le monde se souviendra de moi!

Hors ligne fredyl

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Re : CR 21/11/2014 : Horreur dans les Carpathes!
« Réponse #1 le: janvier 13, 2015, 22:23:36 pm »
extrait du carnet intime de Paulus Popolovitch - Drosvona - février 1928 :


Depuis que nous sommes arrivés dans ce coin reculé de Roumanie, mes compagnons trépignent d'impatience. La faute au froid, sans nul doute. Mais pas seulement. La mort de ce brave gitan qui nous a laissés totalement impuissants, et le fait que nous ayons fait choux blanc dans notre filature de John Kopech dans sa promenade équestre a manifestement contribué à accroître encore leur frustration.

A tel point qu'ils se sont hasardés à accepter tout de go la proposition incongrue du Baron Hauptman à aller dîner en son château. Cet insouciant d'Abraham, alléché par la perspective de mets autrement plus raffinés et subtils que le brouet de l'auberge, a tôt fait de communiquer son enthousiasme désarmant de naïveté à Leon et à tous les autres. Pourtant, lorsque je contemple la tête patibulaire de Laszlo, l'homme-lige du baron qui nous a invités à cet improbable dîner, il y a tout lieu de se méfier... Je n'ai même pas pu ouvrir la bouche, tellement mes compagnons se sont empressés d'accepter cette offre dans un brouhaha et une liesse dignes des meilleures bar mitzvah. Mais Abraham n'est pas Moïse... je le sens davantage pro-fête que prophète, à vrai dire.

Je trouve l'attitude de mes compagnons particulièrement suspecte. Il est possible que Laszlo les ait hypnotisés sans que je m'en sois rendu compte. Par mesure de précaution, j'ai décliné l'invitation en prétextant une migraine tenace. Ce soir, je suis rapidement monté dans ma chambre me regarder dans le miroir et m'infliger quelques gifles, afin d'être bien certain que je n'allais pas être moi aussi victime d'un quelconque artifice ou d'une hypnose sournoise de la part de ce Laszlo, pourtant aussi sympathique qu'un soudard russe de l'Okhrana en "visite" dans ce pogrom de 1905 qui continue à hanter mes nuits, parfois.

Après avoir bien observé mes pupilles dans le miroir et n'y avoir décelé aucune anomalie, j'en déduis que je n'ai pas été hypnotisé. Mais ce miroir révèle l'inquiétante présence d'une nouvelle mèche de cheveux blancs que je n'avais jamais vue auparavant. Je veux bien vieillir. Mais pas mourir. J'ai 44 ans, et je ne veux pas mourir. Pas maintenant. Pas ici, au milieu de nulle part, dans la froideur roumaine et l'indifférence totale, moi qui n'ai plus ni femme ni enfant depuis plus de vingt trois ans maintenant. Mais je ne peux demeurer les bras croisés pendant que des vampires et autres créatures du mal s'activent dans l'ombre. Alors demain, il me faudra agir. Avec prudence, toujours. Mais agir. Avec intelligence. Toujours.

Je déteste les communistes. Je les vois venir à des kilomètres à la ronde. Je suis à présent persuadé que John Kopech véhicule ces idées pernicieuses. A la manière dont il a parlé avec Wilhem, j'ai fini par y voir clair dans son jeu, même si mes compagnons ont trouvé mon hypothèse farfelue. Il s'agit probablement d'un espion hongrois à la solde d'un groupuscule communiste venu dérober au baron l'un de ses puissants artefacts magiques ou l'un de ses livres maudits dans le but d'en obtenir une quelconque supériorité dans un futur conflit armé. Mais ses intérêts et les miens sont peut-être les mêmes en cet instant précis : il a probablement trouvé un moyen d'entrer dans le château en passant par la falaise, sinon notre filature ne se serait pas soldée par pareil échec. Les américains n'y comprennent rien à l'histoire médiévale. Mais moi qui ai lu bon nombre de livres d'histoire, je sais que ce type de châteaux à flanc de falaise contiennent souvent un passage secret ou une quelconque poterne... l'occasion est belle d'aller dérober des artefacts pendant que le baron essaye d'endormir la vigilance de mes compagnons. Et puis sait-on jamais : si d'aventure ils sont en danger au château, là-haut, peut-être vais-je pouvoir les sortir du pétrin dans lequel ils se sont fourrés tous seuls... J'espère me tromper. Oh, oui, comme je souhaiterais avoir tort.

Le vent a cessé de souffler, au dehors. C'est le moment d'abattre mes cartes. J'ajuste ma redingote, lisse méticuleusement ma moustache, et redescends avec le plus grand calme dans la salle commune, fermement résolu à cuisiner John Kopech pour le convaincre de m'accompagner au château dans la plus grande discrétion, tout en lui faisant croire que l'idée vient de lui...



« Modifié: janvier 13, 2015, 23:46:28 pm par fredyl »
J'ai un plan !

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