gfxgfx
 

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
 
gfx gfx
gfx
102316 Messages dans 7472 Sujets par 914 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 17, 2019, 16:12:26 pm
*
gfx*AssociationDonsForumMessagesgfx
gfx
Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Carrion Crown  |  Livre 4ème: Le réveil du guetteur (Modérateur: Sstrad)  |  Chap. 16 : "Bénédiction du matin"
gfx
gfxgfx
 

Auteur Sujet: Chap. 16 : "Bénédiction du matin"  (Lu 968 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Bartholomeu

  • Full Member
  • ***
  • Messages: 125
  • Sexe: Homme
  • "La bonne volonté raccourcit le chemin."
    • Voir le profil
    • Un jour...
Chap. 16 : "Bénédiction du matin"
« le: janvier 31, 2013, 11:44:49 am »
Au petit déjeuner, je profites d’un regard tendre de Kendra pour trouver la force et les mots pour remercier mes compagnons qui n’ont pas lésiné pour me faire « revenir » et m’engage à me montrer digne de leur confiance.

Nous allons devoir repartir. Par ma négligence, je nous ai fait perdre plusieurs jours sur notre poursuite incessante de la Voix qui Murmure. L’ignoble Amadéus est depuis longtemps arrivé à Illmarsh pour de noirs desseins dont nous ignorons tout.

Nous devons faire quelques achats magiques onéreux : un arc plus adapté à la force physique de Lyana, une ceinture de force pour Céléna, de la poudre de diamant… Kendra nous donne un coffret avec deux incroyables diamants d’une valeur inouïe, composantes nécessaires pour toute tentative divine de rappel à la vie.

De mon coté, je me rends au temple de Desna afin de prier dans un lieu consacré -ce que je n’ai pas pu faire depuis trop longtemps-, acquérir un parchemin divin et remercier la prêtresse qui a pris le risque de me sauver. Celle-ci, et cela est fort compréhensible, n’est pas là et est restée chez elle aujourd’hui pour se reposer.
Un prêtre me conduit volontiers à sa demeure. Chemin faisant, je lui demande de m’indiquer quel barde de talent je pourrais trouver à Caliphas. Le culte desnite est épicurien par nature, les festivités, l’art et le chant font partie de notre culture. En cela, je jure un peu parmi les miens : je ne sais jouer d’aucun instrument et n’ais jamais composé le moindre ver… mais ce n’est pas pour cela que je recherche un barde : ma formation attendra des jours meilleurs.

Nous arrivons chez mon sauveur… Nualia est resplendissante, elle ne porte d’ailleurs aucune trace de fatigue. Combien de nuits a-t-elle dormi depuis hier ?
Mon guide d’un jour s’éclipse en souriant tandis que Nualia m’invite à m’installer. Elle interrompt poliment mes remerciements en me disant qu’elle est convaincue que mon voyage me mènera loin et qu’à défaut d’être elle-même un Arpenteur, elle est fière d’avoir été le bâton… sur lequel j’ai pris appui pour me redresser.

Citer
Doucement sans faire de bruit
Comme on réveille la pluie
Je vais prendre ta douleur…

 Elle me dit qu’elle a vu une partie de ce que j’ai vu et vécu et qu’elle sait combien mon âme est troublée. Puis elle évoque une de nos maximes : Un esprit sain dans un corps sain et me conseille de prendre le temps d’apaiser mes tensions.

Citer
Lèves toi c'est décidé
Laisses moi te remplacer
Je vais prendre ta douleur…

Me prenant délicatement la main, son sourire tendre est annonciateur d’ivresse délicieuse. Le sang bat dans mes veines tandis que nous nous embrassons longuement.
Mais quand nos regards se croisent à nouveau, je suis terriblement partagé… La tentation de son affection et mon désir sont bien réels. Ses yeux brillants sont autant de promesse de plaisirs. Est-elle au courant pour le savoir non négligeable que j'ai acquis auprès de Gabriella, prêtresse de la luxure?

