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102316 Messages dans 7472 Sujets par 915 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 14, 2019, 10:28:34 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 5ème : Terre d'asile (Modérateur: Sstrad)  |  Chapitre 18 : Alanna
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Auteur Sujet: Chapitre 18 : Alanna  (Lu 931 fois)

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Hors ligne Valaar

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Chapitre 18 : Alanna
« le: juin 04, 2014, 00:23:54 am »
Il y'a plusieurs mois, peu après la création de Dragonrise

Tout était allé si vite pour Valaar : la menace des trolls, la déraison de Durgan Hern, l’enfermement, la mort de Lyssandaria, la fuite, l’exode aux confins de la Verduran.
Une terre d’asile, le comté de Maupertuis, l’anoblissement par Gabriel. Le Gabriel qui était en réalité Raynor.
Pour les rescapés de Dragonfall, Valaar avait ravalé sa fierté et tout les griefs qu’il avait contre Raynor, devenu roi du Galt sous le nom de Gabriel.
Après avoir plié le genou devant l’éternel rival qui l’avait toujours dépassé, il se releva Valaar d’Arthurak, comte de Maupertuis, seigneur de Dragonrise.

Gabriel ne s’était pas trompé. Le comte fit rapidement preuve de perspicacité, recomposant un conseil déjà efficace en allant chercher des talents ignorées tel que Madeleine au poste d’ambassadeur, motivée qu’elle serait pour retrouver Jovien Rocco et Alanna au poste de maitre espion. Cassandra, la soeur du roi fut nommé grande prêtresse du conseil et il veilla à ce qu’Erastil ne soit pas en reste avec Alaric au poste de prévôt. Enfin, l’impressionnante Faora au poste de général était une évidence.

L’espionne « officielle » était aussi l’amante officieuse du comte, ce dont peu de gens doutait. Un soir, Valaar convia Faora a diner avec Alanna. L’on plaisanta sur les hématomes et les courbatures du comte, récompenses des entrainements musclées que lui imposait la sculpturale galtienne. Le demi-orque grimaçait quelque peu mais les baisers tendres d’Alanna et ses mains expertes sur sa nuque l’emportaient sur la douleur. Le comte Valaar avait gardé un appétit de barbare. Il buvait, remplissait les verres, embrassait Alanna à pleine bouche. Son amante tempéra un peu son gourmand seigneur. Elle le connaissait bien, savait qu’il n’était jamais assez rassasié tout comme elle devinait ce qu’il lui passait à travers la tête à l’instant présent. Elle offrit un porte de sortie à Faora en lui demandant s’il elle avait encore faim. La militaire assura que non, remercia brièvement pour l’invitation et tourna les talons pendant qu’Alanna empêchait Valaar de parler en lui fourrant du gâteau dans la bouche. Déçu, le comte admira néanmoins le châssis musclé de la guerrière jusqu’à ce qu’elle referme la porte.

« Chomp-chomp. Pourquoi… chomp… tu l’as fait partir?
- Pour ta sécurité, monsieur le comte.
- Hein?
- Moi aussi je la trouve très désirable, mais crois-moi, les plaisirs a trois ne sont pas encore pour elle… Avant cela, il faudrait d’abord qu’elle dépasse les plaisirs en solo. »

Valaar était bouche bée puis regarda Alanna avec envie avant de l’attirer à lui. Il but une dernière gorgée de vin et entrepris d’en verser dans la bouche de son amante, qu’il pourrait ensuite embrasser puis lécher chaque goutte coulant le long de sa gorge, entre ses seins, sur son ventre…
Mais elle écarta le verre.

