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102522 Messages dans 7499 Sujets par 875 Membres - Dernier membre: Quopayday septembre 19, 2019, 06:21:48 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 4ème : Construire sur les cendres. (Modérateur: Sstrad)  |  Chapitre 13 : Retour
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Auteur Sujet: Chapitre 13 : Retour  (Lu 920 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Chapitre 13 : Retour
« le: avril 17, 2014, 11:34:29 am »
« Un départ, ça ressemble toujours à une désertion. »
Berthe Hamelin-Rousseau.

Debout devant la fenêtre à petits carreaux, Lyssandaria regarde le soleil se coucher sur Dragonfall. Dans la rue, à ses pieds, Mona, la boulangère, se dépêche de regagner sa maison nouvellement construite. Des éclats de voix étouffées montent de la salle commune de l'auberge de Flynn jusqu'à sa chambre. De temps en temps, un grand éclat de rire perce le silence. A une autre époque, elle serait descendue et se serait mêlée aux villageois, mais son retour au village date d'une semaine et on lui a bien fait comprendre qu'elle n'est pas la bienvenue. Ni à l'auberge, ni à Dragonfall. Flynn, au moins, a la politesse de ne pas le lui dire directement, mais la gêne empruntée qu'il montre quand il doit s'adresser à elle prouve qu'il préférerait vraiment qu'elle loge ailleurs que chez lui. Et c'est avec un soulagement évident qu'il a accueilli sa demande de prendre ses repas dans la chambre et pas dans la salle à manger en compagnie des villageois venus se reposer après une journée de dur labeur.

Une lumière vient de s'allumer à l'étage du Manoir, Deirdre doit être en train de s'occuper de son fils. Lyly ne peut s'empêcher de regarder avec nostalgie la demeure de ses ancêtres. Jamais, à Dragonfall, elle n'aurait pensé devoir habiter ailleurs.



Elle avait salué son grand-père en descendant de cheval après un voyage fatigant de quarante jours. Convoyer la longue file de chariots tirés par des bœufs sur les routes inexistantes de la Verduran avait relevé de l'exploit.  Elle ne comptait plus le nombre d’essieux brisés qu'il avait fallu réparer, de roues embourbées qu'il avait fallu dégager pour continuer leur route. A plusieurs reprises, elle avait utiliser sa magie divine pour aider à réparer un chariot ou soigner un voyageur. Pendant tout le trajet, elle n'avait pu s'empêcher d'angoisser, imaginant la caravane se faire attaquer, s'attendant à tout moment à voir le corps de son voisin ou de sa voisine transpercé d'une flèche mortelle. La présence de Ruben et de ses hommes l'avait réconfortée mais elle savait aussi que rien ne pouvait s'opposer à une meute déterminée. Grâce à Abadar, la précieuse cargaison et les colons étaient arrivés à bon port.

Deirdre était à la droite du Baron lorsque Lyssandaria était arrivée devant le comité d'accueil et elle n'avait pas attendu la fin des embrassades pour lui faire son annonce.

« Bienvenue, Comtesse de Nazili, nous vous avons réservé la meilleure chambre de l'auberge. J'espère que vous saurez vous en contenter, ça sera toujours mieux que ce que la majorité des habitants ont eu ces derniers mois. »

La jeune noble n'avait pu cacher sa surprise. Elle regarda successivement Deirdre et son grand-père et demanda à celui-ci :
« A l'auberge ? Est-il arrivé quelque chose au Manoir ?
- Euh... non, non. Le Manoir est en parfait état mais... tu seras bien à l'auberge... Mon épouse s'est occupée de tout. Tu ne manqueras de rien.
- Votre... épouse ? »

Elle n'avait pas eu besoin de demander qui était cette nouvelle épouse. La position de Deirdre aux côtés du baron, son air de défiance et la façon dont elle s'était imposée l'identifiait clairement comme  la nouvelle baronne. Et cela expliquait également pourquoi Deirdre la vouvoyait et utilisait son titre de comtesse : les Hern n'avait qu'une représentante dans ce village et ce n'était pas celle qui revenait de Cassomir.

Lyssa n'attendit pas la confirmation et poursuivit en s'adressant exclusivement à son grand-père.

