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102303 Messages dans 7481 Sujets par 859 Membres - Dernier membre: uplicle septembre 16, 2019, 06:26:12 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 5ème : Terre d'asile (Modérateur: Sstrad)  |  Chapitre 21 - Isarn, la nuit.
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Auteur Sujet: Chapitre 21 - Isarn, la nuit.  (Lu 892 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Chapitre 21 - Isarn, la nuit.
« le: juillet 22, 2014, 11:08:08 am »
Cassandra reste un instant immobile attendant que le début de nausée disparaisse, elle cligne des yeux à toute vitesse espérant ainsi accélérer le processus. Heureusement, l'effet du cercle de téléportation ne dure jamais longtemps. Respirant à pleins poumons, elle se tourne vers l'homme portant le costume du Jardinier Gris qui attend patiemment, elle lui sourit doucement et il la salue d'un mouvement de la tête.

« Mademoiselle. Je vais vous conduire à Sa Majesté.
- Merci beaucoup. »

En parcourant les couloirs du château royal d'Isarn, elle ne peut s'empêcher de se demander si elle a eu raison de venir. La nuit est bien avancée et ce qu'elle veut demander à son frère peut attendre. Et si elle le dérange ? Mais depuis le dernier passage de Gabriel à Dragonrise, elle s'inquiète. Avant les sinistres événements qui se sont déroulés lors du mariage du Comte, son frère avait paru préoccupé, il n'avait donné que des réponses évasives mais elle craignait que la situation soit plus grave que ce qu'il voulait bien lui dire. Le voir apaiserait ses craintes. Puis, même si elle lui écrit toutes les semaines, elle veut faire sa demande de vive voix, sinon, elle connaît son frère, il ne lui donnerait pas de réponse. Or, elle veut obtenir gain de cause.

Perdue dans ses pensées, elle suit machinalement le Jardinier Gris jusqu'à la salle d'état major du palais, ce n'est que devant la porte maintenant ouverte qu'elle se rend compte qu'elle est arrivée à destination. Une vaste table en chêne, noyée sous des cartes, des plans et des documents de toutes sortes, domine la salle, tandis que deux murs de pierre sont couverts par une gigantesque carte du Galt, du Taldor et des anciennes colonies impériales. Sept personnes sont penchées au dessus de la table, désignant un élément précis d'un schéma, pointant une donnée dans un texte. Cinq hommes, deux femmes. Même s'ils sont tous sans armure, elle reconnaît en eux des hommes et femmes de guerre. Certains portent une épée à leur côté, quant aux autres, elle distingue aisément à leurs poignets des fourreaux pouvant contenir des lames mortelles. Détendus, mais prudents. Son regard se fixe rapidement sur celui qui dirige la conversation, Gabriel. En voyant ses cheveux ébouriffés comme s'il s'était passé trop de fois la main dedans et la tension de son dos, elle comprend que la situation est préoccupante. Qu'il est loin le temps de la Horde où tout se réglait par un combat, devenu Roi, Gabriel a dû apprendre à composer. Et connaissant son frère, c'est un défi de tous les jours. Hélas, elle ne peut plus être près de lui pour l'aider, une fois de plus elle regrette la décision qu'il a prise de l'envoyer dans le Sud, elle aimerait tant pouvoir l'épauler, le soutenir.

Cassandra les regarde un instant sur le pas de la porte, immobile, ne sachant si elle doit les interrompre lorsque son regard croise les yeux bleus translucides de Merin. Il n'exprime aucune surprise en la voyant là et se penche vers le géant blond à ses côtés pour lui chuchoter quelques mots. Celui-ci relève brutalement la tête et la fixe du regard. Elle se retient de sourire et plonge en une révérence respectueuse.

« Majesté. »

Il se redresse, s'étire un peu, fait craquer sa nuque en la bougeant de droite à gauche.

« Nous avons fini pour ce soir. Reposez-vous, demain sera une journée épuisante. »

Il regarde partir les cinq premières personnes et les remercie d'un mouvement de la tête à leur salut. Se tournant vers le sixième, il lui dit :

« Merin, je vous laisse ranger tout cela. De toute façon, si j'essayais de le faire, vous reclasseriez derrière moi. Bonne nuit. »

Reportant son regard vers la jeune fille :

« Viens, allons dans mes appartements, nous y serons mieux. »

Il ouvre une porte dissimulée dans la gigantesque carte murale et lui fait signe de passer devant lui. Elle reconnaît le bureau privé dans lequel elle entre, elle ne sait plus combien d'heures elle y a passé lorsqu'elle habitait encore à Isarn. Elle restait assise dans un coin de la pièce alors que son frère établissait sa politique de consolidation du Galt, prête à intervenir lorsqu'elle sentait que Gabriel commençait à perdre patience. Elle sourit, heureuse, en voyant que sur le mur, là où elle se tenait à l'époque, est accroché le tableau que le roi a commandé à un peintre juste avant son départ. L'artiste a fait un superbe travail, il l'a rendu bien plus belle qu'elle n'est. Sur le bureau, un plateau de fruits, de charcuteries et de pain accompagné d'un pichet de vin est posé, attendant la fin de la réunion. A ses côtés, une pile de lettres au sceau brisé que Cassandra reconnaît tout de suite, et pour cause, c'est elle qui les avait écrites.


