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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 5ème : Terre d'asile (Modérateur: Sstrad)  |  Chap.22: Gabriel
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Auteur Sujet: Chap.22: Gabriel  (Lu 1854 fois)

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Hors ligne Celena

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Chap.22: Gabriel
« le: avril 07, 2014, 22:22:42 pm »
Cela faisait cinq jours à présent qu'ils avaient laissé Cassomir derrière eux. Le temps était clément et bien que voyageant en plein hiver, les intempéries se faisaient rares.
Plusieurs mètres en avant, chevauchant aux côtés du vieux baron, les silhouettes de Corwyn , d'Andronique et de Flynn. Ses parents ainsi que Madeleine suivaient en retrait. Elle ne s'était pas jointe à eux, chevauchant silencieusement aux côtés de Gabriel et Cassandra, qui se tenait comme toujours aux côtés de son frère.
Aelynn observa songeuse la longue armée s'étirant devant eux.
On y voyait de tout: du guerrier comme de l'orc. Une partie de la horde... la fameuse horde.
L'enfant qu'elle était alors, avait déjà fui Dragonfall lorsque cette plaie déferla sur le village, emportant trois d'entre eux. Lyssa, Corwyn et Valaar ne lui avait raconté que succinctement ce qui s'était alors déroulé. A la tête de la horde, une femme folle, sanguinaire, ayant mis à genoux Phorgas, leur paladin.
De nombreuses questions se bousculaient dans son esprit et elle ne savait comment les poser. Accepterait-il de répondre? La présence de Cassandra à ses côtés changerait-elle ses réponses? Lui avait-il dit toute la vérité?
Elle tordit nerveusement ses rênes. Après tout... rien ne l'obligeait à lui répondre.
Elle inspira donc et se lança.

-"Gabriel... je me demandais... que c'est-il passé durant ces 4 ans? Comment... comment as-tu pris la tête de la horde? ... Lyssa et les autres m'avaient parlé d'une femme pourtant... "

Ces derniers mots, elle les laissa mourir, portés par le vent. Elle observa le profil impassible du nouveau roi, espérant ne pas l'avoir froisser, tandis qu'une nouvelle question lui vint. Elle la retint, attendant un signe de sa part.
« Modifié: août 18, 2014, 20:03:34 pm par Celena »
Celena

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Re : Interrogations
« Réponse #1 le: avril 10, 2014, 01:00:49 am »
Le guerrier tourna son visage vers celui de la jeune femme, puis ses yeux se perdirent vers l'horizon, le replongeant dans le mutisme qu'il affichait quelques instants auparavant. Aelynn avait remarqué depuis le début de leur voyage de retour, que Gabriel parlait peu, et lorsqu'il le faisait, il avait de la maladresse dans ses gestes ou ses paroles. Une sorte de malaise le prenait lorsqu'il devait s'exprimer  dans son nouveau rôle de Roi du Galt. Le barbare en lui nageait à la surface de ses sentiments, guettant le moindre faux pas du suzerain en devenir. De peur de dire ou de faire quelque chose d'inapproprié, il se résolvait souvent au silence.

Cassandra, qui chevauchait à ses côtés, posa une main appaisante sur le bras de son frère. Des ondes dorés émanèrent de ses doigts et se propagèrent sur la peau de Gabriel.  La grâce d'Abadar fit une fois de plus son office et le jeune souverain dessera les dents.

"La Horde ..." Commença t-il de sa profonde voix de basse, "nous emporta tous les trois il y a prêt de quatre ans.Chaque jour était une lutte pour rester en vie, et nous avons dû tuer encore et encore pour pouvoir seulement manger." Il avait dit cette phrase sans emphase, sans chercher à se justifier. Un simple fait parmi les autres à venir. 

" La horde s'est déplacée de village en village, évitant les grandes villes trop puissantes, pour prendre leur tribut d'enfants. Attachés les uns aux autres par le cou et la nuque, nous formions une longue chaîne destinée à engrosser les rangs de la puissante Horde de la déesse Skith. On marchait le jour, avec de rares arrêts pour boire, ou plutôt pour faire boire leurs chevaux. Nous ... On ..."

Gabriel ne termina pas sa phrase. Son visage s' était durci. Il refusait visiblement de s' apitoyer ou de se plaindre. Il reprit son récit d'une voix plus lente mais plus ferme encore.

"Le soir, les barbares jetaient au milieu de nous les restes de leurs repas. C'était le moment qu'ils attendaient tous. Affamés et assoiffés, les gosses que nous étions étaient prêt à s'entretuer pour une carcasse de poulet, ou la moitié d'un quignon de pain rassit... Il s'appelait Gabriel, le premier garçon que j'ai tué pour que nous puissions manger, avec Mel et Fi... Il était brun et avait été enlevé au Galt, deux villages avant nous. C'était le gosse le plus costaud et le plus grand, et j'ai choisi de le tuer lui, pour que tous les autres comprennent que Mel et Fi, sous ma protection, étaient intouchable. C'était un bon garçon, qui veillait sur son petit frère et sa petite sœur. Mais il gardait La nourriture avant tout pour eux trois."

Gabriel avait rivé ses yeux dans ceux d'Aelynn. Il semblait à la jeune ensorceleuse qu'il racontait cette histoire pour la première fois. Aelynn tourna involontairement le visage vers Cassandra. Les yeux étonnés de cette dernière lui confirmèrent que ce récit était nouveau pour elle aussi.

"Au bout trois mois, nous nous étions aguerris. Porter le collier n'était plus une souffrance. Nos pas nous avaient menés sur les terres de la Horde, le royaume de Skith la déesse folle. Sur les cents que détenait la chaîne à notre intégration, nous n'étions plus que quinze à la fin. Trois clan s'étaient formés parmi les survivants. Mel, Fi et moi contre la bande d'Aorc" Gabriel désigna du doigt un de ses lieutenants, "et la bande de Cray. Lorsque Skith nous accepta enfin dans son armée, elle offrit Fiona à ses hommes, la promettant à celui qui tuerait ses autres concurrents pour elle. Cray s'est avancé avec tout son groupe, ainsi que trois des guerriers orcs qui nous avaient torturé pendant le voyage. Je me suis avancé également ... "

Gabriel se mordit involontairement la lèvre inférieur, petit tic qu'Aelynn lui avait remarqué, qui marquait généralement une décision ou annonce importante. Il détourna son visage d'elle cette fois avant de terminer.

"A la fin de la nuit, Fi m'appartenait"











« Modifié: avril 10, 2014, 16:05:20 pm par Sstrad »

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Re : Interrogations
« Réponse #2 le: avril 10, 2014, 20:46:56 pm »
Aelynn observa le profil fermé de Gabriel puis détourna la tête.
Gabriel... ainsi voilà l'origine de ce pseudonyme. Il avait pris le nom d'un mort. Le nom d'un enfant, tué de ses mains pour manger.
La horde... elle ne s'était jamais vraiment demandée à quoi cela pouvait ressembler et n'avait eu qu'une première vague idée quelques jours auparavant, en pénétrant  dans le campement du Galt. Là, pour la première fois, elle l'avait vu. Cette assemblée d'orcs, demi-orcs et humains. L'atmosphère respirait une violence latente, contenue, presque bestiale. Elle avait sentie sur elle les regards mâles accompagner sa silhouette jusqu'à la tente de leur roi.
Non, elle ne s'était jamais demandé à quoi cela pouvait ressembler... et n'était pas sûre de vouloir savoir.

