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102247 Messages dans 7434 Sujets par 809 Membres - Dernier membre: Lens Larque janvier 23, 2019, 08:27:46 am
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Auteur Sujet: Journal de Lockley  (Lu 974 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Hibernatus

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Journal de Lockley
« le: septembre 05, 2014, 21:19:38 pm »
18 Béryl 564 - Révélations

Moradin m’a parlé. M’expliquant qu’il ne pouvait rien à mon sort tant que je serai sur cette planète où tant de nains ont été sacrifiés et exterminés. Ce monde ne valait rien à ses yeux et il était triste de voir un des siens finir ici. Il m’envoya une sorte de tunnel de lumière, m’intimant l’ordre de l’emprunter et me proposant même de choisir le lieu où je voudrai aller.

C’est alors qu’elle m’apparut. Elle. La Dame Blanche. Les elfes l’appellent aussi la Banshee, les petites gens la nomment la lavandière de la nuit. Elle a tant d’autres noms encore, pourtant, nul ne lui rend de culte. Nul, hormis moi.

J’ai entendu le chant indicible de son âme, il m’a bien vite fait oublier le long discours de Moradin qui n’en revenait pas et s’en alla non sans colère.

Je crois, non, je sais qu’elle veut me dire quelque chose. Mais quoi ?

Je dois comprendre, je dois absolument comprendre quelles trames de la destinée cette Parques oubliée de tous est en train de tisser.

Quels nouveaux signes va-t-elle m’envoyer ?
« Modifié: décembre 14, 2014, 00:52:12 am par Hibernatus »

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Re : Journal de Lockley
« Réponse #1 le: septembre 05, 2014, 21:25:27 pm »
4 Topaze 566 - Origines


Pour un natif des Royaumes Oubliés, où les hommes ambitionnent de devenir des Dieux et où les Dieux jouent à faire l’homme, l’absence totale de divinité est source d’étonnement.

Apparemment pourtant, jadis, des Dieux étaient honorés :

Il y avait Nodens, le Dieu des nains, Baast le Dieu des elfes, Tanit le Dieu des hommes-serpents, Moloch le Dieu des orques… et tant d’autres. Chacun de ces Dieux avait forgé une espèce à son image ou à sa convenance de sorte que les simples gestes de dévotion allaient bien au-delà de la vénération respectueuse que la créature voue à son créateur. Cette adoration, affleurant simplement de la nature dont ils étaient tous constitués et répondant en écho à ce que ces Divinités incarnaient profondément, formait comme une espèce de communion cosmique d’âmes où le plus intime de chacun dépassait les bornes du soi pour rejoindre un tout.

Une race cependant n’avait aucun Dieu. La plus ancienne dit-on, la plus versatile assurément. C’est grâce et à partir de cette plasticité intrinsèque des premiers êtres primordiaux que les Dieux d’Aphinar auraient forgé ensuite leurs propres races d’élection.
 
Cette race primitive ce sont les hommes.

D’après les récits mythologiques ceux-ci seraient nés comme spontanément. Accidents ou parasites je ne sais qu’en penser. Mais, au dire des anciens écrits nains que j’ai pu exhumer de la montagne d’or, les hommes étaient alors considérés comme n’ayant ni grâce, ni âme. On les affligeait même d’un sobriquet qui en disait long sur l’idée qu’on se faisait d’eux: « les rebus ». Aucun Dieu n’avait en effet insufflé son souffle aux restes de ces êtres restés à l’abandon de leur nature primitive et condamnés à évoluer de façon sauvage, indomptée et anarchique.

Les hommes n’avaient aucun Dieu. Rien. Mais ce rien était tout pour eux. C’est parce qu’ils n’avaient pas de dieux que Dieu pouvait être pour eux. Leur Dieu fut appelé Raison et les servantes de la Raison s’appelaient connaissance, politique, civilisation….

Les hommes, abandonnés à eux-mêmes, étaient donc devenus des maîtres de la pensée et du concept. Commerce, démocratie, urbanisme, industrie… ces mots, ces simples mots bouleversèrent la face du monde, amenant les hommes à leur zénith qui devait être inexorablement constitué du nadir des autres races concurrentes.