Mais... quel genre d’homme serais-je de m’abandonner dans les bras de la femme qui m’a sauvé tout en rêvant à celle qui occupe mon esprit ?
Que chaque rêve soit une étoile brillante dans l'obscurité de la nuit, et qu'il éclaire ta journée

Hors ligne Bartholomeu

  • Full Member
  • ***
  • Messages: 125
  • Sexe: Homme
  • "La bonne volonté raccourcit le chemin."
    • Voir le profil
    • Un jour...
Chap. 16 : L'effet papillon / un battement d'ailes...
« Réponse #1 le: février 04, 2013, 22:01:40 pm »
C’est d’un pas léger que Bartholomeu quitte l’agréable demeure de son homologue Nualia.
Puis inspirant une grande bouffée d’air, il se dit que l’heure n’est plus aux réjouissances : il y’a des questions qui appellent des réponses…

Mais tout bien pesé, la perspective de retrouver Dame Estrella, la grande prêtresse iconique de l’Ustalav, n’est pas désagréable. Bartholomeu ne l’a vu qu’une fois, mais fut estomaqué de voir la différence d’âge entre elle et Sire Perseus, le grand prêtre de Pharasma ressemblant à une goule rigide de froideur et d’austérité et Salé, nouvellement grande prêtresse de Iomédäe dont l’âge canonique est à l’origine d’une raillerie en vogue à Grand Rempart.



Il exhale d’Estrella une aura de mystère, des parfums enivrants et le souvenir de son regard est une chose que peu d’hommes pourraient effacer de sa mémoire. Le culte de Desna est ainsi : là ou d’autres doivent faire l’expérience de toute une vie, son battement d’ailes suprême peut toucher un esprit libre, jeune et gracieux et lui accorder un statut de guide spirituel.
 
Dans les jardins entourant la fastueuse résidence royale d’Aduard Ordanti III, le second fils de cette grande famille propulsé roi d’Ustalav à la mort de son ainé, se trouve une incroyable construction de verre. Quoi de plus beau pour être toujours en contact avec les étoiles, pense l’Arpenteur abasourdi par cette architecture édifiante, et d’espérer,  rêveur, que Dame Estrella puisse lui montrer un des Sept Parchemins perdus du Culte desnite. Ce lieu unique montre bien que la Musique des Sphères est une divinité tutélaire importante du pays pour que la famille royale entretienne une telle construction.

La demeure est articulée autour d’un patio central où règne un calme paisible. Un cèdre majestueux brille de milles feux, qui sont autant de papillons colorés et de chrysalides phosphorescentes.
Subjugué par ce spectacle enchanteur, l’Arpenteur sort d’un rêve éveillé quand une jeune fidèle vient le chercher pour le conduire à la grande prêtresse.



En arrivant, c’est saisi d’un profond embarras que Bartholomeu Dias présente ses hommage à Dame Estrella qui, exsangue et  allongée dans des draps de soie, lui sourit faiblement. Cette femme sublime qui ne doit guère avoir plus de trente ans est aujourd’hui le pâle reflet d’elle-même.

Pour Bartholomeu, il ne fait aucun doute que c’est le combat mené  à Gibet qui l’a ainsi amoindri. Pris de remords pour ne pas les avoir accompagnés, elle et les grands prêtres de Pharasma et Iomédaë, l’Arpenteur cherche ses mots pour lui exprimer son regret. 

C’est bien le pouvoir du Tyran qui Murmure qu’ils ont combattu. Le papillon de Kendra Lorimor a servi de focaliseur d’énergie pour concentrer les pouvoirs des grands prêtres. Conjugué à l’essence de cet artefact ancien, refermer le sceau qui tient captif Tar-Baphon a du être une épreuve à nulle pareille.

