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102316 Messages dans 7472 Sujets par 914 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 15, 2019, 09:06:31 am
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Auteur Sujet: Va ne t'attriste pas ! L'amour n'est que hasard !  (Lu 1327 fois)

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Hors ligne Wilen

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Va ne t'attriste pas ! L'amour n'est que hasard !
« le: novembre 20, 2013, 01:33:53 am »
Lexique : parce que le loup blanc aime les majuscules.

Banalité : L’absence d’émotions humaines, qui peut aller jusqu' à blesser les fées.

Changelin : Pour survivre devant l’émergence de la banalité, les fées partagent leurs existences avec un hôte humain. Qu’un changelin écarte son héritage féérique et c’est l’Oubli : qu’il oublie son humanité et c’est le Tumulte. Les deux sont également mortels.

Seelies : Ces changelins valorisent l’amour, l’honneur, la beauté, la réciprocité.

Unseelies : Ces changelins valorisent la passion, la liberté, le changement et le pouvoir.

Sidhe : Fées nées des rêves de noblesse

Banshid : Fées nées de la peur

Le solstice d’hiver : En plein cœur de la nuit, toutes les fées se réunissent pour une fête dédiée au renouveau et au changement. Les seelie embrassent leur héritage unseelie et vice-versa. Personne n’est tenu responsable de ses actes cette nuit, mais l’ambiance reste à la fête et rien de sérieux n’est accompli. La plupart du temps en tous cas.

Le Songe : toutes les fées sont issues des rêves des humains. Quelque part entre le réel et le reste, le Songe se superpose au monde concret. Un changelin peut enchanter d’autres créatures temporairement, qui peuvent alors interagir avec le songe (et vice-versa).

Chimère : les chimères sont des créatures féeriques sans existence dans le monde réel. Certaines sont soumises aux fées, d'autres ont une volonté propre. Aucune chimère ne ressemble à une autre et leurs capacités sont aussi imprévisibles que déroutantes.

Fer froid : le fer pur (donc sans alliages)  blesse les fées et dissipe leurs charmes. Tuer une fée avec une arme en fer froid est le pire des crimes possibles, conduisant à la mort des rêves.
« Modifié: décembre 08, 2013, 16:11:17 pm par Wilen »

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Re : Too much love will kill you
« Réponse #1 le: novembre 20, 2013, 01:34:54 am »
Je suis Alexeï, sidhe de la maison fiona. J’ai grandi parmi les dragons-libellules et la soie de lune, combattu les unseelies, les chimères du cauchemar, l’autotune et les studios Marvel. A l’âge d’homme, j’ai beaucoup embrassé et aimé parfois. J’ai épousé Viviane, la plus belle de toutes les fées : les eaux chantaient, les rochers approuvaient silencieusement et l’herbe ronronnait à nos côtés. D’autres fées ont mis leurs pas dans les miens et à l’automne de ma vie il ne restait qu’à attendre paisiblement la fin, toute passion assouvie, tout désir comblé.
Jusqu’à ce que je rêve d’elle.
Je demande aux cailloux et ils répondent qu’elle est au cœur de la tempête.
Je demande aux arbres et ils répondent qu’elle est au cœur de la tempête.
Depuis, je cherche la tempête.


Je suis Stéphane, j’apprends  le sport aux gamins au collège Wagner d’east harlem . Un peu le sport, un peu les filles ou les garçons, un peu la vie aussi en vrai quoi. Pas que je sois le plus responsable des adultes mais pour certains je suis tout ce qu’ils ont. Je fais bien mon boulot, j’aime ces gosses et la plupart me le rendent bien. L’école tourne bien dans un quartier pas facile, et je suis fier de ce qu’on fait. Si tu m’avais dit quand j’étais un chiard que je serais toujours à l’école dans vingt ans, je t’aurais demandé de faire tourner parce que c’est de la bonne. J’ai une femme qui est plus que ce que je mérite et deux filles qui te volent le cœur avant que t’aies pu dire bonjour. Et avant que tu t’énerves, elles ont un père qui te volera les dents si tu leur mets une patte dessus.
J’ai merdé tu sais. J’ai toujours mes filles mais le reste s’est barré parce que j’étais pas foutu de me contenter de ce que j’avais. Depuis deux mois, je dors sur les canapés des copains, je rêve éveillé et ils commencent à vouloir me foutre dehors. J’aurais fait pareil, note.
C’est juste que Viviane et les filles me manquent.

