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102522 Messages dans 7499 Sujets par 875 Membres - Dernier membre: Quopayday septembre 19, 2019, 06:23:52 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 3ème : Retour au pays. (Modérateur: Sstrad)  |  Chapitre 8 : Soir de fête.
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Auteur Sujet: Chapitre 8 : Soir de fête.  (Lu 877 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Chapitre 8 : Soir de fête.
« le: janvier 26, 2014, 19:57:58 pm »
Le bruit des rires retentissait dans le silence de la nuit, le feu de camp illuminait l'obscurité et les silhouettes des habitants du campement étaient déformées par le mouvement des flammes.

Randy faisait des cabrioles sous les applaudissements de ses compagnons, il enchaînait les pirouettes et les sauts. Il était bon. A chaque nouveau saut, les spectateurs lançaient des hourras en tapant des mains et des pieds. Après un dernier salto, il s'écroula sur le sol, visiblement épuisé.

Au centre du cercle, Rivan prit la place de Randy. Les lumières du feu rendait sa tignasse encore plus rouge qu'elle ne l'était en journée. Il présenta à l'assemblée des balles de fortune, faites de la charpie de leurs anciens vêtements usés, il fit le tour de l'assistance fier de montrer ses balles à grand renfort de révérences. Puis il commença à jongler. Il lança trois balles en l'air, une tomba sur sa tête et les deux autres à ses pieds. Il n'avait pas réussi à en attraper une seule. Le public hurla de rire, sans se démonter, Rivan un grand sourire éclairant son visage, ramassa ses balles et les relança encore plus haut. Et à nouveau, il n'en rattrapa aucune. Il recommença trois fois, les lança à chaque fois encore plus haut, les spectateurs n'en finissaient pas de rire devant le regard concentré du rouquin. 

A la quatrième fois, il rattrapa une balle, il se tourna vers l'assistance avec fierté quand la dernière balle retomba dans la choppe de Jovien le trempant de bière. Celui-ci rugit en se levant pour attraper l'artiste, mais ce dernier ne l'avait pas attendu et s'élançait déjà vers l'autre bout du cercle de spectateurs, commença alors une folle course poursuite où Jovien essayait d'attraper Rivan qui se faufilait entre les hommes hilares. A un moment, le rouquin se cacha derrière Aëlynn, s'en servant de bouclier contre la fausse fureur du guerrier. Celui-ci stoppa net et après avoir fait une profonde révérence avec de grands moulinets de bras à l'ensorceleuse, il reprit de plus belle sa poursuite. Il parvint à rattraper Rivan qui voyait sa course ralentie par ses rires et par les obstacles que glissaient subrepticement les hommes sur sa route. Une fois attrapé, Jovien porta le jongleur qui était bien moins grand que lui sur l'épaule, revint à sa place, posa Rivan le dos sur le sol et lui pressa la balle trempé de bière sur le visage. Une fois sa vengeance exécutée, il s'assit tranquillement à sa place, le souffle encore entrecoupé de rire. Lyssandaria riait de bon cœur comme tous ceux qui assistaient à cette scène. Les hommes étaient heureux.

Puis, lorsque l'assemblée fut un peu plus calme, elle s'éloigna discrètement et monta l'échelle de fortune qui menait à la cabane de son frère. Une fois sur la petite plate-forme, elle s'assit sur le bord, les pieds dans le vide et regarda un instant les hommes en bas.

Elle se concentra un instant, murmura une prière où le nom d'Abadar apparaissait et le médaillon doré qui reposait entre sa poitrine s'illumina. Elle fouilla dans une des sacoches qui pendaient à sa ceinture et en sortit un petit tube de laiton. Elle le dévissa, posa l'embout à côté d'elle, en sortit le rouleau de parchemin qu'elle déroula avec précaution. Lorsque le dessin apparut, elle sourit un peu tristement en regardant le visage qui lui faisait face. L'artiste avait fait un travail superbe même s'il n'avait eu que quelques heures pour réaliser le dessin. Il avait dû renoncer aux couleurs mais le fusain suffisait pour retracer les traits avec fidélité. Elle se perdit un long moment dans sa contemplation, effleurant du bout des doigts les lignes familières.

« C'est ton fils ? »

Elle sursauta légèrement lorsque la voix de son frère retentit à ses côtés, elle était si absorbée qu'elle ne l'avait pas entendu s'approcher. Elle tourna la tête vers lui, le regarda s'asseoir et lui sourit timidement en hochant la tête et lui tendit le dessin.