Ceux qui ne furent vaincus connurent de toute façon un développement moindre qui les amena à être assimilés, absorbés par le flot d’humain toujours grandissant. Il s’ensuit aujourd’hui que parfois un humain nait, qui avec avec une  griffe, un croc, une oreille pointue ou quelque autre atavisme hérité d’un passé lointain. Mais c’est tout. Plus rien ne subsiste des autres races.

Les Anciens Dieux vivant dans une temporalité autre, n’ont rien pu faire… tout juste eurent ils le temps d’investir quelques élus de leurs pouvoirs avant que le dernier des leurs ne succombe. Les humains étaient en effet bien trop rapides, organisés et imprévisibles : en quelques décennies, le temps d’un battement de cil pour une divinité, des espèces entières disparaissaient.

Entretemps, l'homme avait créé des Républiques aux pouvoirs de conscription exorbitant, tous étant égaux, nul n’y échappait. Et ces immenses armées pouvaient battre campagne des années grâce à la science de la logistique. Ils étaient également devenus des experts de la diplomatie et du commerce, tirant des profits immenses du moindre accord qui aboutissait le plus souvent au servage de la partie la plus dupe. Ils avaient organisé rationnellement leurs territoires afin de tirer le meilleur profit de la moindre ressource, la sortant du néant au besoin, ils avaient déterminé les meilleurs écarts de richesses entre les couches sociales afin d’optimiser leur production aussi bien vivrière que militaire.

Non, les autres espèces n’avaient aucune chance, guidées à l’aveugle par des Dieux indolents et éblouis de leur propres lumières. Bercées par la douce harmonie de leur communion au monde, elles ne purent qu’une dernière fois se conter leurs histoires de peuples élus au soir de leur vie, juste avant de basculer dans l’oubli et la mort.

Face à l’extinction, de leurs bien aimées créations, quelques Anciens Dieux réagirent avec colère, la plupart connurent une profonde affliction, tous se désintéressèrent purement et simplement de hommes et de ce monde devenu leurs.

C’est alors qu’arrivèrent les Dieux extérieurs.

La première manifestation physique de cette arrivée fut un météore qui creva le ciel, transformant considérablement le continent d’Aphinar en un immense cratère entouré d’océan et au centre duquel il n’y avait qu’un désert inhabitable. Les survivants à cette catastrophe n’avaient plus qu’un mince pourtour circulaire sur lequel s’installer, mais le désert les avaient irrémédiablement changés : 13 sortes d’hommes naquirent alors qu’ils durent traverser le long désert.

Ensuite, vint l’arrivée soudaine de hordes d’orques monumentaux, mesurant plus de 3m. Ces êtres extrêmement agressifs et belliqueux  ne purent être défaits que d’extrême justesse par la nation Peetyg, qui jusqu’alors était l’Empire dominant sur Aphinar. Mais l’Empire s’écroula sur lui-même après avoir survécu à ces deux catastrophes consécutives.

L’union des hommes n’était plus. D’aucun verrait, derrière les occurrences historiques qui expliquaient le morcellement du grand Empire Peetyg, l’influence d’un Dieu Extérieur. Le but de cette manoeuvre était-il de faciliter le travail de ses cultistes alors qu'ils profitaient de ces conflits pour faire de monstrueux sacrifices humains à leur Dieu.

Celui-ci, ainsi que tous les autres Dieux Extérieurs, aiment en effet à demander des nombres bien définis d’humains de telles ou telles couleurs en offrandes, récompensant à chaque fois les sorciers sacrificateurs suivant des règles fixes.

Les hommes qui ont survécut et surmonté tant d’épreuves ne l’ont-ils fait que pour devenir des réserves de composantes de sort dont il faut préserver le cheptel ?
« Modifié: décembre 12, 2014, 23:57:34 pm par Hibernatus »

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Re : Journal de Lockley
« Réponse #2 le: décembre 13, 2014, 23:55:23 pm »
43 Diamant 566 - Religions

Dans un monde où les Dieux n'existaient plus, leur ombre était devenue plus vivante encore. En effet, les hommes vivaient alors leur rapport à la science, la politique, bref au monde sous l'angle d'une foi vibrante et invincible.

