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102535 Messages dans 7508 Sujets par 887 Membres - Dernier membre: AlexKet septembre 23, 2019, 13:28:58 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 4ème : Construire sur les cendres. (Modérateur: Sstrad)  |  Chapitre 12 - Nouvelle vie
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Auteur Sujet: Chapitre 12 - Nouvelle vie  (Lu 945 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Chapitre 12 - Nouvelle vie
« le: mars 22, 2014, 18:58:38 pm »
« Non non non et non ! Recommencez ! Vous devez glisser sur le sol et non pas le marteler comme une enclume ! »

Lyssandaria inspire fortement en regardant avec ressentiment la ridicule perruque poudrée du Maître de Danse. Cela fait plusieurs heures maintenant qu'elle traverse la salle de bal de long en large suivant le rythme de la canne et Maître Valence n'est toujours pas satisfait. Elle tourne la tête pour chercher de l'aide mais la seule personne présente est Ruben. Le vieux soldat est devenu son ombre depuis leur arrivée à Cassomir, elle ne peut faire un pas sans qu'il ne la suive. Apprendre à marcher et être sans cesse surveillée : elle a l'impression d'être retombée en enfance.

Adossé au mur, aussi immobile qu'une statue, Ruben détourne les yeux juste avant qu'elle ne puisse les croiser la laissant se débrouiller seule face au professeur acariâtre. Si elle ne connaissait pas aussi bien son indifférence, elle jurerait avoir aperçu un petit sourire moqueur devant à sa détresse. Elle tape du pied de dépit et de frustration déclenchant aussitôt une nouvelle salve de l'emperruqué.

« Vous allez devenir une De Porth, vous devez donc marcher comme une De Porth et non pas comme une rustaude de la campagne ! »

Elle sert les dents devant l'insulte et se remet à marcher du pas le plus léger qu'elle peut. Jamais personne n'avait trouvé à redire à sa démarche, au contraire même, elle avait grandement participé à ses succès dans les bals d'Oppara. Mais c'était avant de prendre l'habitude de marcher avec une armure. Les mois passés dans les bois de Dragonfall l'ont transformée. Moralement et physiquement.


Elle avait quitté son village au petit matin, la brume froide couvrant le sol ne s'était pas encore dissipée. Devant les chevaux prêts à partir, elle avait observé pour la dernière fois ce qui fut son foyer. Une partie des villageois s'était rassemblée pour la regarder partir avec les cavaliers de Cassomir, certains espéraient encore qu'elle reste. Leur visage s'assombrissait à mesure que le départ de leur prêtresse devenait inéluctable.

Lyly avala difficilement sa salive, réprimant un sanglot dans sa gorge. Elle avait pris sa décision et devait l'assumer. Mais, par Abadar, que c'était difficile. Elle les abandonnait au pire moment de la vie du village, elle trahissait sa famille et ses devoirs de protection envers Dragonfall.

La foule qui lui faisait face était silencieuse et hostile. Dans son dos, elle entendait les chevaux piaffer d'impatience, tirant sur les mors. Elle avança vers son grand-père et le serra dans ses bras. D'abord immobile, Durgan Hern, vingt-troisième du nom, lui rendit son accolade à sa façon rude et bourrue :

« Prend soin de toi, petite. »

Elle hocha la tête, incapable de parler et se tourna vers sa meilleure amie. Aëlynn était la seule à se réjouir pour elle. Elles tombèrent dans les bras l'une de l'autre et restèrent un long moment ainsi. Après des retrouvailles houleuses à Oppara, elles s'étaient enfin retrouvées et quitter son amie à un moment aussi douloureux pour l'ensorceleuse brisait le cœur de Lyssa.

Elle salua Corwyn qui la serra brièvement dans ses bras, elle ne put s'empêcher de remarquer le petit sourire satisfait du druide. Elle partie, plus rien ne faisait obstacle à Erastil. Une fois de plus, la sensation de trahison et d'abandon l'envahit.

Elle salua les différents membres du conseil qui s'étaient déplacés pour assister à son départ. Le shérif Rocco n'avait pas fait l'effort de venir et il n'avait pas cherché d'excuse.

