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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Carrion Crown  |  Livre 5ème: Les cendres de l'Aube (Modérateur: Sstrad)  |  Chap.24,5: Le Poids du Sang
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Auteur Sujet: Chap.24,5: Le Poids du Sang  (Lu 991 fois)

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Hors ligne Celena

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Chap.24,5: Le Poids du Sang
« le: mai 30, 2013, 09:33:41 am »
La rue déserte s’étend devant moi sous le pâle rayon lunaire.
Barth, Forge… Ce n’est pas possible…
Je me précipite à l’intérieur du manoir, ouvrant toutes les portes, hurlant leurs noms.
Baaaarth !! Fooooorge !!!
Le silence du manoir laisse rebondir ma voix en un écho infini. Ce manoir où nous nous trouvions encore tous ensembles quelques heures plus tôt. J’erre entre le salon, le vestibule, la cuisine, espérant voir surgir l’un deux.
Lyaanaaaa !!!
Ma voix se meure au pied de l’escalier. Rien. Je n’entends rien. Je ne perçois rien.
La vie a déserté notre demeure.

Je ressors dans le jardin, l’air hagard. Arwyll m’y attend.
Je traverse et sors dans la rue. Je me sens si…seule. Je n’avais pas réalisé à quel point le lien était devenu une partie de moi-même. Sentir mes compagnons.
Non.
Sentir ma famille.
Je levai les yeux vers le ciel étoilé, retenant mes larmes. Pour la seconde fois en moins d’une journée, je perdais les miens. Il n’existait plus de résonnance en moi excepté celle de Feu.
Arwyll m’interpelle. Que devons-nous faire ?
Je n’en sais rien. Comment trouver ce que je ne sens plus ? Où chercher ?
- T’as de drôles d’amis en tout cas. Ils n’ont pas hésité à nous attaquer.
- Ils étaient possédés !

J’avais presque hurlé ma réponse. Le sentiment d’impuissance, la fatigue physique et nerveuse des dernières heures, mon angoisse. Tous ces maux commençaient à peser lourds dans la balance. A fleur de peau était un euphémisme à côté de ce que je ressentais. Je ne m’étais jamais si proche de la rupture et cette prise de conscience finit de m’affoler.
- Nous devrions dormir.
- Dormir ? Parce que tu penses que je suis en état de dormir ?
- Nous devrions essayer.
- Désolée mais Barth n’est plus là pour accomplir ce miracle.

L’acidité de ma réponse atteignit de plein fouet sa cible. Je vis Arwyll blêmir, serrer les dents, vouloir me répondre puis se raviser.

Je me dirige d’un pas décidé vers Centaure. Il est exclu de laisser les heures s’écouler sans rien faire.
Où vas-tu ?
Je marque un temps d’arrêt et me retourne vers le paladin.
- Chez Ludvik.
- Tu veux trouver de l’aide chez cet être ?

Le dégoût contenu de sa réponse m’exaspère de nouveau mais je prends sur moi.
- La nuit est leur territoire. Peut-être a-t-il entendu certaines choses. Nous ne possédons pas d’information. Aucune piste n’est négligeable.
- Céléna, depuis que je suis à tes côtés dans cette ville, je m’inquiète pour ton paladinat. Tu t’accoquines et acceptes des discussions qui ne devraient pas être.
- Ah oui ?! Tu ne manques pas d’aplomb pour quelqu'un venu ici dans l’unique but de signer un accord avec eux !
- Je suis inquiet pour toi.
- Et bien trouves-toi un autre sujet d’inquiétude.

Je monte en selle, contenant difficilement la colère que je sens monter en moi. En cet instant, j’ai besoin de tout sauf d’un moralisateur. D’autant que ce rôle ne lui sied pas du tout.
Allons chez le Prince.
Je plante mon regard dans le sien et comprend qu’il n’abdiquera pas.
Si cela peu apporter la paix entre nous.

Après un certain temps, le Prince consent à nous recevoir. Tout en son attitude nous indique qu’un entretien bref serait fortement apprécié.
Je lui résume rapidement les derniers faits. Il m’observe, ne sachant comment me répondre sans se montrer déplaisant dès son premier entretien avec la « nouvelle comtesse ».
Comtesse, je suis réellement navré de ce qui vous arrive croyez moi, mais… en quoi vos histoires de famille me concernent-elles et pourquoi vous aiderai-je ?
Le contenu de ces propos me laisse sans voix. Il est Prince régnant. Je suis son « homologue » politique. Je lui annonce la disparition en moins de deux heures de trois membres de l’une des plus puissantes familles, et il me demande en quoi cela le concerne ? L’espace d’un instant, je me surprends à envier la puissance de Carmilla. Je l’aurai foudroyé sur place si je l’avais pu. A cette pensée, je ressens Feu m’inciter à la diplomatie. Quelle diplomatie ? Avec cet être que seul le pouvoir intéresse ? Prince ou pas, il ne vaut pas mieux que les deux autres. Au moins mon titre me dispensait-il à présent de poser genou à terre devant lui.

