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102246 Messages dans 7462 Sujets par 810 Membres - Dernier membre: Tribal février 18, 2019, 20:25:29 pm
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Carrion Crown  |  Livre 5ème: Les cendres de l'Aube (Modérateur: Sstrad)  |  Chap.19: Caliphas
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Auteur Sujet: Chap.19: Caliphas  (Lu 735 fois)

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Hors ligne Celena

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Chap.19: Caliphas
« le: mars 11, 2013, 20:55:58 pm »
Voilà plusieurs heures maintenant que nous chevauchons en silence. J’observe d’un air absent la crinière de Centaure flottant au vent.
La nuit et mes prières du matin ont permises à mon corps de se guérir. Mais il n’existe aucun remède aux maux de l’âme. La mienne, tout comme celles de mes compagnons, est terriblement endommagée. Je ressens chacune de ces failles, chaque fêlure qui la fragilise chaque jour davantage.
Par le biais d’un prodige divin, je perçois Feu résonner en écho à ma douleur. Il est là, à mes côtés. Son rayonnement me réchauffe intérieurement, tel une enveloppe protectrice et apaisante.

La route s’étire devant nous à perte de vue, tel un cordon entourant le Lac Ancarthan. Lyana chevauche à mes côtés, le regard absent, vide de larmes qu’elle ne parvient plus à verser. Cette nuit, White a rompu le lien qui les unissait depuis toujours. Cette ultime blessure est la plus meurtrière de toute. Je ne vivrai jamais une relation si fusionnelle, mais cela s’apparentait à lui enlever une part d’elle-même. Et rien ne peut vous ôter cela ni même l’atténuer. Elle allait devoir apprendre à vivre avec, ou plutôt sans.
Les images de notre combat abrégé contre l’assassin de Kira défilent dans ma tête. A celles-là se mélangent les horreurs découvertes sous l’eau.
Puis le visage tuméfié d’Adivion me revient. Lui si puissant, si fier, simplement rendu à l’état d’ombre humaine rattaché par une laisse. Comment cela avait-il pu se produire ? Une part de moi n’acceptait toujours pas ce que mes yeux avaient vu. Et son état… Si la biographie du sang ne nous l’avons pas montré, je ne l’aurais pas cru.
L’intervention de Barth renvoyant Box sur son plan, avait coupé court au combat. Certes le monstre de métal s’était volatilisé, mais Adivion aussi.

Le reverrons-nous ? J’avais tant de questions à lui poser. Il était peut-être la dernière personne vivante à pouvoir me répondre. Et je n’étais pas la seule à vouloir des réponses. Barth et Lyana en avaient tous deux autant pour lui. Barth m’informe ne pas être parvenu à joindre Salé. Cela ne me surprend pas, compte tenu de ce qu’elle a vécu dernièrement. Je prie pour qu’elle ne soit pas passée dans le monde de Pharasma. A-t-elle jamais su qui j’étais ? Etions-nous donc condamnés à vivre avec la moitié de nous-même ?

Lyana avait payé le plus lourd tribu de cet échec. Non seulement Adivion, mais White aussi, qui la considérait à présent comme une ennemie.
L’indécision est la pire ennemie du combattant.
C’était là l’un des enseignements de base de notre formation. Lyana venait d’en apprendre les conséquences. Il n’y avait rien à ajouter. Personne à blâmer. Juste accepter d’apprendre de ses erreurs et avancer.
Barth quant à lui, avait profité de la nuit pour voir ses parents, enfin, ceux qui l’ont recueillis enfant. Il revient avec certes de réponses, mais encore plus de question.
La silhouette de Percelande se détachant sur le ciel rougeoyant me sortit de mes réflexions.
Tout était identique à notre dernière visite, les guetteurs en moins.
Machinalement je m’avançais vers la barricade, annonçant notre arrivée. Ce furent des visages inconnus qui nous accueillirent. Je jetais un regard circulaire : nulle trace de Ned ou des enfants, mais je gardais cette pensée pour moi. Visiblement, les habitants n’écoutant que leur courage, avaient repris leur droit une fois le danger écarté. La nature humaine est si basse.
L’envie de demander me démange mais je me tais. Je connais déjà la réponse et elle va me faire entrer dans une colère que je ne saurai peut-être pas contrôler.  Ce n’était pas notre village. Ils n’avaient fait que reprendre leurs biens. Cela ne nous concernait plus.
La nuit se déroula sans encombre et nous reprîmes la route dès l’aube, sans un regard en arrière.