« Félicitations. Et de quand date ce mariage ? »

Une fois encore, son grand-père mit un long moment avant de répondre. Elle n'arrivait pas à comprendre l'expression de son visage. Elle se tourna vers le reste de l'assemblée qu'elle n'avait pas encore eu le loisir de saluer. Corwyn était à côté de sa sœur, Aëlynn entre le baron et Valaar, il y avait aussi Andronic Rocco, Jovien, le reste de la famille Valmont, de la famille Aethelric et du conseil. Tous la regardaient avec une gêne manifeste, surtout Aëlynn et Corwyn en fait, à bien y penser elle avait également l'impression que le shérif Rocco aurait préféré être ailleurs. Alors elle comprit. Le mariage n'était pas récent, ils le savaient tous et personne ne lui avait rien dit. A Cassomir, quand ils s'étaient vu lors de son propre mariage, elle avait demandé des nouvelles du village, s'était enquis de la grossesse de Deirdre, et personne ne lui avait rien dit alors que les noces avaient déjà dû être célébrées. Elle sentit son cœur se serrer et reposa la question d'une voix glaciale.

« De quand date ce mariage ?
- Nous nous sommes mariés le 15 Neth. »

Deirdre avait fini par répondre d'un ton de défi. Ainsi Lyly avait pensé juste. Personne ne lui avait dit cette nouvelle importante pour son village et surtout pour sa famille. Elle parcouru à nouveau du regard l'assemblée, ses yeux se posèrent sur Aëlynn qui la regardait d'un air triste. Le sentiment de trahison qui la traversa la surprit elle-même, l'ensorceleuse savait et n'avait rien dit. Pourquoi ? Elle ne comprenait pas. Avait-elle eu peur de sa réaction ? Oui, elle ne portait pas Deirdre dans son cœur, mais Aëlynn savait qu'elle avait insisté auprès de Kelvan pour qu'il l'épouse juste avant la grande bataille contre le Seigneur Cerf. Quand Aëlynn lui avait appris la grossesse de Deirdre, une semaine avant ses noces, elle lui avait dit que, pour le bien du futur enfant, il fallait que son grand-père épouse la jeune mère. C'était le seul moyen que le fils de Kelvan ait la place qu'il mérite dans la vie. Alors pourquoi ne lui avoir rien dit ?

Et comment interpréter le silence de son propre grand-père ? Il ne pouvait mieux lui signifier qu'elle n'avait plus sa place ni dans le village de ses ancêtres ni même dans sa famille. Elle avala sa salive difficilement, elle ne pleurerait pas. Pas devant eux. Et c'est d'une voix posée qu'elle continua la conversation, remerciant intérieurement Amalia et ses leçons d'étiquette.

Passant résolument à un autre sujet, elle se tourna vers les gens qui l'accompagnaient. Ruben regardait la scène, impassible comme à son habitude, Edward, l'homme de confiance de l'exarque, semblait observer les protagonistes en notant les moindres nuances de comportement. Se forçant à sourire, elle fit signe à la femme aux cheveux gris qui l'accompagnait. Florella se décala et poussa en avant un jeune garçon.

« Méléarn, viens saluer ton arrière-grand-père. Et son épouse. »

L'enfant s'approcha lentement, intimidé par tous les regards fixés sur lui, arrivé aux côtés de sa mère, il se pencha, saluant le plus dignement possible.

« Monsieur mon arrière-grand-père... »

Durgan Hern, vingt-troisième du nom, éclata de rire en voyant ce petit bout d'homme aussi sérieux, il fit deux pas en avant pour se mettre à sa hauteur et lui ébouriffa d'un grand geste de la main les cheveux.

« Appelle-moi Papi, gamin ! »

Méléarn le regarda souriant.

« Je préfère ça ! C'était bien trop long : Monsieur mon arrière-grand-père.
- C'est pour ça que Papi c'est bien mieux. Mais... »

Il désigna son épouse du pouce et dit sur le ton de la confidence :

« Elle, vaut mieux pas que tu l'appelles Mamie, je crois. »

L'enfant hocha la tête sérieusement.

« D'accord. Mais comment je dois l'appeler alors ?
- Tante Deirdre sera parfait, je pense. »

Pour la première fois depuis leur arrivée, la voix de la baronne ne contenait pas d'animosité. Méléarn se pencha en direction de Deirdre et la salua :

« Tante Deirdre. »

Lyssandaria couvait son fils d'un regard protecteur et fier, posant une main sur son épaule, elle tendit un rouleau de parchemin au baron et se tourna vers les nombreux chariots derrière elle. Ceux-là pliaient sous leur poids et débordaient de biens. Clairement, il y avait là de quoi construire un village entier.

