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102535 Messages dans 7508 Sujets par 887 Membres - Dernier membre: AlexKet septembre 23, 2019, 13:36:40 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Faery Tales  |  Livre 3ème : Retour au pays. (Modérateur: Sstrad)  |  Chapitre 6 : Nouveaux Départs
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Auteur Sujet: Chapitre 6 : Nouveaux Départs  (Lu 887 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Chapitre 6 : Nouveaux Départs
« le: janvier 04, 2014, 11:14:28 am »
Le vin coulait à flot sous les lustres d'or et d'argent, les pierres ornant le cou des dames de la cour étincelaient, illuminant les robes chatoyantes. Les hommes n'étaient pas en reste et rivalisaient d'élégance, la barbe finement taillée.

Lyssandaria avança dans la salle de bal princière accompagnée d'Aëlynn et du Punisseur, elle sourit à plusieurs personnes de sa connaissance et en salua d'autre. Elle sentait le malaise d'Aëlynn, elle se doutait que celle-ci aurait tout donné pour ne pas être en ces lieux, ce qu'elle pouvait comprendre. Elle essayait le plus possible d'éviter les soirées où le prince Joffrey était présent mais certaines étaient incontournables, dont celle-ci. A bien y réfléchir, le malaise d'Aëlynn datait de bien avant la soirée, du moment où elles s'étaient retrouvées pour être plus précise. Lyssa avait conscience que son amie d'enfance avait été choquée de découvrir qu'elle était mère et surtout de ce qu'elle avait vu au Phoenix la veille au soir. Cela faisait tellement longtemps qu'elle fréquentait la noblesse d'Oppara qu'elle n'arrivait plus à concevoir qu'on puisse en être choquée. La présence du Punisseur n'enlevait rien au malaise d'Aëlynn, bien au contraire.

Le Punisseur... Elle avait bien conscience que venir accompagnée de ce personnage était surtout une façon de flatter son ego, la majorité des femmes présentes ce soir auraient payé cher pour être à sa place, mais il était à son bras, à elle, musclé, masqué et... habillé plus que correctement, elle en était même étonnée. De plus, elle savait également qu'en s'affichant avec le Punisseur, une personne dans l'assistance ne serait pas ravie, grand bien lui fasse, qu'il continue de la suivre d'un œil noir. Quand elle croisa le regard de Ménas, elle le salua de la tête et lui sourit. En croisant des doigts pour que son sourire ne paraisse pas trop figé.

Très vite, son attention fut détournée par l'arrivée d'une cohorte de géants blonds. Les anciens compagnons de l'ulfien tué par le Punisseur avaient l'intention de fêter à leur manière la mémoire du guerrier en buvant avec son tueur. Emportées malgré elles dans le mouvement, Lyssa et Aëlynn se retrouvèrent face à un homme dont la présence était totalement incongrue dans cet aréopage de barbare du nord. Toutes deux sursautèrent lorsque son nom fut prononcé : « Corwyn ».

Il n'y avait aucun doute, c'était le Corwyn de leur enfance. Après Aëlynn, Corwyn. Le passé semblait vouloir frapper à sa porte. Elle eut à peine le temps de se réjouir qu'un serviteur royal vient la trouver, elle s'éloigna un instant afin de converser plus discrètement.

« Sa Majesté le Prince Stavian III a remarqué combien vous étiez belle ce soir et tient à vous honorer. Vous partagerez sa couche cette nuit.
- Mais...
- Veuillez être disponible dans une heure.
- Comme il plaira à Sa Grâce. »


Elle resta un instant figée dans le tumulte de la fête, toute couleur disparue de son visage. Elle se tourna vers le Prince, celui-ci était en grande conversation avec l'Exarque, le Grand-Prêtre et le Prince Joffrey, son fils. Seul ce dernier la remarqua et le sourire qui lui adressa la fit frissonner des pieds à la tête. C'était un sourire de cruauté malveillante. Il devait être derrière l'invitation princière, mais pourquoi ? Et pourquoi maintenant ? Cela avait-il un lien avec le retour d'Aëlynn et Corwyn ? Non, c'était impossible, comment pouvait-il être au courant ? Elle-même venait d'apprendre la présence du jeune homme et elle avait revu Aëlynn juste ce matin, de plus celle-ci avait pris soin de camoufler son apparence.
Elle jeta de nouveau un regard affolé sur l'assistance, cherchant l'une des seules personnes qui pourraient la soutenir mais il était justement en pleine conversation avec le Prince. Elle allait devoir patienter.