Cette question, elle l'avait posée sans arrière pensée, avec le mince espoir qu'il y réponde. Elle ne s'était pas préparée à ces détails... à ce détail.
"A la fin de la nuit, Fi m'appartenait."
Ces mots résonnèrent dans son esprit. Il aurait pu le dire de cent façon différente. "J'ai gagné." "J'ai vaincu les autres." laissant sous entendre la suite.
Non. Il avait employé le possessif, comme s'il eut été question d'un objet. Les mots avaient été crus. Sans détours.
Aelynn resserra un peu plus ses rênes. L'espace d'un instant, il lui sembla sentir sur elle le regard de Cassandra. Peut-être une impression. Visiblement, elle découvrait le passé de son frère.

Un lourd silence s'installa, chacun regardant droit devant lui, le regard perdu au loin. La jeune femme sentait une boule se former en son ventre, telle un angoisse grandissante. Elle avait encore tant de questions à poser et tant de réponses à appréhender.
Des images lui revinrent en cascade. Dragonfall, la fête du troc, Porte Marchande, Cassomir, le mariage, Fiona.

"Pourquoi Fiona veut-elle te quitter? quitter la horde? n'est-ce pas tout ce qu'elle possède?"

Elle tourna le visage vers lui. Ces mots avaient traversé ses lèvres sans qu'elle n'en ait vraiment conscience.
"Gabriel..."
Elle s'arrêta. Prononcer ce nom prenait soudain un sens nouveau, entaché de sang.

 
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Re : Interrogations
« Réponse #3 le: avril 10, 2014, 22:08:41 pm »
Le roi tourna son visage lentement vers l'ensorceleuse. Aelynn sentit un frisson la traverser, comme une main glaciale se posant sur sa nuque, un souvenir d'un autre âge, oublié mais ayant survécu dans la mémoire de sa peau. Elle lisait dans le regard de Gabriel un besoin irrésistible d'être pardonné. Elle y voyait aussi la volonté farouche d'un homme qui assume les choix et les actes de son passé.

"Aelynn, Fiona ne m'appartient pas."

Il avait dit ces mots comme une évidence, sans chercher à blesser son interlocutrice.

"La guerrière Fiona n'appartient qu'à Fiona elle-même. Tout ce que j'ai pu faire pour elle, était de lui donner le temps de grandir, et de devenir suffisamment forte pour ne plus avoir besoin de moi. Elle n'a plus besoin de moi." Il se tût un instant avant de reprendre. "Tu sais, je pense qu'elle n'a jamais eu besoin de moi. Peut-être même que c'est moi, qui avait besoin qu'on ai besoin de moi..."

Il regarda l'horizon un long moment, observant la course du soleil derrière les collines, puis il se tourna vers ses hommes et aboya un ordre dans une langue guturale. La Horde s'arrêta net.

"Nous allons camper ici. Rejoins moi sous ma tente lorsque l'étoile de Darius sortira des collines du nord. Nous reprendrons notre discussion. Pour le moment, j'ai à faire. Cassy."

Il éperonna son cheval et rejoignit ses capitaines suivit par sa jeune soeur.


« Modifié: avril 10, 2014, 22:15:00 pm par Sstrad »

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Re : Interrogations
« Réponse #4 le: avril 10, 2014, 22:47:50 pm »
Les hommes s'affairèrent, déployant tentes et compilant des tas de bois pour les feux. Ils étaient trop nombreux pour un seul. Chaque nuit, une dizaine de brasiers illuminaient ainsi les ténèbres de la nuit.
Aelynn s'affaira comme chaque soir, aidant à préparer le repas. Elle n'était pas aussi bonne cuisinière que Lyssa, et se soir, son esprit distrait par leur conversation quelques instants plus tôt, conduisit à un résultat presque désastreux qu'Hina eut toutes les peines du mondes à rattraper.
La jeune femme recula et finit par se poser à proximité des flammes, observant d'un regard absent leur danse flamboyante.
Les nuits se rafraichissaient de plus en plus, poussant les hommes à se regrouper. Mais elle n'en sentait rien et lorsqu'on lui tendait une cape, le regard interrogateur, elle l'enfilait en remerciant, afin d'éviter tout questionnement. Elle même ne s'expliquait pas ce fait. C'était comme ça.

Les rations furent servies, tandis que l'horizon se parait de ses dernières couleurs orangées. La nuit les engloberait alors de son manteau d'encre sans lune.
Aelynn sirota plus qu'elle ne but sa soupe. Elle n'avait pas faim. Elle songeait aux paroles de Gabriel, à ce qu'il lui avait dit de Fiona.
Il faisait nuit à présent et déjà, les tours de garde s'organisaient autour d'eux.
"Tu n'as pas faim? tu n'as presque pas manger."
Elle sursauta. Madeleine venait de s'assoir à côté d'elle et observait son bol plein.
"Je n'ai pas f..."
Aelynn s'interrompit. Soudain, la vie menée par Gabriel, Méléarn et Fiona lui revint telle une gifle. Ils avaient tué pour des os à sucer. Et elle, elle...
Sans un mot de plus, elle saisit son bol et le vida d'un trait, emplie du sentiment honteux de ceux qui n'ont jamais connu la faim.
Elle sourit à sa soeur, l'embrassa, se leva et se dirigea d'un pas décidé vers la tente de Gabriel.
"Attends! ton manteau!"
Madeleine s'était levée, la cape à bout de bras, mais sa soeur était déjà hors de portée.

Aelynn releva le pan de peau faisant office de porte.
A l'intérieur, Gabriel, Meryn et Cassandra finissaient leurs repas. Le roi lui fit signe d'avancer, vida son bol et le posa en signe de fin.
Meryn l'imita, se leva, salua la jeune femme avant de sortir.
L'ensorceleuse sentit le regard surpris de Cassy devant sa tenue "légère" pour la saison mais ne dit rien, continuant paisiblement son repas.
La jeune femme approcha, tira un tabouret de cuir tendu et s'installa à proximité de Gabriel.

"Tout d'abord, je tiens à m'excuser si mes questions ou mes paroles t'ont froissés. Ce n'était nullement mon intention. (...) De nombreuses questions se bousculent dans ma tête.(...) Je t'ai posé la question pour la horde puis pour Fiona. Mais d'autres sujets m'interpellent comme ton attitude à Cassomir. Tu nourris une haine visible envers Jeoffrey, haine que je partage pleinement. Comme je t'ai répondu ce jour là, je donnerai tout pour le tuer de mes mains quand bien même ce du être la dernière chose que je fasse avant de mourir. Cependant, au temple, au début de la cérémonie du mariage, tu étais très nerveux. Hors Jeoffrey n'était pas encore là. Lorsqu'il est apparu, ce n'était plus de la nervosité que tu dégageais, mais une haine meurtrière. Puis, lors de la soirée, il y a eu cet échange avec Lyssa, au sujet de son enfant.
Sur le moemnt, je n'ai pas prêté attention à tout ceci, puis les images me sont revenu. Cette discussion qui, finalement, était incongrue en un tel soir. Le teint blanc de Lyssa en te regardant. (...) Mais peut être que je vois des choses qui ne sont pas, auquel cas je te présente par avance de nouvelles excuses."
Celena

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Re : Interrogations
« Réponse #5 le: avril 11, 2014, 01:03:25 am »

Gabriel souffla devant le flot de questions déversé par la jeune femme. Il baissa légèrement la tête et sourit.
Décidément, Aelynn n’avait pas changé malgré les années. C’était bien, pensait-il. Un point de repère dans la tempête.