Kendra Lorimor, la sœur d’Adivion... Dame Estrella l’a connu sous le nom de Margareth Adrissant. Puis Bartholomeu lui parle de certaines des épreuves passées, de la découverte au cœur de Bois-Frisson d’un temple de la Déesse abandonnée sur le toit. Même elle n’en connaissait pas l’existence ! Des recherches seront faites dans les archives du royaume et Bartholomeu demande humblement à être informé de ce qui sera découvert.
Ensemble, ils évoquent les rêves fait cette nuit là et les reflets argentés qu’on pris leur iris au petit jour. Pour Estrella, il s’agit d’une marque, la conséquence de prémonitions à venir, une Chance rare de pouvoir y faire face en connaissant le futur…

"- Tu est jeune et tu as déjà fait un si long voyage.
- C’est que… je suis un Arpenteur, Ma Dame.
- Vraiment ? Oui, c’est ce que tu as choisi d’être…"


Aussi faible qu’elle soit, la grande prêtresse devine que Bartholomeu Dias vient à elle pour un tout autre sujet.

Alors, il lui fait part de ce qui le préoccupe : les propos de Dame Estrella quelques jours plus tôt puis suite à son meurtre, son entrevue récente avec la terrifiante Dame des Tombes. Bartholomeu avait interprété les mots de sa grande prêtresse « J’aurais tellement aimé que tu sois vraiment des nôtres » comme du déni de sa fonction de fidèle de La Musique des Sphères. Et puis la sentence de Pharasma avait fini de jeter le trouble dans l’esprit du prêtre : il n’y avait pas de place pour lui en Cynosure auprès de Desna. Il ne s’agissait pas du fait que le moment n’était pas venu pour lui de quitter son enveloppe terrestre car ses compagnons œuvraient de toutes leur force pour le ramener. Non, il y’avait autre chose.

L’on dit souvent que les phrases des dieux contiennent des sens qui échappent longtemps au commun des mortels. De tout temps, l’étude consciencieuse des commandements divins est l’objet d’enseignements et de longues méditations.

Dame Estrella invite Bartholomeu à s’asseoir sur le bord de son grand lit et lui dit de ne pas oublier que les plus grandes vérités sont aussi les plus simples et que les mots de la Dame des Tombes doivent être compris sans détour : il n’y a pas de pacte divin entre lui et La Musique des Sphères.

Abasourdi, Bartholomeu objecte comme il le peut. Les miracles qu’il a déjà pu accomplir jusqu’aujourd’hui, les pouvoirs de Chance, c’est bien Desna qui les lui a conférés !

Estrella pose une main pâle sur celle de l’Arpenteur et lui dit d’une voix faible :

« C’est moi qui suis désolée… J’aurais tellement aimé que tu sois vraiment des nôtres. »




Que chaque rêve soit une étoile brillante dans l'obscurité de la nuit, et qu'il éclaire ta journée

Hors ligne Bartholomeu

  • Full Member
  • ***
  • Messages: 125
  • Sexe: Homme
  • "La bonne volonté raccourcit le chemin."
    • Voir le profil
    • Un jour...
Chap. 16 : l'Effet Papillon / ...provoque le chaos
« Réponse #2 le: février 09, 2013, 00:32:56 am »
Caliphas. 28, Gozran.

Le moment du départ est arrivé. Les chevaux sont dans la cale du bateau et nos affaires sont déjà à bord. Nous faisons cela assez vite comme si nous ne voulions pas imaginer un seul instant ne plus nous revoir.

Ce passage imprévu à Caliphas semble avoir fait du bien à mes compagnons, plus particulièrement à Céléna et à Lyana. Kendra a passé du temps avec toutes deux et je reconnais en avoir été un peu surpris, je ne les croyais pas si proches.  Finalement, Kendra les ayant rejoint dans l’âge adulte, elles ont naturellement plus de choses à partager. Quand à moi, en dehors d’avoir retrouvé un souffle de vie à Caliphas, j’ai pu reprendre un peu de force morale auprès d’elle.

