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102522 Messages dans 7499 Sujets par 875 Membres - Dernier membre: Quopayday septembre 19, 2019, 06:38:48 am
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Auteur Sujet: Chap. 26 - Honneur et Espoir  (Lu 880 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Chap. 26 - Honneur et Espoir
« le: juin 25, 2013, 00:12:42 am »
La liche explose sous l’imposition des mains de Frère Sylvestre. C’est la première de ces créatures que nous affrontons et le combat fut rude. Heureusement, le prêtre de Pharasma savait quoi faire. Les corps des étudiants en alchimie jonchent le sol, un survivant essaye de rester discrètement dans un coin, hélas pour lui, les flèches de Neculai ne lui laissent aucune chance et il s’effondre, maculant le mur contre lequel il était appuyé de longues traînées de sang.

Je regarde la scène, indifférente, et je réalise combien les derniers mois m’ont transformée. Nous ont transformé. Avant, jamais nous n’aurions accepté ce qui ressemble à une exécution sommaire, l’étudiant ne nous a pas agressés et il a même supplié pour sa vie. Pourtant, ni Céléna, ni moi n’avons plaidé pour sa survie. Neculai a fait ce qu’il fallait, il a fait disparaître une menace. Point. 
Je retrouve bien là le chasseur froid que j’ai toujours connu. Le voir à l’avant-poste de Réneglise avec les paladins m’a apaisée, je craignais que les paladins découvrent sa vraie nature et ne lui fassent payer. Et puis, le revoir confirme qu’il est un des piliers de ma vie, il me connaît réellement, il sait qui je suis et m’a vu grandir, il m’a fait grandir. Il ne m’a pas posé de questions, il a juste écouté ce que j’avais à lui dire sur Pétros et mes sœurs. Avec lui, je peux être Lyana Avanaki, rien de plus, ni personne d’autre.

Nous sortons de la salle de classe avec précaution. Des petits groupes de fanatiques parcourent l’endroit et s’ils nous repèrent nous sommes perdus, nous ne pourrons jamais lutter contre tous. Le déguisement que j’ai enfilé me rassure, non seulement il me soustrait aux regards des membres de la Voie qui Murmure, mais sa capuche dissimule mon visage, évitant qu’un fidèle de la Princesse Pâle ne reconnaisse mon visage.

Nous nous approchons d’une nouvelle porte, Neculai l’ouvre. Après un court instant, il demande à Frère Sylvestre de regarder à son tour, une brume recouvre toute la pièce, des silhouettes fantomatiques la parcourt. Des vivants. Nous entrons et nous nous perdons dans la brume. Non, ce n’est pas cela, nous sommes passés dans un autre plan, la sortie a disparu. Nous ne sommes pas seuls. Un homme aux longs cheveux est devant nous, une énorme épée noire dans le dos. Non loin, un autre homme, son armure est composée d’os. Ce n’est pas possible. Je les reconnais, mais ils sont morts ! Je les regarde mieux, convaincue de mon erreur, mais le doute n’est pas permis. Il s’agit bien d’Adémar et d’Auren Vrood. Et en regardant les autres personnes qui déambulent sans but, je les reconnais à leur tour, ce sont les habitants d’Illmarsh, les alchimistes de Lepidstadt… Toutes les personnes mortes de nos mains ou de notre faute. Un long frisson parcourt ma colonne vertébrale. Et je le vois, sa petite silhouette erre sans but. Théo. Que fait-il ici ? Il devrait être à côté de Pharasma, lors de la Nuit Pâle il est parti en paix après nous avoir fait ses adieux.

Un long murmure silencieux parcourt les âmes, elles s’éloignent d’un homme qui semble régner sur les lieux. Il avance, la mine bonhomme, souriant à tous. Une barbe recouvre une partie de son visage jovial, il porte une robe de bure et de nombreux symboles religieux pendent à son cou. Je le reconnais instantanément : le Père Charlatan, Sefik Corvin, celui qui s’était présenté à moi comme Frère Marcus, lorsque l’on luttait contre lui à la prison d’Harrowstone. Il s’approche de Théo, pose la main sur sa gorge en me regardant, souriant.

Je bande mon arc et le menace. Il m’enjoint de baisser l’arme si je ne veux pas qu’il arrive malheur à l’enfant. Les mâchoires crispées, je ne réponds pas et reste immobile, menaçante. Théo est déjà mort une fois de ma faute, ça ne recommencera pas.
Dans le même instant, sans la moindre hésitation, Sefik Corvin serre le poing et pulvérise l’âme de Théo, mes flèches partent et s’enfoncent dans le faux prêtre mais ne le blessent quasiment pas. Je sens mon corps s’alourdir. Les réactions de mes compagnons m’apprennent que je ne suis pas la seule.