« Votre espionne va moins boire désormais…, dit-elle énigmatique, …en fait votre espionne ne sera plus très discrète d’ici quelques mois. »

Valaar mit du temps à comprendre. Quelques gestes doux d’Alanna lui indiquèrent qu’elle était enceinte de lui. Le voyant abasourdi, elle commenta avec pudeur :

« Oh… Tu n’as pas en t’en faire. Je vais m’en occuper. Tu… tu ne seras pas embarrassé. Tu as ta vie à mener, ne t’inquiètes pas de ça… Je ne suis qu’une… »

Tout tournait dans la tête du demi-orque. Une part de lui se rappela la détresse d’Aelynn, se sentant terriblement seule devant l’absence du père de son enfant perdu. Ca, et pleins d’autres sentiments confus. Il vida le verre de vin au sol.

« Non. Tu vas rien faire du tout. Et moi aussi, je vais boire moins. »

Il la tira contre lui pour l’embrasser fiévreusement, entrecoupant ses gestes pour la déshabiller par des mots étouffés, lui signifiant qu’il ne voulait pas qu’elle parte et qu’il assumerait son enfant. Epris d’amour, les deux amants commencèrent leur nuit d'ébats sur la table vidée d’un revers de bras.

Elle frissonna quand il la pénétra, ondulant avec lui. Elle aimait sa force mais jamais rien ne pouvait la retenir de danser contre lui.
« Tu -ooh- dis vrai?
- Oo-oui, Alanna. C’est toi que je veux -mmh- c’est toi qui m’a donné de l’amour sans juger -mmh- mon apparence, mes supposées crimes de lèse-majesté -mmh-, sans que ce soit une histoire d’argent, sans -mmh- que ce soit dans le but de te faire un prince ou un roi -mmh- qui te mettrait à l’abri du besoin -mmh-, sans que ce soit une récompense parce que j’ai tué des types dont je ne sais pas le nom dans une arène. Je ne te tournerais pas le dos, Alanna -mmh- je ne te tournerais pas le dos

Il arrêta ses mouvements de va-et-vient pour la regarder dans le blanc des yeux. « Je ne possède rien si je ne t’ai pas ».

Elle se redressa vers lui pour l’embrasser tendrement et lui dire « je te crois, Valaar ».

Il eu un petit sourire satisfait avant de lui répondre, l’oeil rieur :

« Par contre, toi, est-ce que tu pourrais te tourner, s’il te plait? »

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(...)

Quelques semaines plus tard, le ventre d’Alanna prenait un arrondi qui ne trompait personne.
Quelques semaines plus tard, en privé, Valaar demanda à Alanna si elle voulait l’épouser, ce qu’elle accepta avec l’art et la manière…
Les décisions basées sur l'émotion ne sont pas des décisions. Franck Underwood, House of Cards.

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Re : Chapitre 18 : Alanna
« Réponse #1 le: juin 04, 2014, 00:25:20 am »
Il y'a trois mois

Les seigneurs des villes voisines du Galt, Tregan et Lisière et de Whispil, nichée dans la Verduran, répondirent à l’invitation lancée par Dragonrise. On parla de commerce, de développement. Nyscomus le gnome, ventripotent maire de Whispil, avait une éloquence égale à son appétit. Faussement aimable, il avança le fait que le comté de Maupertuis devrait faire paiement de la libre exploitation du nord de la Verduran Forest car cette région lui appartenait. La nouvelle ne pouvait pas plus mal tombée : l’argent de Dragonrise était requis pour développer la ville, pas pour payer des droits de chasse.

Valaar s’excusa dans le but d’aller voir celle qui saurait certainement débrouiller cela. La baronne Deirdre Hern avait largement fait ses preuves dans le domaine de l’économie et des contrats, le dernier en date étant celui signé avec le comte pour le prêt fait à la ville.

Deirdre vivait dans une aile du château et se montrait assez peu depuis l’incendie provoqué par son vieil époux dans lequel celui-ci avait péri et qui l’avait laissé, elle, défigurée car  brulée sur la moitié du visage. Cassandra et Aëlynn accompagnaient le comte chez la baronne.
L’annonce du maire de Whispil n’était rien à coté de ce qu’elle leur appris : elle avait retrouvé des actes de propriétés égarés et oubliés depuis des générations qui faisaient des Hern les propriétaires absolus de toute la Verduran… Ce qui incluait Whispil. Nul ne doutait qu’elle allait manger tout cru le gnome débonnaire. Mais avant cela, elle évoqua à voix haute son propre avenir et celui de ses enfants.