« Cassy, veux-tu nous laisser s’il te plait ? J’ai besoin d’être juste moi, ce soir. »

La jeune prêtresse d’Abadar se leva en souriant, mais lorsqu’elle se retourna et qu’elle fit face à l’ensorceleuse, cette dernière vit
le doute sur son visage. « Bien sûr, Gabriel. » dit-elle, comme pour se convaincre elle-même, «  je vais rejoindre et inviter ceux qui le souhaite
à prier Abadar. Je te souhaite la bonne nuit, Aelynn. » Elle se tourna vers son frère « Je reviendrai dans une heure. »
Cassandra écarta le pan de toile de la tente et plongea son regard dans les ténèbres de la nuit. Elle invoqua Abadar, et un miracle
de lumière répondit à son appel.

Gabriel fixait le battant de toile se rabattre sur sa jeune sœur. Dans le brasero central, des braises rougeoyantes ronronnaient
 comme de petits dragons endormis. Maintenant qu’ils étaient seuls, Gabriel se détendait enfin. Les traits de son visage s’assouplissaient
et ses larges épaules avaient déposé leurs écrasants fardeaux. Il semblait à Aelynn que l’homme qu’elle avait rencontré
sous le Flamboyant était enfin revenu. Dans les yeux du Gabriel qui se tenait devant elle, elle retrouvait la nostalgie de cette fois-là.
Le guerrier se leva de sa chaise et se dirigea vers une peau de loup posé sur le sol sur lequel il s’assit nonchalamment.
Aelynn remarqua que le cuir était trop grand pour appartenir à un simple loup. Elle n’en avait jamais vu, mais elle supposa
qu’il devait s’agir de la peau d’un worg. Ces immenses créatures étaient au loup ce que le tigre à dents de sabre était au tigre du Kyonin. 
Vicieux et terriblement intelligents, les worgs étaient de redoutables chasseurs. Seuls les plus féroces chefs barbares orcs osaient en faire leurs montures.
Gabriel sorti de sa poche deux pommes et les frottèrent sur sa tunique noir aux liserés dorés, puis il en jeta une à Aelynn qui l’attrapa
d’un geste, et mordit dedans par réflexe plus que par faim. Le guerrier lui sourit, et sans savoir pourquoi, parti dans un fou rire.
C’était le premier vrai sourire qu’elle voyait sur son visage depuis leur première rencontre. Aelynn lui rendit son sourire, puis, sans savoir
pourquoi, elle éclata de rire également. Elle vint s’assoir à côté de lui. Gabriel mordit dans sa pomme en lui souriant.
Il ferma les yeux lorsqu’il avala sa première bouchée. Aelynn comprenait mieux désormais, pourquoi elle avait l’impression que
Gabriel redécouvrait le goût des choses à chaque fois qu’il mangeait.

« Aelynn,  tu me demandes de te livrer mon âme. »

Le regard de l’homme était intense et la jeune fille comprenait qu’il allait accéder à ses demandes.
Ce soir, elle le sentait, il ferait tout ce qu’elle lui demanderait.

« Skith était la déesse des Orcs. Une guerrière qui s’était élevée au statu divin dans la Horde par la force et la folie.
Après avoir servi sous ses ordres pendant deux ans, mon escouade est tombée dans un piège et tous mes hommes ont été tués.
Fi et Mel était parti chercher des ravitaillements et lorsqu’ils sont revenu, ils m’ont retrouvé inconscient sous les corps
de nombreux soldats, une lance passé en travers du corps. »

Il souleva sa fine chemise blanche sous sa tunique, pour montrer une vilaine cicatrice qui boursouflait sa peau entre ses muscles abdominaux.

« Méléarn m’a sauvé en invoquant les miracles qu’Erastil lui accordait. Nous avions enfin l’occasion que nous recherchions.
Nous avons quitté la Horde. Nous n’avions jamais perdu notre objectif de vu : revenir à Dragonfall. »


Il se coucha sur le dos, les mains croisées derrière sa tête, il fixait le sommet de sa tente sans vraiment le voir.

« Nous avons vu les ruines du village, gardés par cet immense ours. Nous étions détruits. Toutes ces années, ces mois, ces semaines
à espérer revoir nos familles… tous ces rêves ont été enterré sous les ruines de notre Dragonfall. »
Sa voix se brisa un peu, révélant une émotion qu’il essayait vainement de contenir.
« Nous avons découvert les un groupes de bandits, et nous les avons fait parler comme seul ceux de la Horde savent le faire.
Ils nous ont révélé qu’ils dépendaient d’un chef qui se faisait appeler Morack, un mercenaire borgne. Grâce aux talents de traqueurs de Mel
nous eûmes tôt fait de trouver ce salopard. Fi est terrible quand elle veut faire parler quelqu’un, et nous l’avons laissé toute la nuit questionner Morack.
Engagé par le seigneur Ramirez d’Escorban, il a été envoyé à Dragonfall pour deux missions distinctes. Emprisonner et emmener Phorgas
pour le tuer en prétendant un jugement, puis raser notre village. »

Il releva son buste d’un brusque mouvement du bassin, appuyant sa main droite sur son œil droit, comme s’il voulait contenir
une douleur fulgurante derrière son globe oculaire. Il ferma les yeux et serra les lèvres. La douleur semblant disparaître,
il se décontracta lentement, puis continua, gardant sa main sur son visage, masquant involontairement ou non ses traits.


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Re : Interrogations
« Réponse #6 le: avril 11, 2014, 01:33:59 am »
Aelynn sursauta devant le mouvement brusque de l'homme.
Il se tenait le visage, visiblement aux prises d'une violente douleur.
Elle tendit une main pour tenter de l'apaiser mais retint son geste. Contrairement à Lyssa, elle ne possédait rien qui apaise la douleur.
L'espace d'un instant, elle envisagea d'aller chercher Cassy, mais se ravisa.
Pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas, Gabriel était plus détendu une fois seul qu'en sa présence. Pourtant, jusque là, il avait semblé à l'ensorceleuse que Cassy l'apaisait.

La douleur semblait s'estomper, mais il conservait ses traits cachés. Aelynn ne put s'empêcher d'admirer la masse musculaire de l'homme et prit soudain conscience qu'elle se tenait à portée. Elle restait toujours prudente face à ce type d'homme, parfaitement consciente de son infériorité face à une force brute.