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Re : Too much love will kill you
« Réponse #2 le: novembre 20, 2013, 01:51:07 am »
Avant ISIS

J’ai encore rêvé d’elle : deux yeux d’un noir profond, des lèvres tristes : mon désir a un visage.
Je me suis fait foutre à la porte de mon dernier pote. Rien de personnel, sa femme connaît la mienne et elle comprend pas qu’ils abritent un salaud comme moi. Il m’a donné l’adresse d’un foyer. J’y suis allé, ils peuvent me garder deux nuits. Après, c’est un autre foyer. Ou la rue.
Parfois brune, parfois blonde, parfois maigre parfois ronde, seuls ses yeux ne changent jamais…

Une fée dans un bocal

Y’a un costard qui est venu me parler. Il a de l’argent pour les filles et un toit pour ma pomme. Pour mes capacités « spéciales ». J’ai dit oui, macaque. Pour une fois que ça m’apportera quelque chose de bien.
La fortune sourit aux audacieux : je cherche une tempête et c’est tout un office météo qui vient me voir. Plus qu’à la trouver et le plus dur sera fait.
Peut-être que je deviens juste fou... je devrais aller voir un médecin...

Un garou, une goule et un démon entrent un ascenseur.

Le roi des Etats-Unis monte un cirque, et il me veut dedans ! Un duc quelconque a besoin de protection contre deux spadassins, Hironobu et salad fingers. Si je finis ça rapidement et proprement, Timothy me dira ce qu'il sait.
J’ai entendu agence privée gouvernementale. Ça sonne juste comme « Débrouillez-vous si ça tourne mal ». Enfin j’ai surtout entendu 40000 $. Joyeux Noël.
A la rubrique partenaire particuliers, on est gâtés : Wang-zi, un démon chinois ayant dépassé la date de péremption, une chasseuse sachant chasser le sang, et un garou ascendant « je sais faire mes lacets tout seul». Je ne savais même pas que la moitié de ces créatures existaient. Le garou gagne deux points : il est vraiment impressionnant quand il se met à poil et ne partage pas les habitudes nudistes de ses collègues.
Oh, cookies !

Donc on doit protéger le sénateur Cameron Brady sans savoir pourquoi ou par qui il est menacé et les assassins sont deux voire plus si affinité. Bon, chacun chez soi et les moutons seront bien gardés : le premier de ces messieurs joue dans ma catégorie. C’est un mercenaire, entre gens raisonnables il y’a toujours moyen de discuter.
Une bansidh. Plus résistante que de la mauvaise herbe, capable de se faufiler dans une gouttière. Elles terrorisent les enfants, mais visiblement celle-là a étendu ses activités. Vu le dossier que j’ai dans les mains, elle sait occuper ses journées. Elle maîtrise l’art souverain, réservé aux nobles. Une meurtrière capable de commander n’importe quoi à n’importe qui et de s’infiltrer n’importe où. Après tout, l'ennui ne devrait pas être au rendez-vous
Ce soir, c’est le solstice d’hiver, peut-être l’occasion d’apprendre quelque chose. Wang-zi vient avec moi.

Au cas où cette soirée finisse mal. Ou que je finisse mal.

Grand station Hall

L’entrée est barrée pour cause de travaux. Derrière les barrières, j’aperçois un vieil homme faire des grands moulinets dans le vide, des enfants surexcités courent dans toutes les directions et une cinquantaine de personnes s’agitent sans motifs. L’air est glacé, le vent siffle dans la gare et la lumière blafarde des écrans où défilent les horaires ne suffit qu'à peine à voir ou je mets les pieds.
Les vignes rampent le long des piliers du hall, le ciel étoilé brille directement au-dessus de nos têtes. Je peux à peine m’approcher des braseros fumants. Près de l’horloge centrale le temps ralentit ou accélère et les plus jeunes font des cabrioles impossibles. Wang-zi a soulevé un sourcil lorsque je l’ai enchanté puis repris son attitude habituelle. Sacré gaillard celui-là. La plupart des humains s’évanouissent une petite heure avant de pouvoir faire quoi que ce soit.
Eh bien, c’est l’heure de prendre le train pour les nuages.