Un grand éclat de rire la ramena à la réalité et elle se tourna de nouveau vers le groupe des Ulfiens qui entourait toujours Corwyn, Aëlynn et le Punisseur. Elle respira profondément, releva le menton et les rejoignit comme si de rien n'était. Enfin, elle l'espérait. Elle intégra la conversation entre Corwyn et Aëlynn lorsqu'ils furent interrompu par le Punisseur. Celui-ci demanda confirmation de leur nom et souleva alors son masque : Valaar. Décidément, cette journée ne s'arrêterait donc jamais ? Quel autre élément du passé allait encore surgir ? Elle devrait se réjouir, Valaar, son presque frère, était présent. Mais tout allait tellement vite. Elle avait du mal à remettre ses idées en place. C'est le visage catastrophé de celui-ci et surtout la mine dégoûtée d'Aëlynn qui la firent réaliser. Le Punisseur était Valaar, elle avait payé mille pièces d'or afin de passer la nuit avec lui, et ils avaient... fait l'amour. Quoi que « faire l'amour » était certainement un terme trop romantique pour définir ce qu'ils avaient fait, elle n'avait même pas vu son visage, lui demandant de garder son masque... Son frère de lait, son quatrième frère.

Elle n'eut pas le temps de s'appesantir sur ces considérations, Aëlynn décréta que s'en était trop pour elle et qu'elle quittait la soirée immédiatement. Personne n'essaya de la retenir, Lyssa et Valaar étaient encore sous le choc, et Corwyn ne comprenait pas exactement ce qu'il se passait. Alors que la jeune ensorceleuse se dirigeait vers la sortie, un tumulte arriva de l'extérieur. Il se passait quelque chose dehors, tout le monde s'y dirigeait. Profitant du mouvement de foule, Lyssa rejoignit Ménas qui était maintenant seul et demanda à lui parler. Il lui jeta un regard dédaigneux et sembla vouloir passer son chemin, alors elle insista. Quelque chose dans sa voix le fit s'arrêter, il la regarda un moment et accepta, mais seulement une fois qu'ils seraient allés voir ce qui provoquait ces exclamations.

Elle suivit la foule et arrivée sur le perron du Palais leva le visage. Elle eut du mal à croire ce qu'elle voyait. La lune normalement dorée était maintenant violette, son aura était glauque et annonciatrice de malheur. Elle entendit Corwyn murmurer : « Celui qui règne sur la Mort reviendra à la vie et les morts seront plus puissants. » Un long frisson de peur la traversa, la couleur de cette lune semblait contenir tous les malheurs et prête à les déverser sur le monde.

Alors que chacun retournait à l'intérieur danser et boire, elle rejoint Ménas dans un endroit isolé. Avant qu'elle puisse dire quoi que ce soit, il lui prit le menton dans une poigne implacable et écrasa sa bouche sur la sienne. Nulle tendresse, mais comme toujours, elle répondit à son baiser sans pouvoir résister. Il la relâcha et la regarda avec dédain, attendant qu'elle lui dise ce qui semblait si important.

« Le Prince Stavian a ordonné que je partage sa couche cette nuit. Je dois le rejoindre dans moins d'une heure maintenant.
- Eh bien, tu feras de ton mieux pour lui obéir et lui donner satisfaction. »


La réponse de Ménas la laissa un instant sans voix, elle retint les larmes qui menaçaient de couler. Et lui répondit la voix un peu tremblante.

« Bien sûr. Je ne sais pas pourquoi je suis venue te voir, je... »
Elle fit volte-face, partant sans même terminer sa phrase. L'homme la retint par le bras et la serra contre lui.

« Excuse-moi, je n'aurai jamais dû dire ça.
- Je voulais juste que tu saches où j'étais s'il m'arrivait quelque-chose. Ou si je n'étais plus là demain.
- Fais très attention à toi.
- J'ai peur. »


Il la garda un moment contre lui, elle se blottit, la tête sur son torse, écoutant les battements de son cœur. Quand ils se séparèrent, il l'embrassa tendrement sur le front en lui répétant de faire très attention.