"Comment se fait-il que tu sois plus détendu en l'absence de Cassy? Pourquoi lui avoir dit que tu souhaitais "être toi-même"? J'ai cru sentir chez elle comme une réticence. " 
Celena

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Re : Interrogations
« Réponse #7 le: avril 11, 2014, 14:20:37 pm »
"La Rage est ma compagne depuis de nombreuses années, Aelynn." Répondit Gabriel dans un souffle.
"Si je suis vivant aujourd'hui, c'est grâce à elle. Mais lorsqu'on laisse ses émotions dicter sa survie, il devient
très difficile de se contrôler dans des situations où la violence ne peut ni ne doit être la solution." Le barbare était
focalisé sur sa respiration. "Je ne peux pas dépendre continuellement des grâces d'Abadar. Quel monarque
puis-je être, si je ne sais pas me contrôler ..."

Il s'assit en tailleur et posa ses deux mains sur ses puissantes cuisses. Gabriel avait encore cette moue
sur ses lèvres qu'il mordit.  "Ta présence m'apaise Aelynn. Je ne sais pas l'expliquer mais tu me calmes. Avec toi, je peux être moi,
et laisser la Rage à la porte de ma conscience." Le guerrier avait dit tout cela simplement, sans pudeur ni crainte.
Déjà son esprit reprenait le chemin du récit inachevé.

" Mon père a tenté de rattraper les mercenaires qui emportaient Phorgas. Morack s'est amusé avec lui
avant de le tuer. Phorgas a voulu achever Morack, mais un kobold du nom de Griff s'est interposé. A cause de Griff,
Morack a eu la vie sauve, et cette ordure est revenue plus tard pour terminer le village et sa mission.
Quand je rencontrerai Griff à nouveau, il me répondra du meurtre de mon père et de celui des villageois.
Aussi vrai que je suis le Roy du Galt, je prendrai sa vie lorsque nos chemins se croiseront à nouveau."

Gabriel détaillait le visage d'Aelynn. La courbe de son visage, de ses lèvres, le dégradé blond de ses cheveux,
son petit nez qui mettait en valeur l'amande de ses yeux. Quelque chose en elle le calmait, et il cherchait à savoir quoi.
Après un long moment un peu étrange, Aelynn toussota. Gabriel se ressaisit et sourit.

"Avant que nous le tuions, Morack nous a appris qu'Escorban était l’âme damné de Geoffrey. Méléarne a décidé de rebâtir Dragonfall,
mais Fiona et moi voulions la tête de Geoffrey. Nous avons laissé Mel à Dragonfall, et nous sommes retournés vers la Horde
où j’ai défié Skith. Je l’ai tué, j’ai pris le contrôle de la Horde et j’ai défais un à un tous les autres chefs barbares
pour absorber leurs clans. Il y a 5 mois, Pierre de Robes, que tu connais, est venu me voir. Il n’a pas hésité à traverser
mon territoire pour me rencontrer. Il savait que Sarah était avec moi et il m’a proposé le trône du Galt.
Il sait également que je veux tuer Geoffrey. La suite, Aelynn, tu la connais. »

Gabriel se tû et porta sa main vers le visage d'Aelynn. Il caressa du revers de ses doigts la joue de la jeune fille, appréciant la douceur de sa peau.

"Mais assez parlé de moi, parle moi de toi maintenant." dit-il avec douceur.


« Modifié: avril 12, 2014, 10:20:40 am par Sstrad »

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Re : Interrogations
« Réponse #8 le: avril 11, 2014, 18:54:28 pm »
Aelynn tressaillit au contact de la main. C’était la première fois qu’il la touchait. C’était la première fois qu’un homme la touchait depuis…
Un bref instant, son visage se voila à ces souvenirs mais elle se ressaisit aussitôt.
Elle resta immobile, appréciant sans le montrer la chaleur palpable de ce corps. Si le froid l’insensibilisait, il en était tout l’inverse de la chaleur. Et là, devant elle, se tenait une formidable masse d’énergie. Elle prenait sur elle pour ne pas y toucher.
De la Rage ? Oui, elle en sentait en lui. Cette chaleur provenait-elle de cette rage ? Peut-être. Et après… Le résultat était des plus appétissants…
Aelynn se raidit et eut un geste de recul. Gabriel ôta sa main, surpris. La jeune femme canalisa sa respiration. Quelles étaient ces pensées ? Comment avait-elle pu le regarder comme on regarde une proie ?
Elle lui sourit, priant Abadar que son visage soit resté impassible.

Un grognement étouffé suivi de coups dans la tenture détourna fort heureusement l’attention. Simba finit par passer la tête et, apercevant sa maitresse, trottina nonchalamment vers elle, trainant derrière lui une laisse soigneusement mâchouillée.
Aelynn rit en le voyant arriver ainsi avec l’air innocent d’un nouveau-né.
Simba fourra aussitôt sa tête sous sa main en quête de caresses.
« Allez. Viens ici. »
Elle recula un peu, déploya sa robe et s’assit en tailleur, face à Gabriel, offrant ainsi à son compagnon le creux espéré pour dormir. Simba ne se fit pas prier et s’y lova tandis qu’un ronronnement sourd et profond s’élevait dans le silence de la tente.
Aelynn le caressa machinalement tout en reportant son attention vers le roi.

Ce dernier l’observait. La voir ainsi manipuler et caresser ce bébé tigre pourtant sauvage le fascinait à chaque fois. Exactement comme le jour de leur première rencontre, là-bas, à Cassomir. Il releva le regard et croisa celui de la jeune femme.
Elle lui sourit, visiblement plus détendue. S’être éloigné un peu de lui, lui coutait mais était nécessaire. Tout du moins tant qu’elle ne comprendrait pas la cause de cette attirance dépassant le plaisir physique.

« De la rage… »
Sa voix s’était élevée avec douceur dans l’air de la nuit.
« Oui. J’en sens en toi. Elle fait partie de toi. Elle est toi. (…) Pourtant, elle ne m’effraye nullement. Car tu es elle également. (elle marque une pause et regarde Simba en le caressant, avant de reporter son attention sur Gabriel)
Tu dis que je t’apaise. Je veux croire que c’est vrai. Car lorsque nous sommes seuls, c’est un autre homme que je vois sourire et rire.
Pourquoi je t’apaise ? Je n’en sais rien. J’ignore ce qui se trouve à l’origine de ce sentiment.
Mais sache que si l’apaisement est ce que tu ressens, il n’en est rien pour moi. Bien au contraire. » (le crépitement des braises lui fait machinalement tourner la tête. Son regard se fixe sur les braises ardentes)
« Non, poursuivit-elle en les fixant, bien au contraire. Ta présence éveille en moi un sentiment étrange, agité, inconnu. Cela n’a rien à voir avec un cœur qui s’emballe. Non. C’est bien plus profond que cela. (elle le regarde de nouveau). Et cela m’inquiète. »

Un silence pesant s’installa. Ils s’observaient l’un l’autre. Gabriel savait qu’elle ne mentait pas. Il décelait chez elle une réelle préoccupation. Visiblement, il n’était pas le seul à s’interroger.

