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102318 Messages dans 7472 Sujets par 914 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 22, 2019, 14:06:59 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 3ème : Retour au pays. (Modérateur: Sstrad)  |  Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
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Auteur Sujet: Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.  (Lu 2218 fois)

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Hors ligne Sstrad

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Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
« le: février 07, 2014, 19:31:41 pm »

Après avoir nagé avec les loutres, vous être roulés sur la plage de galets, vous être donnés des tapes dans le dos, avoir ri aux éclats, l'ambiance retombe peu à peu dans ce silence gênant qui succède aux moments étranges que vous avez vécu. Il est temps de faire un feu pour la nuit, et alors que les lucioles s'allument pour attirer leurs partenaires, vous vous lancez des regards lourds de reproche. L'heure des comptes semble avoir sonné.

Hors ligne Valaar

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When the flames are running my back
« Réponse #1 le: février 08, 2014, 12:26:17 pm »
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HRP : Si vous êtes d'accord, je propose que nos échanges aient lieu sur l'ile avant de reprendre les radeaux de fortune, car c'est un endroit où on ne pas se cacher les uns des autre et où nous sommes dépendants les uns des autres pour pouvoir en repartir.  Si ça gène, bah y'a qu'à virer cette encart et modifier la 1ère ligne.

Un maigre feu crépitait au centre de l'ile. Valaar et Corwyn avaient trainés les dépouilles des monstres marins à l'écart, sachant que la forte odeur que ces prédateurs dégageaient devrait tenir à l'écart toutes nouvelles menaces.
Les compagnons étaient fatigués mais leurs esprits ne trouvaient pas le sommeil... ni le repos.

Valaar s'éloigna du feu et s'assit plus loin en tailleur. Tournant le dos à ses compagnons, il regarda devant lui son ombre qui dansait à la faveur du foyer. L'ombre...

"Arakan Langue-Noire, prends là! Et emmènes là avec toi dans les profondeurs."

Mais rien n'y fit, la clef d'acier noire, celle-la même qui avait servi à le faire sortir du cachot de Cassomir, resta à même le sol qui refusait de s'ouvrir pour l'engloutir.
Valaar eut un espèce de reniflement, comme un mauvais rire amer.

"Abadar... Les dieux se moquent de moi."

Mais tandis que dans un geste d'impuissance, il enfonçait ses ongles épais dans la terre, son reniflement lui amena autre chose : le parfum enivrant d'Aëlynn, l'effluve boisée de Corvyn et l'odeur de Lyssandaria, dont il pouvait sentir les tressaillements que lui procurait la fraicheur de la nuit.

S'adressant à Abadar : "Mais... merci de l'avoir ramenée."

Du feu de camp, on voyait la silhouette massive et souple de Valaar. S'il sentait quelqu'un s'approcher, il tendrait doucement sa grande main pour escamoter la clef et la ramener contre sa cuisse pour la glisser sous son armure.
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Hors ligne Celena

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Re : Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
« Réponse #2 le: février 08, 2014, 12:41:56 pm »
Le crépitement du feu résonna dans le silence de la nuit. Ils s’étaient tus, tous les quatre. Les vestiges du repas reposaient devant eux à même le sol. Un silence pesant alourdissait cette nuit pourtant claire. Une brise se leva, ridant la surface cristalline du lac. Aelynn suivit du regard les ondulations de l’eau jusqu’à ce qu’elles se meurent sur le rivage.
Elle resserra un peu plus ses jambes contre elle, réprimant un frisson. Pourtant, il ne faisait pas froid, bien au contraire.
Non, ce frisson était du à tout cela. A eux. Eux tous.
Des images réapparurent devant elle, récentes. Trop récentes. Un temple en ruine, une grotte et là, l’improbable qui avait failli s’y produire. Son dos se raidit au souvenir des caresses des deux hommes. En cet instant, plus rien ne comptait.

La tête posée sur ses genoux, le visage toujours tourné vers le lac, Aelynn ferma les yeux. Tout ceci c’était passé hier et ces images ne l’avaient plus quittées. Elle n’aurait jamais imaginé vivre cela, surtout en ce moment, avec eux. Mais par delà l’expérience, une toute autre vérité avait pris forme. Celle de le faire avec des inconnus. Ce n’était ni Valaar, ni Corwyn, mais des hommes portant les noms d’amis d’autrefois. 
Ce malaise ambiant, ces attentions sans lendemain, tout sonnait faux depuis le début. Elle-même ne parvenait pas à se sentir proche et conservait depuis le début une forme de distance. Finalement, que savaient-ils tous les uns des autres à part des informations dénuées d’importance ? Elle-même n’avait donné que le strict minimum, retenu par une forme de défiance devant tant de changement.

Regarder cette vérité en face lui donnait le sentiment d’une gifle. Les enfants d’autrefois auraient agi de façon bien différente d’eux et les exemples ne manquaient pas.
La clairière de l’araignée géante et cette silhouette à contre jour observée par Valaar. Les enfants qu’ils avaient été n’auraient pas tourné le dos et seraient grimpés pour voir. De l’inconscience ? Peut-être. Mais la certitude de ne pas être seuls et d’avoir des compagnons capables d’intervenir. Hors là, ils avaient simplement fui. Comme ils avaient fui devant le guet gardé par les deux monstres. Comme ils avaient combattu lâchement celui qui les avait un jour sauvé d’une mort certaine. Jamais ces enfants là n’auraient agi ainsi. Du haut de leurs neuf ans, ils affrontaient les dangers, insouciants et soudés.
Que restait-il d’eux aujourd’hui ?