Elle fouilla des yeux le groupe de villageois cherchant un visage familier aux traits prononcés et portant une marque sur la joue, mais Valaar n'était pas là. Elle savait qu'il lui en voulait de partir, surtout pour suivre Ménas, celui qu'il considérait comme son bourreau. Mais elle avait tout de même espérer pouvoir lui dire au revoir. Malgré tout ce qu'il s'était passé, elle avait été heureuse de le revoir.

« Lys ! Il faut y aller. »

La voix de Ménas la rappela à l'ordre. Elle s'était déjà attardée plus qu'il ne fallait. Avec un dernier sourire vers Aëlynn et son grand-père, elle se retourna afin de rejoindre l'homme en armure pour qui elle abandonnait le village de ses ancêtres.

Avant de monter sur la jument baie, Ménas posa sa main gantée de fer sur l'épaule de celle qui était maintenant sa fiancée.

« Hier, tu m'as dit que tu ne voulais pas que je regrette plus tard  ma décision de t'épouser. A mon tour de te poser la question : regretteras-tu d'avoir abandonné ton village pour venir vivre avec moi ? 
- C'est plus difficile que je ne pensais...
- Je ne te le demanderai plus jamais, Lys, c'est ta dernière chance de rester, une fois partis il n'y aura plus de retour possible.
- Non, je ne regretterai jamais d'être à tes côtés. »

Il la regarda intensément en hochant la tête, puis d'une voix très sérieuse, il dit :

« Si tu veux, je dis à mes hommes de raser le village entièrement.
- Ménas !
- On épargnera ton grand-père évidemment. »

Elle le regardait indignée. Comment pouvait-il seulement imaginer qu'elle veuille ça ? Elle se dressa de toute sa petite hauteur et se mit sur la pointe des pieds devant lui, martelant de l'index sa poitrine enchâssée dans sa cuirasse.

« Vous ne toucherez pas à un seul cheveu des habitants de Dragonfall, tu m'entends ?
- C'est pour toi que je propose ça. Tu as l'air si malheureuse à cause d'eux...
- Si toi ou tes chevaliers... »

Elle s'interrompit, le rire contenu dans la voix mâle, le sourire qui éclairait les traits de son amant et la malice qui faisait pétiller ses yeux sombres lui firent oublier ce qu'elle voulait dire.

« Oh toi ! Tu as un sens de l'humour douteux !
- Sans doute, mais maintenant tu souris. »

La réplique de la jeune fille resta bloquée dans sa gorge en réalisant qu'il avait raison. Elle voulut le remercier d'avoir su alléger sa peine mais les mots qu'elle allait prononcer se transformèrent en un glapissement lorsqu'il la souleva et la posa sur la selle de son cheval sans prévenir. Il monta à son tour sur le sien et donna l'ordre de marche. Elle se retourna une dernière fois et fit un petit signe timide à ceux qui la regardaient partir. Seule Aëlynn lui répondit d'un grand geste de la main.

Un peu plus tard sur la route, elle réfléchit à ce que son grand-père lui avait dit sur ce qu'il s'était passé à Cassomir. Ou plutôt à ce qu'il avait refusé de dire. La seule réponse à ses questions avait été :

« Demande à ton homme. »

Elle n'avait pas encore eu l'occasion d'aborder le sujet avec Ménas, les choses s'étaient précipitées mais c'était sans doute l'occasion maintenant qu'elle chevauchait à ses côtés.

« Ménas ? Que s'est-il passé à Cassomir ?
- Comment ça ?
- Que s'est-il passé avec mon grand-père ? Pourquoi était-il si mal à l'aise en arrivant et que voulais-tu à mon frère ? En t'écoutant, j'ai eu l'impression que tu venais pour l'arrêter.
- Ce sont mes affaires.
- C'était mon frère. J'ai le droit de savoir. »

En prononçant ces dernières paroles, elle avait instinctivement arrêté son cheval. Il tourna la tête vers elle et fit revenir sa monture à son niveau.

« Tu sais ce que tu as à savoir.
- Mais...
- Habitues-toi. »

Elle resta muette de stupeur devant la voix autoritaire de celui qui allait être à ses côtés durant sa vie entière. D'un mouvement sec des éperons, il commanda à sa monture de marcher à nouveau et dans le même geste, il tira sur les rennes de la jument de Lyssa afin de l'obliger à le suivre.