« Tu veux m’attaquer, ici, dans mon royaume ? Moi, qui ne t’ai rien fait ? Moi qui étais le seul à te recueillir quand tous t’avaient abandonnée… Si je le veux, vous ne ressortirez jamais d’ici. Par contre, si tu baisses ton arme et que tu t’agenouilles devant moi…
- Jamais !
»

Nos corps s’alourdissent encore plus. Je n’arrive plus à réfléchir calmement, la destruction de Théo me prive de tout recul, tout ce que je sais c’est que je ne peux pas céder. Jamais je ne m’agenouillerai devant ce monstre.

Léonard me hurle de baisser mon arc et de m’agenouiller. Que connaît-il à l’honneur ? Céléna vient à côté de moi et pose sa main sur la mienne m’empêchant de tirer à nouveau. Je lui jette un regard rageur.

« Ne fais pas l’imbécile ! Baisse ton arme ! »

Je finis par baisser mon arme sans quitter le faux prêtre du regard. Ce dernier me rend mon regard, goguenard.

« Agenouille-toi ! »

Je fais non de la tête, nos corps s’alourdissent un peu plus. Céléna et Léonard insistent pour que j’obéisse, que je m’agenouille devant ce monstre, que je renonce à tout honneur. Comment peuvent-ils ? Est-ce que ma vraie nature me prive de tout honneur ? La paladine l’aurait-elle exigé de Barth ou de Forge ? 

Frère Sylvestre s’interpose entre le spectre et moi brandissant le symbole sacré de Pharasma. Je saisis l’échappatoire offerte et m’agenouille les yeux maintenant fixés sur la spirale de la Dame des Tombes. 

J’entends la colère dans la voix du Père Charlatan lorsque saisissant à son tour son faux symbole pharasmite il le tend devant moi m’ordonnant de l’embrasser. Je pose les lèvres sur le symbole divin tenu par le vrai prêtre. Mais ça ne lui convient pas et il exige que j’embrasse le symbole impie. Sentant mon corps s’alourdir encore un peu et devant les insistances de la Comtesse et de son homme de main, je m’exécute, des larmes de rage pleins les yeux.

A peine ai-je embrassé le médaillon que la sortie apparaît de nouveau et nos corps redeviennent aussi légers que lorsque nous sommes entrés. Je me lève sans attendre et sors sans prononcer un mot. Une fois à l’air libre, j’essaie de me calmer, de maîtriser ma colère, les yeux vers le cimetière central j’évite le regard des autres. Nous aurions pu combattre, nous aurions pu l’obliger à montrer la sortie. Ai-je donc droit à si peu d’honneur ?

Sylvestre me tend une fiole d’eau bénite afin de me nettoyer les lèvres, je la bois avidement et nous poursuivons notre route.

Nous avançons lentement, nous méfiant des groupes de fanatiques, passant devant des bâtiments qui ne peuvent pas contenir nos camarades, lorsque nous nous figeons. Une présence immense envahit totalement l’air qui nous entoure, nous écrasant de sa puissance. Je reste debout alors que tous autour de moi s’écroulent à genoux comme soumis à la volonté de la voix qui retentit :

« Je vais renaître, donnez-moi le Pouvoir ! »

Je reconnais cette voix, c’est celle de la Lune Violette, celle qui m’avait cherchée et retrouvée, c’est celle de Tar-Baphon, mon Père. Les fanatiques semblent en transe, extatiques. Il est proche, prêt à revenir.

(…)

Dans un dernier effort, je tire totalement le corps de Léonard hors du bassin des vers. Nous nous relevons et entrons dans la pièce suivante. Nous nous figeons dans l’entrée, imitant nos compagnons. Les nombreux bancs qui occupent l’espace sont installés comme pour assister à un spectacle ou un sermon religieux. Chacun de ces bancs est occupé par des zombies, au moins une vingtaine, et pas des plus faibles. Ils ne réagissent pas à notre présence mais semblent fascinés par ce qu’il se passe devant eux. Je suis leur regard : Barth ! Forge ! Kendra ! Pétros ! Tous sont là.