« Voici le cadeau que la famille de Porth fait à la baronnie Hern afin de célébrer notre union. Il y a de la nourriture, des semences pour les champs, du bétail, des animaux de basse-cour, du matériel de construction et j'en oublie. Tout est consigné ici. De plus, une cinquantaine de personnes a voulu quitter Cassomir pour aider le village à se développer. Je ne doute pas que vous saurez les employer le plus utilement possible. »



Fixant toujours la lumière dans le Manoir Hern, Lyssa serre les poings en repensant à cette scène. Aëlynn lui avait parlé de son silence peu de temps après, avait essayé de lui expliquer. Ce n'était pas à elle de lui annoncer mais à son grand-père, or le baron n'en avait rien fait et elle n'avait pas voulu aller contre sa volonté. Elle avait terminé la conversation en prenant la jeune prêtresse dans les bras, heureuse de la revoir, essayant de la réconforter.

Elle n'avait vu son oncle que trois jours après. Elle avait encore du mal à considérer ce tout petit bébé comme le fils légitime de son grand-père : son fils était plus âgé que son oncle, c'était déstabilisant. Corwyn était venu les chercher, Méléarn et elle, pour lui montrer la transformation de Dragonfall et le village avait véritablement changé. Il n'avait quasiment plus rien à voir avec celui de son enfance. Le noble temple d'Abadar s'était transformé en simple sanctuaire au pied du Manoir. Par un hasard orchestré par Corwyn, ils arrivèrent au sanctuaire au moment où Deirdre faisait prendre l'air à son fils devant chez elle. L'enfant était superbe : il avait les yeux de Kelvan et les traits de sa mère. Lyly prononça doucement son prénom : « Durgan ». Les larmes lui montèrent aux yeux, Durgan, le fils de Kelvan qui fut tué par Méléarn. Ses trois frères disparus s'imposèrent à elle d'un coup, lui coupant le souffle. Devant sa pâleur subite, Corwyn insista pour qu'elle s'assoit un instant sur un banc en pierre, vestige des années heureuses. Se reprenant, Lyssa le repoussa doucement.

« C'est un très bel enfant, Deirdre. Merci d'avoir donné un nouveau Durgan aux Hern.
- Merci, Comtesse. »

Elle prit la réponse de la jeune mère de plein fouet, reculant d'un pas. Ainsi, il n'y aura pas de trêve. Elle appela Méléarn qui s'était un peu éloigné, courant dans les hautes herbes entourant le Manoir et lui présenta son grand-oncle. Puis elle prit la bourse à sa ceinture et en sortit une chaîne d'argent au bout duquel pend un médaillon représentant un dragon transpercé de part en part d'une épée. C'était le cadeau de naissance qu'elle offrait à son neveu, qu'il n'oublie pas qu'il est un descendant de tueurs de Dragons. Deirdre la remercia du bout des lèvres.


La lumière à la fenêtre de l'ancienne chambre de Kelvan et qui devait maintenant être celle de Durgan s'éteint. L'enfant a dû s'endormir. Lyly laisse errer son regard, il s'accroche au petit monticule devant le Manoir, non loin du Temple d'Abadar. La tombe de Kelvan. Elle était allée se recueillir dessus le lendemain de son arrivée. La tombe était fleurie malgré le froid encore présent. Qu'aurait-il pensé d'elle ? Lui en aurait-il voulu comme les autres ou aurait-il compris son choix ?