- Vous ne semblez pas comprendre, Sir, à quel point tout ceci vous concerne. Comme je vous en ai parlé lors de notre réunion commune avec Ludvik Servage et Perséus, Kendra serait, semble-t-il, le contenant « pur » qu’ils recherchent. Elle a été enlevée. Et voilà que mes deux autres compagnons le sont aussi. Tout ceci est lié. Il est impératif d’intervenir avant qu’ils ne soient retournés contre nous.
- Et alors ? Quelles preuves avez-vous ? Je ne me sens toujours pas concerné. Les Adrissant sont certes, très riches, mais ce n’est qu’une petite famille. Et fort heureusement, l’essentiel est qu’il ne vous soit rien arrivé.
- Les Adrissant, une petite famille ? Elle est bien au-dessus des grands noms de cette ville.
- Comment ? Oseriez-vous prétendre ces gens de sang supérieur au mien ? Ou à celui des Caliphavso ?

Cette fois, il ne cherche plus à dissimuler son courroux sous de fausses courbettes. Son mépris et sa colère sont bien réels, aussi vivaces que le mien.
Votre sang peut-il délier les vampires ?
A ma question incisive, le silence répondit. Le Prince me fixait, analysant sans y croire, ce qu’il venait d’entendre. J’enfonce encore un peu plus le clou. Je sais que je ne dois pas, mais rien n’y fait. Il est temps qu’il prenne conscience que tout ceci le regarde bel et bien.
Les Adrissant veillent depuis des générations sur le sommeil de Celui qui Murmure. C’est parce qu’ils existent que vous pouvez mener votre vie en toute liberté. Ils sont le sceau.

Le Prince s’avance vers moi, le regard fixe.
- Vous me dites que votre…sang…peut nous débarrasser des vampires… ?
- Je vous dis juste que si nous ne faisons rien, c’est Tar Baphon qui se débarrassera de nous tous.
- … Bien. Revenez demain. Ma magicienne vous aidera à localiser vos…amis.


Quelques instants plus tard, nous voilà de nouveau dans la rue. Ma colère n’est pas retombée. Je me concentre un bref instant, dans l’espoir fou de sentir l’un d’entre eux. Espoir vite déçu. Sans un mot, je talonne Centaure, le dirigeant vers la place des boutiques, où se situe l’entrée du monde souterrain.
Le rituel devenu presque habituel se reproduit. L’alarme se déclenche, je montre le sceau, on nous guide chez Ludvik.
Je sens Arwyll sur ses gardes. Le moindre dérapage et le sang coulera. Cela ne m’aide pas à me détendre. Son impulsivité m’inquiète. Sortir l’épée ici serait la dernière chose à faire. Je me prends à regretter qu’il m’ait accompagnée.
L’entrée dans « la salle du trône » met un terme à mes réflexions. Ludvik  nous observe, Ephgénie à ses côtés.

- Eh bien Comtesse. Moins de deux heures se sont écoulées que nous nous revoyons déjà…
- Merci de nous recevoir.
- Que ce passe-t-il ?

Et me voilà narrant pour la seconde fois les évènements de la nuit.
Ludvik m’observe de son regard impassible. Je me tais, achevant mon monologue.
J’attends, le cœur battant.
- Je suis navré de tout ceci, malheureusement, on ne m’a rien rapporté sur ces incidents.
- Bien. Je vous remercie.
- Pourquoi est-ce si important ?
- Ce sont mes compagnons. Je dois les retrouver.
- Pourquoi la Voix qui Murmure les aurait-elle enlevée ?
- Ce n’est qu’une supposition mais je ne vois que cela. Il semblerait que Kendra soit revenue mais je l’ai détectée mauvaise. Elle aurait possédé Barth et Forge avant de disparaître avec eux.
- Pourquoi eux ? Je ne vois toujours pas le rapport de tout ceci…
- Pour les retourner contre nous ? Pour les utiliser ? Je ne sais.