Mes potes défilent un par un et me félicitent pour mon attitude ces derniers jours. J’ai envie de vomir. Je sais que le solstice nous rend tous fous mais je n’arrive pas à me joindre à eux. Et viviane s’approche. Pas la peine de lui demander comment elle va, c’est la douche froide. Pas grand sens de s’excuser après ce que j’ai fait. Et à vrai dire, pas trop l’envie non plus.
Même salad fingers est ici, à parader parmi les invités. J’en ai assez fait, il peut bien assassiner qui il veut, c’est plus mon problème. Que Wang-zi fasse le boulot, je vais oublier mon prénom un peu plus loin.
Ça c’est une fête ! Les convives se poussent et mon démon préféré fait face à salad fingers. Volte et feinte, fleurs et arts martiaux s’entrechoquent. Salad fingers finit nu, et personne n’avait vraiment envie de voir ça. Pour la petite histoire, salad fingers pisse debout : sous sa robe, entre ses cuisses, c’est bien un tube et non un trou. La suite est un peu confuse : Obéron a vomi, une bestiole gigantesque avec deux grandes ailes de hibou a dansé le madison (je crois que c’était wang-zi. Penser à le réinviter).
Le retour se passe sans histoire, je décline poliment l’offre de wang-zi de partager son bain. Penser à l’éviter.
J’ai dû rêver ? J’aurais juré que dans ce taxi… Ça doit être la fatigue…
Je l’ai vue ! Elle existe !

Le Pursuit

Je retrouve l’équipe au grand complet. Ils ont avancé sur Hironobu, le deuxième tueur. La pauvre petite chose a eu une enfance difficile. Selon toutes probabilités, ça ne va pas aller en s’améliorant. En attendant que leurs contacts se renseignent, il reste à découvrir pourquoi quelqu’un en voudrait à Cameron. Au point de lâcher ce genre d’adversaires à ses trousses.
Un dénommé Georges Moy aurait des informations. Direction le Pursuit, un jazz bar. Pourquoi est-ce que ce genre de type ne traîne jamais dans une bonne rave ?
Le band est impressionnant. Ça sonne comme la douleur de grandir et la joie tranquille des souvenirs.
Bref, c’est pas tout ça… tout ce petit monde s’est éparpillé. Vu les regards que se lancent les deux en bas, elle ne va pas tarder à crier au loup. Wang-zi parle de magie utilisée dans un réduit à l’étage où se trouve le bon Georges. Temps de se concerter avant de décider de la suite.
Je ne sais pas pourquoi je me suis retourné : son parfum ? Le destin ? Elle était là. Mes rêves ne lui faisaient pas honneur. J’ai balbutié, brûlé, vécu cent ans en un instant, compris tous les lieux communs et oublié leur existence. Pas elle.
Eh bien c’est un succès.
Les joues en feu, je tourne les yeux vers mes compagnons au bar, je peux palper la trame de désir entre eux. Mes poings se crispent. Quelqu’un quelque part a des réponses. Et tout intérêt à me les donner. Je pars en trombe, et une bave brûlante coule de mes yeux. Wang zi hésite devant la porte du réduit. Le fracas de l’ouverture rend un son agréable à mes oreilles.
L’homme est bien celui recherché, assis derrière un bureau. Il refuse de répondre. Parfait. Ses yeux se dilatent, je réalise qu’il voit ma forme de sidhe et je m’en fous. Il refuse à nouveau et se retrouve collé au mur, ma main autour de son cou fragile. Il refuse encore. Je le repose comme un chat joue avec sa proie. Il refuse. Je le soulève à nouveau. Il sort un pistolet. Je marque une pause, lui arrache. Je lui rends. Il refuse toujours. Wang zi est arrivé, il regarde et je m’en fous. Je me prépare à le passer vers la fenêtre, puis je comprends qu’il ne craint pas la mort. C’est la première fois que je rencontre quelqu’un comme ça. Je joue avec l’idée de le tuer.
La femme que j’aime n’aime plus personne et un humain tient tête à un roi des fées.
Je le libère avec un mélange de respect forcé, de confusion et de peur avant de m’enfuir.