A la tête d’un territoire grand comme un pays, où se touche aujourd’hui les frontières du Galt, du Taldor et de l’Andoran, elle devait choisir un époux royal pour pouvoir prendre possession de ses biens. L’on pouvait déjà écarter l’Andoran dont le gouvernement était une présidence avec à sa tête un homme dument marié. Restait le prince Joffrey, souverain du Taldor pour lequel les mots manquaient pour décrire toute l’ignominie et le Roi Gabriel, souverain du Galt, pays à l’histoire politique riche en renversement. L’un comme l’autre ne saurait refuser une telle alliance pour développer leur nation et légitimer leur règne.

L’on conjura Deirdre de se défier de Joffrey car il représentait l’impensable, un mégalomane dictateur près à toutes les horreurs. Quand à Gabriel… Le roi du Galt avait fort à faire avec Fiona, qui accaparait une partie de la horde et qui tôt ou tard en découdrait avec lui… L’adjonction de la Verduran assiérait son règne. Aelynn était décomposée et après quelques maigres échanges du bout des lèvres quitta les appartements de Deirdre, qui la suivit et la rattrapa plus loin pour l’entretenir. Valaar comprenait enfin à quel point elle était attachée à Gabriel et lâcha comme pour lui-même « Mais il les lui faut toutes, c’est ça… ».

Restée seule avec lui, Cassandra battit le fer tant qu’il était chaud. Elle lui expliqua qu’il y’avait une autre alternative pour la baronne Hern. Patiemment, avec douceur, elle lui soumettait l’évidence. Il devait la prendre comme épouse. Quoi? Qui?
« La baronne Deirdre, comte de Maupertuis. Vous deviendriez roi. Vous serez l’égal de vos voisins. C’est un acte fort, vous pourrez assurer la paix et la sécurité de vos gens… »

Les mots calme de la prêtresse d’Abadar s’entrechoquaient dans le crâne de Valaar. Il voulait que cela cesse, mais non, elle n’arrêtait pas, le faisant douter, en appelait à ses devoirs, à ses responsabilités. Le plaidoyer de Cassandra dura un long, long moment. Jamais elle n’avait autant essayé de le convaincre à ce point mais il était trop confus pour la sommer de lui dire toutes les raisons pour lesquelles elle insistait ainsi.

Ils rejoignirent le banquet où le maire de Whispil pérora encore après que la baronne Deirdre ait mis en doute une première fois sa légitimé de propriétaire du nord de la Verduran. Sûr de son bon droit et de sa prestance, il fut mal avisé d’essayer de la rabaisser en commentant son visage défiguré. Son triomphe fut de courte durée quand il comprit que la baronne le tenait par les bijoux de famille. Nyscomus se ratatina dans son siège et en fut quitte pour regarder le fond de son verre.

Une chose de réglée, songea Valaar. Ce qui ne l’empêcha pas de demander à Faora de veiller à la sécurité de la baronne, car si le gnome voulait empêcher son annexion prochaine, il devrait agir vite pour faire disparaitre les titres de propriétés. Pour l’heure, le maire de Whispil serait très coopératif pour fournir des machines de génie civil ou autres pour Dragonrise.

Autre chose préoccupait davantage le comte : il profita de la présence complète du conseil et des éminents seigneurs présents pour annoncer son mariage prochain avec… Alanna.
Il l’avait fait venir au banquet pour faire son annonce publique et confirmer ce que tout le monde savait déjà : elle attendait un enfant de lui.
Corwyn se montra très heureux pour Valaar qui lui dit qu’il n’aurait pas vraiment pu attendre davantage son retour pour l’annoncer. Le gnome lui, portait toast sur toast, essayant de bien se faire voir de sa némesis.
Mais les autres, qu’avaient-il tous? Il était bien moins doué qu’Alanna pour comprendre les sentiments d’autrui. Qu’importe cette impression étrange, n’était-elle pas un membre fidèle de Dragonfall au travers de toutes les tempêtes, celle dont tout le monde félicitait le talent au poste de Maître Espion?

