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102535 Messages dans 7508 Sujets par 887 Membres - Dernier membre: AlexKet septembre 23, 2019, 13:41:07 pm
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Auteur Sujet: Ch. 28 - Exode  (Lu 1137 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Ch. 28 - Exode
« le: juillet 23, 2013, 00:13:48 am »
La file des habitants de l’ouest de l’Ustalav s’étendait le long de la route en une procession interminable. Les grincements des roues des chariots accompagnaient le bruit de pas des piétons. Convaincre les villages de tout abandonner pour fuir vers l’Ardil n’avait pas été chose facile malgré la menace orque. Les orques n’étaient qu’à quelques jours et la distance ne faisait que se réduire. Malgré cela, certains habitants ne voulaient pas partir. Il avait fallu toute la diplomatie des envoyés de Vigil pour raisonner les villages un à un.

Ravengro n’avait pas fait exception, certains de ses habitants ne voulaient pas quitter leur maison et la réunion qui avait eu lieu dans l’hôtel de ville rénové avait été houleuse.
Céléna, paladine de Sarenrae et comtesse de Caliphvaso, avait expliqué la situation à sa manière franche et directe. Les orques étaient à moins d’une semaine et ils allaient déferler sur le Canterwall sans la moindre pitié. Ravengro, principal grenier de l’Ustalav, serait leur cible prioritaire, une armée de 5 000 soldats doit être nourrie. L’assemblée avait pali mais essayer d’amoindrir les risques. Des incursions orques avaient régulièrement lieu et s’ils font quelques victimes, ils sont toujours repoussés, et aujourd’hui ça sera pareil.

Bartholomeu, prêtre de Desna, insista. Il ne s’agissait pas d’incursion de quelques orques mais d’une véritable invasion. Tout le Belkzen était en marche avec leurs machines de guerre. Dans à peine quelques jours, ce ne sont pas quelques orques qui entreraient dans Ravengro mais 5 000 monstres. Il ne faut pas s’attendre à la moindre pitié de leur part. Les forces de Vigil ne sont pas assez nombreuses pour les repousser, ni celles de l’Ustalav d’ailleurs, ils étaient obligés de les laisser passer, tout ce que ils pouvaient faire c’est mettre les populations à l’abri et priver le Belkzen des ressources du Canterwall.

« Et comment comptez vous faire, hmmmm ? demanda le conseiller Vashian Heartmount.
- Nous devons évacuer le village au plus tôt et tout ce qui ne pourra pas être transporté devra être… détruit, répondit Marcus, paladin de Iomédae.
- Détruit ? Comment ça détruit ?
- Nous brûlerons les  réserves. »

Des cris de protestations s’élevèrent de toute l’assemblée. Brûler les récoltes étaient hors de questions, comment allaient-il survivre ? Il était hors de question de partir, de tout abandonner. Les étrangers devaient se tromper, les orques n’allaient pas venir jusqu’ici. Pourquoi devaient-ils les croire ?
Lyana Avanaki, rôdeuse de Ravengro, commençait à s’impatienter, elle allait prendre la parole lorsque son père la devança.

« Du calme ! Nous devons écouter les paladins et le prêtre. S’ils nous disent que nous sommes en danger alors je les crois.
- Evidemment que tu les crois ! Ta fille est avec eux ! Tu serais prêt à croire n’importe quoi !
- Oui, une de mes filles est avec eux. Je ne vois pas pourquoi je ne lui ferai pas confiance et puis Ravengro leur est redevable. Vous n’oubliez pas qu’ils nous ont sauvé des fantômes de Harrowstone ?
- Non, on n’a pas oublié ! Les fantômes sont arrivés juste après eux ! Ils portent malheur, à chaque fois qu’ils viennent, il y a des catastrophes.
- Qu’est-ce que tu insinues là, Stéphanus, demanda d’une voix glaciale Martha, la mère de Lyana.
- Qu’avant leur arrivée, il ne se passait jamais rien à Ravengro, puis ils sont arrivés et les fantômes sont sortis de la prison mais qu’attendre d’autre d’amis d’un nécromancien comme Pétros Lorrimor ? C’est de leur faute si le petit Théo est mort !
- C’est vrai ! des murmures d’approbation parcouraient la foule.
- Puis à peine ils sont partis avec leur drôle de créature en fer, qu’une créature de la même espèce est arrivée et a assassiné plusieurs des nôtres, le shérif, le père Grimburrow et même une de tes filles Luthko ! Tu les crois alors qu’ils ont tué K…
- Je t’interdis de prononcer le nom de ma sœur. »

La voix glaciale de Lyana le coupa net dans son envolée, le regard de la jeune fille ne laissait aucun doute, s’il continuait son sang se répandrait sur le sol dans la seconde qui suivait. Il avala difficilement sa salive et ses jambes commençaient à trembler devant les yeux vides d’émotions de la rôdeuse fixés sur lui. Martha posa une main apaisante sur le bras de sa fille qui détourna son regard, permettant à Stéphanus de reprendre sa respiration.