« Puis-je savoir pourquoi vous vous êtes arrêtée ainsi, Mademoiselle ? »

Lyssandaria sursaute, elle n'a pas eu conscience que la stupeur ressentie dans son souvenir l'a stoppée aussi nettement qu'à l'époque, déclenchant à nouveau l'ire de Maître Valence. Celui-ci devient rouge et sa perruque menace de tomber tellement il gesticule pour appuyer ses vociférations.

Afin de tenter de calmer le demi-elfe, elle reprend sa marche du mieux qu'elle peut. Sa robe rouge lui bat les chevilles mais très vite la monotonie de l'exercice l'envahit à nouveau et elle doit lutter pour ne pas bailler à s'en décrocher la mâchoire. Un léger courant d'air pénètre dans la salle par une fenêtre ouverte entraînant avec lui le rire de Méléarn en train de s'amuser dans les jardins. A coup sûr, il doit torturer ce chat roux qu'il a rapporté du palais du Vice-Roi.

Elle sourit en écoutant le rire de son fils. Leurs retrouvailles avaient été parfaites. Lorsque la troupe de chevaliers étaient arrivés dans la cour du Manoir de Ménas, tous les membres de la Maison les attendaient sur le perron. Florella et Méléarn était au premier rang. Le jeune garçon trépignait d'impatience. Elle avait à peine mis pied à terre qu'il s'échappait des mains de sa nourrice pour lui sauter dans les bras. Elle l'avait serré contre elle, aspirant à pleins poumons son odeur. Abadar, comme il lui avait manqué ! Les larmes qu'elle avait réussi à retenir loin de lui avaient déferlées sur ses joues. Ce qu'il avait grandit ! Elle ne cessait de le dévisager, de le toucher pour s'assurer qu'il était bien à ses côtés. Puis Méléarn s'était tordu dans ses bras, appelant son père, lui tendant les bras. Ménas les avait rejoint et les avait serrés tous les deux entre ses bras protecteurs. Pour la première fois depuis son départ de Dragonfall, elle savait qu'elle avait fait le bon choix. Sa place était avec son fils et l'homme qu'elle aimait.

Dans les jours qui suivirent, elle avait été prise en main par toute une équipe de femmes qui avait failli la noyer dans des bains de lait et l'avait étrillée au gant de crin afin de faire disparaître les imperfections de sa peau laissées par l'armure de métal. Elle ressortait de ses séances rouge écarlate, la peau à vif. Le soir, elle autorisait à peine Ménas à la toucher tellement elle avait l'impression d'avoir été écorchée. Elle se montrait de bonne composition sachant que c'était ce qu'on attendait d'elle, il était hors de question qu'elle paraisse négligée et qu'elle jette l'opprobre sur le nom des De Porth. Cependant, elle avait mis le holà aux actions de ces furies lorsqu'elles avaient voulu faire disparaître la cicatrice au dessus de son sein gauche d'une forme si étrange qu'on aurait pu croire qu'il s'agissait du symbole d'Abadar.
La cohorte de femmes piaillait tellement fort qu'elles n'entendaient pas les explications que Lys essayait de donner. Elles s'acharnaient dessus avec fureur. Lorsque l'une d'elle évoqua la possibilité de découper la peau autours de la cicatrice afin qu'elle repousse neuve et sans traces,  la prêtresse s'était énervée. De la cicatrice, objet de toutes les attentions, jaillit un éclair doré. Il éclata en un grand bruit dans toute la pièce et brisa en mille morceaux toutes les fioles, flacons, bouteilles et boites à onguent ainsi que les fenêtres qui éclairaient la salle, couvrant le sol d'un tapis multicolore d'éclats de verre.
Ça avait eu le mérite de faire taire d'un seul coup les matrones. Elle allait leur expliquer qu'il ne servait à rien d'essayer d'effacer sa cicatrice lorsque la porte de la salle d'eau s'était ouverte dans un grand fracas. Ménas, Ruben et deux autres soldats surgissaient dans la pièce l'arme au poing, prêt à affronter un terrible danger, réveillant les cris du poulailler féminin. Elle eut juste le temps de se couvrir d'un tissu pour cacher sa nudité avant de se mettre à crier également.

« Maintenant, ça suffit ! Vous allez m'écouter ! »

Ses cris avaient fait taire tout le monde et ils la regardaient perdre son calme avec étonnement.

