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102316 Messages dans 7472 Sujets par 914 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 17, 2019, 15:53:36 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 3ème : Retour au pays. (Modérateur: Sstrad)  |  ch. 9 : Mort et Renaissance.
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Auteur Sujet: ch. 9 : Mort et Renaissance.  (Lu 874 fois)

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Hors ligne Dorothée

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ch. 9 : Mort et Renaissance.
« le: février 11, 2014, 21:05:27 pm »
Le froid, l'obscurité, le silence.

Une immense créature reptilienne, au corps bardé d’écailles aussi solides que l’acier, aux griffes plus longues que des épées andoranes et aux crocs plus tranchants que des poignards varisiens, est le dernier souvenir de Lyssandaria. Elle a vu Corwyn tomber, elle a invoqué la puissance d’Abadar pour effrayer la bête mais la créature avait été insensible à sa magie.
La prêtresse ne comprenait plus rien. Ses compagnons lui avaient dit que les kobolds étaient des créatures reptiliennes lâches et couardes, qui fuyaient le combat où ils n’étaient pas en sureffectif écrasant, comme les vampires fuyaient l’arrivée de l’aube. Et pourtant elle les avait vus quelques instants plus tôt se battre à un contre deux avec ardeur et courage. Elle avait également vu leur chef, ce guerrier à la peau d’écailles de suie, danser au milieu des mites voraces, bondissant et virevoltant sans cesse, semant la mort dans une danse martiale funèbre.

Lyssandaria l’a déjà auparavant. Elle en est sure ! Sa silhouette lui est familière … comme un rêve d’enfance qui reste à la frontière de ses souvenirs… si proche et pourtant si lointain … « Souviens-toi bon sang ! » se dit-elle. Mais Lyssandaria ne parvient pas à se rappeler. La prêtresse d’Abadar se concentre, fouille sa mémoire, mais plus elle force et plus ses idées la fuient. Ce doit être ces ténèbres qui l’entourent et qu’elle remarque à peine. Elle marche sur un sentier lumineux quand tout autour d’elle n’est que silence et nuit éternelle.

Est-elle morte ?

Possible.

C'est donc ça la mort ?

Lyssandaria se l’était représentée de cette façon-là quand elle était enfant. Mais, dans son imagination de petite fille, il y avait également des pièces d’or, d’argent et de platine qui bordaient le sentier.

Ah, Les voilà ! Le trésor céleste se déverse juste devant elle, accompagnant chacun de ses pas, créant un chemin de richesse vers Aktun, la cité céleste en plein cœur de l'Axis.

Plus de doute possible, elle est morte.

Les crocs et les griffes du monstre ne l'ont pas épargnée, elle les sent encore s'enfoncer dans son ventre, son sang exploser en un geyser sous l’impact, sa chair se détacher en lambeaux.

Elle est morte.

Elle l'accepte.

Elle a pourtant des regrets !

Méléarn …

Elle ne reverra plus son fils…

Se souviendra-t-il d'elle plus tard ? Il l'a si peu connue…

Elle espère que ses compagnons parviendront à lui donner la lettre qu'elle a rédigé pour lui, pour que son petit Méléarn n'oublie pas sa mère.

Et Ménas ? Lui en veut-il toujours ?

Certainement.

Elle espère qu'il ne rendra pas Valaar, Corwyn et Aëlynn responsables de sa mort.

Elle va peut-être rejoindre ses parents et Durgan. Après tout, sa famille a toujours adoré Abadar ! Elle ne le souhaite pourtant qu'à moitié, espérant encore qu'ils soient en vie.

Et maintenant, que faire ?

Elle ne sait pas.

C'est la première fois qu'elle meurt !

Elle respire profondément, un réflexe bien humain, même si inutile ici, qui la calme malgré tout et lui permet de se concentrer, de comprendre ce qu'elle doit faire. L'obscurité n'est pas si intense que ça finalement. Elle parvient à discerner des nuances dans les tons, des demi-teintes dans l’éternelle nuit. Parmi ces cinquante nuances de gris, des taches d’encre auréolées d’argent pour certaines, de vert forêt pour les autres. Elle lève les bras en un geste de protection, attendant une attaque qui ne vient pas.

Et elle comprend.

Ce sont les âmes des morts.

Kobolds ou mites ou humaines, la Mort ravit tout, sans pudeur.

Là ! D’autres taches, lumineuses cette fois, se distinguent comme au travers d’un voile de soie.

