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102317 Messages dans 7472 Sujets par 914 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 19, 2019, 03:11:11 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 3ème : Retour au pays. (Modérateur: Sstrad)  |  Chap.8: Sentiments
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Auteur Sujet: Chap.8: Sentiments  (Lu 1054 fois)

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Hors ligne Celena

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Chap.8: Sentiments
« le: janvier 29, 2014, 00:31:17 am »
Aelynn soupira, reposant le casque en cuir sur ses genoux. Elle ouvrit son sac et en sortit une petite fiole dans laquelle s’agitait un liquide visqueux. Elle ôta délicatement l’embout et fit couler quelques gouttes au creux de sa main avant de la refermer. Une odeur douceâtre de vanille et de menthe embauma alors la chambre. Elle se massa doucement ses doigts endoloris par les nombreuses heures de couture que ce casque lui avait demandé. Il était loin d’être aussi parfait que ce qu’elle aurait souhaité, mais elle ne pouvait faire mieux avec son équipement actuel. Cela faisait trois jours qu’ils patentaient ainsi à l’auberge de Flynn. Elle avait mis ce temps à profit pour réaliser cette coiffe après avoir acheter à l’aubergiste un morceau de cuir. C’était sa manière de s’excuser auprès de Valaar.  Si elle ne lui avait pas tenu ce discours, si elle ne l’avait pas provoqué, il ne serait pas venu à Cassomir et rien de tout ceci ne se serait produit. De quoi s’était-elle mêlée ? Quoique… il y avait fort à parier que Ménas n’en serait pas resté là et serait revenu se venger. Décidément, elle ne parvenait pas à apprécier cet homme. Certes Valaar avait été à l’encontre des lois en l’attaquant, mais Ménas avait ouvert les hostilités en premier, manquant ouvertement de respect à ceux qu’il considérait inférieur à son rang et ce, le plus gratuitement du monde. Non, cet homme n’avait de noble que le nom hérité de ses parents et leur argent. Un homme qui devait tout à la réussite de ceux qui l’avaient précédé.

Un léger grattement la ramena à l’instant présent. Elle se redressa, recouvrit le casque d’un tissu et alla ouvrir. Nox fit irruption dans la pièce, zigzagant en tout sens avant de foncer dans ses bras. Elle le réceptionna, éclatant de rire. Il s’enroula autour de sa taille, sans jamais se soustraire aux caresses. Le jour toucherait bientôt à sa fin. Il ne lui restait que peu de temps pour remettre son cadeau. Elle se saisit du casque et se mordit soudain la lèvre. Et si Valaar le prenait mal ? Le demi-orc était difficile à suivre. Tantôt sérieux, tantôt jouant le parfait idiot, il n’en restait pas moins imprévisible dans ses paroles et ses actes. Aelynn avait toutes les peines du monde à le cerner. Quand bien même elle pressentait n’avoir rien à craindre de lui, elle restait méfiante et conservait toujours une distance de sécurité face à cette montagne de muscles. Elle laissa courir ces doigts sur Nox, indécise.
« On verra bien ! Je n’ai pas fait tout ce travail pour rien ! »
Elle se saisit de son travail et franchit d’un pas décidé le seuil de la chambre, suivie de Nox.

Lyssandaria et Corwyn se trouvaient dans la grande salle, et menaient une conversation animée avec Flynn. Valaar quand à lui, se tenait à l’écart, dehors. Aelynn traversa discrètement l’espace et le rejoignit.
« Tiens. C’est pour m’excuser de t’avoir poussé à nous accompagner à Cassomir. »
Valaar la dévisagea sans comprendre.
Devant son silence, elle inspira et reprit.
« J’ai essayé de le faire de sorte à cacher un peu ta… enfin à ce qu’on la voit moins comme ça on ne te regardera pas bizarrement.
-   Faut être à ma place pour savoir comment on me regarde, rétorqua-t-il.
-   …Je ne prétend pas être à ta place. Je…c’est un cadeau. C’est ma façon de m’excuser. »
Elle se mordit les lèvres. Son appréhension était bonne. Valaar ne semblait rien comprendre à sa démarche. Elle soupira, résignée. Même s’il ne saisissait pas, ce travail lui avait fait du bien à elle. Elle avait besoin de témoigner ses regrets. Et puis, coudre lui permettait de se concentrer, de retrouver une sorte de sérénité et de réconfort. Après tout, n’était-ce pas le seul héritage de ses parents ?

Valaar l’observa sans mot dire. Il comprenait soudain où la jeune fille voulait en venir.
L’instant d’après, le demi-orc la serrait dans ses bras en lui soufflant merci. Aelynn se raidit à ce contact. Il avait bougé si vite qu’elle n’avait pu anticiper le mouvement. Se sentir ainsi coincée lui déclencha une vague de panique. La musculature du demi orc était encore plus impressionnante vue d’aussi près. Elle se sentait minuscule et n’aurait pas donné cher de sa personne s’il avait été un ennemi. Il lui caressa les cheveux tout en plongeant son visage dans le creux de son cou. Elle frémit à ce nouveau contact et se souvint de l’odorat particulièrement développé du demi orc. Peut-être recherchait-il un peu de l’odeur de Sarah ?
Elle sourit et passa doucement une main dans le dos de Valaar...

(...)