« On ne peut rien faire pour effacer cette cicatrice, alors vous acharner dessus ne servira à rien ! Sauf à m'énerver encore plus ! Et toi Ménas, tu peux repartir avec tes hommes, il n'y a pas de danger ici. »

Ménas regarda un long moment le décor dévasté, silencieux, il fit signe à ses hommes de partir et revient sur Lys.

« Tu viens de briser une petite fortune, ma chérie. Ça n'aurait pas été plus simple d'expliquer calmement ?
- Oh... toi ! Parce que tu penses que je n'ai pas essayé ?! Et si tu veux être remboursé, pas de problème ! Envoie la note à celui qui a ordonné tout ça ! »

Énervée, elle avança vers la porte mais au deuxième pas, elle poussa un cri de douleur lorsqu'un tesson de bouteille s'enfonça dans la plante de son pied nu. En un mouvement, Ménas fut sur elle et la souleva dans ses bras musclés. Vexée d'avoir ratée sa sortie, râlant de plus belle et gémissant de douleur, elle s'en prit à Ménas.

« Tout ça c'est de ta faute ! C'est pour toi que je suis obligée de subir tout ça donc si je suis blessée c'est à cause de toi. »

Ménas la regarda un long moment, la mine sombre, puis toujours en la portant, il salua respectueusement les femmes muettes et sortit de la pièce avec son fardeau. Une lumière dorée enveloppa le couple pendant que la prêtresse murmurait une prière à son dieu, l'éclat de verre tomba tachant le sol de sang.

« Pose-moi à terre ! Je peux marcher, je ne suis pas invalide. Je sais prendre soin de moi. »

Il resta sourd à ses protestations, ouvrit la porte de la chambre de sa future épouse, la referma d'un coup sec du pied et jeta le corps de la jeune femme sur le lit. Le tissu protecteur de sa pudeur s'ouvrit en grand et offrit sa nudité aux yeux de son homme. Elle voulut se redresser mais il s’abattit sur elle comme un prédateur sur sa proie, la coinçant sous son corps puissant. Une main bloqua son visage, la forçant à le regarder et lui dit d'une voix dure.

« Ne me refais plus jamais ça !
- Ce n'est pas ma faute, aucune de ces femmes ne m'écoutait, je me suis énervée. »

Il la regardait sans un mot, respirant fort, les narines dilatées, les traits de son beau visage contractés, il paraissait véritablement en colère. Elle déglutit devant son regard, elle commençait à avoir peur.

« Je suis désolée, je... je te rembourserai tout ce que j'ai brisé.
- Je me fous bien de cela ! J'étais dans le salon quand un bruit immense a fait trembler les murs de la maison. Ça venait de là où tu étais... j'ai cru... »

Elle se perdit dans les yeux sombres de Ménas et elle comprit. Il n'était pas en colère mais angoissé. C'était la première fois qu'elle voyait une telle expression sur le visage aimé, elle sentit son cœur se serrer face à lui. Elle dégagea une main de l'étreinte de l'homme qu'elle aime et la posa doucement sur sa joue, caressant sa barbe finement taillée, l'apaisant.

« Il ne peut rien m'arriver. Je suis en sécurité. Tu veilles sur moi.
- Tu es déjà morte.
- C'était loin d'ici, tu n'étais pas là et Abadar m'a fait revenir.
- Et s'il ne te faisait pas revenir la prochaine fois ?
- Il n'aura pas à le faire. Je sais me défendre, c'est toi qui m’as appris, et tu es là pour me protéger.
- Mais...
- Je ne compte pas mourir, Mén'. Pas tant que tu voudras de moi. »

Elle se redressa légèrement et le poussa sur le côté. Il se laissa faire et s'étendit sur le dos, toujours tendu. Elle monta sur lui à califourchon. Elle ne cessait de caresser les os virils de sa mâchoire en lui parlant doucement, puis ses mains se mirent à ouvrir les boutons de la chemise de Ménas et elle joua avec sa peau chaude, traçant des arabesques complexes de ses doigts à travers la toison avant de descendre encore plus bas.

Ce jour-là, ils ne sortirent de sa chambre qu'une fois le soleil tombé et plus aucune de ses femmes de chambre n'essayèrent de toucher à sa cicatrice.