Rien. Ou plutôt si. Des ombres. La vie les avait séparés et chacun avait du vivre ou survivre.
Pour Aelynn, seul leur souvenir et la certitude oh combien fausse, de les savoir heureux à Dragonfall, l’avait aidée à sourire et accepter la séparation. Mais le destin n’avait pas été aussi clément pour tous. Tout ceci avait pris encore de l'ampleur devant la solidarité de leurs ainés au campement. Ils avaient tous grandis et pourtant, les liens étaient plus que jamais présents entre eux. Elle s'était sentie minable parmi eux.

« Le temps cicatrice tout, mais l’amour et l’amitié sont les seuls remèdes capables d'en accélérer le cours »
Aelynn se redressa d’un mouvement vif, fixant le lac. L’espace d’un instant, elle aurait juré entendre la voix d’Eilwen lui souffler ces mots.
Elle serra les pans de sa robe, la gorge nouée. Oui, Eilwen avait raison, comme toujours.
Il était grand temps de cicatriser.

Aelynn tourna le visage vers ces compagnons. Valaar s’était éloigné et leur tournait le dos. Corwyn et Lyssandaria se tenaient face à face, sans se regarder.
Aelynn inspira profondément. L’heure n’était plus aux interrogations mais aux réponses.
Elle se tourna vers sa sœur d’enfance, plongea son regard dans le sien. La prêtresse se redressa, ne cachant pas sa surprise. Le sérieux de l’ensorceleuse lui fit aussitôt opter pour la défensive.

« Lyssa. Que c’est-il vraiment passé à Oppara il y a deux ans ? »
« Modifié: février 08, 2014, 12:50:53 pm par Celena »
Celena

Hors ligne Dorothée

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Re : Re : Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
« Réponse #3 le: février 08, 2014, 14:11:12 pm »
« Lyssa. Que c’est-il vraiment passé à Oppara il y a deux ans ? »

Lyssa reste un instant sans voix, elle ne s'attendait pas du tout à cette question. Elle ouvre la bouche pour éluder la question mais elle se retient au dernier moment. C'est peut être le moment d'arrêter tous ces non-dits, de mettre tout à plat une bonne fois pour toute. Elle sait qu'Aëlynn a été choquée par sa vie à Oppara et par sa relation avec Ménas. Mais jamais la jeune fille n'avait fait l'effort d'expliquer quoi que ce soit, elle avait laissé la gène s'installer et elle se dit que si elle avait parlé avant, la situation n'aurait pas dégénérée de cette façon entre Valaar et Ménas.

"Ca a commencé à Cassomir. Quelques mois après mon arrivée au Temple, je me suis promenée dans la ville et je suis arrivée au niveau de la caserne de la garde. Là, j'ai assisté à l'entrainement des Dragons, ils apprenaient à tirer avec des mousquets, c'était magnifique. C'est la première fois que je voyais des armes à feu et j'ai tout de suite adoré. C'est là que j'ai vu Ménas pour la première fois. Quelques jours après j'ai eu le courage d'aller lui parler et il a accepté de m'entraîner. Ca a duré environ un an, jusqu'à ce que le Grand Prêtre d'Oppara demande à ce que je vienne terminer mon noviciat à Oppara. Je suis allée voir Ménas avant de partir, et c'est ce soir là que nous avons fait l'amour pour la première fois. Il ne voulait pas, j'étais trop jeune mais j'ai insisté et je sais être persuasive quand je veux. Et surtout je pensais qu'on ne se reverrait pas avant longtemps et qu'il m'aurait oublié. J'avais pas du tout pensé qu'à peine quelques mois après mon arrivée à Oppara, il viendrait au Grand Temple et surtout que je serai enceinte à ce moment là.
Il a été à mes côtés pendant toute ma grossesse, et il a reconnu Méléarn sans réserve.

Les premiers mois ont été parfaits. J'ai toujours su que notre relation n'ira pas plus loin, qu'il ne m'épousera jamais, et je l'accepte. Mais j'ai voulu gardé mon indépendance, c'est pour ça que nous n'avons plus de relations officielles. Il épousera la riche héritière d'une famille puissante et je sortirai de sa vie.

Comme j'ai voulu gardé mon indépendance, il a repris sa vie de célibataire. Et j'ai fait de même. Je me suis mise à fréquenter la jeunesse d'Oppara et j'ai eu des amants.
Je sais que ça t'a beaucoup choqué, Aëlynn, mais je ne regrette absolument pas cette vie, et si j'étais encore à Oppara, je l'aurai toujours.
Un jour, je me marierai et je serai fidèle à mon époux mais en attendant je n'ai d'obligation de fidélité à personne. J'ai profité de tout ce qu'Oppara avait à m'offrir.
J'étais une des filles les plus populaires et j'aimais ça. Et oui, je couchais toujours avec Ménas.

