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102316 Messages dans 7472 Sujets par 914 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 15, 2019, 05:44:03 am
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Auteur Sujet: Cha.21: L'Aube des Sentiments  (Lu 954 fois)

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Hors ligne Celena

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Cha.21: L'Aube des Sentiments
« le: avril 15, 2013, 02:04:53 am »
La jeune femme reposa doucement sa plume, soufflant délicatement sur l’encre pour en accélérer le séchage.
La nuit était déjà bien avancée, plongeant la capitale dans un lourd sommeil.
La soirée avait été longue et houleuse. Elle l’avait enfin rencontrée : Carmilla Caliphvaso, sa tante.  La seule évocation de cet être lui souleva le cœur. Les images de la veille lui revinrent en mémoire dans un ordre décousu mais suffisamment précis pour lui donner envie de tout oublier. Cette orgie défiant l’entendement, où les plus nobles de cette ville s’abaissaient aux plus vils ébats.  Elle remercia une nouvelle fois Sarenrae de l’avoir protéger contre ces volutes obsédantes qui avaient empoisonnées les esprits et réduit ces invités en pantins pitoyables.

Cela lui avait également permis d’en soustraire ses compagnons. Carmilla prenait plaisir à tout ceci. Tout en elle respirait la décadence, le vice et une soif insatiable de pouvoir. Avait-elle toujours été ainsi ?
Probablement pas songea-t-elle. Sinon, comment expliquer que son père, décrit comme un homme bon et loyal, ai pu entretenir une relation fusionnelle avec une sœur en tout points son opposé ? Elle ne pouvait croire qu’il eut validé ce comportement déshonorant. Non, il n’avait pas du la connaître sous ce jour là.
Que c’était-il passé alors ?
Elle repensa à son entrevue avec Carmilla, quelques heures plus tôt. A sa question quand avait-elle vu son père pour la dernière fois, cette dernière avait répondu 25 ans, 6 mois et 4 jours. Jamais elle ne s’était attendue à quelque chose de si précis. Qu’est-ce que cela signifiait ?
Son regard se posa sur la lettre, glissant sur les lignes, s’attardant sur les noms de Madrake et d’Astra. Où étaient-ils ? Elle inspira tout en pliant délicatement le papier. Arwyll connaissait certainement la réponse à cette question. Elle se promit de tirer cela au clair dès le lendemain.

Elle rangea la lettre dans un pli de sa robe et se leva. Le miroir situé dans l’angle de la pièce lui renvoya son image. Elle s’observa un instant, détaillant le travail raffiné de son habit d’apparat. Force était de reconnaître un don certain à ce tailleur. Vampire ou non. 
Machinalement, elle défit une à une les épingles, libérant progressivement sa lourde chevelure.
Son esprit vagabond remonta de nouveau le temps, la ramenant quelques heures plus tôt devant la porte de la maison Caliphvaso. Elle se revit serrant puissamment le bras d’Arwyll, l’empêchant de tuer les trois vampires qui venaient d’apparaître devant eux. Il ne l’avait pas ménagée, lui broyant littéralement la main. A cette image se superposa celle du paladin. Sa colère a son égard pour l’avoir retenu. Jamais elle ne lui avait connu ce visage.

Songeuse, elle fit glisser l’ultime barrette, passant sa main dans ses cheveux d’un geste absent. Ces dernières semaines à parcourir l’Ustalav
lui avaient enseigné une chose : la nécessité de composer. Aussi insoutenable que cela pouvait l’être, il était impossible d’éradiquer tout le mal.
Arwyll allait en faire l’amère expérience.
Au cri d’impuissance du paladin, elle avait répondu par un baiser. Elle comprenait mieux que quiconque sa rage. Ce sentiment d’isolement, elle l’avait affronté et elle en connaissait les conséquences. Elle ne le laisserait pas seul, elle le guiderait.
Et voilà comment elle se retrouvait ici, au Majesté, dans sa chambre. Pour la seconde fois.

Son regard se posa de nouveau sur son reflet.
Cette robe était réellement splendide. Mais le plus dur restait à venir : se défaire de ces étoffes sans l’aide de personne…
Ses doigts glissèrent sous les tissus, à la recherche des boutons libérateurs. En vain. Elle décida de tenter sa chance  sur la droite sans plus de résultat.
Combien de temps s’écoula ainsi ? Elle n’aurait su dire. Trop préoccupée par sa lutte silencieuse, elle n’avait pas prêté attention aux froissements de tissus, pas plus qu’au bruit de pas feutrés s’approchant dans l’obscurité de la chambre.
L’espace d’un instant, elle crut percevoir une ombre dans le miroir, mais la trouvaille inespérée d’une fente dans le tissu détourna aussitôt son attention.
Elle allait enfin pouvoir se libérer de cette tenue ! Elle parvint à atteindre une série de boutons soigneusement cachés dans les replis intérieurs lorsqu’une main la saisit à l’épaule, lui arrachant un cri de surprise.  Un bras puissant lui fit faire volte face.
Elle se retrouva nez à nez avec Arwyll, qui la dévisageait, visiblement satisfait de sa plaisanterie.
« Je pense que tu n’y arrivera pas toute seule… »  Il fondit sur elle, tandis que ses mains couraient agilement sur le tissu de sa robe, en quête d’une ouverture.