Barth est suspendu dans les airs au-dessus d’une fosse ouvrant sur je ne sais quoi, le cou enserré d’un collier de soumission. A ses côtés, se tient Forge, inerte mais le cou étrangement libre et de l’autre côté du prêtre un autre forgelier, Box. Le collier qu’il porte me persuade qu’il ne s’agit pas de celui que nous avons déjà rencontré et qui avait capturé Adivion mais d’un de ses semblables, très certainement acheté sur quelque marché d’Eberron.

Pétros nous accueille, nous souhaite la bienvenue, Kendra est à ses côtés, les yeux dans le vague, nous confirmant qu’elle est bien sous domination. Nous nous avançons sur nos gardes.

Alors Pétros nous explique et nous comprenons comment ses découvertes l’ont fait basculer dans la folie.
Arus et Tahar étaient bien frères, mais l’un des deux était fou. Il voulait le pouvoir suprême, ses pouvoirs d’archimage ne lui suffisaient pas, il voulait être un Dieu. Il a cherché comment faire à travers tous les plans et il a trouvé. Il a passé un pacte avec les Dieux de la Sombre Tapisserie, il leur offrait Golarion, grâce à sa population, leurs rejetons pourront se multiplier, croître et occuper la planète entière. Et lui aurait le pouvoir. Il est devenu Aroden, le dernier des azlants, celui qui devint un dieu par sa seule volonté.
Tahar l’a découvert et a voulu lutter contre son frère. Il a tout d’abord alerté le conseil des archimages azlants afin de juger Arus, mais ce dernier l’a appris, pour éviter une condamnation et pour rester le dernier dépositaire de la puissance azlante, il a propulsé la Pierre Etoile sur Golarion détruisant la civilisation azlante toute entière.

Tahar a survécu, cherchant une nouvelle façon de lutter contre la folie de son frère. Il est allé sur Eberron, cherchant une alliance avec la maison Canith afin d’obtenir une armée de forgeliers, créatures qui ne peuvent être contaminées par les rejetons de la Sombre Tapisserie. Mais les maîtres de Canith ont refusé l’alliance. C’est alors qu’il a eu une idée terrible, celle qui allait le faire basculer dans la folie à son tour. Celle qui le transformerait en Tar-Baphon. Les seules créatures qui ne peuvent subir l’influence des rejetons à l’exception des forgeliers sont les morts-vivants, alors il ferait une armée de morts-vivants pour lutter contre Aroden. Hélas, il a perdu la raison en mettant son plan à exécution et il a oublié les raisons de ses actes.

Aroden de son côté continuait son plan, il a fait remonter la Pierre Etoile et à fait croire que grâce à elle on pouvait accéder à la divinité. Mais l’édifice n’est autre qu’une dimension ouverte sur le plan de la Sombre Tapisserie.

Les années sont passées et Aroden est devenu un véritable Dieu, encourageant même la Croisade contre les armées que Tar-Baphon a créé pour lutter contre lui. Il a même fait accéder sa fille, Nadia, à la divinité. Trompant toute l’humanité.

Et un jour, Iomedae a compris. Elle a su qui était réellement son père, et alors que l’heure du retour d’Aroden est venu, elle l’a tué.

Je comprends mieux. Les causes de la mort du dernier des azlants est un des secrets les mieux gardés, hormis pour sa famille. Les adrissants savent qui a tué leur aïeul et ça explique pourquoi ils n’ont jamais rejoint le culte de Iomedae.

Pétros veut réveiller Tar-Baphon pour s’approprier sa puissance. Mais alors qu’il parle, un espoir fou m’envahit, et si… et si on pouvait convaincre Tar Baphon de la mort de son frère, lui faire comprendre qu’il ne sert à rien de continuer le combat. Je ne sais pas comment nous pouvons faire mais c’est une des rares lueurs d’espoir qu’il nous reste.

Pétros n’arrête pas de parler, fier de ce qu’il a découvert, fier de ce qu’il a fait. Oui, c’est lui qui a fait venir le corps d’Urgathoa à Ravengro. Pourquoi ce village ? C’est là où Iomedae tua Aroden. Et oui, c’est lui qui a pensé à nous créer mes sœurs et moi. Il lui faut un corps pur pour le réveil. A présent, il en a trois utilisables, Kendra, Adivion et moi, lorsqu’il aura tué White.

