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101512 Messages dans 7105 Sujets par 775 Membres - Dernier membre: Erik septembre 26, 2017, 14:44:54 pm
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Opale Campagnes  |  Pathfinder  |  IdF - Dorothée  |  Saison 1 : L'aube Ecarlate (Modérateur: Dorothée)  |  Cauchemars
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Auteur Sujet: Cauchemars  (Lu 867 fois)

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Hors ligne Celena

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Cauchemars
« le: août 23, 2014, 00:10:46 am »
« Les Dieux m’ont entendu. Je n’ai pas eu ta mère, mais je t’aurai toi. »
Un rictus mauvais aux lèvres, l’homme tendit le bras, saisit la jeune fille qui se débattait vainement et lui arracha sa robe.


Un hurlement résonna sur les parois en pierre de la demeure. Des pas précipités, des portes qui claquent. Il fallut moins de temps pour le dire à Hilda avant de faire irruption dans la chambre.
« Mademoiselle ! Mademoiselle ! »
Inara se tenait redressée dans son lit, prostrée, la respiration haletante, agrippant des draps de soie dont le tissu était au bord de la rupture. Elle tremblait, les yeux dans le vide, dans un état second.
Des larmes glissaient silencieusement sur ses joues, mais la jeune femme ne semblait pas en avoir conscience.
Hilda fut saisie d’une boule au ventre. Cela faisait bien longtemps que les nuits de sa maitresse n’avaient plus été hantées. Et la revoir si soudainement ainsi la bouleversait.
Elle s’approcha le plus doucement possible.
« Inara. Inara. C’est moi, Hilda. Vous m’entendez ? »
La jeune femme tourna lentement son visage vers elle, reprenant peu à peu contact avec la réalité.

« Hilda… »
« Chut Mademoiselle. Chut… »
Hilda s’était doucement assise sur le rebord du lit et lui caressait tendrement la main.
Inara la saisit et la serra dans ses bras.
« Merci d’avoir toujours été là pour moi. Merci. »
Du haut de ces soixante printemps, la femme lui rendit affectueusement son étreinte. Elle veillait depuis toujours sur cette enfant et la considérait comme la fille qu’elle n’avait jamais eue. Sauf cette nuit maudite où son amour n’avait su la protéger. Elle ne se l’était jamais pardonnée, quand bien même elle avait failli perdre la vie dans ce combat déloyal.
Elle se dégagea doucement de l’étreinte, se leva et alla ouvrir en grand la fenêtre, laissant entrer un air frais salutaire.
Inara ferma les yeux et accueillit comme une bénédiction la caresse du vent. Elle frissonna, prenant soudain conscience des perles de sueurs qui recouvraient son corps.
Hilda referma les vitres et revint vers elle.
« Je vous prépare un bain. Je vais vous laver, vous êtes en sueur. »
La jeune femme n’eut pas le courage de discuter et hocha simplement la tête en signe d’acquiescement. Cela faisait longtemps qu’Hilda ne la baignait plus, mais ce soir, elle avait besoin de réconfort.

« Vous sortez… comme cela… en pleine nuit ? »
Hilda la dévisageait, inquiète. Inara lui sourit tout en finissant d’enfiler son armure.
« Rassures-toi. Je ne suis plus cette enfant. A présent, je suis assez forte pour me défendre seule. Je préfère marcher un peu. Je ne parviendrai pas à dormir. »
Elle serra une dernière fois sa gouvernante dans ses bras, lui déposa un baiser sur le front et sortit.

Les rues de Magnimar étaient calmes. La nuit, déjà bien avancée, avait eu raison des derniers fêtards. Le quartier d’Albâtre était un havre de paix où il faisait bon vivre.
Dès les premiers pas dehors, elle sut qu’elle avait fait le bon choix. Marcher, sentir ce vent chargé d’embruns marins lui vidaient la tête.
La silhouette de Fort Indros ne tarda pas à se détacher du ciel.
Elle ralentit le pas pour s’arrêter tout net. Là-haut, au sommet de la tour Est, une lumière dansait derrière la vitre. Ainsi son père travaillait-il encore. Enfin… son père adoptif, Henry Klegan, Général des Armées. Un sourire flotta sur son visage. L’espace d’un instant, elle fut tentée de s’y rendre, de lui tenir compagnie, mais elle se retint. Cette nuit n’était pas une bonne nuit. Il valait mieux remettre ça à plus tard. Elle envoya des pensées imaginaires emplies d’affection en direction de cette lumière, phare dans la nuit, puis reprit sa route.

Henry se redressa, le visage tendu vers la fenêtre. L’espace d’un instant, il aurait juré avoir entendu la voix d’Inara. Sans attendre, il se leva, rejoignit l’alcôve en quelques enjambées et ouvrit en grand. Une bourrasque s’engouffra dans la pièce, faisant danser les flammes des chandeliers.
L’homme rouvrit les yeux et scruta les rues sombres de la ville. En vain. Cela faisait plusieurs jours qu’il ne l’avait plus vue, elle lui manquait. C’était décidé, demain, il dinerait avec elle.
« Eh bien. Que cherches-tu ainsi dehors ? »
Henry, referma lentement les battants, songeur.
« Rien. Il m’avait semblé entendre quelque chose… Où en étions-nous ? »
Il se rassit lourdement dans son fauteuil de cuir et regarda son interlocuteur. La nuit serait encore longue…
Prius Twar contemplait d’un oeil circonspect son ami mais n’insista pas. Il était venu dans un but bien précis et entendait repartir en ayant eu gain de cause.
« Henry, si cela vient de toi, elle l’acceptera. »
« Arrêtes veux-tu ! Ecoutes, nous nous connaissons depuis toujours. J’ai élevé ta fille comme si elle avait été mienne. Et je m’y suis attachée. Il n’est pas question que j’aille à l’encontre de son bonheur. »
« Pour l’amour du ciel ce que tu peux être borné ! Bon sang ouvres les yeux Henry ! Inara n’est pas un homme. Elle ne passera pas toute sa vie en armure ! Elle va avoir 26 ans. Il est grand temps pour elle de se marier et de fonder une famille. Je suis certain que tu croules sous les demandes et que ne m’en dit que la moitié ! »
« Quand bien meme tu avais raison, je refuse de la mettre sous pression. Et d’abord, en quoi cela t’importe ? Tu n’as jamais cherché à construire quoi que ce soit avec elle. Pourquoi son futur t’importe-t-il tant tout à coup ? »