Je sens le regard de Ludvik me transpercer, aussi inquisiteur que pouvait l’être Feu par moment.
- Comtesse… que me cachez-vous…
- Il me faut les retrouver et j’espérais obtenir quelques informations.
- Je ne trouve pas le lien… non vraiment… pourquoi les Adrissant intéressent-ils Tar Baphon… ?
- Vous êtes le mieux placé pour connaître la puissance du sang Adrissant. N’en n’avez vous pas vous même fait l’expérience ?
- Justement… quelle est votre histoire ?

Cette fois, la question était posée d’un ton ferme et autoritaire. Je le regarde cherchant comment me dégager de cette réponse épineuse. Un mouvement sur ma gauche me rappelle la présence d’Arwyll. Quelle ironie.
- Eh bien… que vous apprendre ? Vous connaissiez mon père, ma…
- Ce n’est pas ce que je vous ai demandé. QUI est le fondateur de la lignée ? Commencez par le début.

Je regarde Ephgénie. Il est exclu de poursuivre en sa présence. Ludvik semble comprendre et la congédie.
Alors ? J’attends… Qui est-ce ? Son nom !
J’inspire profondément. On m’eut dit de sauter dans le vide que j’eus ressenti la même chose je pense. Il ne m’était plus possible de reculer à présent, alors…je relevais la tête et plantant mon regard dans le sien, je répondis à sa question.

Vous le connaissez sous le nom d’Aroden.
Pour la première fois depuis nos nombreuses rencontres, je vis une émotion passer sur son visage de cire. A ma gauche aussi l’on bougea. Je sentis Arwyll remonter à ma hauteur. Je fermais les yeux. Je vivais soudain ce que Lyana avait du ressentir en nous disant la vérité. Cette certitude de ne plus jamais être regardée de la même façon.
J’avais pris un soin infini à lui cacher la vérité. J’avais si peur de son regard, si peur qu’il ne veuille plus de moi, qu’il n’ose plus me toucher. Si peur de le perdre.
Dire la vérité à Ludvik me faisait moins trembler que de la lui dire à Lui. Oui, vraiment, quelle ironie…
Que viens-tu de dire ?
Sa voix résonnait à mon oreille mais je n’osai croiser son regard, préférant affronter celui du vampire.
- Continuez ! m’ordonna ce dernier.
- Il a eut une fille.
- Son nom ?
- …    …  … Nadya…
- … QUOI ?!!

Leurs voix résonnèrent à l’unisson. Je fermais les yeux. Je venais de sceller mon destin. Carmilla avait raison. L’on n’échappe pas à son sang.
- Ce n’est pas possible ! Tu ne m’aurais pas caché ça !
- Vous êtes une descendante de cette chienne que j’ai combattue sur les remparts de Gibet ?!
- Céléna, ce n’est pas vrai n’est-ce pas ?
- Je vais vous…

Leurs voix s’entrecoupaient dans un brouhaha que je ne voulais plus entendre.
L’image de mes compagnons fit irruption dans mon esprit. Notre quête, nos souffrances, nos privations. Ravengro, Leipistadt, Felgrau, Illmarsh. Nous n’avions pas enduré tout ceci pour s’arrêter sur une…descendance.
Je relevai la tête et me planta devant Ludvick, je vidais ce que j’avais sur le cœur.
- Je ne sais rien de votre combat contre Nadya. Vous me parlez d’un temps qui n’est pas le mien ! Moi je vous parle d’aujourd’hui et de la guerre qui est à nos portes ! Nous ne la gagnerons que côte à côte ! Je ne suis pas ici pour parler de choses révolues !
- … Le soleil se lève. Il est temps pour nous tous de nous reposer. Soyez mes invités. Nous avons encore beaucoup de choses à nous dire, Comtesse. Ephgénie ! Conduisez nos invités je vous prie.

Fin de l’entrevue. Nous étions bloqués ici, incapables de retrouver notre chemin dans ce labyrinthe. Je sentis le regard d’Arwyll me vriller le dos. Sa colère était palpable.
Je ne cherchais plus à y répondre. Une fois sortis, il me glissa à l’oreille :
Ses invités hein ? Ses prisonniers oui ! Nous n’aurions jamais du descendre.

(…)
Nous nous retrouvâmes dans une maison, richement décorée, avec des barreaux aux fenêtres. Prisonnier était le bon terme.
- Il y a d’autres choses que tu me caches ?
- Non.
- Encore heureux.
- Mets-toi à ma place. J’avais peur de ta réaction. Tu es paladin de Iomedea. Dans un sens comme dans l’autre, je voulais que tu continues de voir Céléna, et rien d’autre.