Le banquet tourna un peu court, comme une recette de soufflé qui avait raté.

Aëlynn avait disparu. Valaar devait lui parler, la remercier. Sans elle, si elle n’avait pas partagée avec lui sa détresse, il aurait certainement agi comme un fieffé idiot avec Alanna, ne comprenant rien des souhaits et des aspirations d’une femme, qui quand cela concerne le coeur, dit parfois le contraire de ce qu’elle pense.
Il la trouva chez elle ou elle l’accueilla d’humeur glaciale. Il venait la voir en ami, elle le vouvoyait sans cesse. Il voulait lui dire ce qu’il lui devait, elle n’en voulait rien savoir. Tout au plus, un reproche à mi-mots comme quoi devenir roi ne se refuse pas. Et de le congédier en prétendant être fatiguée.

Devenir roi... Et si... Des souvenirs revinrent à sa mémoire, des souvenirs remontant aux années passés avec Rhae Mar, son mentor.

Citer
Affamé, n'en pouvant plus des montagnes, le jeune Valaar avait commis l’erreur de regretter la civilisation et la royauté. Rhae Mar cracha au sol avant de lui expliquer le fond de sa pensée.

"Les dieux ont créé la terre en partage pour tout les hommes. Seulement, les rois, quant y virent avec leurs épées d’acier, leurs couronnes et tout, les rois se la revendiquèrent pour eux tout seuls, en virant les peuples libres. Mes arbres, y dirent, vous pouvez pas leur manger les pommes. Ma rivière, vous pouvez pas y pêcher dedans. Mon bois, c’est pas à vous d’y chasser dedans. Ma terre, mon eau, mon château, ma fille, bas les pattes, ou je vous les coupe, mais si je vous vois à genoux, devant moi, là, peut-être bien que je vous permettrai l’odeur, humer un brin, quoi. On traite les hommes de la horde comme des tueurs, des voleurs. Mais un voleur, au moins, faut que ça soye brave et rapide et futé. Alors qu’un lèche-cul, ç’a besoin que de s’agenouiller. Est-ce que t'es un lêche-cul, gamin?"

Il fut sorti de ses pensées car un gamin qui passait en courant s’arrêta devant lui pour le dévisager avant de reprendre sa partie de cache-cache. A bien y regarder, il n’était pas le seul à y jouer, d’autres enfants avaient profité du banquet et de l’absence des ainés pour trainer dehors.

Alaric déambulait dans Dragonrise à la recherche du comte. Le trouvant, il lui tint un discours un peu différent que celui de Cassandra mais qui menait à la même finalité. Il était moins question de constructions et plus de communauté, moins de titre de noblesse et plus d’épanouissement collectif. Le prêtre d’Erastil évoqua avec des mots choisies la défiance des gens envers Alanna… et ses activités. C’est un leurre, hurlait Valaar, une illusion comme tout le reste! Mais aucun son ne sortit de sa bouche. Alaric disait vrai sur les rumeurs qui trainaient et l’étrangler sur le champ n’y changerais rien. Le sage le quitta en concluant qu’il serait heureux d’officier son union prochaine, quelque soit sa décision.

Valaar sentit des présences près de lui et se tourna d’instinct en lâchant un grognement étouffé. Ce n’était rien que d’autres enfants qui continuait leur jeu et profitait de l’innocence de leur âge. Il leva la main en signe d’apaisement car un des petit garçons menaçait de fondre en larmes, effrayé qu’il était du mouvement d’humeur du demi-orque. En les voyant partir en courant, il eut une pensée fugace pour Lyssa qui ne lui sourirait plus jamais et Corwyn et Aelynn qu’il fallait toujours retenir de faire n’importe quoi.

