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Auteur Sujet: Ch 16 : Massacre  (Lu 637 fois)

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Hors ligne Dorothée

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Ch 16 : Massacre
« le: février 04, 2013, 12:29:14 pm »
Forge ouvre la porte du temple, je m'avance et tire. Mes deux premières flèches touchent l'acolyte qui officiait paisiblement lors de la célébration du culte. Il recule sous les impacts. La troisième flèche rate le prêtre et fauche un villageois en prière qui s'écroule, mort. Simple contretemps. La dernière flèche touche à nouveau sa cible. Un silence mortel s'abat sur l'assemblée vite remplacé par des hurlements de terreur.
Barth me prend par le bras m'écarte de la porte, je me dégage et me repositionne. Implacable, je tire une nouvelle salve de flèches, froidement. Le prêtre qui s'est caché devant ses ouailles échappe quasiment à toutes sauf à une qui atteint son but. Les autres flèches tuent chacune un villageois. Qu'importe ! Ils sacrifient leurs enfants ! De tels monstres méritent de mourir. Et puis le temps presse, nous devons empêcher la cérémonie du don, la petite Tulby ne doit pas mourir. Si nous arrivons à atteindre l'autre côté du temple nous arriverons peut-être à temps et le bruit des combats fera sûrement venir le Vizir reportant ainsi le sinistre rituel.

Barth me prend à nouveau par le bras et nous nous retrouvons à l'autre bout de la pièce, il nous a éloigné des simples habitants et nous voici près du prêtre et de ses hommes de main. Je troque mon arc contre l'épée noire d'Adimar et frappe le shérif qui se dresse entre moi et l'acolyte. Les cris de la population se font plus forts. Ce dernier se retranche dans un coin et incante une prière à son dieu, quel qu'il soit. Un voile d'obscurité s'abat sur nous, je suis aveuglée. Je gémis de douleur en sentant une lame s'enfoncer dans mes chairs et, déséquilibrée, je me retrouve au sol. Bartholomeu psalmodie et je sens une vague d'énergie me traverser. Un silence s'abat dans la salle, les cris des villageois se sont tus d'un seul coup. J'entends Barth murmurer : « Qu'ai-je fait ? ».
Je me redresse toujours aveugle. Barth est près de moi, grâce au lien qui nous unit, je sais exactement où, lui tournant le dos, je frappe l'endroit où je pense se trouver celui qui m'a blessé, ma lame s'enfonce dans la chair.

Le reste du combat se déroule comme dans un rêve ou un cauchemar, mes mains tiennent l'épée et je frappe sans la moindre émotion. Je retrouve enfin la vue pour apercevoir le prêtre disparaître. La salle est jonchée des cadavres de la ville entière. Je comprend que c'est l’œuvre du rayon de Barth. Ce dernier regarde le spectacle d'un air écœuré, ne parvenant pas à comprendre ce qu'il a fait. Céléna est encore plus choquée, Feu du Soleil est dans son fourreau et ses mains rouges semblent avoir été soumises à une forte température. Même les traits du visage inanimé de Forge reflète la plus grande incompréhension. Contemplant cette scène de désolation, la lame ensanglantée de l'épée gouttant sur le sol, je murmure : « Nous ne sommes peut-être pas si éloignés du Comte Neska... »

Dans mon esprit tout se mélange : Feldgrau, Perceland, Illmarsh. Tous méritent de mourir ! Un bref moment, j'ai cru que l'Ustalav pouvait être sauvée avec le retour de la lune dorée, mais j'avais tort. L'Ustalav est maudite et ce sont ses habitants qui sont cause de sa Malédiction !

J'ai du mal à respirer, l'odeur de la vase et des marais qui envahissait tout depuis notre arrivée est remplacée par celle du sang.