« Tu souhaitais que je te parle de moi. » reprit-elle d’une voix qu’elle voulait légère et détachée.
« Eh bien, il n’y a pas grand chose à dire en vérité surtout à côté de ta vie, d’autant que tu connais mon plus grand secret à savoir ma véritable identité. Personne n’est au courant tu sais. Personne. Même Lyssa l’ignore.
Le plus simple est que je reprenne du début… il y a quatre ans. L’arrivée de Pierre de Robes ne pouvait signifier qu’une chose pour nous. Eilwen, ma tante, m’a alors emmenée avec elle en pleine nuit pour lui échapper. Ce fut la dernière fois que je vis Madeleine, mes parents, Dragonfall. (sa voix s’emprunte de nostalgie) Nous avons marché et trouvé asile en Andoran. Nous sommes restées deux ans à la frontière, nourrissant l’espoir de rentrer un jour chez nous. Mais les cavaliers du Galt retrouvèrent notre trace. Nous dûmes fuir plus loin dans les terres, à la frontière du Kyonin, où nous avons vécu les deux années suivantes. J’y ai vu des nains et des elfes. J’ai appris les rudiments du langage elfique. (…) C’est une belle région. Nous y avions refait notre vie, loin des folies meurtrières du Galt et de Geoffrey. »

Elle s’interrompit un instant, sondant Gabriel. Ce dernier restait immobile, le regard fixé sur elle, écoutant attentivement ce qu’elle lui disait. Elle sourit. Il n’y avait pourtant rien de bien intéressant dans tout cela…

« Eilwen m’a alors demandée de me rendre à Oppara pour le jubilé. Elle avait appris que Sarah s’y trouvait. C’est ainsi que j’ai quitté l’Andoran pour revenir au Taldor. D’ailleurs, et je te promet que ceci est ma dernière question. As-tu entendu parlé d’Eilwen ? A mon départ, elle a quitté pour le Galt, accompagnée d’un homme du nom de Makarov. Un homme très intéressant. Il te plairait de le rencontrer je pense. »

A ce souvenir, elle rit doucement puis, reprenant son sérieux, elle poursuivit.
« C’est là que j’ai accidentellement retrouvé Lyssa, Valaar et Corwyn. Quel hasard n’est-ce pas ? Le roi Stavian III a été assassiné. Lyssa fut accusée du meurtre car elle avait passé la nuit avec lui. Quand à nous, nous fumes arrêtés pour complicité. Geoffrey nous avait reconnu et se délectait à l’idée de notre exécution. Nous devons notre vie au temple d’Abadar. Obliger de reconnaître notre innocence, ce fou nous ordonna de retourner à Dragonfall, « nettoyer la région des brigands ». Je reste à ce jour certaine que Geoffrey n’est pas étranger au meurtre de son père, mais cela est une autre histoire.
Voilà comment nous nous sommes retrouvés à revenir à notre village. Menas de Porth avait été sommé de nous accompagner. Cela c’est de nouveau transformée en chasse… (temps d’arrêt) Les soldats avec à leur tête un certain Rodigar, nous ont empoisonné tout du long, jusqu’à ce que Lyssa et moi ne parvenions plus à marcher. Valaar, Corwyn et Ménas étaient mal au point également. C’est alors que Rodigard nous a laissé dans sa grande clémence quelques heures d’avance pour fuir avant de nous chasser.  C’est là que nous avons découvert Dragonfall ou plutôt ce qu’il en restait. Ce fut un choc. »

Elle resserra inconsciemment son poing, arrachant au tigre endormi un grognement de mécontentement.
« Comme tu t’en doutes, nous nous en sommes sortis. Après l’affrontement, nous avons retrouvé les seuls rescapés du village : Kelvan, Jovien, Andronique ainsi qu’une trentaine de garçons. Bref, ceux qui n’avaient pas passé le pacte.
Nous sommes retournés à Cassomir et avons découvert que nous étions portés pour morts. C’est là que Giancarlo de Porth m’a proposé de me fournir des hommes pour retrouver Sarah. Il ne voulait pas que Geoffrey remette la main sur elle. Giancarlo ignore bien évidemment qui nous sommes… et j’ai accepté. Après tout, Geoffery venait d’attenter à la vie de son fils. Je trouvais en lui un allié puissant pour contre carrer Geoffrey. Mais j’ai également accepté car je l’estime. Je ne le connais que peu mais pour la première fois, un noble m’a donné envie de lui faire confiance…
Nous sommes donc retournés à Dragonfall, sans Ménas. Nous avons exploré la foret, jusqu’au jour du pacte. Ce jour là, tout était différent et… »

Aelynn s’interrompit.  Des images lui revenaient en mémoire. Corwyn… leur première fois…
Elle inspira, tentant de trouver un semblant de sérénité.
« Tu parlais de l’ours veillant sur le village. Il s’agissait de Théodose, dont l’esprit avait depuis longtemps rejoint son dieu. Corwyn mit un terme à son existence. Ce jour là, il devint un appellé d’Erastil (sa voix vibre légèrement) Nous avons tous décidé de fêter le pacte, au centre du village, dans les ruines. Nous ne savions pas ce qu’il se passerait mais nous étions ensembles, chez nous. C’est là que le miracle se produisit. Une faille s’ouvrit, laissant passer nos familles. Quatre ans auparavant, les fées avaient respectées le pacte et les avaient emmenées dans le premier monde. »

« Je connais Griff… Je comprend ta colère envers lui, mais sache cependant que sans lui, le village aurait été massacré par Méléarn et son armée. C’est lui qui nous a protégé. Il s’est battu à nos côtés et a payé le prix. Nous avons tous payé le prix… »
Cette dernière phrase, elle l’avait murmurée, comme à elle-même, le regard perdu au loin. Se ressaisissant, elle reprit.
« Nous l’avons rencontré pour la première fois lorsque nous étions enfants, dans le premier monde. A cette époque, les adultes refusaient de nous croire et nous punissaient. Pourtant… cela changea ma vie. »

Elle poussa Simba qui finit par se lever en grognant, s’assit à genoux, droite, et défit les lacets de son gilet. Gabriel l’observait, tendu.
Elle en écarta les pans et souleva sa chemise jusque sous son sein.

« J’ai moi aussi une cicatrice. »
L’homme hésita, puis laissa glisser son regard par delà les tissus, jusqu’à ce ventre nu. Là, sur le côté droit, une cicatrice, nette, large.
« Ca, fit-elle en passant le doigt sur la marque, c’est la lance d’une mite du premier monde qui m’a traversée de part en part. Et celle là (elle désigna une marque un peu plus haut de moindre importance) c’est la trace du carreau d’arbalète de Geoffrey lors de la grande chasse. »

Elle l’observait. Gabriel fixait son ventre, poings serrés.
« Tu m’as demandé de te parler de moi. Je vais te montrer ce que cette marque a déclenché. Ne prends pas peur. S’il te plait. »

Ses yeux bleus étaient plantés dans ceux de Gabriel. Elle pouvait entendre son cœur s’accélérer. Il était aux aguets, tendu. Elle lui sourit, puis ferma les yeux et se concentra.
Ses cheveux commencèrent à flotter doucement en halo autour d’elle tendit qu’une douce lumière dorée les illuminait. Elle rouvrit les yeux. Elle sentait son sang chauffer, courir dans ses veines. Elle adorait cette sensation et y prit plaisir. Depuis cette fameuse nuit, elle le sentait encore plus puissant, plus présent en elle. Cela lui faisait peur et l’attirait tout à la fois.
Elle reporta son attention sur Gabriel. Ce dernier ne la quittait pas des yeux, comme hypnotisé par le spectacle. C’est alors que le regard de l’homme fut de nouveau attiré plus bas, vers le ventre de la jeune femme. Là, naissant lentement de la cicatrice, se déployaient mille volutes bleus. Il les suivit du regard, remontant avec elles vers la poitrine d’Aelynn, dont il devinait le galbe sous les tissus fluides. Il les vit ressortir et glisser sur sa gorge, s’enrouler autour de son cou, remonter ses épaules, avant de naitre sur son visage et de s’immobiliser.
La jeune femme en était entièrement couverte.