« Oui. C'est Méléarn.
- C'est un bon choix de prénom. Et c'est un beau garçon.
- Il est encore plus magnifique en vrai. Et tellement éveillé. Il parle bien pour son âge, il est curieux de tout ce qu'il se passe autours de lui. Il... il est juste merveilleux.
- Je le pensais plus jeune. Il a quel âge ?
- Il vient d'avoir vingt mois.
- Vingt mois... Et toi, tu as quoi ? Un peu plus de quinze ans ?
- Tu le sais bien. Kelvan...
- Ca fait que tu avais quoi ? A peu près treize ans et demi quand tu as accouché, c'est bien ça ?
- …
- Et si je compte bien, tu n'avais pas treize ans quand tu as couché avec lui.
- J'allais les avoir une semaine après.
- Tu n'avais pas treize ans. Enfin, si j'en juge les regards que vous vous échangez je peux croire qu'il ne t'a pas forcée ?
- Non ! Jamais, il ne m'aurait prise de force. C'est moi qui l'ai forcé. Je le voulais et je ne lui pas laissé d'autre choix.
- Lyly, un homme a toujours le choix. Il pouvait dire non.
- Je lui en ai pas donné la possibilité.
- Pourquoi il ne t'a pas épousée ?
- C'est un de Porth !
- Et toi, tu es une Hern. C'est peut-être moins prestigieux mais c'est tout aussi honorable. A moins que tu penses que notre famille ne vaut rien, Lyly ?
- Non, je n'ai jamais pensé ça. Mais...
- Mais ?
- Il n'a jamais été question de mariage entre nous. Et même s'il l'avait voulu, je ne lui en ai jamais laissé l'occasion.
- Ca aurait été plus simple s'il avait été ton époux. Il aurait été obligé de nous aider et nous aurions déjà eu nos armes et nos troupes.
- C'est la seule chose que tu regrettes ? J'ai eu un enfant avec lui sans être mariée et la seule chose que tu regrettes c'est que s'il m'avait épousé tu aurais eu tes armes ?
- Ca fait trois ans qu'on lutte sans rien avoir, ça fait trois ans que régulièrement je pleure des amis tombés sous les coups des soudards, alors oui quand je comprend que j'aurai pu avoir un soutien sans devoir le quémander, je le regrette !
- …
- Et j'ai appris que s'énerver contre certaines choses ne servait à rien. Tu as eu ton enfant à un âge où tu aurais dû continuer à jouer à la poupée et tu n'es pas mariée, c'est ainsi. Je n'aime pas mais c'est comme ça. Et puis, je ne suis pas totalement stupide. Même si l'idée me déplaît, il est évident que si on peut avoir son soutien, on s'en sortirait enfin. Je m'expliquerai avec Ménas de Porth quand tout sera fini.
- Tu ne t'expliqueras avec personne, ça ne regarde que Ménas et moi.
- Lyly, je te l'ai déjà dit, tant que tu n'es pas mariée tout ce qui TE regarde ME concerne.
- Mais, je...
- Tant que Papa ou Durgan ne sont pas revenus, JE suis le chef de famille.
- Ce n'est pas parce que tu es mon frère que...
- Et je compte bien sur toi pour agir comme une jeune fille respectueuse.
- Sinon quoi ?
- Ma petite Lyly, tu ne veux vraiment pas le savoir. »

Elle resta un instant sans voix. Le Kelvan de son enfance avait disparu pour laisser la place à un guerrier rude et autoritaire. Elle marmonna d'une voix boudeuse.

« Je préférais quand tu me jouais de la musique. »

Il éclata de rire en frotta les cheveux de sa petite sœur, puis redevint grave, toute trace de gaieté disparu de son visage.

« Et Valaar ? Tu ne lui as pas laissé le choix à lui non-plus ?
- Ca n'a rien à voir ! Ce n'est pas du tout la même chose. C'est...
- Compliqué, c'est ça ? Tu te répète.
- Je ne savais pas que c'était lui. C'était juste avant notre départ d'Oppara, ça faisait quatre ans qu'on ne s'était pas vu, je m'attendais pas du tout à ce qu'il soit à Oppara.
- Et tu couches avec des hommes que tu ne connais pas ?
- Je... c'était particulier. C'était le Punisseur. Il avait fait un superbe combat, toutes les femmes présentes voulaient coucher avec le Punisseur...
- Et tu as été choisie.
- On peut dire ça, oui...
- Et Ménas ?
- Quoi, Ménas ?
- Il t'a laissé avec un autre sans rien dire ?
- On n'est plus ensemble, on vit chacun de notre côté.
- Mais vous couchez ensemble.
- …
- C'est pour ça qu'il l'a marqué ? Parce que tu as couché avec Valaar ?
- Non ! Ménas se moque bien de savoir que j'ai été avec Valaar.
- Vraiment ?
- Oui. Je te l'ai dit, nous ne sommes plus vraiment ensemble, il a sa vie, j'ai la mienne et peu lui importe mes partenaires.
- TES partenaires ?
- Oh s'il-te-plaît, Kelvan. Je sais que ça peut te choquer mais... à Oppara ce n'est pas la même chose.
- C'est la même chose où qu'on soit.
- Mais ça ne choque personne là-bas d'avoir des amants. Je suis jeune, j'ai le droit de m'amuser !
- Peut-être... mais je ne sais pas ce que je pourrai raconter à Maman quand elle reviendra. »

La jeune fille pâlit en pensant au jugement de sa mère.