« De la Grâce, par Shelyn ! De la Grâce ! Est-ce vraiment trop demander? »

Concentrée sur ses souvenirs, Lyssandaria a complètement oublié où elle se trouve mais les récriminations du Maître de Danse la remettent très vite dans le présent. En reprenant sa marche, elle se met à rêver d'avoir Destin en main.  A quoi ressemblerai la tête de Maître Valence une balle en plein front ? Elle sourit, se délectant de l'image de la perruque rougit par le sang de son propriétaire.

Destin... Cela fait plusieurs jours qu'elle ne l'a pas touché. Elle ne peut plus se rendre à la caserne des gardes gris où elle a pris ses premiers cours de tir. Ménas a été catégorique, jamais la future Madame De Porth ne peut être aperçue au milieu de militaires, même s'il y a son futur époux parmi eux. Elle s'entraîne donc dans le coin du jardin du Manoir que Ménas s'est aménagé. Mais elle n'a quasiment jamais le temps d'y aller, ses journées sont remplies de cours de maintien, d'apprentissage de listes infinies de titulatures et de généalogies des familles nobles de l'empire Taldorien. Les quelques heures de libre qu'elle a, elle les consacre à son fils.

Elle pense, rêveuse, que cette salle de bal peut être un endroit parfait pour reprendre l'entraînement au mousquet, et le demi-elfe à perruque une cible idéale. Rien qu'en imaginant la scène, elle se sent plus légère, joyeuse.

« Voilà ! C'est comme cela qu'il faut marcher ! Là, vous êtes vive et gracieuse, une véritable hirondelle dans un ciel de printemps. »

Un grand sourire aux lèvres, elle reprend sa marche rêvant à son nouvel entraînement sur cible vivante et fardée, lorsque la porte de la salle s'ouvrit. Ménas apparut dans l'encadrement de la porte, leurs regards se croisent et un long frisson parcourt le corps de la jeune fille. Le regard de son futur époux est sans équivoque : il la veut. Elle sent sa poitrine gonfler sous le tissu rouge de la robe et sa respiration s’accélérer. Après toutes ces années, elle est toujours aussi réceptive aux envies du futur vice-roi. Perdue dans le regard masculin, c'est à peine si elle a conscience du départ de son tortionnaire et de Ruben qui ferme la porte derrière lui discrètement.

Ménas fait un pas dans la pièce vers elle lorsqu'elle se ressaisit.

« Aujourd'hui est un grand jour, mon très cher Ménas De Porth.
- Vraiment, Mademoiselle Hern ? »

Il s'est arrêté, le regard amusé.

« C'est le jour où j'ai reçu un compliment du très célèbre et exigeant Maître Valence. Ma démarche est celle d'une hirondelle semble-t-il.
- Une hirondelle ne marche pas.
- Il semble donc que votre Maître de Danse n'est guère instruit en sciences naturelles. »

Elle lui sourit à pleine dent, et se met à marcher à travers la salle devant lui, accentuant tous les mouvements. Elle ne marche pas, elle bondit devant lui. Il rit doucement puis dit d'une voix grave :

« Je ne doute pas que ce soit parfait... mais la robe m'empêche d'apprécier véritablement la démarche. »

Elle s'arrête à nouveau, lui fait face et tire sur le lacet qui ferme le corset de la robe, le dénouant petit à petit. Ménas la regarde faire sans rien dire et seuls les muscles de ses joues tressautent lorsque le tissu cramoisi tombe aux pieds de la femme qu'il aime. Instinctivement, sous son regard, elle croise les bras sur sa poitrine puis souriant elle les place de chaque côté de son corps offrant sa nudité au regard de son bel amant.

« Marche. »

Elle obéit à la voix rauque et reprend sa marche. Plus de plaisanterie cette fois, son corps est lourd, sensuel. Elle glisse véritablement sur le plancher. Ménas la dévore du regard. Arrivée au bout de la salle, elle se tourne et avance vers lui. Ses seins gonflés de désir tressautent à chacun de ses pas. L'officier reste immobile, le souffle accéléré.

Sans un mot, elle s'approche de lui, leurs regards ne se quittent pas, elle ne s'arrête que lorsque ses tétons se posent sur la chemise de son homme. Elle pose une main sur son entrejambe, ses joues s'embrasent en le sentant gonfler et durcir sous sa main. Le visage levé vers lui, elle se laisse glisser le long de son corps jusqu'à finir à genoux devant lui sur le parquet de cèdre huilé.

« Modifié: avril 08, 2014, 18:18:02 pm par Dorothée »

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