Des bruits lointains la tirèrent peu à peu du sommeil. La jeune femme s’étira, protégeant ses yeux des premiers rayons du soleil. Elle se redressa, cherchant la cause de son réveil.  Elle aperçut le dos du paladin dépassant au bout du lit.
- Arwyll ?
A son nom, le jeune homme se redressa.
- Désolé de t’avoir réveillée. J’ai tenté de faire le moins de bruit possible.
Il se tenait debout devant elle, nu comme un ver et beau comme un dieu. Il fallut quelques secondes à Céléna pour détacher son regard de ce magnifique tableau et parvenir à le regarder dans les yeux.
La contrariété du jeune homme lui ôta l’envie de le taquiner.
-   Que ce passe-t-il ? Que cherches-tu ainsi ?
-   On est entré dans ma chambre.
Cette affirmation la sortit définitivement de sa torpeur.
-   Comment ça ?
-   Il me manque des objets.
-   Lesquels ?
-   Les trois pieux ramassés sur les corps des vampires.
-   Tu es bien sur ?
-   Certain. Ils ne sont plus là.
Le jeune homme enfila prestement sa tunique tout en balayant la pièce du regard dans l’espoir vain de les voir réapparaitre.
Céléna s’assit au bord du lit, ramassant autour d’elle le drap, se leva et se dirigea vers lui.
-   Qui aurait eu intérêt à les voler ?
-   Aucune idée. Mais ils sont importants pour mon enquête.
Elle l’observa un moment, pressentant qu’il ne lui avait pas tout dit. 
-   Ton « enquête ? »
-   (silence)
-   Il y a une chose dont je voudrais te parler.
-   Laquelle ?
-   J’ai contacté Astra. Elle m’a dit qu’elle se trouvait en infiltration avec ton frère mais elle a refusé de me dire où. Je suppose que tu es au courant…
Arwyll la regarda, visiblement déstabilisé. Elle lut dans son regard l’hésitation et décida d’enfoncer le clou.
-   Tu es au courant n’est-ce pas. Tu comptes me dire la vérité ou me mentir ouvertement ?
Il hésita un instant, mais le ton de la paladine n’avait plus rien d’une interrogation. Elle savait. Lui mentir ne ferait qu’aggraver les choses. Il inspira et répondit.
-   Je sais où ils se trouvent.
-   Où ? A Bois Frisson ?
-   Non. A Gibet.
-   Quoi ?! Seuls ? Tous les deux ?
-   Oui.
-   Comment…
-   Arrête avec tes questions ! Tu crois que ça me plait de les savoir là-bas ? Tu ne crois pas que je crève d’envie d’y être aussi, plutôt que de me trouver coincé ici à Caliphas ? Mais je n’ai pas le choix.
La colère faisait vibrer la voix du jeune homme tandis qu’il balayait l’air d’un mouvement d’exaspération. Céléna serra les dents, avalant péniblement et reprit d’une voix où une rage contenue perçait.
-   Et pourquoi n’as-tu pas le choix ?
-   Parce que c’est mon frère qui me l’a demandé.
-   Ton frère… si c’est ton frère, alors je te repose une nouvelle fois cette question : quelle est la véritable cause de ta présence dans cette ville ? Et ne me répond pas que c’est moi.
Il l’observa attentivement, plongeant son regard dans le sien. Il n’y avait plus d’issue.
-   Non, ce n’est pas pour toi. Mon véritable but est…
-   Est ?
-   … de celer une alliance avec les vampires.  Une fois cela fait, je dois les rejoindre à Gibet.
Le silence retomba. Les secondes qui s’écoulèrent lui parurent une éternité. Il observait Céléna, attendant une réaction de sa part.
-   A Gibet… répéta-t-elle à mi-voix. Alors toi aussi tu recherches la même chose que nous… Tu veux une alliance.
-   …Oui.
-   Je vois.
Elle ferma un bref instant les yeux comme pour reprendre pied, puis plantant de nouveau son regard dans celui du jeune homme, s’avança lentement vers lui.
Il ne put s’empêcher d’admirer la ligne de ses épaules. Le drap léger couvrant chastement sa féminité, laissait deviner un corps que nombre de femmes enviaient et que nombre d’hommes rêvait de tenir. Il sentit de la fierté monter en lui.
Elle parvint à sa hauteur. Il pouvait distinguer chaque détail de son visage, la ligne fine de son nez, la courbe charnue de ses lèvres, cet étrange nuancier d’argent et de violet si spécifique à ses yeux. Elle était belle.

Le sifflement de l’air suivit d’une douleur cuisante sur sa joue gauche le ramenèrent brutalement à la réalité.
Céléna lui administra une gifle telle qu’elle n’en avait encore jamais donnée. Toute autre personne que lui en aurait été à moitié assommée.
Il la regarda, visiblement choqué.
Le regard de la jeune femme n’avait plus rien de doux. Seule la colère faisait danser l’améthyste de ses yeux.
-   Si tu as profité de ta « mission » pour t’amuser avec moi histoire de passer le temps, je ne te le pardonnerai jamais.
Ces mots, davantage sifflés que prononcés, eurent l’effet d’une seconde gifle, laissant le paladin sur place.
Elle le contourna, se dirigeant sans un regard en direction de la porte.
Elle l’avait presque atteinte, quant il se saisit violemment de son bras, le lui tordant presque, l’obligeant à lui faire face.
La colère avait transformé les traits du jeune homme. Il resserra davantage son étreinte.
Céléna serra les dents, refusant de témoigner d’un quelconque signe de douleur.
Il approcha si près son visage, qu’elle sentit son souffle balayer sa peau.

 Ne dis plus JAMAIS ça. Tu m’entends ?
Celena

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