« Ce sont des vivants », pense-t-elle.

Elle plisse les yeux pour mieux voir et soudain les ombres de lumière apparaissent plus vives. Sous la douleur de l’attaque, Lyssandaria ferme les yeux. Peine perdue semble-t-il, car elle voit. Là, sur la gauche, une immense forme reptilienne brille de mille feux, elle se déplace rapidement vers une aura moins éclatante, au ton plus vert. C’est Corwyn, elle en est certaine. Non, Corwyn vient de s’effondrer, sa lumière est plus terne. Le reptile géant se déplace encore, et cette fois il bouge vers celui qu’elle reconnaît comme étant Valaar. Des saignées de néant s'échappent de son aura, comme si la vie le quittait peu à peu également. Seule la lumière d'Aëlynn semble intacte. Entre Aëlynn et Valaar, une seconde aura dorée, aussi violemment éclatante que celle du reptile. Lyssandaria se rappelle maintenant.

C’est ce lézard gigantesque qui l’a tué.

Lyssandaria observe les deux halos de lumière. Elle comprend qu’ils ne sont qu’une seule et même aura. C'est une même entité partagée en deux, comme les lumières dansantes d'Aëlynn. Elle ne parvient pas à détacher son regard de cette lumière, même si elle lui brûle l'âme elle ne peut s'en détourner. La lumière déborde de vie, elle est vive et souple. Elle virevolte rapidement, laissant des traînées d'obscurité derrière elle, comme si à chaque saut elle prélevait un tribut à la vie. La jeune morte distingue vaguement une silhouette sous cette lumière éclatante, c'est le kobold. Comment un être si petit peut-il dégager une telle lumière ? Celle-ci s’accroît encore à mesure que le lézard se rapproche. Les écailles des deux êtres brillent comme une multitude de petits soleils. Les yeux de Lyssandaria s'habituent petit à petit, elle parvient à mieux regarder le superbe spectacle de ces astres étincelants. Elle reste hébétée devant tant de splendeur, les mouvements sont d'une fluidité parfaite, la lame meurtrière fend l'obscurité dans un éclair aveuglant.

Non... Ce ne sont pas des soleils. Chacune des écailles est une pièce d'or qui étincelle, chacune d'elle tintinnabule délicatement pour composer une musique qui envahit l'âme de la prêtresse toute entière. Elle n'a jamais entendu un son aussi magnifique, il semble envahir son âme.

Il n'y a que de rares élus qui peuvent être ainsi formés d'une nuée de pièces d'or. Un Paladin d'Abadar.

Des larmes de lumière argentée coulent le long de ses joues devant la révélation du secret divin.

Comment un kobold a-t-il pu devenir Paladin d'Abadar ? Cela semble tellement impensable et pourtant elle sait qu'il n'y a pas d'erreur. Un kobbold paladin d'Abadar qui a pour destrier un immense lézard.

Elle reste un instant immobile, subjuguée par le spectacle magnifique des pièces d'or qui se meuvent si vivement et si délicatement.

Elle grimace soudain alors qu'une nouvelle pensée s'impose à elle. Ils ont attaqué un Paladin d'Abadar.

Ouch.

Comment va-t-elle pouvoir expliquer ça ? L'entrée à Aktun risque d'être moins facile que prévue.

Elle se concentre un instant essayant de se souvenir ce qui les a poussé à attaquer. Sa grimace s'accentue. Elle ne trouve pas beaucoup de raisons valables. Ce sont des kobolds, ils occupent la mine qui sera nécessaire à la reconstruction de Dragonfall plus tard. Ils ont vu là une occasion. Ils ont attaqué.

Elle émet un petit ricanement désabusé et silencieux. Dire que ses compagnons sont les premiers à s'offusquer lorsque l'on juge une personne sur sa simple apparence. Ils n'ont pas fait mieux.

Coupables d'être des Kobolds.

Mais comment pouvait-elle savoir qu'il y avait un paladin parmi eux ? Elle n'a jamais entendu dire qu'Abadar choisissait des élus parmi leur rang ! Elle ne pouvait pas savoir !

Sa poitrine se soulève fortement dans une inspiration inutile. Il faudra qu'elle trouve une autre explication, même à elle ça ne parait pas convaincant. Le mieux sera de simplement tout expliquer...

Alors qu'elle est perdue dans ses pensées, un soleil d'or se lève à l'est et réchauffe doucement le corps de la jeune fille. La lumière nouvelle l'enveloppe tendrement. La prêtresse ne peut s'empêcher de sourire de bien-être en tournant la tête vers l'astre.