« Tu vois, Kelvan, tu n'auras pas eu besoin de t'expliquer avec Ménas, il m'a épousé. Le mariage était magnifique, tu m'aurais vu dans mes robes! Je n'ai jamais été aussi belle et Ménas était superbe. Tellement noble, tellement beau. Et tu aurais vu Grand-Père dans le rôle de Durgan Ier, il a été incroyable. Il a réussi à captiver les arènes de Cassomir toutes entières ! J'aurai tellement aimé que tu sois là. Que Méléarn soit là aussi. Et Durgan. Et Papa. Et Maman. Vous me manquez tellement. »

Elle était restée un long moment à parler à Kelvan à travers la tombe. Avant de partir, elle sortit une plaque de marbre du sac qu'elle avait posé à côté d'elle. Elle la posa sur la tombe et l'essuya pour enlever toute trace de poussière. L'inscription dorée brillait sous les faibles rayons du soleil d'hiver :

Seigneur Kelvan Hern, 1er du nom.
Mort le 30 Sarenith 4712
Eternel Gardien de Dragonfall
« Seuls les Dragons chutent »



Une larme coule sur la joue de Lyly, elle l'essuie d'un geste rageur de la main. Elle ne doit pas pleurer, Kelvan mérite mieux que des pleurs. En quittant la tombe de son frère, elle était allée au Sanctuaire d'Abadar, seule. Et comme à chaque fois, elle y avait trouvé le réconfort. Elle savait que son Dieu était à ses côtés et il ne l'avait pas abandonné. Il n'y avait pas de vitraux dorés mais au moment où elle entra dans le lieu saint, le soleil avait émergé des nuages et il avait inondé le sanctuaire d'une véritable pluie d'or. Le village ne voulait peut être pas d'elle mais elle était encore prêtresse et elle ferait ce qu'il doit être fait.

De retour à l'auberge, elle alla directement voir Flynn pour lui demander d'annoncer qu'elle célébrerait une messe au sanctuaire le lendemain matin. Il prit un air surpris et sa gêne se renforça quand il essaya de lui faire comprendre que les villageois ne viendraient pas. S'ils ne s'étaient pas tous détournés d'Abadar, ils priaient maintenant Erastil pour la plupart, et les quelques fidèles qu'il restait... comment pouvait-il dire... avaient été grandement déçus par son départ et... bref, s'ils avaient tous envie d'assister à une messe en l'honneur d'Abadar, ils ne viendraient pas si c'était elle qui la célébrait. Elle le remercia de sa franchise et lui demanda d'annoncer malgré tout que demain elle célébrerait une messe en l'honneur du Gardien du Premier Coffre au Sanctuaire. Qu'elle y soit seule n'y changerait rien.

Et le lendemain, elle dit une messe en l'honneur d'Abadar. Juste devant quelques personnes. Florella était là évidemment, avec Méléarn. Aëlynn était venue, par foi véritable et par amitié. Quelques personnes nouvellement venues de Cassomir étaient également présentes. Mais peu importe le nombre, elle pria le Juge des Dieux avec ferveur. Les villageois pouvaient la détester, elle avait l'amour de son dieu, c'était l'important.

Car ils la détestaient. Et ne s'en cachaient pas. Lorsque Corwyn lui fit visiter les nouveaux agencements du village, les gens la regardaient d'un regard noir. Elle entendait les commentaires sur son passage. Ils raillaient la « Comtesse » qui les avait abandonnée pour aller se faire sauter par un noble en ville. Si elle pensait que quelques chariots pouvaient leur faire oublier sa trahison, elle se trompait lourdement. Elle pouvait repartir avec ses grands airs, on n'avait pas besoin d'elle. De toute façon, Dragonfall n'avait jamais eu besoin d'elle, ni de son fils. La baronnie avait déjà un héritier, et sa Mère était une vraie Dame, pas une traînée qui couchait avec tout le monde. Même avec son frère.

Elle encaissa sans dire un mot, il n'y avait rien à dire de toute façon, mais elle jetait des regards inquiets vers son fils. Heureusement, celui-ci était tellement fasciné par sa découverte de la campagne qu'il ne réalisait pas ce qu'il se passait autours de lui. Corwyn les entendit par contre et alla voir Rambart, le meneur d'un petit groupe de paysans, pour essayer de l'amadouer. Il  expliqua que Lyssandaria s'était fourvoyée mais qu'elle avait compris son erreur et qu'elle était revenue. Qu'elle faisait partie de la communauté et qu'une communauté doit accepter que certains se trompent. Entendant sa prêche, Lyssa demanda à Corwyn à lui parler loin de toute oreille, ils s'écartèrent un peu du village, et elle autorisa Méléarn à courir sans trop s'éloigner.

« Corwyn. Je te remercie pour l'aide que tu essaie de m'apporter mais arrête tout de suite ce discours. Je ne me suis pas fourvoyée, mon mariage n'était pas une erreur ! Et jamais, je ne le regretterai. »

Elle l'empêcha de l'interrompre.