Aelynn ne cessait d’observer Gabriel, le coeur battant. Elle savait que la magie lui était étrangère et qu'un violent rejet de sa part n’était pas à exclure. Mais il avait été sincère avec elle, lui livrant son passé sans retenue. Elle voulait qu’il sache.

« Je suis une ensorceleuse Gabriel. Ma lignée est issue de fées. La magie coule dans mes veines. Je suis magie et la magie est moi. Nous sommes aussi indissociables que ne l’est la Rage de toi et toi d’elle.
Voilà ce que je suis. »

« Modifié: avril 11, 2014, 20:34:08 pm par Celena »
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Re : Interrogations
« Réponse #9 le: avril 15, 2014, 01:15:45 am »
 Gabriel observe sans bouger les ondes d'énergie refluer sur la peau d'Aelynn. Son visage d'abord sur la défensive se détend et laisse place à l'émerveillement. La main du guerrier se déplace lentement vers le ventre de l'ensorceleuse. En suspend à quelques millimètres de la source de magie, le bout des doigts du jeune roi effleurent l'énergie qui s'écoule et crépite librement sur le corps de la jeune fille. Fasciné, Gabriel pose sa main sur la peau d'Aelynn qui frissonne au contact de la chaleur de cette main virile.

A l'extérieur le caquètement des mouettes qui s'apprêtent à se poser sur le bastingage pour passer la nuit.  L'odeur de l'iode se répand autour d'eux, les enveloppant de la douce chaleur marine de cette fin d'été. Enfourchée sur son amant, elle se laisse bercer par le roulis du navire tandis que ses doigts fins courent sur ses abdominaux parfaitement dessinés. Il l'attire vers elle et l'embrasse passionnément, avant de la plaquer sur le dos d'un mouvement de reins. Elle l'aime depuis toujours et elle est heureuse.
"Gabriel ..." murmure t-elle, sentant sa jouissance monter en elle. La chevelure brune de son amant cache les traits de ce visage qu'elle adore. "Gabriel ..." gémit-elle encore une fois. "Aelynn, je t'aime" lui répond t-il enfin, ses puissantes mains emprisonnant celles de sa compagne et le resserrant contre les draps humides.

Gabriel retire sa main brusquement du ventre d'Aelynn. Les yeux écarquillés du barbare et de l'ensorceleuse montrent leurs surprises communes. L'énergie d'Aelynn s'est répandu sur le corps de Gabriel et continue ses circonvolutions vers ses épaules et son dos. Il regarde ses mains, puis ses bras, ses épaules, son bas-ventre. Soudain l'énergie qui coule sur sa peau change de couleur et prend un temps plus rougeoyant, plus agressif.

"Aelynn, qu'est-ce qui se passe?" demande t-il. Elle a tendu instinctivement la main vers lui mais a arrêté son geste, les doigts écartés au maximum. La main de Gabriel rejoint la sienne et la pointe de leurs doigts se touchent, mêlant cette fois leurs deux énergies.

Dehors, Kuthona a recouvert le jardin royale de son manteau d'hiver. Les arbustes taillés qui font la réputation des jardiniers du palais jusque dans les ambassades étrangères sont couvert d'une fine pellicule de neige où pointe ci et là quelques branches nues. L'homme n'a pas bougé du chevet de sa compagne depuis plus d'un mois. Ses conseillers sont dans le couloir, assiégeant jours et nuit la porte de la chambre nuptiale, dans l'espoir de voir leur monarque et lui soumettre les problèmes du royaume. Son visage est marqué par la fatigue et ses yeux ne sont plus que cernes profondes. Il l'avait arraché des mains du Roy Fou et l'avait tué avant de prendre son trône. L'ensorceleuse avait fait de ce chef d'une tribut de barbare du nord un roi éclairé et avisé. Ils auraient dû fêter aujourd'hui les dix ans de leurs unions.
De désespoir, il s'agenouille devant le lit et joint ses mains dans ce signe universelle de piété.

"Erastil, si tu me la rends, je te jure que j'étendrai ton clergé et que tu deviendras le premier dieu. Si tu me la rends, j'effacerai le culte de Naerissa."

L'ensorceleuse ouvrit les yeux.
« Modifié: avril 27, 2014, 23:38:26 pm par Celena »

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Re : Interrogations
« Réponse #10 le: avril 16, 2014, 14:24:12 pm »
Aelynn ôta sa main, rompant le contact de leurs énergies. Elle fixait Gabriel, le cœur battant, la peur au ventre.
Que ce passait-il ? Quelles étaient ces visions ? Tout ceci l’inquiétait. Pour une raison qui les dépassait tous les deux, ils étaient en train de réveiller quelque chose ou quelqu’un…
Gabriel ne détachait pas son regard d’elle. Lentement, il tendit la main vers son visage et toucha du bout des doigts les lèvres de l’ensorceleuse. Il voulait comprendre.

L’homme entra dans la tente, le pas rageur et s’immobilisa devant la prisonnière. Il se baissa, la saisit fermement par le bras le lui tordant presque, et la releva, l’obligeant à lui faire face.
Elle le fixa de ses yeux bleus impassibles. Ce regard… voilà bien une chose qui finissait de le mettre en colère. Jamais femme ne l’avait regardé sans la moindre crainte, sans la moindre peur, jamais. Sauf elle. Mais aujourd’hui, il allait lui en faire passer l’envie. Il la saisit brutalement par les cheveux à la base de la nuque et força son visage à se tourner vers le sien.
« Ton roi » commença-t-il la voix rauque de colère et de haine. « ton roi non seulement ne veut pas payer pour toi, mais il a osé attaquer une partie de mon armée. » La jeune femme pouvait sentir au travers de la prise du barbare, ses muscles vibrer d’une rage contenue. Il resserra encore un peu plus son étreinte, arracha un bref instant à l’ensorceleuse une grimace de douleur. Enfin, elle commençait à souffrir. Et ce n’était que le début.
« Je vais montrer à ton roi ce qu’il en coute d’attaquer ma tribu. Et tu vas en être la preuve vivante. »
Il la projeta violemment en arrière, manquant de la faire tomber. En près de quinze jours d’emprisonnement, elle ne lui avait encore jamais vu ce visage. Mais en cet instant, il lui rappelait quelqu’un.
« Déshabilles-toi » lui ordonna-t-il.
Elle se redressa et laissa glisser les bretelles de sa robe qui finit sa course à ses pieds. Le regard haineux du barbare de figea de surprise devant ce corps nu, couvert d’hématomes et de brulures.
« Comme si quelque chose pouvait encore me blesser. » lui répondit-elle dans un souffle.
« Je préfère encore ta violence à la sienne. »

 Gabriel retira sa main. Aelynn tremblait, massant inconsciemment ses bras comme pour en faire disparaître ces horribles marques. Elle avait ressenti la douleur de ces cicatrices comme si elles eues été vraies. Un frisson d’horreur la parcourut. Elle releva la tête et croisa le regard de Gabriel, posé sur elle.