Elle le voit.

Sa silhouette masculine se détache en contre-jour cachant tout d'abord ses traits, puis il apparaît dans sa glorieuse beauté. Il est grand, brun et son visage est couvert d'une barbe finement taillée. Son armure d'or étincelle, il porte une arbalète dans le dos et un mousquet à la main. C'est la plus belle arme que la jeune fille a pu voir. Elle ne pensait même pas qu'il pouvait y en avoir d'aussi magnifique. A côté de l'arme divine, Destin ressemble à une arme grossière. A cet instant, elle donnerait tout pour la voir utiliser. Elle se reprend, regarde son dieu et sans même réfléchir s'agenouille devant la silhouette divine, tête baissée. 

L'attente paraît durer des heures alors qu'il ne se passe que quelques secondes. Elle se risque à lever les yeux vers Abadar qui a son regard fixé sur elle. Il semble réfléchir. En le regardant, elle ne peut s'empêcher de penser à Durgan son grand frère. Il la regarde comme son frère la regardait lorsque tout Dragonfall pensait qu'elle avait fugué avec ses amis, un regard à la fois tendre et triste. Elle croise son regard doré et lui fait un petit sourire contrit avec un mouvement de la tête et de l'épaule.

Elle sait qu'elle l'a déçu, ses yeux ne quittent plus ceux du dieu, implorants et repentants. Elle essaie de prononcer un mot : « Désolée » mais aucun son ne semble vouloir quitter sa gorge. Elle essaie à nouveau sans réussir. Elle fronce les sourcils agacée, respire fortement en se redressant et parle à nouveau mais semble toujours aphone. Elle regarde franchement le Gardien du Premier Coffre en lui montrant sa gorge, énervée, remuant les lèvres sans émettre le moindre son.

Le Juge des Dieux la regarde un peu étonné. Un sourire amusé apparaît sur ses lèvres alors qu'il regarde sa jeune prêtresse s'énerver en essayant de lui parler. Il émet un petit rire, très bref. Son rire résonne comme une pluie de pièces d'or. Lyssandaria se fige fascinée par le son, tout énervement oublié. Le rire si bref est-il résonne et c'est comme si de véritables pièces glissaient sur son corps.

Ce n'est pas qu'une impression.

Une pièce tombe sur ses cheveux, puis une seconde vite suivie par une multitude. Les pièces se déversent sur la jeune fille en une véritable averse, la recouvrent toute entière, elles entrent dans sa bouche, l'étouffent...

Lyssandaria crache, elle essaie de respirer, elle aspire de toute ses forces et l'air lui brûle les poumons. Elle ouvre les yeux et voit le visage du kobold penché sur elle. Il est entouré d'une aura dorée. Comment a-t-elle pu ne pas la voir durant le combat ?

Ses souvenirs d'enfance lui sautent à la mémoire, elle le reconnaît enfin : Griff, le chevalier dragon.

C'est tellement évident. Elle devait être aveugle.  Les yeux du kobold autrefois si chaleureux sont désormais froids. Sa voix maintenant plus mature résonne.

« Que je ne te vois plus jamais sur mon territoire, je prendrai ta vie.
−   Elle est à toi. »

Sans attendre, il monte sur la créature reptilienne et part sans un regard en arrière. Ainsi le monstre qui l'avait tué n'était autre qu'Arturak qu'elle avait chevauché quand, petite, elle était trop fatiguée pour continuer à marcher à la cadence effrénée que Griff leur faisait suivre. 

En les regardant partir, elle ne peut s'empêcher de se dire qu'à vouloir les récupérer par n'importe quel moyen, ils viennent de perdre les mines. Et surtout ils ont perdu là un allié inestimable.

Puis elle se met à penser à sa rencontre divine et au miracle qui vient d'avoir lieu. Elle est revenue d'entre les morts. Le rouge lui monte soudain aux joues en pensant à son comportement face à son dieu... ce n'est pas du tout ce qu'on lui a apprit dans les Grands Temples...
« Modifié: février 12, 2014, 11:59:43 am par Dorothée »

Hors ligne crotoIcocaSib

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ch 9 Mort et Renaissance
« Réponse #1 le: septembre 25, 2019, 14:27:59 pm »
I consider, that you commit an error. I can defend the position. Write to me in PM, we will communicate.

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