« La seule chose que je regrette, la seule, c'est d'avoir dû partir lorsque tout était à reconstruire. Mais si j'avais à nouveau ce choix à faire, je ferai le même. J'aime Ménas, l'épouser a été l'un des plus beaux jours de ma vie et mon fils a maintenant un véritable avenir. Et j'interdis à quiconque de dire que je le regrette. Les villageois me détestent, je ne peux pas leur en vouloir et même, je les comprend. Je ne cherche pas leur amour, ni même leur reconnaissance, je suis ici parce que je pense pouvoir encore être utile au village de mes ancêtres. Je fais ce qui doit être fait. C'est tout. Je ne dis pas que ça va être facile, que ce qui se dit fait plaisir à entendre mais... c'est ainsi. Je suis devenue une étrangère. Je l'accepte. »

Lorsqu'elle finit sa diatribe, elle avait les yeux pleins de larmes qu'elle essayait d'empêcher de couler et sa bouche se tordait en une imitation de sourire. Spontanément, le jeune druide la prit dans ses bras et la serra contre lui, lui offrant une épaule sur laquelle pleurer.



Elle sourit doucement en repensant à ce moment, pleurer lui avait fait du bien. Elle était rentrée au village plus volontaire que jamais.

Derrière la vitre de l'auberge, une ombre épaisse traverse le village, elle fronce les sourcils en reconnaissant Valaar. Ils se sont à peine parlés depuis son retour et depuis, son frère de lait fait tout pour l'éviter.

Il ne lui avait fait aucun reproche sur son départ et aucun commentaire sur son retour. Il lui avait juste proposé, puisque l'accès au Manoir lui était refusé, qu'elle s'installe dans la maison qu'il avait hérité de Phorgas. Évidemment, ajouta-t-il, lui logerait ailleurs. Ce n'était pas une maison luxueuse mais elle était saine et on y dormait bien. Elle avait été touché par son offre. C'était vraiment très généreux de sa part, mais hélas elle devait refuser. Elle ne pouvait pas loger chez un ancien amant, jeune fille cela ne l'aurait pas dérangée, mais elle était une femme mariée maintenant, sa réputation était suffisamment entachée comme ça. Elle avait bien trop à perdre. Et puis... elle chercha ses mots, elle peinait à trouver ceux qui le blesseraient le moins. Il portait sur le visage la marque d'infamie aux armes des de Porth. Elle était maintenant une de Porth. Avant qu'elle ne termine, le visage du demi-orque se ferma et sans un mot fit demi-tour. Depuis lors, ils ne se sont pas reparlés.



Elle soupire profondément lorsque la porte de la chambre s'ouvre à toute volée. Méléarn arrive en courant et se précipite dans les jupes de sa mère. Elle se baisse et le prend dans ses bras. Il la regarde intensément.

« Maman, pourquoi vous êtes triste ?
- Ce n'est rien, mon chéri, ton père me manque c'est tout. Mais ça va mieux maintenant. Je suis avec toi donc tout est bien.
- Père m'a dit qu'il fallait que je veille sur vous. Que je dois vous faire sourire au moins une fois par jour. Je dois obéir à Père. Donc il faut que vous souriez. »

En entendant le discours solennel et autoritaire de son fils, elle sourit franchement, riant même. Méléarn en voyant qu'il a réussi, lui sourit de plus belle, fier de lui et se blottit dans ses bras. Elle le serre contre elle tendrement et regarde la nourrice qui attend près de la porte.

« Merci, Florella. Vous pouvez aller vous coucher si vous le désirez. Je m'occupe de Méléarn. »

Elle couche son fils dans son lit et le borde. Elle s'assoit près de lui et commence à lui raconter une histoire pour l'aider à s'endormir. Elle lui raconte l'histoire de quatre enfants qui, pour empêcher leur village d'être détruit, ont dû aller sauver le premier monde contre l'invasion fomentée par un méchant sorcier et des armées innombrables de mites. Il s'endormit au moment où les enfants se demandaient s'ils devaient essayer d'envoyer leur petit cochon comme messager auprès du Roi des Fées.

« Modifié: avril 17, 2014, 11:38:49 am par Dorothée »

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