J'aime Oppara. J'adorais aller au Phénix, et j'adorai les combats qui s'y déroulaient. (elle regarde Valaar en disant ça) Je ne regrette pas la soirée que tu as vu, Aëlynn, c'était un des plus beaux combats que j'ai vu. Et je suis fière d'avoir surenchéri pour la nuit avec le Punisseur. Je ne regrette pas non plus cette nuit-là.
C'est le Punisseur que j'ai acheté, que finalement ce soit Valaar ne change rien au plaisir que j'ai pris cette nuit-là.

J'ai un seul regret. C'est que depuis qu'on a su qui on était, on n'a jamais abordé la question, on a fait semblant que rien ne s'est jamais passé et une gêne s'est installée entre nous, et des ressentiments.

J'aurai du mettre les holas dès qu'on est monté sur le bateau et que j'ai vu que Valaar essayait de provoquer Ménas. Au lieu de ça, je n'ai rien dit, j'avais peur de votre jugement.


Valaar ? (elle appela le demi-orque qui leur tournait toujours le dos) Pourquoi es-tu allé voir Kelvan en cachette ? Pourquoi n'as-tu pas dit ce que tu pensais devant tout le monde et surtout devant moi ? Je te croyais plus franc."
« Modifié: février 09, 2014, 00:19:32 am par Dorothée »

Hors ligne Valaar

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De la franchise
« Réponse #4 le: février 08, 2014, 14:59:42 pm »
Lyssandaria ne s'y trompait pas, elle connaissait les sens aiguisés du demi-orque et savait très bien que malgré les mètres qui les séparaient, Valaar entendait ce qui se disait.

Il repris la clef au sol devant lui et tourna la tête à gauche. On devinait le blason des De Port marqué au fer sur sa joue, les croutes de peau brulée avait finis de tomber.

"De la franchise?"

Posant la main gauche derrière lui et contractant ses muscles, il fit un mouvement acrobatique pour faire volte face et se retrouver assis, un peu plus près, face à eux.

"Je n'ai pas vu Kelvan en cachette. Je voulais pouvoir lui parler sans être... *regard vers Corwyn* interrompu.
Et je suis qui pour lui à part celui qui a "baisé" sa soeur? Un seul mot de vous, un seul et c'en était fini de mes chances de lui dire qu'un risque réel existait au vue du discours que... que Ménas a tenu à son père.
Allez, vous étiez là, me dites pas que vous vous êtes pas posé des questions quand il parlé de tout les rebelles. Après tout, il a été capturé, enchainé... Je suis bien placé pour savoir que ce type ne pardonne rien."


(pause)

"Kelvan et ce qui reste du village avaient le droit de savoir qu'un risque existait. Je ne lui ai pas dit que Menas était son ennemi. Juste qu'il devrait être prudent parce qu'avec ce que j'ai entendu, ce n'était pas aussi simple que ce qu'on lui avait vendu. On est revenu, on a fait comme si de rien était et tu me parles de franchise?"

Désignant sa joue de l'index.

"Et ça... Tu savais ce qui allait m'arriver et tu ne m'as rien dit. Tu voulais que je paye. Ah non : que je sois jugé, c'est ça...
Ca oui, j'ai payé, j'ai payé parce que j'en avais marre de te voir si triste à cause de lui et marre de l'entendre nous pisser dessus avec Joffrey, si bon, si grand, si généreux -ah!- d'avoir fait de Sarah une chose dont il pouvait abuser quand il voulait.

Peut-être qu'il a raison, que je suis un animal. Un animal moins apprivoisé que d'autres avant lui.
Oui, j'admet : on m'agite un bâton sous le nez, je sors les crocs."
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Re : Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
« Réponse #5 le: février 09, 2014, 11:54:25 am »
"Ce n'est pas ce que tu as dit à Kelvan, c'est la façon. Oui, nous aurions du tout lui dire dès notre retour, mais tu aurais dû le faire devant nous, tu n'es pas le seul, je pense, à te méfier de Ménas et de ses intentions, et je ne pense pas que beaucoup ici t'auraient contredit... (elle jette un regard à Aëlynn et à Corwyn)
Pour Kelvan, avant d'être celui qui a *baisé* sa soeur, tu étais avant tout l'enfant à qui sa mère a servi de nourrice et qui t'as considéré comme son quatrième fils. Même si tu l'as toujours rejetée. C'est toi qui a choisi de n'être plus que celui qui a *baisé* sa soeur.

Pour Ménas... j'étais trop perdue dans mes pensées à essayer de prévoir les répercussions que ton attaque allaient provoquer pour penser à autre chose. Après coup, oui, j'aurai dû le prévoir, j'aurai dû te dire de rester au campement, mais m'aurais-tu seulement écoutée ?
Quant à ma relation avec Ménas, je t'interdis, comme j'interdis à quiconque de la juger ! Et de décréter que j'en suis triste ou non. Ce n'est pas à cause de lui que j'étais triste, j'avais mille raisons de l'être, j'ai laissé mon fils à Oppara et je ne sais pas quand je pourrai le revoir, ni même si je le reverrai un jour. (elle respira profondément) Je venais d'apprendre que mes parents étaient certainement morts, que Dragonfall était sous le joug de brigands, que Ménas était entraîné dans cette histoire à cause de moi... Et pour ajouter à tout cela, tu n'as rien fait pour que cela se passe sereinement...