Il l’observait, le teint pâle. Ses yeux allaient du visage de la jeune femme, à ses épaules, ses bras, comme pour se rassurer que tout ceci n’ait été qu’une vision de cauchemar. La peau immaculée d’Aelynn attestait qu’elle n’avait rien et pourtant… Une inquiétude grandissante commençait à l’habiter, comme une peur irraisonnée de perdre ce qui lui était cher. Il se ressaisit. Que racontait-il ? Il n’y avait rien entre eux. Aelynn était Aelynn… Il serra inconsciemment les poings.
La jeune femme vit alors les tatouages danser de nouveau sur la peau mate du guerrier, animés de cette couleur rouge si chaude, si douce, si…
Elle tendit ses mains vers lui. Elle voulait les toucher. Elle devait les toucher.
Sa conscience lui hurla de ne plus jouer avec le danger mais elle ne l’entendit pas, focalisée sur ce corps, sur cette énergie qui l’appelait et à laquelle elle voulait répondre plus que tout. Elle sentait son sang bouillir en elle, s’agiter, tel un animal en cage.
Elle plaqua ses mains sur ce torse puissant, et ferma les yeux de bien-être.

Sa bouche glissa en doux baisers sur le torse de son amant, le taquinant du bout de la langue. L’homme frémit, saisit sa chevelure à pleine main et l’obligea à se remettre sur le dos. Il l’écrasa de son corps lourd, prenant possession de sa bouche tout en prenant à pleine main son sein. La jeune femme émit un gémissement étouffé, répondant fougueusement à la puissance de l’homme. Ils apparurent alors. Glissant sur ce corps blanc, les tatouages de l’ensorceleuse recouvrirent progressivement sa nudité. L’homme s’écarta et admira leur évolution sur ce corps qu’il aimait tant posséder. Il sentait la chaleur monter en lui, puissante, bestiale. Il la possèderait, encore et encore. Jamais plus il ne l‘éloignerait de lui. Sa présence, son souffle, sa peau, son odeur, lui étaient devenus aussi indispensables que l’air pour respirer. A ses côtés, il s’était découvert une puissance inconnue qui l’avait fait roi. 
La jeune femme profita de son inattention pour le renverser sur le dos. Penchée au-dessus de lui elle l’embrassa tout en descendant sa main vers sa virilité.

Un hurlement de rage déchira l’air de la nuit. Gabriel bondit vers elle. Ses traits étaient transformés. Des crocs étaient apparus tandis que de longues griffes armaient ses doigts. Ce n’était plus Gabriel qui se jetait sur elle, mais un véritable fauve.
Aelynn hurla, levant instinctivement ses mains en un signe défensif.
Il vit alors des volutes s’élever autour d’elle, l’entourant d’une barrière de protection. Détourné de sa cible par une force invisible, il n’attrapa que le tissu de sa chemise qu’il arracha en passant avant de se sentir projeter loin d’elle.
Aelynn sentit la puissante tueuse de l’homme la frôler et finir sa course plusieurs mètres derrière elle.
C’est alors qu’elle le vit : un tatouage magnifique. Un tigre rouge bondissant, couvrant le dos du barbare. L’énergie rouge dansait en lui, puissante et sauvage.
Elle sentit son sang répondre à l’appel.

Gabriel se redressa et l’observa, tentant de comprendre quelle force avait pu ainsi le détourner de sa cible. Il baissa la tête et regarda son torse endolori traversé d’une marque rouge. L’endroit de l’impact. L’endroit où cette « force » l’avait touché avant de le projeter. Cette trace... une… queue ? 
Il releva la tête et observa la jeune femme. Sa chevelure continuait de flotter autour d’elle. C’est alors qu’il remarqua le changement de couleurs de ses tatouages. Le bleu avait cédé la place à un noir d’encre. 
« Arrêtes. S’il te plait. »
La voix de la jeune femme s’éleva doucement en prière. Elle serra un peu plus ses bras couvrant sa poitrine dénudée.
Gabriel ferma les yeux, respirant bruyamment. Petit à petit, les signes de sa rage s’estompèrent. Il était redevenu parfaitement calme en les rouvrant.
Aelynn l’observait toujours. Les volutes noires avaient totalement disparues. Se calmait-elle aussi ?

Après une hésitation, elle lui tourna lentement le dos, tendant le bras pour attraper une peau et s’en couvrir.
C’est alors qu’il le vit : un tatouage magnifique. Un dragon, ailes déployées, couvrant le dos de l’ensorceleuse. L’énergie noire dansait, puissante et sauvage, appelant son sang.
Il serra les poings et se concentra pour y résister.

Aelynn tira à elle la peau de loup et s’en recouvrit. Elle inspira, tentant en vain de mettre un terme à ses tremblements.
Lentement, elle se retourna et fit de nouveau face à Gabriel.
Le visage de l’homme était impassible.
Etait-il en colère ? Surement. Lui en voulait-il ? Certainement.
Elle était seule responsable de ce dérapage. Elle maudissait intérieurement sa faiblesse et son peu de maitrise de cette force. A croire que les heures d’entrainements qu’elle s’infligeait depuis cette nuit là ne servaient à rien.

« Je suis désolée. »
Gabriel perçut les tremblements de sa voix mais ne dit rien, se contentant de la fixer droit dans les yeux.
« Je suis désolée. » reprit-elle. « Vraiment… J’ignore ce qui c’est produit. Cela n’était jamais arrivé avant. Je… quelque chose en toi m’a attirée et… »
Elle rougit à ses paroles, réalisant d’un coup le double sens qu’elles pouvaient porter.
« Je ne contrôle pas ma puissance. Enfin… je ne la contrôle plus comme avant. Je… depuis cette nuit là, tout est si différent. Je n’avais jamais ressenti cette puissance auparavant mais depuis, lorsque la colère ou un sentiment violent et brutal s’empare de moi, elle surgit et attaque. J’ai… »
Elle suspendit sa phrase et plongea son regard dans le sien. Elle devait l’assumer.
« La dernière fois que cela c’est produit, j’ai failli tuer Valaar. »

Aelynn observa Gabriel. Elle ne parvenait pas à déchiffrer ce qui l’habitait en cet instant. De la colère ? du dégout ? du rejet ?
Elle resserra un peu plus sur elle la peau de bête et finit par détourner le regard. Elle aurait voulu s’enfuir, disparaître. Oublier. Ces images. Ces sensations. Sa peau.
Son regard se posa sur Simba. Elle tendit la main vers lui. Le tigre feula et lui asséna un coup de patte sans griffe.
Elle sursauta et retira aussitôt sa main qu’elle replongea sous la peau.
« A toi aussi, je fais peur maintenant. » lui dit-elle tristement.