***

Elle franchit la porte de la chambre princière avec appréhension. La pièce était éclairée d'une lumière tamisée provenant de plusieurs chandelles et du feu qui maintenait la pièce dans une chaleur un peu étouffante. Le prince était assis sur un fauteuil magnifique et la regardait entrer. Elle s'arrêta, fit une révérence un peu gauche et resta immobile sans savoir quoi faire.

« Déshabille-toi. »

Elle commença à déboutonner sa robe, se réjouissant d'avoir enlevé son médaillon sacré avant de venir. Lorsque la robe fut à ses pieds, il lui ordonna de s'approcher, ce qu'elle fit un peu hésitante.

***

Elle ramassa sa robe et la passa le plus rapidement et silencieusement qu'elle pouvait, espérant que le Prince ne se réveille pas avant son départ. Retourner à ses côtés lui demanderait plus de volonté qu'elle n'en avait. Habitué à être servi en toute chose, elle n'avait pas dû seulement subir ses assauts mais elle avait dû les susciter.

Elle sortit le plus discrètement possible, terminant de se rhabiller sous l’œil impassible des gardes. Elle n'avait qu'une hâte, rentrer chez elle, vérifier que son fils allait bien, prendre un bain, et dormir pour oublier cette nuit. Oublier la lune violette. Oublier cette journée même. Oublier le regard méprisant d'Aëlynn, oublier le regard gêné de Valaar, oublier même Corwyn et tout ce que leur présence ramenait comme souvenirs à la surface. Oublier Dragonfall, oublier ses parents, oublier Durgan et Kelvan, oublier Méléarn ce frère dont elle avait donné le prénom à son fils et qui l'avait marquée de cette cicatrice qui ne disparaîtrait jamais, oublier Fiona, et oublier Raynor.

***

Les premiers rayons du soleil inondaient de lumière la petite maison près du temple, elle semblait étrangement vide, la quasi totalité des meubles étaient partis, le fauteuil de cuir qui trônait encore la veille au centre de la pièce principale avait rejoint les autres meubles chez Ménas. Des paquetages étaient entassés dans un coin, ils avaient été faits et défaits plusieurs fois, cherchant à être allégés mais sans oublier le nécessaire. Une fois sur les routes, il sera trop tard pour regretter un oubli. Le départ avait lieu dans à peine quelques heures, Lyssa devra rendre la clé de la maison au Temple d'Abadar et celle-ci sera aussi vite redonnée à un nouvel occupant. Peut-être à cette jeune acolyte qui paraissait si fière de servir le Grand-Prêtre ?

Cela ne lui semblait plus aussi important qu'avant. Elle avait dit au-revoir à son fils. S'il n'avait pas voulu la rencontrer, des affaires urgentes l'avait soit-disant empêcher d'accepter l'entretien qu'elle lui avait demandé, l'Exarque de Porth avait néanmoins accepter qu'elle passe la nuit auprès de Méléarn.

En attendant le moment où il faudrait partir, Lyssa priait sur un prie-dieu. Régulièrement, elle se grattait le cou, son armure d'écailles frottait, elle n'avait pas l'habitude de porter ce genre de protection, elle se sentait gauche dedans mais elle savait qu'elle en aurait vite besoin.

« Abadar,
Je T'en supplie protège mon fils, Méléarn. Je sais que la Maison de l'Exarque est le meilleur endroit où il puisse être en sécurité mais qui le protégera de l'Exarque ? Fais que la conversation qu'il a eu avec Ménas toute la nuit dernière porte ses fruits, s'il Te plaît.

Et je T'en supplie, Fais que tout ceux de ma famille ne soient pas morts malgré ce qu'a sous-entendu le Prince.

Abadar... J'ai peur. Peur de ce qui nous attend, peur de ce que peut faire le Prince. Je sais que je ne devrais pas douter de lui, qu'il est le représentant de l'autorité, du pouvoir et des lois, et qu'il vaut mieux un mauvais Prince que pas de Prince du tout, mais... je sais qu'il ne suit pas les lois lui-même. Lors de la Grande Chasse, il n'a pas hésité à tricher et à bafouer les traditions du Royaume. Il a même utilisé Ton arme sacrée pour sa forfaiture.

