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102535 Messages dans 7508 Sujets par 887 Membres - Dernier membre: AlexKet septembre 23, 2019, 13:13:33 pm
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Auteur Sujet: Ch. 28 - Retrouvailles  (Lu 2542 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Ch. 28 - Retrouvailles
« le: août 03, 2013, 10:45:47 am »
L’énergie sombre termine de pulser à travers la carcasse au sol de ce qui fut le Dracoliche, Marogarth. Nous avons réussi ! Nous avons abattu un Dracoliche ! Je ne pensais pas la chose possible. Jamais je n’aurai cru que nous reviendrions de ce combat.
Mais nous n’avons pas le temps de nous reposer, il faut utiliser le parchemin de souhait pendant qu’il est encore temps. Lucian et Barth se lancent dans une discussion rapide afin de prononcer le souhait de la meilleure des façons. Je les écoute assez nerveusement. Pourvu qu’ils réussissent. Que Majesté revienne ! Je sais que pour Lucian la décision est difficile, ce souhait lui enlève la seule possibilité qu’il avait de libérer Forge, mais il a fait son choix, un de ces choix douloureux que nous avons tous dû faire chacun à notre tour. 

Il s’approche, le parchemin déplié devant lui : « Je souhaite que Silversheen reprenne vie ici même sous sa forme véritable de Dragon d’argent flamboyant. »

Un halo d’énergie recouvre le corps du dracoliche et nous le voyons se reconstruire au fur et à mesure. De la chair recouvre les endroits où il n’y avait que des os et des écailles recouvrent cette chair, ces muscles. Des ténèbres qui furent Marogarth apparaît dans une splendeur argentée Silversheen. Devant cette apparition, je mets genou à terre, submergée par la puissance qui émerge du dragon. Et je m’aperçois que tous mes compagnons font de même.

Le dragon s’étire un instant, reprenant possession de son corps et nous regarde.

« Merci. »

La voix grave est bien celle de Majesté mais bien plus puissante, bien plus profonde. Mon cœur bondit dans ma poitrine. Nous avons réussi. Nous avons redonné à Majesté sa splendeur d’autrefois. Des larmes coulent sur mes joues sans que je ne pense à les arrêter.

J’entends Barth me dire : « Maintenant, oui, je veux bien l’appeler Majesté. »

Mais je ne l’entends qu’à peine. Je suis perdue dans les yeux argentés qui me regardent.

« Lyana »

Il m’appelle. Alors qu’il y a encore dix minutes, je pensais ne plus jamais entendre sa voix prononcer mon nom, il m’appelle. Et dans son regard je comprends que notre lien ne s’est jamais rompu, il est même encore plus fort qu’avant. Je me lève et m’approche de lui.

Autour de moi, mes compagnons se lèvent également, après un moment d’hésitation, Barth les enjoint à aller délivrer les prisonniers des cages qui entouraient la tanière du Dracoliche, me laissant seule près du Dragon argenté.

Nous ne nous parlons qu’à peine. Nous n’avons pas besoin de mots. Je ressens tout l’amour qu’il a pour moi, un amour incommensurable… Je sais à ce moment précis qu’il ferait tout pour moi. Comme je ferais tout pour lui. Mais cela il le savait déjà. Je comprends pourquoi il ne nous a pas accompagnés sur le Plan des Cauchemars, il ne pouvait pas affronter sa plus grande peur. Il m’avoue que ce n’était pas celle de ne jamais retrouver sa puissance mais celle de me perdre. Je m’accroche à son cou et me cache contre ses écailles, le visage baigné par des larmes de joie. Et je sens au plus profond de moi, l’indifférence que j’avais bâtie autour de mon cœur se briser et le froid qui m’envahissait jour après jour disparaître pour laisser place à une douce chaleur. Je ressens à nouveau des émotions.

Sa voix se fait rieuse quand il me propose d’essayer ses ailes retrouvées. Sans hésitation, j’escalade ses écailles et mon corps trouve ses marques comme si j’avais passé ma vie à chevaucher un dragon. Je comprends que ce sont les souvenirs de Llydia qui se juxtaposent aux miens et m’indiquent comment me tenir. Je suis un instant troublée, j’avais réveillé sciemment les souvenirs de fille de Tahar afin de pouvoir nous guider dans la ville d’Adorak mais j’aurai voulu que rien ne vienne troubler ce rare moment de bonheur. Majesté me rassure, je suis la Llydia qu’il a toujours rêvé de servir, il ne faut pas que j’en aie peur. Je me penche sur lui et le sers le plus fort que je peux en lui murmurant : « Empêche-moi de devenir comme elle. Protège-moi. »