Je n’ai même plus la colère pour me soutenir, le retour se fait dans le silence. Quelques heures plus tard je me couche avant le soleil et tout habillé dans mon appartement vide. Demain, il faudra que j’achète quelque chose pour les filles. Peut-être m’excuser au bar. Demain.
« Modifié: novembre 21, 2013, 17:06:02 pm par Wilen »

Hors ligne Wilen

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Re : Va ne t'attriste pas ! L'amour n'est que hasard !
« Réponse #3 le: décembre 08, 2013, 16:26:38 pm »
Désolé pour hier soir

Le soleil perce tant bien que mal à travers les rideaux de la chambre. Il me trouve sans espoir et sans énergie : ce 23 décembre n’est qu’un caractère de plus dans la litanie morne du reste de ma vie…
23 Décembre ? Bordel de * ù^$ ! Avec tout ce qui m’est tombé dessus j’ai oublié de finir mes cadeaux pour les filles. J’enfile mon pantalon et mon café dans un même mouvement avant de me jeter vers les grands magasins.
Je me retrouve avec une chiée de sacs qui menacent de se casser la gueule à chaque instant après plusieurs allers-retours vers l’ATM. Tout le monde se bouscule, hurle au téléphone, et le nez du père Noël n’est pas rouge à cause du froid : vive Noël à New York !
Je ferais aussi bien de finir ma mission maintenant que c’est tout ce qu’il me reste… Si ces deux spadassins sont aussi méticuleux que Timothy le répète, ils gardent probablement un œil à la demeure de leur proie. Et comme quatre paires d’yeux valent mieux qu’une, pas de raison que le reste de la coterie profite de ses vacances. Sauf Eugène le lupin « qui a des choses importantes à faire et pas le temps pour mes plans foireux ».


Le Pineapple paradise

Plutôt posé comme bar, et leurs jus de fruits sont pas dégueulasses. C’était pas une raison pour me regarder comme ça quand j’ai demandé une bière.
La terrasse se trouve juste en face du pied-à-terre du duc humain. La surveillance est primitive, presque décevante : une chimère va et vient au-dessus du bâtiment. Salad fingers, mon ami, tu te laisses aller…
Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas à l’aise pour reconnaître une chimère, c’est facile : d’abord, vos collègues vous prennent pour un fou quand vous la mentionnez. Ensuite, les furets ne volent pas et n’ont pas un mat et des voiles dans le dos.
Je m’approche pour reluquer le machin discrètement, en faisant semblant de m’intéresser à un magasin d’accessoire.
La créature suit un curieux manège, elle s’arrête régulièrement près d’une citerne d’eau sur un toit voisin (ne soyons pas ridicules : laissons les humains appeler ça un château).

Après tout la boutique est pas mal, et je repars avec un cuir. Pas n’importe quel cuir : James Dean le portait dans ses courses automobiles. « Sans déconner » m’a promis le vendeur. C’est l’heure de voir à qui la bestiole rend des comptes : Marceline vient avec moi, Wang-zi s’intéresse à un chien des rues. Je préfère ne pas demander pourquoi.

Un hall d'immeuble sans importance

Un beau petit lot d’appartements c’est sûr. Les dalles polies claquent sous mes pompes comme si je portais des talons aiguilles. Et bien sûr la porte à l’entrée coûte probablement plusieurs fins de mois. De quand je bossais encore, je veux dire. Là où ça tombe bien, c’est que prof de sport avec deux enfants, c’est trois raison de rentrer chez des inconnus pour récupérer des ballons. Je sonne au hasard au rez-de-chaussée.
La bonne nouvelle c’est que la mamie qui répond accepte de nous ouvrir. La mauvaise c’est qu’elle veut nous tenir la jambe jusqu’à ce qu’on récupère le ballon.

L’assassin avait un marcassin

Le toit est minuscule et tristement uniforme. Près de la citerne, un petit sanglier est étendu au soleil, l’œil fermé. Des branches courent sur tout son flanc et la mousse recouvre son corps. Un arbrisseau entier émerge de son échine et des minuscules baies d’un rouge vif y pendent. Je n’ai pas vu de chimères aussi élaborées depuis longtemps [Pour plus de détails, je crois que Marceline a une photo] . Le furet revient à ce moment. Entre ses deux pattes avant se trouve une baie qu’il enfouit rapidement dans le sanglier sans que ce dernier réagisse avant de repartir pour une de ses rondes.