« Et Shanda Farravan ? Qui sait s’ils ne sont pas responsables de ce qui est arrivé à Shanda ? demanda Sergueï, un ouvrier agricole.
- Ne nous laissons pas submerger par nos émotions, hmmm, coupa Vashian Heartmount. Faire le compte des morts dont ils sont responsables ne servira à rien. Il est juste hors de question d’abandonner le village.
- Et puis, si nous partons et détruisons toutes nos réserves, comment survivrons-nous lorsque nous reviendrons une fois le danger écarté ? demanda Dame Straelock, conseillère du village.
- Oui tout à fait. Vous voyez bien que nous ne pouvons pas partir, hmmmmm, renchérit Vashian Heartmount.
- Alors vous mourrez, répondit Lyana. Ne croyez pas que vous pourrez composer avec les orques ou leur échapper. Ils viendront, ils pilleront, ils violeront et ils vous tueront. Tous. Jusqu’au dernier. Nous sommes en guerre. Il est hors de question que nous nourrissions l’armée ennemie. Emportez tout ce que vous pourrez transporter, par chariot ou à pied. Nous sommes ici à discuter alors que les orques avancent, vous devriez être en train de préparer vos affaires. Nous partons demain matin, soyez prêt. Tout ce qui ne pourra pas être emporté et qui pourra servir ces monstres sera brûlé. Que vous partiez ou que vous restiez. »

Un silence stupéfait suivit la déclaration, tous avaient conscience qu’elle disait vrai, une vague de protestation commença à s’élever alors que plusieurs personnes, dont Martha et Luthko, sortaient de l’hôtel de ville.

La voix courroucée de Céléna retentit dans l’esprit de Lyana.

« Ca t’amuse de les effrayer ? C’est tellement facile d’impressionner des villageois.
- Je dis juste la vérité. Nous n’avons pas de temps à perdre dans tous ces discours. S’ils restent, ils meurent, c’est aussi simple que ça et tu le sais.
- Tu aurais pu le dire de façon plus douce, c’est ton village, ils méritent qu’on leur explique. » enchérit Barth.

La rôdeuse les regarda un instant puis sortit du bâtiment. Ses pas la menèrent au temple de Pharasma, elle poussa la lourde porte et entra dans le temple silencieux. Elle resta un instant immobile perdue dans ses souvenirs, elle s’attendait presque à entendre bougonner le Père Grimburrow ou à voir surgir Kira dans sa robe grise de novice, souriante, heureuse de servir la Dame des Tombes. Elle avança jusqu’à l’autel, s’agenouilla, ferma les yeux et pria. Elle se sentait tellement vide, même les prières ne lui apportaient plus le réconfort d’avant.

Lorsqu’elle sortit du temple pour rejoindre la maison de ses parents, elle repassa devant l’hôtel de ville maintenant vide. Le village était en effervescence. Les gens courraient dans tous les sens, les chariots se remplissaient. Elle vit Barth, Céléna et Marcus aider les villageois à faire leur paquetage et à essayer de les raisonner sur ce qu’ils devaient emporter, non, prendre une armoire en chêne sculptée ne faisait pas partie des biens indispensables.

Lyana entra dans le magasin, les bagages s’entassaient dans la pièce principale, elle commença à emballer des victuailles quand sa mère la rejoint.

« Qu’est-ce qui t’arrive, Lyana ? Je ne te reconnais plus. Tu es si froide, si dure.
- J’ai grandit c’est tout. J’ai perdu mes illusions de petite fille.
- Je sais que tu vis des moments difficiles, mais n’oublies pas qui tu es ma chérie.
- Je ne l’oublie pas, maman. J’y pense à chaque instant, crois-moi.
- Tu es quelqu’un de bien. Tu es ma fille, et mes filles sont des bonnes personnes.
- Oui maman.
- … Et White ? tu as de ses nouvelles ?
- Non maman. Je ne sais pas où elle est. »

A quoi bon lui dire ? Sa mère aura tout le temps de pleurer après, il ne servait à rien de lui dire que White était captive du plan des cauchemars et condamnée, comme elle-même d’ailleurs. Même si par miracle elle survivait au réveil de Tar Baphon, le Mage de Vigil ne l’épargnerait pas. Il la tuera comme il a tué les enfants qu’il a eus avec Llydia, puis il tuera White l’instant d’après. Sans la moindre hésitation.


Le cheval gris trébucha sur la route, arrachant la rôdeuse à ses souvenirs. C’était un bon cheval, un des meilleurs qu’on pouvait trouver à Vigil mais il s’essoufflait si vite. Habituée à Majesté, elle avait oublié comment étaient les chevaux normaux. Mais Majesté n’était pas là, il était resté auprès du Mage dans sa tour. Quand ils étaient sortis du plan des Cauchemars, elle n’avait pas cherché à lui parler, elle ne voulait pas s’imposer à lui. Elle ne voulait plus s’attacher à quiconque, cela faisait trop mal.

Cela faisait maintenant plusieurs jours qu’ils avaient quitté Ravengro. Finalement, personne n’était resté, tout le village était sur la route vers l’Ardil. Au loin, on voyait encore la fumée montant dans le ciel, lorsqu’ils avaient mis le feu aux récoltes restantes, les larmes coulaient sur les joues de la plupart des villageois. Nul ne savait s’ils reviendraient un jour. Pour ces paysans qui n’avaient pour la plupart jamais quitté leur village, ce départ était une véritable tragédie. Ils perdaient tout et n’avaient aucune garantie sur l’avenir.

La file des villageois rejoignit celle des villages alentours puis celle des habitants des villes plus importantes, Courtaud, Lepidstadt. Une gigantesque file de personnes qui se dirigeaient vers l’Ardil. Les orques les suivaient, ils étaient de plus en plus près, véritable raz de marée monstrueuse.

Arrivés à destination, les autorités de l’Ardil les accueillirent et les installèrent dans des camps de fortune en attendant qu’ils puissent rentrer chez eux.
 
Avant de partir, Lyana alla voir une dernière fois ses parents. Elle les embrassa et les remercia pour les dix-huit magnifiques années qu’ils avaient offertes à ses sœurs et à elle. Elle leur dit adieu et ils savaient tous les trois que c’était la dernière fois qu’ils se voyaient.

Barth, Céléna, Marcus et Lyana partirent pour rejoindre au plus vite Vigil. Il ne restait plus que cinq jours avant le 21 Sarenith.
« Modifié: juillet 23, 2013, 09:15:53 am par Dorothée »

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