Il me répond par un grondement rassurant en prenant son envol. Un cri de bonheur pur s’échappe de ma bouche sans que je puisse le retenir. Je me sens libre, heureuse comme je ne l’ai jamais été ! Le vent fouette mon visage alors que Majesté traverse le ciel en quelques battements d’ailes. Il s’essaye à des acrobaties aériennes vertigineuses. Il s’arrête net dans son élan en plein ciel, et repart de plus belle en piqué, alors que je pense que la terre va nous arrêter, il se redresse et remonte comme une flèche, laissant des sillons dans le sol à l’endroit où les griffes ont touché la terre. Je m’accroche de toutes mes forces à son cou, ivre de joie, à aucun moment je ne me sens en danger, ni même déséquilibrée. Je sais comment tenir, comment l’accompagner dans ces acrobaties. Un moment de pure extase partagée.

Nous volons ainsi une vingtaine de minutes où rien d’autre ne compte que lui, moi et le Ciel. Puis nous revenons à notre point de départ, à l’antre de Marogarth afin de retrouver mes compagnons. La guerre n’est pas finie, elle est même qu’à peine commencée et le temps nous est compté. C’était peut être le seul moment que nous partagerons seuls, lui et moi, mais à cet instant je me dis que tous ces sacrifices en valent peut-être la peine. La vie vaut peut-être d’être vécue.

(…)

Un liquide sombre recouvre le sol de la tour extérieure de Gibet. J’entre avec précaution et ne tarde pas à voir la source, un corps immense est empalé sur le mur de la tour intérieure. Un homme dont les ailes sont étirées et maintenues par des pieux composés d’ombre sombre est cloué au mur comme un papillon sur un morceau de liège. Ce doit être l’un des solars gardiens de la tour. Il semble ni vivant ni mort mais il ne ressemble en rien à un mort vivant. Que s’est-il passé ? Qui a le pouvoir de faire cela ? Qui a pu abattre cet être à la puissance incommensurable ?

Barth canalise et ses soins semblent guérir le solar, cependant si ces plaies se referment et ses yeux s’ouvrent, il ne semble pas reprendre connaissance. J’avance et j’arrive devant un deuxième corps cloué au mur de la même façon. Céléna s’approche et se place entre les deux corps, elle canalise à son tour et seul le deuxième corps semble bénéficier de ses bienfaits. Le premier devait donc être le solar lié à Aroden et le deuxième celui de Sarenrae.

Un raclement sur le sol se fait entendre. Nous ne sommes pas seuls. J’avance avec précaution, cherchant à savoir qui nous accompagne. Une brume recouvre le sol d’un épais nuage sombre. A quelques pas, un troisième solar est étendu sur le mur, je ne m’attarde pas et avance doucement, suivi par un Chèvrefeuille nerveux. Sur le sol à travers la brume, je trouve des traces de pas immenses. Un être de très grande taille est passée ici, l’assassin des solars sans nulle doute.

J’avance de quelques pas encore, lorsque tout devient silencieux. Je n’entends plus aucun bruit, et je ne vois plus Chèvrefeuille qui me suivait. Un bruit de pas lourd résonne soudain, des pas qui s’approchent. Tous mes sens sont en alerte. Et je le vois approcher. Un sourire cruel sur ses lèvres. Saelok. Le général du plan du cauchemar. Je m’en doutais, les pieux d’ombre, la brume, les traces de pas immenses, tout rappelait le plan du cauchemar. Le général me regarde, il n’a plus rien de sa compassion d’autrefois, il me regarde maintenant d’un air déçu.

« Tu nous as trahi.
- C’est vous qui m’avez trahi. Vous êtes parti, me laissant seule.
- C’est faux. Tu n’es plus la même. Tu as perdu de ton obscurité. Tu as laissé trop d’importance au Dragon. »

Dans un mouvement d’une rapidité inouïe, il lance sa main armée de griffes sur mon abdomen. Qu’importe l’armure de Mathus, rien ne peut me protéger d’un pareil coup. Mais l’impossible se produit, sa main traverse mon corps sans dommage. Alors que mes entrailles auraient dû recouvrir le sol, ses mains ne parviennent pas à me toucher. Je ne sais qui est le plus surpris de nous deux. En d’autre moment, la situation pourrait même être comique. Il me regarde perplexe puis un sourire inquiétant né sur ses lèvres :

«  Peut-être alors… A tout à l’heure. »

Il disparaît et j’entends à nouveau le bruit de mes compagnons, Chèvrefeuille crie mon nom. Je les appelle, leur annonçant que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes sur le plan des cauchemars. Sur le sol, la brume disparaît petit à petit. Mais je ne me rends pas compte que c’est mon corps qui l’absorbe et plus précisément que la brume s’engouffre dans mon ventre, là où le général m’a frappé en vain.

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