Quoi que tu en penses, et quoi que j'en pense, Joffrey est notre Prince, son sacre a dû avoir lieu, même si je pense que c'est un mal pour le Taldor, il est son représentant légal, et nous n'avons AUCUNE preuve que Joffrey est derrière les brigands. Une intime conviction n'est pas une preuve.
Pour Sarah, il n'a fait que dire une réalité même si ce n'est pas celle que vous voulez entendre, elle a été honorée lorsque les soldats sont venus l'inviter à la cour. Nombre de femmes là-bas enviaient son sort et auraient tout donné pour être à sa place : elle avait sa propre maison, ses domestiques, de belles robes, elle ne manquait de rien, et seul le Prince pouvait venir la voir. Qu'elle n'apprécie pas cet honneur, n'enlève rien au fait que c'en était un.
De la même manière que lorsque le Prince Stavian III m'a invité à partager sa couche avant son meurtre était un honneur. Je n'en voulais pas et je m'en serai bien passé, mais c'était un honneur.

Et une dernière chose Valaar... si tu ne veux pas qu'on te traite comme un animal, arrête de te comporter comme tel. N'oublie pas que tu es le fils de Phorgas. "

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Re : Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
« Réponse #6 le: février 09, 2014, 14:56:24 pm »
« Oh ça non, j’oublies rien. »

Valaar garda le silence un moment. Il soupira, comme pris d’une lassitude immense.

"Il y'a ce que je vois... et ce que j’ignore parce qu'on ne m'en a rien dit.
Sans tes explications de tout à l'heure à Aelynn, j'en serais toujours à croire que Ménas a profiter de son statut pour mettre dans son lit une jeune fille à la fleur à peine éclose, servant de nourrice à son bébé et se la gardant au chaud au gré de ses envies...
Dans la nuit, je vois le monde en noir et blanc. Et ce que j'ai vu à Oppara, malgré les robes, les masques et l'opulence ressemblait à une cage bien sombre, même si on y a mis un vernis à l'or fin. Ah oui, tu y avais l'air heureuse ! D'accord..."

(Pause)

"Tu parles d’honneur… Ne me demandes pas d’estimer ce genre d’honneur, ou il faut se mettre à quat… où quand on se fait sauter contre son gré par plus noble que soi, on doit en plus dire « merci ». C’est… c’est devenu ton monde. D’accord. J’ai compris. Tu fais ce que tu veux, je ne m’en mêlerais plus… du moins pour ce qui te concerne. Ca te va comme ça?"

Valaar serait les poings, bouillant d’une colère contenue.

"Quand à dire de moi que je suis un animal, bah… Je crois que ce qui m’a le plus fait enragé, c’est qu’il ne me réponde pas quand je l’ai interpellé mais s’est tourné vers toi pour que tu me dises « au pied ».

"Vous savez ce que j’ai appris durant ces quatre années? C’est que ma vie vaut bien celle d’un autre. Je veux vivre en homme libre. Libre d’aimer, de boire, de rire, de prendre du bon temps. De profiter de la vie vu qu’on peut tout perdre en un instant. Mais..."

Valaar s'arrêta et replia son index qu'il commençait à lever inconsciemment. Il reposa sa main sur sa cuisse.

"Et c’est quoi, cette histoire que j’ai toujours rejeté ta mère? Parce qu’une fois, une seule fois, quand j’avais à peine onze ans, j’ai refusé de rester sagement à ma place alors que Phorgas était en train de mourir sur la place du village!
Bordel, j’ai jamais bougé une oreille, je vous suivais partout dans tout ces trucs où on aurait pas du aller et c’était moi le fout-la-merde?"

se calmant :

"Ta mère… Antinéa, j’espère vraiment qu’elle va bien. *sourire* Bon, je dirais pas qu’elle était pas un peu flippante.
Mais en fait, toi aussi, tu me fais un peu flippé, là."
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Re : Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
« Réponse #7 le: février 10, 2014, 16:41:44 pm »
« Pour ma mère... je sais qu'elle a souffert que tu te montres toujours distant avec elle, il n'y a pas que lorsque tu t'es rebellé, quand Phorgas est parti au devant de la horde, tu avais une chambre à la maison, elle l'avait préparée elle-même, elle avais choisi chacun des objets pour que tu t'y trouves bien... Tu n'as jamais dormi dedans, tu as préféré faire le tour des autres familles comme si tu n'avais plus aucun toit. Oui elle était autoritaire, elle voulait faire pour le mieux pour sa famille et pour son village, elle n'a peut-être jamais su te montrer qu'elle tenait à toi... mais j'étais là quand je suis rentrée seule de notre tentative de sauvetage de Phorgas, sans toi, je l'ai vu qui a lutté pour ne pas s'effondrer. Enfin, cela ne sert à rien de ressasser tout ça.