Quoi qu’il se passe ici c’est plus que de la surveillance… Marceline s’approche lentement de la chimère végétale. La bonne grand-mère qui nous accompagne commence à perdre patience et le comportement de ma collègue-et-néanmoins-amie achève de l’alerter. Elle essaye de nous enfermer sur le toit. Je la suis juste avant que la porte claque. Je la calme comme je peux pendant que des chocs sourds proviennent du toit. Elle finit par s’enfuir aussi vite que sa hanche lui permet, convaincue que nous sommes des cambrioleurs. J’espère qu’elle ne va pas tomber dans l’escalier…
Maintenant que la harpie est écartée, je remonte rapidement. Après les explications de Marceline, il semblerait que le marcassin n'a pas coopéré et qu'il tapisse maintenant le trottoir. A peine le temps de réfléchir et le furet revient déjà, et tourne autour de la citerne, confus. Marceline l’attrape rapidement avant de me le tendre dès qu’il commence à griffer. J’essaye de le rassurer. Il me griffe en feulant. Un coup sur le crâne et c’est le retour au calme dans les bras de Morphée.

Une poussière brun orangée est éparpillée sur le toit. J’en essuie un peu sur la manche de mon blouson. Un coup de langue rapide.
Feu. Brûle. Fer froid  Eloignez ça de moi !
Je crache, je crie j’ai envie de vomir et je me souviens – Moi viviane les filles après l’annonce de notre séparation Alice a déjà compris son visage encore rond se tord se déforme Emmanuelle la plus petite me regarde yeux pleins d’incompréhension bouche remplie de questions je veux pas répéter je veux cracher crier mourir.
Enfin le goût du sang noie la chaleur et je reprends mes esprits, Marceline ne donne pas l’impression d’avoir remarqué quoi que ce soit. J’acquiesce à tout ce qu’elle dit, je suis mécaniquement, et wang zi nous retrouve en bas.

Il répète qu’il va bien mais il a pris une couleur de vieux papier peint. Je suppose qu’on fait la paire. Vu les tronches qu’on tire, notre goule préférée propose de prendre la garde cette nuit. Je me bats pas longtemps.

No place like home

A quelques blocs de mon appartement, le furet recommence à s’agiter. Je lui lance un regard mauvais, il se recroqueville et reste silencieux : c’est  le début d’une belle amitié. Une voix éraillée s’élève derrière moi et demande pourquoi un cadavre se balade avec un furet dans la poche. J’avais même pas remarqué le clochard avant qu’il l’ouvre. Assis contre une bouche d’aération, on dirait qu’il a toujours été dans cette rue. Est-ce qu'il voit les chimères ?
Plutôt petit, il doit avoir une bonne moitié de sang indien : des cheveux noirs filasses, sa peau cuivrée est marquée par quelques cicatrices et des rides précoces. Il porte deux polaires sur sa chemise mais ses pieds sont nus et il ne paraît même pas le remarquer. Ses yeux sont dissimulés derrière des lunettes de soleil trop grandes pour lui. Deux panneaux sont posés devant son fatras. Le premier dit :
« Avez-vous vu cette guitare ? » accompagné d’un dessin grossier.
Le deuxième : « Je veux rien. »

Une femme dépose quelques dollars devant lui et les récupère immédiatement en pleine tête. Elle se retourne avec un mélange de surprise et de colère et je beugle « Vous ne savez pas lire bordel ? ». Elle se met à courir en haletant comme un petit chien pendant que je me fends la gueule.
L’indien s’appelle Daniel. Ça doit faire une heure que je suis assis à côté de lui et je commence à devenir plutôt bon au lancer de pièces. Le froid finit par me forcer à me lever, je lui propose de venir chez moi pour la nuit. Il finit par accepter quand il comprend que c’est moins de la charité qu’une façon de sauver ma soirée. Et puis être celui qui offre son canapé est un changement agréable.
Alors que la douche commence à ronronner, je m’éclipse jusqu’à la boutique de musique la plus proche. Le vendeur croit reconnaître le modèle dessiné par  Daniel. La guitare qu’il me tend a l’air solide mais c’est à peu près sa seule qualité. Ca et son prix bien sûr. Le seul moyen d’empêcher Daniel de continuer à me remercier est de le faire chanter. Ce qu’il fait plutôt bien le salaud.
Il reprend des classiques de folk et de rock sans se faire prier. Rapidement, il oublie où il se trouve, ses yeux se ferment à demi et sa main prend ses marques sur le manche. Ses reprises sont étonnantes,  il n’essaye pas d’adapter les chansons qu’il joue ou de s’approprier un peu de leur gloire. Il donne simplement l’impression de remercier leurs auteurs en faisant de son mieux pour qu’ils ne soient pas oubliés.
Un homme rare. La nuit file et le sommeil me trouve avant l’ennui.
« Modifié: décembre 08, 2013, 16:29:39 pm par Wilen »

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