La journée s’écoula ainsi jusqu’au hameau de Vauntil.
Là aussi rien ne semblait avoir changé. Le prêtre desnite local, égal à lui-même, nous proposa son meilleur tabac.
Les effluves des plantes me font tourner la tête. Comment peut-il vivre là-dedans ? Nous lui offrons de l’or, en remerciement pour son aide lors de notre dernier passage, puis nous nous installons pour passer la nuit.
Mon sommeil est agité. Des images floues se bousculent.

Un fleuve ? Ici ?
Je me redresse, étonnée. Mes compagnons ont disparus. Je suis seule sur la rive. Le ciel est d’un bleu intense, il fait un temps magnifique. Une journée comme on en reverrait en Ustalav. En Ustalav ? J’observe la végétation environnante remplaçant ces terres arides et ces marais nauséabonds. Je ne suis pas en Ustalav, j’en suis sûre. Ce décor me semble familier.
Lentement, je remonte les eaux tumultueuses. La brise emporte les embruns dans l’air chaud de cette journée. J’inspire à pleins poumons cet air vivifiant.
Céréna ! Eh ! Céréna !

« Céréna » ? Voilà bien longtemps que l’on ne m’avait plus appelée ainsi !
Je me retourne, cherchant du regard cette voix sortie du temps. Mes jambes se dérobent, mon cœur s’accélère, ma gorge se noue.
Siannodel court vers moi, le visage rayonnant. Comment était-ce possible ? Je ne réfléchie pas davantage. Je suis si heureuse de le revoir ! Je m’élance à mon tour dans sa direction, ouvrant grand les bras pour l’y accueillir. Il est là, je le touche presque ce passé où tout semblait si léger. Comme il est bon de rentrer chez soi ! Je referme les bras pour le saisir. Rien.
Il a disparu. Je regarde autour de moi, inquiète. Le ciel s’est assombri, le fleuve semble agité. Un vent froid se lève, présage funeste d’une tempête.
« Céléna ? »
Cette voix, je la reconnaitrai entre mille. Les coups sourds de mon cœur résonnent à mes oreilles. Une sueur froide me traverse. Lentement, je me retourne, redoutant ce que j’allais découvrir.
Arwyll se tient debout devant moi. Son armure couverte d’éclats et de poussière atteste d’un combat féroce. Des ombres rouges traversant le tissu laissent deviner les blessures. Mon poul s’accélère.  L’inquiétude m’envahit. Je m’apprête à le rejoindre lorsque son regard me fige. Je prends alors conscience de ses traits. L’angoisse et une autre émotion que je ne lui connaissais pas. De la tristesse ? Non, c’est encore plus profond. Ses yeux brillent. Je ne comprends pas. J’avance d’un pas mais le bruit m’arrête net. Je baisse le regard. Une marre de sang m’entoure. Mon sang.


Je me réveille, haletante. Les perles de sueur glissent le long de ma nuque. Il me faut de l’air, j’étouffe ici.
Mes compagnons dorment, seul Forge veille comme toujours. Mais je ne suis pas en état de discuter. Sans un mot, je m’éloigne de la maisonnée. J’ai besoin d’être seule. Un sourire cynique effleure mon visage. Qui avait-il d’étonnant dans cette vision pour un paladin ? N’était-ce pas là la fin logique ? Au moins, lui, avait-il survécu.
Et Siannodel ? Pourquoi maintenant ? Allait-il bien ?
Je rebrousse chemin. Mon regard s’attarde sur le temple desnite. Avoir respiré ces herbes était-il à l’origine de ces visions ? Probablement. Cette pensée m’apaise.

Nous reprenons la route et atteignons enfin Caliphas. Les images de la nuit me reviennent tels de lointains souvenirs. Elles ont fait ressurgir une angoisse enfouie depuis Felgrau.
Je demanderai à Barth de faire le nécessaire une fois arrivés chez Kendra.
D’un commun accord, nous passons d’abord à l’hospice de Sarenrae, situé à l’extérieur de la capitale afin de remettre au vieil Horace ces livres. Cet édifice m’interpelle autant que le premier jour. Depuis mon arrivée en Ustalav, c’est le premier site dédié à Sarenrae. Curieux…