Une odeur musqué de crottin. Valaar compris en le voyant que le gardien de Dragonrise était devenu l’espace d’un soir le chasseur des culottes courtes. Black arriva près de lui, le toisa de regard torve, s’approcha encore pour soulever en douceur son bras d’un coup de cornes. Valaar plaqua sa tête contre lui.

« Merci, Black. Je sais que tu es . Mais… J’ai nulle part où me cacher. » lâcha Valaar d’une faible voix.

(...)

Sans vraiment comprendre pourquoi, les pas de Valaar le menèrent aux appartements de Deirdre dans l’aile du château qui lui était attribué. Il réalisa où il venait d’arriver quand il fit face à Faora. Sans qu’il n’est rien eu à lui dire, elle s’éloigna, le laissant seul face à la porte de la baronne.

Il allait toquer quand la porte s’ouvrit. Deirdre se tenait là, debout et s’écarta en l’invitant à rentrer.

« Je…
- Comte.
- Je… ne me demandez pas de la chasser. Ne… ne me demandez de le renier.
- Je suis une mère, comte Valaar. Je ne vous demanderais rien de tel. Je souhaites protéger mes enfants, assurer leur avenir et le mien, pour ce qu’il me reste.
- Qu… quoi?
- Vous serez libre. Libre de voir d’autres femmes, je n’aurais rien à y redire. Je ne vous déshonorerais pas, je vous serais fidèle. Vous n’aurez pas à me toucher… Qui voudrait me toucher? » ajouta t’elle en cachant avec pudeur le coté de son visage ravagé par les flammes.
- Deirdre… Je sais ce que c’est. Voir ça dans chaque reflet, le sentir quand on se lave la figure. »

Lentement, timidement, la baronne baissa sa main et releva un visage digne et tragique vers le demi-orque qui la dépassait d’une taille. Valaar la pris dans ses bras pour ne pas voir les yeux de Deirdre rougir. Cette femme, la redoutable conseillère de Dragonrise, la veuve de Durgan Hern, semblait une poupée en porcelaine très fragile.

Des pleurs venant d’une pièce voisine les détachèrent l’un de l’autre. Reprenant contenance, Deirdre précisa :

« Ce qui est mien sera votre. Vous n’aurez pas à m’aimer ni aimer mes enfants. Je vous demande juste de les reconnaitre. Si vous nous laissez, je reprendrais ce qui nous appartiens. Je vais préparer un contrat… »

Deirdre arrêta en voyant le visage hagard de Valaar, comprenait qu’elle aurait sans doute du être plus patiente avant d’aborder ce sujet. Craignant de le voir changer d’avis, elle baissa la tête, évitant de croiser son regard. Mais quel regard? Le guerrier, le barbare, le comte était perdu et ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. Il lui fallait de l’air, il fallait que cela cesse. Il sortit des appartements sous le regard inquiet de Deirdre qui marmonnait.

« Maman est là, Kelvan, maman est là… »

(...)

Alanna chantonnait en vérifiant la température du bain qu'elle avait préparé. Elle connaissait son homme : barbare ou comte, les beaux vêtements légers n'avaient rien entamé de son appétit à passer du bon temps. Rien de tel qu'un bien chaud pour le décrasser, détendre ses larges épaules et réveiller son mat. Voilà qu'elle l'entendait approcher. Qu'il avait tardé mais qu'importe. Souriante, elle se tourna radieuse vers lui en gardant machinalement une main sur son ventre rond.

Elle le dévisagea en écarquillant les yeux n'osant croire l'effroyable sensation qui prenait possession d'elle.