Le credo profond des hommes de l'époque était que "c'est parce que Dieu n'existe pas qu'il pouvait être pour l'homme" et la grande question théologique était de savoir si Dieu avait abandonné les hommes ou si c'était l'inverse.

Les sociétés commençaient à se constituer par affinité mystique et non simplement en fonction du barriolage coloré dont les Dieux extérieurs, ces Dieux des monstres, ont badigeonné le genre humain.

Peu de gens savent par exemple que les deux plus grands mystiques Peetyg de l'époque n'étaient pas des rouges mais des bleus, frères par surcroît.

Ces deux frères, Crépin et Pélerin étaient des paladins révérés, exerçant chacun une grande influence.
Pélerin prônait la voie apophatique. Selon lui, Dieu faisait des ennemis du croyant un marchepied à ses pieds. Et l'ennemi de Dieu était le pêché. Il en résultait que si l'homme était livré au péché par l'abandon de Dieu, c'était pour mieux le transformer et le ramener à lui. Ce qui est supérieur, pour Pélerin, au fait que Dieu aille vers l'homme.

Pour Crépin, sa théologie était devenue téléologie et il utilisait l'image suivante: si un berger égare un de ses brebis, ne va t-il pas partir à sa recherche, abandonnant les 99 autres? Et s'il trouve celle qui était perdue, ne se réjouira t-il pas plus que pour les 99 autres? L'abandon de Dieu peut alors être interprêté comme le signe de la grâce des humains d'Aphinar qui, parvenu à l'âge de la maturité sont capables de retrouver Dieu grâce à leur liberté, dans leur action.

Ces deux pensées, comme toute mystique ne se résument que grossièrement, de plus on a perdu beaucoup de l'enseignement de ces deux maîtres. Mais ce qui fascine le plus est la confusion qui est jetée sur leur histoire:

On ne sait plus lequel des deux décida d'aller se lancer, avec le fleuron des paladins de Peetyg, dans une guerre perdue d'avance contre les Dieux extérieurs. On ne sait pas davantage quel était l'autre qui s'opposa à son frère et, ne réussissant à convaincre que le cercle étroit de ses disciples, resta avec eux pour soulager les douleurs de leurs frères humains plus démunis.

On sait par contre comment cela finit: le frère qui choisit la guerre, ainsi que mille des siens furent transformés en abomination par les Dieux extérieurs. Ces abominations traquèrent et exterminèrent les derniers paladins qui avaient choisi la voix de la paix.

De ce tragique événement naquirent les deux étranges religions sans Dieu d'Aphinar:

D'un côté ceux qui se réclament du paladin guerrier changé en abomination. Mais ce guerrier était Crépin pour les uns, Pélerin pour d'autres. Sans compter, au-delà de ce schisme originel, toutes les interprétations divergentes quant au sens de cette histoire.. cette vaste famille religieuse se regroupe néanmoins sous le nom de "Penitens".

De l'autre côté, ceux qui se réclament du paladin pacifiste sacrifié... en l'appelant Crépin pour les uns et Pélerin pour les autres avec là encore de très nombreuses écoles interprétatives. Cette autre famille religieuse se fait appeler les "Creans".

De sorte que les religions d'Aphinar sont plurielles et proches, cette proximité amenant à se faire la guerre à peu près autant qu'à se faire la paix. Parmi ces religieux, il n'est nul paladin et personne n'ose utiliser la magie divine par peur des 1001 abominations ayant reçu pour charge d'exterminer les détenteurs d'une telle magie.

L'ironie du sort est que l'espèce humaine dont sont issus ces deux grands mystiques, que l'on appelle les urbaniens aujourd'hui, sont un des peuples les plus pragmatiques et matérialistes qui soit. Leur "religion" n'est en fait qu'un amas de superstitions, saupoudrée de quelques rites animistes ou sacrificiels nommés "ju-ju" qui ne visent que des effets concrets et n'ont aucune portée spirituelle. Ce qui compte le plus pour un bleu c'est d'avoir une belle maison en brique rouge et de porter sur sa peau nue de lourds colliers d'or et rien de plus. Comme quoi, nul n'est prophète etc.
« Modifié: décembre 14, 2014, 21:56:40 pm par Hibernatus »

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