Nous passons sans encombre les gardes de la ville. Le jour tombe lorsque nous parvenons aux portes du manoir.
Le personnel invisible nous ouvre, nous indiquant l’absence de la maitresse des lieux.
Forge refuse d’entrer et s’installe aux écuries. Lyana, sans surprise, se dirige vers la tombe de Kira. Voilà encore une chose qui me choque depuis le début. Comment peut-on avoir l’idée d’enterrer quelqu'un dans son jardin ? Après beaucoup d’hésitation, j’avais fini par faire part de mon interrogation à Lyana. Je fus soulagée de constater qu’elle se la posait aussi.
J’avais eu peur de la froisser.
Barth, Chèvrefeuille et moi entrons dans le manoir. L’helfelin se dirige aussitôt vers les cuisines, trop heureux d’y trouver de véritables mets. Je profite de cet instant pour faire part à Bart de mon souhait : contacter Arwyll pour prendre de ses nouvelles. Il me regarde amusé mais ne relève pas. Je ne lui fais pas part de mes songes qui me poussent à cette demande.
Il se concentre et entre en contact. Mon cœur bat. Que c’était-il passé depuis Felgrau et l’altercation avec l’Inquisiteur ?

Le bruit de la porte d’entrée nous interrompt. La voix de Kendra résonne dans le vestibule.
Pourquoi justement maintenant ?! Pourquoi n’était-elle pas rentrée plus tard ?! Je n’aurais pas ma réponse !
« Merci de m’avoir raccompagnée Chevalier. »
Elle n’est pas seule ?
« Tout le plaisir est pour moi, belle dame. »

Mon sang ne fait qu’un tour. Ce n’est pas possible. Je me dirige aussitôt vers l’entrée.
Kendra se tient devant la porte, Arwyll à ses côtés, se relevant de son baise main.
Une bouffée de rage m’envahit.
Que faisait-il ici ? Et avec elle de surcroit ?!
Barth me rejoint et reste également planté devant la scène. Kendra et son cavalier nous regardent avec la même surprise.
« Vous êtes rentrés ?! » s’exclama Kendra en retirant prestement sa main de celle d’Arwyll.
Trop tard. Barth l’avait remarquée.
« D’où rentrez-vous ainsi ? Et toi ? Comment es-tu arrivé là ? Comment connais-tu Kendra ? »
Trop tard aussi. Impossible de contenir la fureur perceptible dans ma voix. C’était comme toujours. Je m’inquiétais vainement et finissais par trouver Monsieur faisant le joli cœur.  Et avec ma cousine qui plus est ! Cette fois s’en était trop.
Lyana choisit ce moment pour entrer à son tour. La stupéfaction se lit sur son visage. Il y a de quoi !
Kendra s’écarte, de plus en plus gênée comme prise en faute.
« Ca alors ! Céléna ?! Je ne pensais pas te revoir si vite ! Que fais-tu ici ?
-   Je suis chez moi ici lui répondis-je d’un ton cinglant.
-   Chez…toi…
-   Oui. Et c’est à moi de te poser cette question. Comment connais-tu Kendra ?
-   Qui ne connaitrait pas l’un des plus beau parti de la ville ? » me répondit-il d’un ton provoquant.

Là, je sens que ça va partir. Qualifier Kendra de « beau parti » ? Devant elle qui plus est ! Quel goujat ! Les mètres qui nous séparent font office de distance de sécurité. Ma colère est indescriptible. Comment ai-je pu m’inquiéter pour lui ? Kendra est devenue blanche. Je sens Barth s’écarter de moi, comme en prévision de… Mais il me déplairait d’abimer cette maison.
« D’où venez-vous ? repris-je plus agressive que jamais.
-   De chez sa tante, Dame Carmilla Caliphaso. Enfin… ta tante aussi du coup.
-   De chez ? Tu en parles comme si tu la connaissais.
-   J’ai déjà eu l’occasion de la croiser en effet. C’est une très belle personne. Très beau parti également d’ailleurs. »
Je manque de m’étrangler. Son irrespect n’avait donc aucune limite ?
Barth s’avance à son tour.
« Devrais-je m’inquiéter de quelque chose ? » lui demanda-t-il d’un ton froid et posé.
A cette question posée d’homme à homme, Arwyll s’écarta de Kendra.
« Non. En aucune façon. »