Nous nous dépêchons d'aller à l'arrière du temple. Une immense statue d'une sirène portant un trident et un poulpe domine l'espace. Un autel taché de sang séché et des fresques représentant des femmes s'accouplant avec des poissons complètent l'endroit. Même pour moi, qui ne suis pas versée dans les mystères religieux, cela ne me semble pas correspondre à Gozreh, Barth nous le confirme. Il s'agit d'un temple dédié à Dagon, dieu ancien et sinistre.
Nous fouillons le temple mais aucune trace du vizir ni de la cérémonie du don. Dans une petite pièce, nous trouvons un bassin rempli d'eau profonde. Au bout de quelques instants, la mère qui a donné son enfant en sacrifice en émerge, après quelques essais infructueux, j'arrive à la saisir. Elle hurle paniquée, nous suppliant de ne pas la tuer, qu'elle a bien fait tout ce qu'il fallait, que c'est une bonne croyante. Elle se prosterne devant moi, baisant mes chaussures, suppliante. Je me recule doucement, touchée malgré moi par l'ignorance de la femme et sa croyance absolue d'avoir bien agi. Je lui demande où est l'enfant, où est le vizir, mais elle ne fait que supplier. Une seule certitude : la cérémonie a eu lieu, le massacre était inutile. Ne pouvant l'accepter, Céléna perd tout contrôle et soulève la femme d'une main puissante afin de la faire parler. Comprenant que c'est à pure perte et craignant que la paladine perde le peu de sang-froid qui lui reste, je pose ma main sur son bras en lui demandant de lâcher la malheureuse, elle ne saura rien dire de plus. Respirant bruyamment, Céléna lâche brutalement la femme et s'éloigne sans un regard. La mère se réfugie dans un coin de la pièce se frappant la tête de ses poings et gémit des mots incompréhensibles.

Nous commençons à fouiller en vitesse les premières pièces jouxtant la salle des prières puis nous décidons de reporter cela à demain. Nous avons besoin de nous reposer.

Nous sortons du temple, Chèvrefeuille est devant la porte avec les chevaux, il commence à nous inonder de questions mais devant notre mutisme il n'insiste pas. Je monte sur Majesté et me dirige vers le nord, au bout d'une heure, un endroit me paraît faire un bon abri pour la nuit.

Nous montons le campement dans le silence le plus complet. Puis je m'occupe de Majesté, en le brossant, je me rend compte que je ne ressens rien. Ni culpabilité, ni colère, ni dégoût. Je sais que c'est moi qui ai provoqué ce massacre, en d'autre temps cela m'aurait horrifié. Ces gens étaient mauvais mais cela ne justifie pas leur mort, ils ne nous avaient rien fait. Mais si cela était à refaire... Je ne peux pas affirmer que je ne recommencerai pas. Il fallait tout tenter pour empêcher le sacrifice de l'enfant.

Mes compagnons bouillent de colère et de ressentiments. Nul ne me fait de reproche. Je les écoute, détachée. Mon seul vrai regret est l'abandon de Céléna par Feu du Soleil. Parce que la paladine est venue m'aider dans le Temple, Feu du Soleil l'a rejetée la jugeant indigne d'elle, celle-ci se sent véritablement trahie par l'arme et semble ne vouloir rien faire pour remédier à la situation. Cela me peine. Je me rend compte, qu'à cause de moi, la sentence de Céléna aurait pu être plus grave. Elle aurait pu perdre son paladinat. De cela, je me sens coupable. Et que dirons-nous à Adivion le jour où il nous demandera pourquoi Céléna n'a plus Feu du Soleil à ses côtés ?

Après avoir effectuée le premier tour de garde avec Forge dans le silence le plus complet, je réveille Barth et me couche près du feu, tournant le dos à mes compagnons. Ombre me manque. La douceur de son pelage et la chaleur réconfortante de son corps me manquent. J'ai froid. Je sens des larmes couler doucement sur mon visage et je me rend compte que ce n'est pas sur le massacre des villageois que je pleure, mais sur le vide qui semble m'envahir de plus en plus.

« Modifié: février 06, 2013, 09:24:02 am par Dorothée »

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