Et non, tu n'es pas un animal... mais depuis qu'on s'est retrouvé, tu joues un rôle que je ne comprend pas. Tu te fais passer pour bien plus idiot que tu n'es, et celui que tu joues n'est pas loin de l'animal qui se laisse totalement dominé par son instinct sans penser aux conséquences.
Alors n'en veux pas aux autres de te juger par rapport à ce que tu montres de toi.
Tu en veux à Ménas de t'avoir jugé, je ne cherche pas à l'excuser mais tu as fait exactement la même chose. Tu l'as dit toi-même, tu as décidé que Ménas m'avait abusée et profitait de moi simplement en te basant sur tes a-priori, sans chercher à en savoir plus.

Nous avons préféré nous considérer comme des étrangers certainement parce que nous étions gênés de la façon dont nous nous sommes retrouvés. Le Valaar d'avant n'aurait pas hésité à me questionner, et la Lyssa d'avant n'aurait pas attendu d'être questionner avant de tout te raconter.

Nous avons couché ensemble, Valaar, j'aurai préféré que la Punisseur garde le masque mais je n'en ai pas honte, je n'en ai plus honte, j'ai décidé de l'accepter. Si nous voulons aller de l'avant, il faut qu'on arrête de faire comme si rien ne s'était passé. En plus, c'était une nuit très plaisante (elle lui sourit espièglement, les yeux perdus dans ses souvenirs).

Tu nous as dit que tu avais appris des choses ces quatre années. Qu'as-tu fait ? On ne sait absolument rien de ce que tu as pu vivre. Comment ça s'est passé avec Rhae Mar ? Tu es resté avec lui combien de temps ? Comment es-tu arrivé au Phoenix ?"

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Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
« Réponse #8 le: février 11, 2014, 00:52:02 am »
Citation de: Lyssandaria
« Pour ma mère... je sais qu'elle a souffert que tu te montres toujours distant avec elle, il n'y a pas que lorsque tu t'es rebellé, quand Phorgas est parti au devant de la horde, tu avais une chambre à la maison, elle l'avait préparée elle-même, elle avais choisi chacun des objets pour que tu t'y trouves bien... Tu n'as jamais dormi dedans, tu as préféré faire le tour des autres familles comme si tu n'avais plus aucun toit. Oui elle était autoritaire, elle voulait faire pour le mieux pour sa famille et pour son village, elle n'a peut-être jamais su te montrer qu'elle tenait à toi... mais j'étais là quand je suis rentrée seule de notre tentative de sauvetage de Phorgas, sans toi, je l'ai vu qui a lutté pour ne pas s'effondrer. Enfin, cela ne sert à rien de ressasser tout ça.

"Je... je suis désolé, je savais pas."

Citation de: Lyssandaria
Et non, tu n'es pas un animal... mais depuis qu'on s'est retrouvé, tu joues un rôle que je ne comprend pas. Tu te fais passer pour bien plus idiot que tu n'es, et celui que tu joues n'est pas loin de l'animal qui se laisse totalement dominé par son instinct sans penser aux conséquences.
Alors n'en veux pas aux autres de te juger par rapport à ce que tu montres de toi.
Tu en veux à Ménas de t'avoir jugé, je ne cherche pas à l'excuser mais tu as fait exactement la même chose. Tu l'as dit toi-même, tu as décidé que Ménas m'avait abusée et profitait de moi simplement en te basant sur tes a-priori, sans chercher à en savoir plus.

Le plissement des yeux de Valaar, serrant les dents, était éloquent quand à sa rancoeur envers Menas...

"Et je fais quoi, j'oublie tout, c'est ça? J'oublie le cadeau indélébile qu'il m'a laissé et j'oublies que tu n'as pas essayé une seconde de le dissuader?"
Se calmant : "Mais d'accord. Ce qui est fait est fait. Mais je n'oublies pas."

Citation de: Lyssandaria
Nous avons préféré nous considérer comme des étrangers certainement parce que nous étions gênés de la façon dont nous nous sommes retrouvés. Le Valaar d'avant n'aurait pas hésité à me questionner, et la Lyssa d'avant n'aurait pas attendu d'être questionnée avant de tout te raconter.

Nous avons couché ensemble, Valaar, j'aurai préféré que le Punisseur garde le masque mais je n'en ai pas honte, je n'en ai plus honte, j'ai décidé de l'accepter. Si nous voulons aller de l'avant, il faut qu'on arrête de faire comme si rien ne s'était passé. En plus, c'était une nuit très plaisante (elle lui sourit espièglement, les yeux perdus dans ses souvenirs).

Valaar sourit : "Hé, dans la catégorie "j'y ferais pas fait payer la chambre", tu es en bonne position."

Citation de: Lyssandaria
Tu nous as dit que tu avais appris des choses ces quatre années. Qu'as-tu fait ? On ne sait absolument rien de ce que tu as pu vivre. Comment ça s'est passé avec Rhae Mar ? Tu es resté avec lui combien de temps ? Comment es-tu arrivé au Phoenix ?"