Prius se cala davantage dans son fauteuil, maudissant l’entêtement de son ami. Henry avait raison, il le savait mieux que quiconque. Mais sur ce point, il avait tort. S’il s’entêtait ainsi, Inara finirait seule, contrainte de choisir par défaut ceux qui voudraient encore d’une « vieille femme ». Et ceux-là ne sont pas les meilleurs. Allez faire comprendre cela à un militaire !!
Inara… Le regard de l’homme se perdit dans les vapeurs blanches de sa pipe. Il avait été en-dessous de tout. Il lui fallait remonter 26ans en arrière pour se souvenir de ses véritables derniers instants de bonheur.

A cette époque, il était éperdument amoureux de Flora, sa mère. Elle était le centre de son monde et leur bonheur était total. Jusqu’à la naissance d’Inara, qui ôta la vie à Flora. Prius devint fou de douleur et reporta sa colère et son impuissance sur le nouveau-né. Cet enfant, qu’il n’avait jamais vraiment souhaité mais que Flora voulait plus que tout. Cet être qui lui avait arraché son âme sœur dans de terribles souffrances, avant de lui ôter la vie.
Il rejeta l’enfant, reniant son existence. Henry prit alors le couffin, et l’emmena.
Prius disparut quelques jours plus tard, non sans avoir détruit l’intégralité de sa demeure, réduisant en pièces les souvenirs de sa vie.
Les années s’étaient écoulées ainsi. Henry vit grandir l’enfant et se mit à la chérir, lui qui n’avait eu que des garçons.

Elle était devenue une belle jeune fille. Il lui avait appris à se défendre, sommairement, juste ce qu’il fallait. Et puis, elle avait changé du tout au tout. Elle avait alors 16 ans lorsqu’elle lui annonça vouloir intégrer l’armée. Il tenta de l’en dissuader mais en vain. Inara semblait avoir hérité de l’entêtement de ses parents biologiques. Aujourd’hui, elle était Capitaine de la Garde d’Airain, milice spéciale de Magnimar.

« Henry ! Tu m’écoutes ? »
Le Général sursauta. Il s’était laissé porté par ses souvenirs.
« Henry, tu as reçu une demande en mariage des Bazillion, n’est-ce pas ? »
« … Comment sais-tu cela ? »
« Je l’ai appris assez facilement. Le père s’en ait vanté à ma dernière soirée. Il trouve qu’Inara serait parfaite pour son fils ainé, Juan. »
« Et ?... je suppose que tu as une opinion. »
« Les Bazillion sont puissants, mais je n’apprécie guère leur condescendance ni leurs mœurs. Je doute que Juan soit un mari fidèle et aimant. »
« Au moins sommes nous d’accord sur un point. » répondit Henry, visiblement soulagé. « Je ne les apprécie guère non plus et ai poliment éconduit leur requête. Cependant, ce sont des gens têtus. Le patriarche Giovanni ne renoncera pas si facilement. »   
Prius acquiesça lentement d’un signe de tête.
Dans le silence de la nuit, les deux hommes regardèrent songeurs les volutes de fumée blanche s’élever lentement dans les airs, jaugeant silencieusement les difficultés à venir.

Inara observa les lourdes vagues s'écraser à flanc de rocher. Elle ferma les yeux et respira à plein poumons tandis que le vent vif de la nuit faisait claquer sa cape. Elle serra le poing. Sa main se posa sur le pommeau de son épée. Derrière cette armure, elle se sentait protégée. Aujourd'hui, peu d'hommes s'aventuraient à croiser le fer avec elle. Elle était devenue une combattante reconnue et crainte.
Son regard se porta sur l'horizon où naissaient les premières lueurs du jour. Depuis combien de temps était-elle ici?
Lentement, elle revint sur ses pas. La fenêtre de Fort Indros était éteinte à présent.
Cette vérité, il ne l'apprendrait jamais. Cela le détruirait.
Elle reprit sa route, songeuse et finit par s'arrêter par habitude devant l'une des plus belle bâtisse de Magnimar.

Ses pas l'avaient inconsciemment guidés chez Maverick. Elle resta ainsi, observant les fenêtres voilées de la demeure, se demandant l'espace d'un instant quelle femme avait partagé la couche du mage cette nuit. Elle chassa rapidement ces pensées.
Cela ne la concernait nullement.
Elle reprit sa route en sens inverse, jusque Fort Indros.

Le jour se levait et "ses hommes" ne tarderaient plus à se présenter.
Elle serait là, comme chaque matin, capitaine impassible de cette Garde si particulière.
Un jour de plus à cacher derrière l'acier de son armure, les démons de sa vie.
« Modifié: août 23, 2014, 00:37:26 am par Celena »
Celena

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