Au bruit de la porte qui se referme, elle se tourne vers son frère et sans hésiter court vers lui. Il la soulève et la sert contre lui, heureux lui aussi de la retrouver. Ils restent ainsi quelques instants puis il la repose et la tenant à bout de bras, il la regarde fixement, la scrutant du regard.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Il ne s'est rien passé, ne t'inquiète pas. Je suis venue parce que... j'avais envie de te voir. Tu me manques et je m'inquiétais pour toi.

Devant le haussement de sourcil de Gabriel, elle poursuit.

- J'avais surtout quelque chose à te demander. Et je ne pouvais pas le faire par lettre.
- Qu'est-ce que c'est ?

Il la regarde maintenant avec une pointe de soupçon, cherchant à deviner ses intentions.

- J'ai appris le serment que tu as exigé du Comte de Maupertuis quand il t'a prêté allégeance.
- Lequel ?
- Celui qui me concerne.
- Il y en avait plusieurs. Lequel ?
- Comment ça plusieurs ? Je parle de celui où tu l'obliges à me protéger sur sa vie.
- Ah... celui-là. Oui, et ?
- Quels sont les autres serments, Raynor ?
- Ca ne te regarde pas.
- Comment ça ? Bien sur que si ! Il s'agit de moi. De quels autres serments parles-tu ?
- Ce sont des histoires d'hommes. Que veux-tu à propos de ce serment de protection ?
- Que tu l'annules. Tu ne peux pas contraindre quelqu'un à me protéger, Ray.
- Je ne peux pas toujours être avec toi, Cassie.
- Je le sais. Je n'ai pas besoin d'un protecteur, Ray, j'ai besoin d'un frère et tu remplis ce rôle à merveille. J'ai déjà un Protecteur, Abadar me protège.
- Mais...
- Laisse-moi grandir, s'il-te-plaît. Je suis prudente, je te le jure, mais je dois vivre ma vie. Par moi-même. Je veux que s'il l'on me protège ce soit volontairement et pas parce qu'on le doit. Comment veux-tu qu'on me respecte pour ce que je suis si tu les menaces de mort s'il m'arrive quoi que ce soit.

Il la regarde un instant respirant profondément, la mâchoire serrée.

- S'il-te-plaît, Ray.
- D'accord. Je n'aurai jamais dû exiger ça, tu as raison. Mais les autres serments restent valables.

Il lève la main, l'empêchant de parler et poursuit un rire dans la voix.

- Non. Je ne te dirais pas de quoi il s'agit, ma petite Cassie.
- Mais...
- N'insiste pas. Tu as déjà mangé ? »

Sans attendre la réponse, il remplit de vin la moitié d'un verre, prend un broc d'eau et termine de remplir le verre avant de le tendre à sa sœur.

« Tu passes la nuit ici, tu repartiras que demain matin. Tu veux que je demande qu'on te prépare tes appartements ou tu préfères rester avec moi ? »

A la mine vexée de Cassandra, il éclate de rire en la saisissant d'une main, il prend le plateau de l'autre et l’emmène dans le petit salon attenant où des fauteuils plus confortables les attendent.

*****

« Donc maintenant le barde va travailler pour le Comte et vanter ses mérites dans toute la région.
- C'est une bonne chose. Il faut toujours un barde dans ses alliés et surtout les éviter dans ses ennemis. C'était une erreur de l'avoir fait arrêter.
- Oui, c'est ce qui a le plus choqué les gens, bien plus encore que ce qu'ils venaient d'apprendre, mais en même temps, ça a permis au Comte de pouvoir lui parler en tête à tête. »

Cela fait maintenant plusieurs heures qu'ils sont assis au fond des coussins moelleux des fauteuils, Cassandra a raconté tout ce qu'il s'est passé les derniers jours, l'attaque du loup-garou, la maladie de Madeleine, sa guérison, le retour de Jovien et le scandale provoqué par Luis le barde. Son frère l'écoute, attentif à ce qu'elle dit et surtout à ce qu'elle ne dit pas, il sent qu'il y a des choses qu'elle ne raconte pas mais il n'insiste pas. Elle doit avoir ses raisons, si c'est vraiment important elle lui dirait, il lui fait entièrement confiance et il a déjà suffisamment de choses à penser avec la gestion de son royaume pour chercher à ne pas en ajouter.

« Tu en penses quoi ? Raynor ! Tu m'écoutes ? »

Il sursaute, prit en flagrant délit d’inattention. Il ne s'est pas rendu compte qu'elle continuait de lui parler.

« Excuse-moi, tu disais ?
- Ce n'est pas grave. Ce n'était pas très intéressant, et puis je comprend très bien que Sa Gracieuse Majesté Gabriel II, roi du Galt n'a pas le temps de s'occuper des petites histoires d'une modeste prêtresse d'Abadar.

Elle se leva, les yeux rieurs, plongea dans une révérence excessive et dit d'une voix moqueuse.