Arwyll me dévisagea froidement.
- Tu me connais bien mal alors.
Je le regardais s’éloigner sans réagir. Une lassitude sans pareille m’envahit. Cela devait faire plus d’une journée que je n’avais pas dormi et mon corps me rattrapait. Je m’allongeais et sombrais presqu’aussitôt dans un profond sommeil.   
Les gardes revinrent nous chercher à la nuit tombée sans que nous eûmes échangé un mot depuis mon réveil. Ludvick nous attendait, toujours accompagné d’Ephgénie.

- Bien… Continuons notre petit entretien. Alors…  avec qui a-t-elle eut des enfants ?
- Avec Tobias Arnissant.
- …  LE Tobias Arnissant ?
- Oui. Et ne me demandez pas pourquoi il s’est retourné contre son père Tar. Je n’en sais rien.
- … Et après ?
- Ils ont eu deux enfants : Emilie et Rovan.
- Et ?
- Qui ont eu ma grand mère Saléna, que vous avez connu, qui a eut deux enfants que vous avez également connu : mon père Marik et sa sœur, Carmilla. Cette dernière a eu Barth que vous connaissez aussi.
- … Et Adivion ?
- Un oncle
- Et Lyana Avanaki ?
- Une lointaine cousine.
- Connaissez-vous la généalogie de Tar ?
- Non, j’ai bien assez avec la mienne.
- … Si je ne lisais pas la vérité dans vos yeux paladine, je vous tuerai pour mensonge.
- Avons-nous fini ?
- Je crois que oui… Ephgénie va vous raccompagner et vous aider à retrouver les…vôtres.
- Merci.


Ce fut avec un soulagement non dissimulé que nous revenions devant le manoir Adrissant. Je sentais Arwyll se contenir. Sa colère à mon égard ne semblait pas s’être atténuée.  Je me résignais. Plus rien ne serait pareil désormais.
Ephgénie se concentra, et après moultes incantations incompréhensibles, se figea et pointa le ciel étoilé. Ils arrivent !
Je ne vis tout d’abord rien. Puis, à bien y regarder, il me sembla voir le ciel se tordre puis se déchirer. Ce fut avec stupéfaction que nous vîmes un cheval traverser à grande vitesse cette déchirure avant de s’écraser dans le jardin du manoir.
Je me précipitais à l’intérieur. Le spectacle que je découvris me laissa sans voix.
Majesté était étendu de tout son long, parcourut de spasmes. Pas de doute, il se mourait.
Lyana gisait un peu plus loin. L’angle anormal de son épaule m’indiqua qu’elle se l’était démise dans le meilleur des cas. Mon regard fut attiré par une forme humaine, bloquée sous la masse de la monture. Un homme !

Je soulevai le poids mort de Majesté et le dégageait du mieux possible. Adivion. Je n’en croyais pas mes yeux. Lui aussi semblait plus mort que vif.
Arwyll me rejoignit après avoir congédier sans ménagement la vampire.
Aides-moi ! lui demandais-je en lançant mon premier soin de zone. Je vis l’épaule de Lyana reprendre une position plus naturelle. Au second soin, elle reprit connaissance.
Elle mit tout ce qu’elle avait pour sauver Majesté. Après de nombreux efforts, nous le stabilisions, mais son état restait préoccupant.
Mon inquiétude se porta rapidement sur Adivion. Une fumée verdâtre s’échappait de sa bouche et nos soins ne semblaient pas faire effet. Je me tournais vers Lyana.
- Que devons-nous faire ?
- L’emmener chez Pharasma
, me répondit-elle.
Quelques minutes plus tard nous étions au temple.
Perséus nous reçu à contre cœur. Décidemment, lorsque cela ne concernait pas leur politique, rien ne trouvait grâce à leurs yeux…
Après discussion, il acceptait de nous aider à condition que je m’engage à ne pas rendre l’Abbaye à Iomedae, ni à faire revenir le culte à Caliphas. Je sentais la colère monter de nouveau en moi. L’accord fut conclut à la condition qu’il nous dédie un prêtre pour nous aider. Frère Sylvestre fut choisi et armé de Masse de Corbeaux.