« Tu n'es pas obligé de tout lui dire. On peut garder le silence sur certaines choses.
- C'est possible mais ton « frère de lait » ne sait pas être discret. D'ailleurs, tu devrais le prévenir que s'il se vante encore une fois devant moi ou devant un de mes hommes d'avoir... partagé ton lit, je ne me contenterai pas de le marquer au visage. 
- Je lui dirai.
- Bien. Alors si ce n'est pas pour ça, pourquoi Ménas l'a-t-il marqué ?
- C'est à cause de ce qu'il s'est passé ici.
- Quand Valaar a attaqué Ménas ?
- Oui. C'est pour ça que Valaar a reçu le sceau de l'infamie.
- Je suis peut-être pas très instruit en matière de justice mais je sais que la loi taldorienne punit de mort quiconque s'attaque à un noble. Et attaquer par surprise un homme désarmé avec ses crocs, c'est digne du dernier des couards. Personnellement je l'aurai tué, pourquoi Ménas ne l'a-t'il pas fait ?
- Son homme de main m'a dit que c'était pour moi. Je pense qu'il sait que je considérais Valaar comme mon frère.
- Que tu le considérais ? Tu ne le considères donc plus comme tel ?
- Je ne sais pas. Il a tellement changé, Kel. Ce n'est plus le Valaar qu'on connaissait. Il est devenu... incontrôlable, dangereux. Depuis qu'on a embarqué à Oppara, il n'a cessé de provoquer Ménas, de le pousser à la confrontation. En pure perte, jusqu'à ce qu'il l'attaque pour de bon et tout cela pour rien. Je ne sais même pas pourquoi il a fait ça. Jamais le fils de Phorgas n'aurait fait ça. »

Ils restèrent un instant silencieux côte à côte. Lyly se pencha et posa la tête contre son grand frère, il passa son bras autours de ses épaules et la serra contre lui en regardant les flammes du feu de camps qui brillait en contrebas.

« Et sinon, c'est comment Oppara ?
- C'est superbe ! Tu devrais voir ça, Kel. La ville est immense, où que tu regardes il y a des habitations, des bâtiments. Elle ne dort jamais, quelque soit l'heure de la journée ou de la nuit, il y a de la vie. Des gens sont dehors, dans les marchés, dans les thermes, dans les tavernes. Les tavernes sont nombreuses, on y chante, on y danse, on y combat. A chaque moment, la vie pulse. Et qu'il fasse jour ou nuit, la ville est illuminée.
- Il y a des réverbères ? (sa voix était amusée)
- Des dizaines de réverbères, des centaines ! Il y en a dans toutes les rues, Kel. On les allume tous les soirs jusqu'au matin. Des dizaines d'hommes sont payés uniquement pour les allumer et les éteindre. Et ça fait briller les toits de la ville. Tout les toits sont en or. Ils brillent de mille feux sous la lumière des réverbères et ils étincellent sous celle du soleil. Certains jours, quand le soleil brille fort, on ne peut pas lever les yeux vers le ciel sous peine d'être ébloui par les toits d'or des bâtiments. Et tu sais quel bâtiment éblouit le plus, Kel ?
- Je ne sais pas. Le palais princier ?
- Non. Le Grand Temple d'Abadar. Il est si grand qu'il illumine le quartier à lui tout seul. Et la lumière qui entre à l'intérieur est comme une pluie d'or qui se déverse sur la grande statue du Juge des Dieux qui trône dans le Grand Hall... »

Elle continua à parler un long moment, raconta les merveilles d'Oppara et de sa vie. Il souriait en l'écoutant, il se souvenait qu'elle avait eu le même enthousiasme lorsqu'elle était revenue de Wispil et qu'elle avait tout fait pour avoir un réverbère devant la fenêtre de sa chambre. C'est en l'écoutant qu'il se rendit compte à quel point elle lui avait manqué. Maintenant qu'elle était là, il n'était plus seul, une partie de la famille était recomposée.

La voix de la jeune fille avait laissé la place à un murmure puis au silence. Il lui embrassa les cheveux lorsqu'il la vit dormir contre son épaule. Puis délicatement, en prenant soin de ne pas la réveiller, il la prit dans ses bras, s'étonnant de la sentir si légère, il rit doucement en se disant que si elle avait une vraie vie de femme, elle n'avait pourtant pas beaucoup grandi. Il la déposa dans son lit sans qu'elle ne se réveille. Il lui enleva ses chaussures et la ceinture portant toutes ses sacoches puis après s'être préparé de la même façon, il s'allongea à ses côtés pour dormir paisiblement.
« Modifié: janvier 26, 2014, 22:15:34 pm par Dorothée »

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