"Rhae Mar a essayé de me tuer en m'affamant. J'ai sucé des cailloux dans les montagnes de l'est pendant des semaines où des mois, je ne sais plus.
Quand on est enfin redescendus, et bien Black était là. Fallait voir la tête de Rhae Mar... Vous vous rappelez les baignes qu'ils se sont mis quand on l'a trouvé en train de se battre avec Phorgas? On est allé à Nid-de-Faucon, un patelin d'Andoran, pas très civilisé au pied du volcan, le Crag de Droskar. Cette petite ville, pas très loin d'ici, est dirigé par le consortium du bois, tenu par des crapules. C'est une chance si ils ne sont pas encore intéressé à la forêt du Verduran, vu les dangers qui rôde dans la forêt de Sombrelune. On faisait des... des petits boulots là-bas et on dépensant tout ça rapidement... Ce coin n'est pas un endroit sur, mais j'y ai appris à survivre, à me battre. Vraiment.
Et puis je voyais de moins en moins Rhae Mar et un jour où je me suis rendu compte que cela faisait des jours que je ne l'avais pas vu, je suis sorti de ma torpeur et j'en suis parti. Ca n'a pas été facile, Nid-de-Faucon n'est pas un endroit qu'on quitte comme on veut. Je crois que j'ai eu un peu d'aide...
Et puis, j'ai erré avec Black. Je l'ai retrouvé ou c'est plutôt l'inverse...
Je me suis approché d'ici mais je... je n'ai pas pu revenir alors je suis descendu vers le sud. Je ne sais pas comment Black fait mais moi, j'en pouvais plus de ne rien trouver à manger sur ces terres arides. J'ai évité les routes, voyageant de nuit et restant à l'ombre de jour. Un jour, je me suis évanoui sur le dos de Black et quand je me suis réveillé, j'avais une cité à portée de vue. Cal... Monsieur Calibos m'a trouvé, nourri, logé. Et il m'a testé dans l'arène. Le reste, vous le connaissez."

(...)

Valaar tiqua un moment et s'adressa à Aëlynn :

"Et c'était quoi, ça, dans la crypte? On étaient bien, quoi... Et tu... tu comptes me balancer ta magie à la figure combien de fois encore? Pour ensuite me grimper dessus?"

Clairement, Valaar ne comprenait pas ce qui s'était passé.

je te l'ai déjà dit : si tu veux passer du bon temps, y'a vraiment pas besoin de m'ensorceler."
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Re : Chap. 9,5: Règlement de compte et explications.
« Réponse #9 le: février 11, 2014, 20:14:54 pm »
Aelynn sursauta. Voilà un moment déjà qu’elle écoutait pensive leurs échanges, et elle ne s’était pas attendue à ce que Valaar l’implique. Encore moins sur un sujet aussi gênant que leur mésaventure de la veille. Heureusement que les ombres de la nuit dissimulaient le rose qui lui montait aux joues !
Elle préférait oublier cet épisode. Si seulement ses compagnons pouvaient en faire de même ! Dire qu’ils l’avaient vu nue, les aguichant… Et ces images qui ne quittaient plus son esprit. Si elle pouvait disparaître de honte elle l’aurait fait. Enfin, c’était sans compter Valaar qui se ferait un malin plaisir à le lui rappeler.

« Ecoutes… je suis vraiment désolée pour hier. Je… non, nous n’étions pas dans notre état normal. Cette caverne, cet ancien lieu de culte, renfermait une puissante magie qui nous a fait perdre nos repères, nous redescendant à nos instincts primaires. Je pense qu’il voudrait mieux oublier tout ça. Mais ce n’était pas moi. J’étais sous l’influence du lieu tout comme vous. Agir sans être en pleine possession de ses moyens et de son libre arbitre n’a aucune valeur. En tout cas pour moi, ce qui c’est produit hier n’a aucune valeur.
Quant à te « balancer » ma magie, je ne l’ai pas fait de gaité de cœur. Si une situation similaire devait se reproduire, n’hésites pas à me rendre les coups, pour que cela prenne fin. »

Elle avait prononcé cette tirade d’un trait, pour en finir. Mais elle n’était pas dupe. Si ces images la hantaient, il n’y avait pas de raison qu’il n’en soit pas de même pour eux. « Après tout, ce sont des hommes » comme le concluait très simplement Makarov. « Y a des choses basiques qui nous attirent plus que tout » qu’il disait en riant tout en évitant de justesse le coup d’Eilwen.
Elle soupira, résignée. Elle se reconcentra sur la longue conversation entre Valaar et Lyssa.
Ils avaient lavé leur linge sale. C’était une bonne chose. Vraiment. C’était un mal nécessaire.
A présent, il était temps d’aller de l’avant. Pour elle également.

Aelynn se saisit de son paquetage, le tira à elle et après un moment d’hésitation, en sortit un paquet enveloppé dans un tissu magnifique. Elle le posa délicatement à terre, en écarta les pans, découvrant un livre au cuir usé par les ans.
Elle le caressa du bout des doigts.
« Savez-vous ce que c’est ? »

Elle avait relevé la tête et s’adressait à ses trois compagnons.
Ils l’observaient avec curiosité, sans trop comprendre. Comment pourraient-ils savoir ?
« Non » finit par répondre Corwyn intrigué par le calme et le sérieux de la jeune femme.

« Ceci est notre mémoire. »

Elle plongea son regard d’acier dans chacun d’eux. Elle avait prononcé lentement ces mots.
Ces paroles furent accueillies dans le silence le plus complet. Leurs regards allaient du livre à l’ensorceleuse et de l’ensorceleuse au livre. De quoi leur parlait-elle ?