Son calme et le sérieux de sa réponse me coupent dans mon élan. Soudain, les images de mon rêve me reviennent. Ma colère retombe aussi soudainement qu’elle était apparue.  Son regard croise le mien. Il m’observe, calme et serein, attendant ma décision. La provocation et le cynisme se sont évanouis. Un sentiment de lassitude m’envahie. Je me suis tant inquiétée…
« Comment les choses se sont-elles passées à Vigil ? Comment va Astra ? »
Il ne me répond pas, m’observant toujours de son regard d’acier.
« Qu’est ce que j’ai en échange ? »
Sa question me laisse muette. Ce n’était pas vrai… il n’allait pas recommencer ?!
Je ne parviens plus à m’énerver. Je veux des réponses.
« Le diner de la dernière fois, ça te va ?
-   Non. Tu me le dois déjà. Qu’as-tu d’autre ? »
L’espace d’un instant, je crois déceler de l’ironie mais son visage fermé m’indique le contraire. Il est tout ce qu’il y a de plus sérieux. 
Le silence pèse autour de nous. Je sens les regards de mes compagnons posés sur moi.

« Depuis que je te connais je ne t’ai jamais vu avec personne ! On est paladin, certes, mais tu as le droit de vivre tu sais ! Où est le mal à profiter un peu ?! »
La voix d’Astra résonna en moi. Ces mots, provenant d’une vieille altercation entre nous refaisaient surface. Astra… Elle avait été la preuve vivante de la douleur d’être séparé de ce qui vous est cher.
« Je passe la nuit avec toi. » m’entendis-je lui répondre.
Cette fois, c’était des regards abasourdis que je sentais peser sur moi.
Je soutiens son regard, dans l’attente d’une raillerie de sa part. Rien ne vint. Et c’est avec le plus grand sérieux qu’il répondit à ma question.

« Je suis passé en jugement et ai été banni. Mais on m’a laissé le choix de ma destination. J’ai donc choisi Caliphas, pensant vous y retrouver. Ma mission est de rétablir le temple de Iomedae, désacralisé depuis 80 ans.
Astra quant à elle a quitté Vigil pour Bois Frisson. Elle est partie accompagnée de Madrake.
-   Avec ton frère ? Alors il n’est plus roi ?
-   Non.
-   Qui a pris sa suite ?
-   Je l’ignore. »
Astra allait bien… Quel soulagement. Je repris mes questions.
«  Depuis combien de temps es-tu là ?
-   Quatre jours.
-   Où loges-tu ?
-   Au Majesté.
-   Comment va Neculai ? m’interrompit Lyana.
-   Bien, répondit-il avec un sourire narquois. Vous pensiez que nous ne savions pas ce qu’il était ? »
Barth nous appela à le rejoindre ainsi que les autres, en cuisine.
Arwyll s’avance. Arrivé à ma hauteur, je ne peux m’empêcher de lui asséner l’ultime question qui me hante.
« T’es-tu fait ma tante ? »
La rudesse de mon interrogation le laisse sans voix. Qu’importe !
« Non…je te le jure sur mon honneur. »
Sans ajouter mot, je rejoins les autres en cuisine.
« Kendra, Arwyll, il y a une chose que je dois vous montrer. »
Et joignant le geste à la parole, il invoque. Le symbole d’Aroden apparaît alors distinctement.

« C’est impossible ! s’exclama le paladin. Aroden est mort !
-   Je le sais. Et nous n’avons pas d’explications. Serais-tu d’accord de m’aider à communiquer avec ?
-   Oui…bien sur. »
Nul ne parle. Que dire ?
« Tu viens, je voudrais te montrer quelque chose. »
Arwyll me dévisagea, visiblement déstabilisé. Pour une fois qu’il ne menait pas la danse !
Je l’amenai devant le portrait de mon père. Je me retins d’éclater de rire devant sa mine déconfite. A quoi s’attendait-il !

Il ne me fallut que peu de temps pour me changer et le rejoindre, vêtue de ma robe blanche. Son regard s’attarda sur la chaine que je portais comme unique bijou. Sa chaine. Il en suivit les maillons jusqu’au creux de ma poitrine où le médaillon était caché. Sans un mot, il me tendit le bras pour que je m’y appuie.
Nous traversâmes le vestibule. Mes compagnons avaient disparu et je n’eus pas le cœur à les chercher. La grille s’ouvrit et nous quittâmes le calme du manoir.
La nuit nous enveloppa dans son manteau, tandis que nous nous dirigions en silence vers le Majesté.
« Modifié: mars 11, 2013, 23:26:04 pm par Celena »
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