« Modifié: avril 27, 2014, 23:46:31 pm par Celena »
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Re : Interrogations
« Réponse #11 le: avril 16, 2014, 22:14:56 pm »
"Le tigre du Kyonin ne connait pas la peur." dit doucement Gabriel. "S'il choisit un compagnon de vie, homme ou tigre, il lui reste à jamais fidèle, de cœur et d'âme." Le guerrier fait un pas vers l'ensorceleuse qui tourne à nouveau son visage vers lui. "Simba ne reconnait ni ton cœur ni ton âme." Gabriel porte sa main droite vers le ventre d'Aelynn qui se raidit instantanément, et recule d'un pas.

"Je ne veux plus jouer, Gabriel." dit-elle d'un ton où la peur se mêle à la colère. L'homme se déplace à nouveau de son pas souple, et se retrouve à portée de la jeune fille.
"Je ne veux pas jouer, Aelynn." dit-il alors, posant sa main fermement sur le ventre nu d'Aelynn, recouvert par la fourrure du worg. Elle ferme les yeux et serre les dents, mais aucune vision ne les prend tous deux. "Garde les yeux fermés et pousse sur ton ventre pour respirer. Voilà, doucement. Maintenant, fouille dans tes souvenirs. Dans ton esprit, rappelles toi la journée du ramassage des feuilles. Tu avais six ans, tu t'en souviens? Concentre-toi sur le moment où Madeleine se jette sur toi et te pousse dans le tas que vient de faire Valaar. Il y a une pierre dans ce tas et tu t'écorches le genou. Sarah vient à ton aide et me demande de te porter pour te ramener à la maison. Je ne veux pas parce que je dois encore me battre avec Kelvan et Jovien. Et puis Kelvan ne veut plus se battre parce que Sarah lui demande de te porter. Tu t'en souviens?"

Aelynn fait oui de la tête et garde les yeux fermés. Son esprit se calme et sa respiration devient plus régulière. Simba se frotte doucement contre les mollets de l'ensorceleuse. Gabriel continue de sa voix de basse: "Nous avons marché, tous ensembles vers le village quand nous avons vu dans le ciel de la fumée. Et quand nous sommes rentrés ... tout", il s'arrête comme manquant de souffle, puis reprend " ... allait bien. Nos parents étaient heureux de nous voir."
Le coeur de la jeune fille fait un bond dans sa poitrine, alors qu'elle ouvre les yeux en fixant le jeune Roy du regard.

"Là, tu vois, quand j'ai besoin de me calmer, je visualise une journée qui m'a marquée. Une journée où j'ai été heureux, ou une journée où j'ai tout perdu ou tout retrouvé." Gabriel penche un peu son visage vers celui d'Aelynn, et les doigts de sa main gauche ne peuvent s'empêcher de s'entortiller dans les longues mèches blondes. Il ferme les yeux à son tour avant de continuer.

"Je veux me souvenir à jamais de ce jour, Aelynn." Il se mord les lèvres et fronce légèrement les sourcils. "Je m'appelle Raynor TINAX, fils de Raymus et d'Akasha TINAX. Seigneur de la Horde et Chef de guerre du Clan du Tigre. On m'appelle désormais Gabriel le Grand, conquérant du Galt, reconnu par les Jardiniers Gris comme le descendant de Gabriel 1er, fondateur de la lignée des Roys du Galt." Gabriel ouvre les yeux et plonge son regard bleu dans celui d'Aelynn, sa main gauche posée sur la joue de la jeune fille désormais.

"Je ne sais pas ce qui c'est passé tout à l'heure, mais nos destins sont liés, Aelynn. Je sais aussi, que quelque chose à l'intérieur de moi ne veut pas te perdre."  Ses lèvres sont désormais proches de celles de la jeune fille. "Je vais rentrer et sécuriser mon royaume et mon trône. Quand je reviendrai pour toi, accepteras-tu de me suivre au Galt, et de rester à mes côtés?"

Il avait dit cela dans un souffle, sans se douter que dix mille ans plus tôt, le premier Gabriel avait posé la même question à la première Aelynn.
« Modifié: août 18, 2014, 19:35:13 pm par Celena »

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Re : Interrogations
« Réponse #12 le: avril 16, 2014, 22:27:00 pm »
La jeune fille leva doucement la main vers le visage du jeune Roy. Du bout des doigts, elle caressa sa barbe, glissant vers ses lèvres si proches des siennes.
Il était parvenu à la calmer. Pour la première fois depuis de longs mois, elle n'avait plus peur. Elle ne se sentait plus seule.
Son regard remonta les courbes de son visage et s'accrocha à ses yeux bleus. Ce regard... quelque chose au plus profond d'elle-même bougea. Cela n'avait plus rien à voir avec l'angoisse ressentie. Non. Cela ressemblait davantage à une vague de sérénité. Ce sentiment indescriptible de retrouver ce qui vous est cher.

"Je te suivrais où que tu ailles Gabriel. Je ne souhaite qu'une chose. Vivre à tes côtés."

 L'homme se pencha un peu plus. Ses lèvres effleurèrent celles de l'ensorceleuse. Elle ferma les yeux, caressant les siennes en retour. La main de l'homme glissa lentement dans sa chevelure. Soudain, Aelynn fit un pas en arrière. Il la regarda, surpris. Elle souhaitait reposer auprès de lui. Rien de plus en cet instant. Ils avaient vécus trop d'émotions. Qui sait ce que déclencherait un simple baiser? Pas ici. Pas maintenant. Elle avait la conviction que le moment n'était pas encore arrivé.

"Je t'attendrais Gabriel. Aussi longtemps qu'il le faudra. Je t'attendrai."

La surprise céda la place à la douceur sur le visage de l'homme. A travers ses mots, il avait compris.
Il lui prit la main et l'entraina vers le lit. Il s'y coucha, l'invitant à s'allonger à ses côtés. Elle hésita mais son regard la fit céder.
Il ouvrit ses bras. Elle se blottit contre ce corps puissant. Il les referma sur elle en signe protecteur.
Il tourna son visage et huma le parfum de sa chevelure.
"Il nous faut nous reposer. Dors Aelynn. Dors et ne craint rien."

Silencieusement, elle le remercia et glissa lentement dans le sommeil, épuisée mais heureuse, emportant avec elle le parfum de sa peau.

Dehors, dans l’obscurité de la nuit, un homme fixait la tente du Roy.
La lune sortant un moment des nuages, éclaira brièvement ce visage où naissait un sourire. Enfin… Le sang s’éveillait. Ils avaient vu juste.
Meryn recula dans l’ombre de la nuit.

Le destin se mettait en marche et plus rien ne l’arrêterait.
« Modifié: avril 16, 2014, 23:58:03 pm par Celena »
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Re : Chap.22: Gabriel
« Réponse #13 le: août 18, 2014, 20:05:54 pm »
*remonte le texte"

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