« Voyez vous, lorsque j’ai appris à écrire, il m’est venu une idée : coucher sur le papier toutes mes journées, NOS journées. Ce livre était mon ami, mon confident, celui qui ne me jugeait pas, ne me grondait pas. Je pouvais tout lui dire et je lui disais tout. J’étais une enfant désobéissante, effrontée, bagarreuse, élève moyenne et peu assidue, entourée de parfaits modèles de gentillesse et d’obéissance. (Elle regarde Lyssa) Toi, Cassandra, Madeleine, Sarah. Vous étiez les petites filles modèles, celles dont tous les parents rêvaient. Sérieuses, polies, obéissantes, bonnes élèves. Vous étiez l’exemple à suivre. TU étais mon exemple. (sa voix est calme/elle marque une pause). Mais je n’arrivais pas à te suivre. C’était plus fort que moi. Je continuais de désobéir, encore et encore, sans me soucier des conséquences de mes actes.
Et Sarah en a payé le prix, car je suis la seule responsable de son malheur. A cette époque, j’ignorais ce qu’un homme pouvait faire endurer à une femme. Dragonfall était ma seule référence. Le village était habité par des gens biens et respectables. La débauche des villes n’avait pas sali notre havre de paix. Nous ignorions alors que nous avions grandi, protégés d’un monde vil et bas.
(… pause. Sa voix se noue. Elle inspire et reprend)

Puis tout à basculer. L’arrivée de Pierre de Robes, la fuite en pleine nuit, sans vous revoir, sans un regard en arrière. La fuite droit devant à travers la forêt. Je n’ai pas pu embrasser mes parents, ni ma sœur. Eilwen m’a emmenée, loin de vous, loin de tout. Cette nuit là, je n’ai pu dire adieu qu’à Valaar.
Nous avons marché des jours durant tantôt le jour, tantôt la nuit. Dormies dehors parmi les bêtes, manger lorsque nous trouvions quelque chose. Je ne cessais de pleurer. Eilwen ne cessait de me gronder en me tirant par le bras.
« Il faut avancer ! » me disait-elle. « Il faut avancer ou ils nous tuerons. »
Avec mes mots d’enfant, je lui demandais pourquoi je n’étais pas partie avec mes parents. Pourquoi ils n’avaient gardé que Madeleine avec eux ? Et que fuyait-on?
Mais aucune réponse ne me vint.

Après deux semaines de fuite, nous sommes arrivées aux portes de Carpenden, en Andoran. Un vieil ami d’Eilwen nous a offert notre premier vrai repas ainsi qu’un toit et un lit. Ma vie a alors changée. Je devais oublier mes parents, mes sœurs. Eilwen a passé des heures à me teindre les cheveux sans jamais y parvenir, a fini par renoncer, m’a baptisée d’un nouveau nom et je suis devenue sa fille. »

Aelynn inspira l’air frais de la nuit. Son regard parcourut la petite assistance qui l’observait dans le silence le plus complet. Une boule au ventre lui nouait l’estomac. Elle n’avait jamais raconté cela. Cette solitude, cette peine, ce sentiment d’abandon. Elle avait appris à vivre avec, puis, petit à petit, s’était détaché des choses, des gens, spectatrice extérieure d’un monde qui n’était plus le sien. Jusqu’à ce jour où le destin lui rendait ce qu’il lui avait pris. Enfin, pas vraiment rendu… C’étaient eux sans être eux. Alors elle reprit son rôle de spectatrice, attendant un signe, un mot, un geste qui la ramènerait à ces années passées.
Mais rien ne vint. Cet échec, elle en portait une part de responsabilité. A ne rien leur dire, ne rien faire, elle avait laissé la situation mourir à petit feu. Alors, ce soir, elle allait leur parler, leur raconter, leur dire à quel point ils avaient manqué à sa vie.

« La première année fut terrible pour Eilwen qui eut beaucoup de difficultés à me gérer. Elle n’était pas ma mère, je voulais rentrer chez nous, je ne voulais pas de cette vie. Puis, avec le temps, j’ai compris que mes colères et mes larmes ne changeraient rien. Nous ne rentrerions jamais. J’en suis arrivée aux conclusions que je l’avais mérité. Après tout, si j’avais été une petite fille bien sage, bien polie et obéissante, mes parents m’auraient surement gardé auprès d’eux comme Madeleine. Alors j’ai décidé de devenir une petite fille bien sage, bien polie, bien obéissante pour ne pas qu’Eilwen m’abandonne à son tour. (elle regarde de nouveau Lyssa). Et j’ai pris exemple sur toi. Je calquais mon attitude sur la tienne. Je me tenais bien à table, je faisais de belles révérences, je prenais soin de mes robes. Je me disais « Lyssa ferait ci ou dirait cela ». Je suis devenue studieuse et ai débuté l’apprentissage des potions. Je me suis mise à imaginer vos journées à Dragonfall (elle les regardes tous), les cours avec Mademoiselle Constance, la fête du troc, le ramassage des feuilles. Et je lui en parlais (elle pose une main sur le livre).