Valaar pleurait à chaudes larmes. Il s'approcha, renversa le bougeoir ce qui plongea la salle d'eau dans un monde de nuance de gris. Tremblant, il empêcha Alanna se blesser en l'enserrant doucement. Les forces de sa promise l'abandonnait, comme si elle n'avait plus la force de vivre. Elle se laissa faire quand il la souleva délicatement pour la poser dans le bain qu'elle lui avait préparé. Lui tenant d'une main sa tête contre son torse, il glissa l'autre dans l'eau vers la douceur de sa cuisse. Elle s'agrippa à son bras, avec des hoquets ponctuants ses propres pleurs.

(...)

Tot le lendemain, un cocher faisait quitter Dragonrise à Alanna, passant devant le baron se tenait à la limite de la ville. Aucun mot ne pouvait convaincre Alanna qui refusait de rester et vivre comme sa putain, car c'est ce que l'on dirait.
Terrible ironie pour celle n'avait jamais rien fait payer d'autre que des illusions soporifiques.
Terrible ironie pour celui qui sait ce qu'est être un bâtard.

Valaar resta immobile jusque tard dans la nuit. Rentré chez lui, il resta assis dans la pénombre, fixant une certaine épée prétendument tueuse de prince.

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Re : Chapitre 18 : Alanna
« Réponse #2 le: juin 04, 2014, 00:26:32 am »
Il y'a un an, à Dragonfall :

Citer
Valaar s’accroupit pour prendre un peu d’eau dans sa main et se la passer sur le visage pour se rafraîchir les idées. La brise charriait une odeur légèrement épicé.
Il remonta celle-ci pour en trouver l’origine : c’était Alanna, le bras-droit de Flint actuellement seule en charge de l’auberge qui venait remplir deux seaux d’eau. Valaar la rejoignit et lui proposa de les porter à sa place.

« Ca va aller. Je peux le faire toute seule.
- Ah, je vois. Deirdre, sors de ce corps!
- C’est gentil, répondit-elle en souriant, tu devrais plutôt te coucher, regardes-toi, tu tiens à peine debout.
- Mmouais… mais je tiens pas mal couché, aussi. »

Alanna en fut amusé et ceda en ajoutant :

« Mais ne crois pas que porter deux seaux te fera gagner quelque chose de moi.
- Ca va de soi. Et puis j’ai pas les moyens. Et toi non plus. C’est que je vaux mille pièces d’or, moi. »

(…)

Valaar accompagnait les mouvements d’Alanna en la tenant par la taille à pleine mains. Il prétendait être bien endurant couché mais il fallait avouer qu’elle savait diablement y faire. N’y tenant plus, il bloqua son habile déhanché en l’agrippant pour la maintenir empalé sur lui et lui demanda à voix basse :

« Montres-moi. »

« Montres-moi. »

Alanna eut un sourire étrange et retira ses mains plaquées sur le ventre de son amant pour les porter au foulard qu’elle portait autour de ses cheveux. Une fois libérés, ceux-ci tombèrent en cascade sur ses épaules. Le demi-orque leva une une main vers le visage d’Alanna, remonta sa joue et dégagea ses cheveux en arrière, découvrant la base de deux cornes de part et d’autres du sommet du front.

« Toutes les tiefling font aussi bien l’amour que toi? » demanda le demi-orque en souriant d’une oreille à l’autre.
- Non, seulement les employées d’auberge qui se lime les cornes pour séduire les grands idiots à la peau grise. »

Valaar approcha la main pour en toucher une.

« Tss. Touche pas au monstre, l’arrêtait-elle en riant.
- C’est pas gentil de me voler mes répliques.
- N’importe quoi, Monsieur le Général Valaar, répondit-elle en retenant à nouveau sa main.  Hé, je t’ai dit non! Tu as déjà le droit à tout le reste. A moins que tu trouves que tu n’a pas assez de prises pour me tenir?
- Je dirais plutôt que j’ai pas assez de mains, dit-il en louchant sur sa poitrine. Ou p’tet que c’est toi qu’a trop de prise sur moi."

Les amants roulèrent sur le coté et s’élancèrent dans de nouveaux ébats que le demi-orque, aujourd’hui un homme fait, voulait répéter jusqu’à son dernier souffle.

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