« Tu m’attraperas pas !!  Youhou !!!! »
Aelynn retint un cri de surprise. Surgissant de nul part tel un diable en boîte, Rivan s’était précipité sur elle et l’avait agrippée par la taille avant de lui faire faire un demi-tour, se servant d’elle comme d’un bouclier.
Se retournant, elle se retrouva soudain face à un Jovien lancé à pleine vitesse aux trousses du garnement. Aelynn sentit ses jambes fléchir devant l’imminence du choc. Le guerrier freina brutalement sa course et pila net devant elle. L’espace de quelques secondes, le temps sembla suspendu. Jovien la dévisageait sans un mot. Puis, semblant se ressaisir, il recula et se lança dans une révérence grotesque à coups de grands moulinets de bras, avant de reprendre de plus belle sa course poursuite pour la plus grande joie de tous.
La surprise passée, Aelynn joignit son rire aux autres. La fête, le vin et le stress des derniers jours l’avaient fatiguée. Elle avait littéralement « décrochée » de la fête et s’était laissée portée par ses pensées. Ainsi n’avait-elle pas suivi le lancer de balle malheureux de Rivan qui, atterrissant dans la chope de Jovien, avait donné lieu à cette course folle.
Elle laissa errer son regard sur eux. Comme cela faisait du bien d’être réunis, de rire ensembles. Elle vit Valaar en grande conversation avec Marc, parlant surement de combat ou d’armes. Puis son regard croisa celui de Corwyn à l’opposé du cercle. Ce dernier, en grande conversation également, lui adressa un sourire qu’elle lui rendit.
Elle échangea encore quelques mots, chercha Lyssandaria sans la trouver, et finit par monter l’échelle la menant à sa cabane de fortune.

A sa grande surprise, ce fut en haut qu’elle retrouva la prêtresse. Elle la vit, assise sur la petite plateforme, aux côtés de Kelvan, son frère. Leurs mots semblaient apaisés et le lien fraternel semblait renaitre. Aelynn les observa ainsi, sans bouger. Elle était heureuse pour eux. Heureuse et… Elle détourna le regard, gênée par ce sentiment naissant. Elle aimerait tant être à la place de Lyssandaria. Se trouver elle aussi auprès de l’une de ses sœurs. Elle serra inconsciemment les plis de sa robe. Les siens lui manquaient tant. Elle se sentait si seule. Eilwen…Makarov… où étaient-ils en cet instant ? Etaient-ils sains et saufs ? Comment retrouverait-elle leur trace ?
Une brise fraiche lui caressa le visage, comme pour chasser de son esprit ces sombres pensées. Elle releva la tête et l’accueillit un sourire aux lèvres, fit demi tout, atteignit sa cabane et entra.

L’espace était réduit et ne contenait que le strict nécessaire, c’est à dire presque rien en dehors d’une paillasse. On pouvait y dormir à deux un peu serré, mais Aelynn avait ce luxe de ne partager cet espace avec personne.
Elle entreprit de se déshabiller. Son esprit se remit à vagabonder, déversant divers souvenirs dans le chaos le plus complet avant de revenir subitement à la fête de ce soir, et à l’instant où Jovien avait pilé devant elle. Aelynn se demanda ce qui avait traversé l’esprit du jeune homme à ce moment là. Le temps de quelques secondes, son visage s’était emprunt de sérieux avant de se parer de nouveau du masque de la fête. Ce n’était pas la défiance des premiers jours. Non, c’était autre chose. Mais quoi ?... Elle serait plus attentive dans les prochains jours. Enfin, lorsqu’ils rentreraient. Car ils reprenaient la route dès demain matin, sonder les alentours du campement et pousser jusqu’au baraquement des bucherons.

Elle enleva la dernière broche de ses cheveux, s’assit à genoux et inspira.
Doucement, les premiers tatouages naquirent et se mirent à courir sur sa peau. Un peu plus, un peu plus vite. Ils enroulaient sa taille, glissaient sur le galbe de ses seins, remontaient à son épaule, le long du cou, de la nuque, passant derrière les oreilles avant de dévaler ses fossettes puis de remonter sur ses temps.
Elle adorait cette sensation. Cette chaleur grandissante. Elle ressentait chaque jour un peu plus son pouvoir coulant dans ses veines. Il était vivant et ne demandait qu’à grandir. Le chemin était encore bien long, mais qu’importe.
Sa chevelure flotta autour d’elle, telle une extension d’elle-même.
Aelynn inspira à pleins poumons, savourant ces derniers instants, puis, lentement, redescendit. Sa chevelure se reposa doucement sur ses épaules, tandis que les tatouages reprenaient le chemin inverse, descendant en cascade le long de son corps.

Dehors, la fête commençait à se calmer. Il était temps de dormir. Elle s’allongea sur le dos et observa le tissu tendu de son toit. Elle passa ses mains derrière son cou et ôta le pendentif de Corwyn. Elle le suspendit devant elle, observant ses reflets et au, au cœur, leurs mèches de cheveux entrelacées. Elle sourit, reconnaissant bien là son ami d’enfance. L’image de la princesse du Linnorm lui revint en mémoire… Lui manquait-elle ?... Seul le silence de son esprit lui répondit. Elle resta songeuse, puis finit par le déposer sur sa robe, se remit sur le dos.
Le sommeil semblait la fuir ce soir. Petit à petit, les hommes remontèrent. Elle les entendit rejoindre tant bien que mal leur tente, enfin, pour ceux que l’alcool n’avait pas cloué en bas, à même le sol. Le manège dura un certain temps avant que le silence de la nuit et quelques ronflements ne redeviennent maitres de lieux.
Aelynn glissa alors lentement dans le sommeil. Des images folles défilaient devant elle, la faisant voyager de Porte Marchande aux contrées glacées du Linnorm. Des images floues, fugaces, insaisissables, jusqu’à cet homme. Elle s’approcha, tendit la main vers lui et resta muette devant ce visage où se fondaient les traits de deux hommes.


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