White ! Il dit savoir où elle est malgré la suppression du tatouage mais elle n’est pas entre ses mains. Sinon je serai déjà morte ou en sursis, jamais il n’aurait précisé à Box de ne pas me tuer. Ma main serre convulsivement le couteau de chasse, cadeau de Neculai, pendu à ma ceinture,  pendant tout le discours de Pétros l’idée de mourir me paraissait le plus simple, il ne pourra pas utiliser mon corps, je m’en suis assurée, mais alors White… White deviendra sa proie. Il n’aura de cesse que de l’avoir en son pouvoir.
S’il sait où elle est, elle ne doit pas être si facilement capturable qu’il semble le dire. Alors que j’étais absente, il a préféré enlever Barth et Forge pour m’attirer dans son fief que s’attaquer directement à elle. Je prie pour qu’elle soit encore longtemps hors de sa portée. Et je dois renoncer à me suicider. Pour l’instant.

Mais même s’il n’arrive pas à tuer White, il lui reste le corps d’Adivion que j’ai ramené d’Eberron. J’espère de toutes mes forces ne pas avoir fait une monumentale erreur en le ramenant sur Golarion. Est-ce par ma faute que la folie de Tar-Baphon s’abattra de nouveau sur l’Ustalav ?

Pétros se tourne vers Kendra, lui tend un siphon des esprits et lui dit de le boire. Comme hypnotisée, elle lui obéit et une aura verte recouvre son corps qui disparaît dans le siphon. Nous assistons à la scène, trop choqués pour pouvoir réagir. Comment a-t-il pu faire cela à sa propre petite-fille ? Nous voyons Kendra à travers le verre qui essaie de sortir, frappant les parois de toutes ses forces. Chèvrefeuille reprend le premier ses esprits et lance un sort sur le siphon qui explose, détruisant en même temps ce qu’était encore Kendra.
Pétros blêmit de rage et dans sa fureur lance plusieurs sorts à la suite. Tous se retrouvent enfermés dans une cage de force envahit d’une brume mortelle. Tous sauf moi. Lorsque nous sommes entrés dans la pièce, le hasard a voulu que je me place sur le côté, facilitant la tâche de Pétros pour m’isoler des autres.

« Box, je veux Lyana. »

Les dernières paroles de Pétros résonnent encore dans l’air quand le forgelier de combat s’avance vers moi. J’essaie de me défendre mais ses coups sont puissants. Je tombe une première fois à terre, assommée, mais je sens la puissance de Sarenrae m’envahir et me redonner des forces. Je me relève prête à vendre chèrement ma peau. Je sens dans les attaques de Box qu’il ne cherche pas à me tuer, il veut juste me mettre hors d’état. Il m’agrippe et s’éloigne de la cage et de la capacité de Céléna ou de Sylvestre à me soigner. Juste avant de m’effondrer, j’entends des coups sourds provenant de l’intérieur du champ de force que j’identifie comme les flèches que Neculai tire, cherchant à briser la paroi invisible.

Les ténèbres m’envahissent et je sais que tout est fini. Pétros pourra disposer de mon corps pour son projet. J’accomplirai ce pourquoi j’ai été créé. C’était folie que de penser que je pouvais échapper à mon destin. White, excuse-moi, je ne pourrai pas te protéger. Adivion… je ne vous reverrai donc jamais. Et même le royaume de Pharasma nous est refusé.
Céléna, tous nos espoirs sont sur tes épaules, le poids est lourd mais tu es la seule à pouvoir le porter. Barth, Forge, revenez vite, Céléna a désespérément besoin de vous deux.

La lumière perce à travers mes paupières, j’ouvre les yeux, la première chose que je vois est la carcasse métallique de Box. Ils ont réussi, je ne sais comment ils ont fait, mais ils ont réussi, ils sont sorti de la cage de force et ont détruit le forgelier. Je me relève difficilement, le corps douloureux.

(…)

De retour à l’avant-poste de Réneglise grâce au pouvoir de téléportation de Barth, je me tourne vers lui et lui dit de retourner dans la nécropole afin de récupérer Neculai, Sylvestre et Léonard. La réponse de Barth me glace le sang. Comment avons-nous pu être si stupides ! Dans la précipitation nous avons commis une monumentale erreur. Le pouvoir de Barth est limité, nous le savions mais n’en avons pas tenu compte, il lui faut prier afin de pouvoir accomplir à nouveau les miracles de Desna, Aroden ou je ne sais qui. Et sans volonté, pas de prière. Ce n’est pas quelque chose qui s’ordonne.

Neculai, Sylvestre, Léonard, puissiez-vous survivre à Réneglise et surtout nous pardonner.

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