Abadar... Je crois même qu'il a joué un rôle dans la mort de son père. Son propre père.

Évidemment, Tu sais tout cela. Et si je dis vrai alors Tu as Tes raisons pour qu'il ne soit pas encore jugé mais... j'ai peur de ce qu'il peut faire.

Rien n'est fini. Je Te remercie de nous avoir permis de nous innocenter de ce régicide grâce à l'action de Sa Très Sainte Grâce mais rien ne tient. Nous avons été accusé bien trop rapidement. Et pourquoi Corwyn et Aëlynn ? Que je sois accusée et que Valaar le soit est logique. Valaar a parlé de la Grande Chasse et Cal a tout répété au Prince et moi, le Prince Joffrey m'avait déjà reconnu depuis longtemps. Mais comment pouvait-il savoir que Corwyn et Aëlynn étaient en ville ? Et qu'on m'accuse du régicide, je peux le comprendre puisque je suis la dernière à avoir vu le Prince vivant, qu'on pense Valaar mon complice, soit, pourquoi pas ? Mais quel était le rôle des deux autres ? Non, ces arrestations ne tenaient pas. Et puis... depuis quand laisse-t-on des accusés mener une enquête pour s'innocenter eux-mêmes ? Pourquoi nous a-t-on laissé dehors et non pas en prison pendant que Tes Justiciers confirmés mènent l'enquête ? Ils auraient eu les mêmes résultats.

Et pourquoi personne n'a mis la parole de la Fraternité du Crâne en doute ? Il a suffit qu'elle revendique le crime pour que tout le monde l'accepte. Cela a été trop facile, trop rapide encore une fois. J'ai l'impression que n'avons été qu'un message. Un simple parchemin sur lequel une puissance a écrit un message à une autre, qu'un nouvel équilibre de force a été mis en place par notre intermédiaire. Mais je ne sais de qui il s'agit.

Je ne pense pas le Prince Joffrey, Excuse-moi Abadar, suffisamment intelligent pour cela. Mais je ne sais qui le manipule et surtout dans quel but. Fasse que ce soit pour Ta Gloire.

Maintenant, on nous fait partir de la ville, comme si nous avions fait ce que nous devions et nous n'étions plus nécessaire, voire même nous étions une gêne.

Mais nous allons à Dragonfall, je saurai enfin pourquoi mes lettres n'ont jamais eu de réponses. Et je saurai si ma famille est morte ainsi que l'a laissé supposer le Prince en me remettant l'épée de mes ancêtres.

Et il y a Ménas. Merci de l'avoir fait nous accompagner même si je suis désolée pour lui. Il ne méritait pas d'être mêlé à toutes nos affaires, j'espère qu'il ne m'en veut pas d'être envoyé dans une mission avec quinze hommes, quatre civils, et en plus sous le commandement d'un autre officier, alors qu'il est Capitaine, fils de l'Exarque, futur Vice-roi de Cassomir. Le Prince n'aurait pas fait autrement s'il avait voulu prouver à l'Exarque qu'il avait le pouvoir et compter bien s'en servir.

Abadar, je T'en supplie, Protège-le. Protège Ménas, il a toujours été bon avec moi, plus qu'il ne devrait. Et je T'avoue que je redoute la route, comment Ménas et Valaar vont-ils se supporter ? Ménas m'en veut toujours d'avoir fait entrer Valaar chez moi. C'est le seul homme à part lui qui a franchi le seuil de ma maison. Pourquoi a-t-il fallu que Ménas soit présent ? Pourquoi m'as-Tu joué ce tour ? Je ne T'en veux pas, évidemment, mais Tu aurais quand même pu T'abstenir... ça va rendre la situation encore plus difficile qu'elle ne l'est. »


La porte s'ouvrit et la silhouette de Ménas de Porth apparut dans l'embrasure. La jeune fille termina sa prière, salua son dieu et se leva. Sans un mot, Ménas se dirigea vers les paquetages et prit le plus lourd avant de sortir, elle porta le second et le suivit vers les chevaux qui attendaient dehors.

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