C’est ainsi que ce sont écoulées les trois années suivantes. Nous avons dû à nouveau fuir suite à l’arrivée de gardes du Galt. Cela nous a conduit aux frontières du Kyonin, dans la ville de Portemarchande où nous avons vécu deux ans.
Puis Eilwen m’a dit de me rendre à Oppara… La suite, vous la connaissez. »
(…pause…)
(elle ouvre le livre à sa moitié et se retournant vers Lyssa, lui montre la page. On peut y voir une date, de grands traits d’encre, visiblement des ratures de colère, des traces de larmes, une page blanche)
« Sais-tu ce que c’est ? (elle n’attend pas la réponse)
C’est la date du jour où je t’ai retrouvée. »

(elle repose doucement le livre ouvert)

« Je n’ai plus écrit depuis ce jour là. L’incompréhension, la colère et la déception ne me le permettaient pas. Il n’était pas question que cette Lyssandaria là entre dans ce livre. Elle n’y avait pas sa place. En aucune façon. Elle était un blasphème à sa mémoire»
(…pause…)
« Mais peut-être ma mémoire d’enfant t’a-t-elle idéalisée… Quoi qu’il en soit, je dois te dire merci. Je suis devenue celle que je suis aujourd’hui grâce à toi. Parce que pendant trois ans, j’ai tout fait pour te ressembler. »
(…pause…)

« En quatre mois, ma colère est retombée, quand à l’incompréhension, tu viens de nous raconter ta vie alors… Tu as dit à Valaar de ne pas oublier qu’il était le fils de Phorgas. Je présume que tu t’es appliquée ce précepte. Selon toi, ta vie actuelle correspond à ce dont rêvaient Constantin et Antinéa pour leur fille adorée ?
Je n’approuve pas cette vie et je ne t’apprend rien je suppose, mais c’est la tienne cela ne me concerne donc pas. De ce fait, c’est à la prêtresse et à la mère que je m’adresse.
Es-tu si naïve pour te penser à l’abri ? Penses-tu qu’une fois un beau mariage arrangé, la future épouse de Ménas va vous laisser vivre en paix à quelques mètres d’eux, Méléarn et toi ? Un fils qui plus est ! Un potentiel rival pour sa propre progéniture ! Ne me dis pas que tu t’imaginais vivre en toute impunité ? Tu es pourtant la mieux placée pour savoir qu’un triste accident est si vite arrivé au sein de la Grande Putain. Quel avenir a cet enfant que tu dis chérir ? Qu’attend tu de cette vie là-bas sinon de te faire piétiner et humilier. Menas ne pourra pas vous protéger de tout. Cela lui sera impossible. Tout comme il devra céder aux injonctions de sa future épouse s’il veut éviter un conflit politique.

A présent je m’adresse à la prêtresse d’Abadar. Vous êtes, toi et tes confrères, les garants du culte. Vous représentez la civilisation, l’évolution, le commerce. As-tu le droit de tourner le dos à TON village ? N’est-ce pas là une mission divine que de ramener en ces lieux la civilisation et le commerce ? Comment peux-tu fuir tes responsabilités et ne penser qu’à retourner là-bas reprendre ta vie ? Cette mission n’était-elle pas suffisamment bien pour la prêtresse Lyssandaria Hern ? Tu t’es à ce point prise de gout pour le luxe et les choses futiles de ce monde, oubliant par-là même les fondements de ton ordre ? »

(Aelynn reprend d’une voix plus calme)

« Que tu l’acceptes ou non, ta vie à ce jour est un cul de sac. Le destin t’offre l’opportunité extraordinaire de reprendre les rênes de ton avenir et toi tu ne le vois même pas, enfermée dans ton passé et tes entraves.
Reprend ton fils près de toi, éloignes-toi de ce poison qu’est Oppara, reconstruit Dragonfall, faisant une ville capable de tenir tête à Whispil. Une ville dont la prospérité et le commerce rendront dépendant Cassomir. Renoue le pacte, recréer le royaume de tes ancêtres et alors, alors seulement tu marcheras sur Cassomir. Tu auras le nécessaire pour attendre respect et considération de leur part. Une véritable opportunité de concrétiser ton amour. Car tu aimes Ménas. C’est la raison de ta vie actuelle. Et grâce à cette nouvelle vie, tu offriras à ton fils un avenir meilleur, des terres, un nom.  (…)
Tu es la seule à pouvoir décider de ton destin qui va même jusqu’à nous réunir comme autrefois. Car contrairement à ce que tu penses, tu n’es pas seule. Cette chance ne se représentera pas une seconde fois. »

Aelynn leva les yeux vers le ciel. L’aube ne tarderait plus à poindre à présent.
« Je vous le laisse. » leur dit-elle en désignant le livre.
« Que ceux qui veulent retrouver leur mémoire le parcoure. Je n’ai rien à cacher. »

Une brise se leva alors, tournant les pages du livre, remontant le temps, jusqu’à ce dessin d’enfant sous lequel on pouvait lire « Moi et Méléarn ».
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« Modifié: février 11, 2014, 20:24:21 pm par Celena »
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« Réponse #10 le: février 11, 2014, 23:26:32 pm »
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