Néanmoins mon entrevue de ce matin avec la grande prêtresse de Desna me laisse dans la perplexité la plus complète. Mais comme j’ai promis à mes amis d’être solide et digne de leurs efforts pour moi,  je ne veux pas les inquiéter avec mes propres doutes. Autant profiter des rires de Lyana, de White, de Céléna et de Kendra se mêlent aux plaisanteries de Bourguignon sur la non flottabilité de Forge.
Mon au revoir avec Kendra se résume à un tendre baiser embarrassé... Effusions de mots ne servent à rien, nous devons continuer l’un comme l’autre vers un destin trouble dont nous ignorons l’issue. Je ne lui demande pas de m’attendre, elle ne me fait pas promettre de revenir et pourtant, je reviendrais. Je le lui promets en lui donnant un parchemin sacré avec lequel elle pourra me contacter, où que je sois. Egoïstement, j’omets de lui dire qu’elle peut aussi s’en servir pour contacter n’importe qui mais je pense qu’elle le sait surement.
A peine la rampe relevée que White entraine déjà Kendra pour disparaître dans la ville. Au même moment, Forge pose sa main sur mon épaule tandis que nous nous éloignons du port.

« Mes bases de données viennent d’ajouter une définition au mot richesse… »

Je lui réponds d’un large sourire. Céléna et Lyana me regardent avec affection. Que dire de plus?

Chevrefeuille me tire par la manche en suggérant que c’est le bon moment pour bénir notre voyage en mer.

« Oui. Bien sur. Je suis un prêtre… de Desna, après tout. »



Je remplis machinalement mon office pour la plus grande satisfaction des marins, même si certains d’entre eux se dévissent la tête pour admirer discrètement Céléna et Lyana. Je peux les comprendre, il est vrai qu’elles ont fort belle allure, les cheveux au vent. Et encore, ils n’ont pas vu la paladine telle que j’ai en eu l’occasion durant le tournoi de Dernier Rempart !

A mieux y regarder, je devine que les marins m’envient cette fort charmante compagnie. Quelle drôle d’idée… D’ailleurs, je n’essaye pas de les convaincre du contraire qu’il est notoire que les Desnites sont connus pour leurs mœurs libérées. Et si cela peut éviter un plongeon à un marin trop entreprenant, autant laisser croire. Pas que la perspective soit désagréable, je dois l’admettre…

Au matin, je peux apprécier le fond de l’air, frais et vivifiant. Je ressens encore quelques douleurs physiques de mon retour à la vie mais d’ici une semaine, je pourrais finir de guérir mes blessures. Quand on dit que la vie est précieuse, on n’en mesure pas toute l’ironie : le diamant qu’il soit pur ou réduit en poudre est la composante aux plus grands soins cléricaux… Comme j’ai du couté cher à mes compagnons. Et encore, ils me pardonnent mon piètre attachement à conserver toute richesse. Mais qu’en faire-je ? On voit rarement des coffres à l’arrière des processions funéraires, alors… Et si mes ultimes dépenses auprès du sémillant barde Dandelion donne jour après jour à Kendra des raisons de sourire aux sérénades légères déclamées au bas de son balcon, ce sera parfait à mes yeux.