Arwyll patientait à l’extérieur du temple. Le regard rageur qu’il me lança me fixa sur sa rancœur. Cela enfonça un peu plus la lame. Il ne me considérait plus de la même façon depuis hier. Un peu plus ou un peu moins…
Je raccompagnais Lyana au Manoir. La nuit était bien entamée mais le sommeil me désertait. Je décidai de mettre à profit mon énergie. Un coup d’œil vers la ranger me confirma mes doutes : elle n’était pas en état de me parler. Je lui annonçais donc ma volonté de chercher Gibbs. Elle serait ainsi seule. Elle devait en avoir besoin.
Arwyll finit par m’accompagner. Pourquoi ? Ce fut un mystère que je n’étais pas enclin à éclaircir. Si ma compagnie lui devenait insupportable, libre à lui de quitter la ville. Après tout, il avait bouclé sa « mission ». Mais je taisais ces pensées.
Tant de sentiments en moi se mêlaient, que je ne savais dire s’ils étaient colère, tristesse ou abattement. Peut être tous à la fois. J’avais conscience d’avoir révélé à de potentiels ennemis, de lourds secrets. Je nous avais mis en danger.
Avec amertume, je me disais que si Barth avait tenu mon rôle, rien de tout ceci ne se serait produit.
Je n’étais pas à la hauteur.

Nous arrivâmes rapidement à l’auberge lorsqu’un bruit de sabots au galop attira notre attention.
Nous nous retrouvâmes pour la seconde fois encerclés par une vingtaine de cavaliers aux armes des Caliphavso. Je reconnu aussitôt le rouquin de la veille, mais mon attention se porta sur le cavalier chevauchant à sa droite : Léonard.
Je sentis un frisson me parcourir. Mélange étrange de dégoût et d’excitation sanguinaire.
Léonard… l’assassin de ma mère. J’allais pouvoir régler mes comptes. Comme il avait été bien inspiré de se mettre au service du rouquin.
Je me saisi de Feu et châtia mes deux ennemis. Ce combat tombait à point. Mes nerfs ne demandaient qu’à se défouler.
Amuses toi avec les autres, mais laisse-moi celui-là, murmurais-je à Arwyll.
Le combat s’engagea. Les hommes étaient plus aguerris que ceux de la veille. Cela pris plus de temps. J’allais enfin accéder à ma proie, lorsque le rouquin brandit haut une fiole verte.
Un cadeau de notre tante pour mes 18 ans ! Meures, chienne !
Et joignant le geste à la parole, il la lança dans notre direction.
Je sentis un froid sans pareil me parcourir et immobiliser chacun de mes muscles.
Arwyll et moi nous retrouvions totalement immobilisés, à sa merci.
Je sentais Feu chauffer, vibrer, tentant par tous les moyens de me ramener. En vain.

Le rouquin s’avança vers moi, le regard triomphant.
Il se planta devant moi et sortit son épée. Je regardais la lame s’élever. Je ne pouvais rien faire. C’en était fini.
Je regardais la mort droit dans les yeux, lorsque je vis une épée traverser de part en part sa gorge.
Son sourire se figea en une sorte de rictus abominable. Mes yeux suivirent la lame jusqu’à son propriétaire. L’espace d’un instant, mon cœur cessa de battre.
Cette épée sert la Comtesse Caliphavso.
Léonard tira d’un coup sec sa lame. Le rouquin s’écroula au sol tel un pantin désarticulé.
Je vis alors l’assassin de ma mère poser genou au sol devant moi, baisser la tête, m’offrant sa nuque en signe d’appartenance et de loyauté.
La scène était surréaliste. Les effets de la fiole s’estompèrent, nous rendant notre mobilité. Je sentais mes mains trembler et resserrais mon étreinte sur Feu.
La tentation de détacher cette tête était grandissante.
Pourquoi ? Pourquoi était-ce cet homme qui me sauvait la vie ?!
J’avais envie d’hurler ma colère.
Je parvins au bout de quelques moments à me ressaisir. Il venait de me sauver. De nous sauver.
- A quelle Comtesse êtes-vous fidèle ?
- A vous Madame.
- Pourquoi aviez-vous disparu ? Pourquoi étiez-vous à son service ?
- La Comtesse avait besoin d’hommes aguerris. Je suis allé les chercher où il y en avait.
- ... Relevez-vous Capitaine. Nettoyez cette rue et attendez-moi au Manoir Létéhan.


L’homme s’exécuta.
Je le vis s’éloigner, la rage au ventre. Le destin se jouait de moi. Un sourire cynique effleura mon visage.
Les Dieux me faisaient payer mon incompétence.



 
« Modifié: mai 30, 2013, 14:34:01 pm par Celena »
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