- Veuillez me pardonner, Ô Gabriel II, Gardien du Galt, Chef du Clan du Tigre, Rassembleur de la Horde...
- Pas de pardon ! Vous allez subir la vengeance royale !

Il s'avança tranquillement vers la jeune femme, le regard menaçant et un sourire moqueur aux lèvres.
Elle recule à mesure qu'il avance, contourne son fauteuil et le place entre son frère et elle en guise de protection.

- Non. Tu ne vas pas... Non non non. »

Voyant l'air décidé du géant blond, elle fait un bond sur le côté et commence à courir dans l'espoir de lui échapper. Il se met tout de suite à sa poursuite, elle utilise un instant une petite table comme obstacle en riant mais alors qu'elle reprend sa course elle sent la lourde main masculine s'abattre sur son épaule. Elle pousse un petit cri, s'abaisse pour lui faire lâcher prise mais ses pieds se prennent dans le brocard de sa robe et elle finit sa course à plat ventre sur le sol.

Elle entend le rire de Raynor et a juste le temps de se retourner avant qu'il ne s'abatte sur elle. Il s'assoit à califourchon sur elle et sans un mot la regarde en faisant bouger ses doigts de façon menaçante. Après quelques secondes, il commence la torture des chatouilles. Elle pousse des cris de douleur entre deux éclats de rire, demandant pitié. En vain, impitoyable, il continue de la chatouiller sans relâche, heureux comme l'enfant qu'il a cessé d'être à treize ans. Elle se tortille sous ses doigts, cherchant à s'échapper lorsque soudain tout bascule.

Raynor se fige brutalement, avant qu'elle ne pose la moindre question, il la retourne sur le ventre sans délicatesse et dans le même mouvement lui arrache sa robe, dévoilant son dos. Immobile, le souffle court, il maintient ouverts les pans de tissu déchiré, mettant à nu la blancheur de sa peau. Elle l'entend qui respire fort, elle sait qu'il est en train de se contrôler, malgré elle elle a peur.

« Ray ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- Depuis quand as-tu ça ?
- De quoi parles-tu ?
- Dans le dos ! Depuis quand l'as-tu ? Qui l'a fait ?
- Je ne comprend pas ! Tu me fais peur, Ray...

Sentant sa peur, il retient sa respiration un instant, cherchant visiblement à se calmer.

- Le tatouage de phénix que tu as dans le dos. Depuis quand l'as-tu ?
- Mais je n'ai pas de tatouage ! Aëlynn a vérifié.
- Tu en as un. Et comment ça : Aëlynn a vérifié ?
- Laisse-moi me relever, s'il-te-plaît. »

Il reste un instant immobile, et devant une nouvelle supplication de sa sœur, il se décale et la laisse s’asseoir sur le sol, tenant sa robe devant elle. Les yeux du barbare sont toujours durs.

« Raconte.
- Il y a quelques jours, Aëlynn est venue me voir, elle m'a demandée si elle pouvait voir mon dos. J'étais surprise mais elle m'a expliquée que c'était pour s'assurer qu'il n'y avait pas de tatouage de phénix. Madeleine était gravement malade comme je te l'ai raconté et sa sœur s'est rendue compte qu'elle n'avait plus son tatouage. Je ne sais pourquoi elle pensait que moi je pouvais l'avoir mais ça semblait vraiment important alors je l'ai laissée vérifier et je n'avais rien.
- Pourtant il y a bien un phénix sur ta peau.
- Lorsque le Père Alaric et moi avons réussi à soigner Madeleine, je ne t'ai pas dit que lorsque j'ai prié Abadar, ça ne s'est pas passé comme d'habitude. Ce n'est pas une pluie de pièces qui est apparue, mais un oiseau de feu fait d'énergie divine est sorti de moi pour aller sur Madeleine pendant qu'un cerf sortait du prêtre d'Erastil. Madeleine a absorbé les deux énergies et les a rejetées, nous percutant violemment, le Père Alaric et moi. Je serai tombée si le Comte n'avait pas été derrière moi.
- Ça se serait passé à ce moment là ?
- Je ne vois que ça. En plus... Aëlynn m'a dit qu'elle avait vu le phénix revenir en moi quand l'énergie de Madeleine m'a percutée.

Il respire profondément, prend Cassandra par les bras, l'amène contre lui et la serre d'un geste protecteur.

- Demain matin, je viens avec toi à Dragonrise. On ira voir Aëlynn.
- Si tu veux oui. »

Ils restent un long moment blottis l'un contre l'autre, assis sur le plancher du salon. Puis lorsque la respiration de Cassandra se fait plus régulière, Raynor se penche vers elle pour la regarder dormir. Il se lève la prenant dans ses bras, l'emmène dans la pièce d'à côté et la couche dans son lit. Quand il s'allonge à ses côtés, elle reprend naturellement sa place contre lui, comme lorsqu'ils étaient enfants et qu'elle venait le rejoindre pour qu'il chasse ses cauchemars ou comme lorsqu'ils s'étaient retrouvés et qu'il refusait de la laisser seule au milieu de la Horde. Sachant que cette nuit elle est en sécurité, il s'autorise à fermer les yeux et à dormir.


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