En approchant des côtes, notre bateau se retrouve malmené par les vagues et les conditions climatiques, preuve que la baie d’Avalon peut se montrer aussi capricieuse que le sombre pays qu’elle borde. Désireux d’être l’homme de la situation, comme si je voulais me prouver mon utilité et nier le mystère qui me tient éloigné de la Dame des Sphères, j’invoque coup sur coup plusieurs miracles divins : Marcher sur l’eau ! Ignorer les entraves !
Dame Estrella avait raison car soudain, les voilà : les immenses tentacules qui surgissent des flots furieux pour nous noyer.
C’est sans compter notre détermination. Mes compagnons se battent avec vigueur, en prise avec ces épaisses racines du mal. Le capitaine est happé que déjà il est entrainé sous l’écume. Quelle qu’en soit l’origine, la magie divine de Chance et ma prière aident Lyana et Celena à repousser l’ignominie qui se meut sous notre bateau devenu désuet contre cette chose.
Le capitaine ! La paladine me fait confiance quand je lui demande de sauter à l’eau. Feu du Soleil en main, la noble guerrière se tient debout sur les flots agité, vision impressionnante s’il en est. Alors, grisé par le pouvoir qui m’est conféré, j’ordonne à l’eau de s’écarter et de s’abaisser, menant la paladine plusieurs mètres plus bas mais toujours à l’air libre, sous l’œil ébahis des marins. Malheureusement, le monstre n’est plus visible à en croire la moue de Céléna. Inutile qu’elle reste aussi bas ni de risquer que le trou d’eau généré ne fasse chavirer notre voilier alors je mets fin à l’abaissement des eaux. La paladine disparaît, engloutie sous les flots, pour finalement être éjectée dans les airs dans une gerbe d’eau étincelante.

Notre succès sera complet quand nous aurons sauvé une autre embarcation assez éloignée, plus modeste et tout autant menacée de fracassement contre les récifs. Forge et la paladine courent à la surface de l’eau pour secourir le pauvre hère que l’on voit gesticuler au loin.
Je peux et je vais les aider ! Mais avant cela, il faut sécuriser notre propre équipage. Chevrefeuille est hors d’usage, en train de vomir un agglomérat de petit-déjeuner, apéritifs, déjeuner, gouter, souper, diner, déjeuner et autres collations qui ponctuent son quotidien. Lyana par contre, est la femme de la situation et est déjà habituée à la magie avec laquelle je vais augmenter sa vigueur. Frottant ses épaules, ses bras et son dos avec une mixture qu’elle n’a pas besoin de connaître, j’écarte ses doutes en lui disant que j’ai confiance en notre guide et que les marins ont besoin d’elle.

Un regard vers les marins et la proximité des récifs font le reste : Lyana saute hors du voilier et  marchant sur l’eau, agrippe l’ancre à pleine mains pour freiner le navire avec la force d’un héros de légende. A cet instant, les marins ont oublié les tentacules, leur capitaine noyé, et finissent de se décrocher la mâchoire.

Privilège d’Arpenteur, je rattrape et dépasse aisément Céléna et Forge pour pouvoir leur conférer une foulée plus rapide quand ils me croisent, en ajoutant le pouvoir de voler à la paladine pour saisir l’homme en danger et celui de soulever des charges colossales au Forgelier qui peut ainsi sauver la précieuse cargaison de l’inconscient.

Je finis éreinté mais heureux. Le chaos n’a pris qu’une seule vie, j’ai repoussé mon cauchemar et la Magie Divine coule plus que jamais dans mes veines malgré mon absence de lien avec Desna !
Et la rencontre de cet Horace Croon, inventeur d’un engin pour voyager sous l’eau ! Ce ne peut être que La Musique des Sphères qui m’a mené à croiser cet homme. Je lui assure que je serais volontaire pour essayer et utiliser sa machine dans un futur proche. Je connais l’histoire d’un lieu inaccessible au bout du monde, ou les océans se rencontre et se déchaine… Avec son invention, je pourrais essayer de l’atteindre ! Ô Déesse, je n’entends pas renié les rêves de voyage lointain avec lesquelles j’ai muri l’amour de vos préceptes.



La description d’Illmarsh par Horace Croon nous ramène à la dure réalité Ustalavienne.
Cette commune est sise entre la Baie d’Avalon et des marécages et ses habitants vivent sous l’endoctrinement d’un mystérieux vizir… Laissant les marins se remettent de leur émotions, nous pénétrons en toute humilité dans le village pour nous arrêter à l’auberge dite de la Pêche Miraculeuse. Le seul miracle qui soit est notre docilité devant le tenancier qui nous impose des tarifs prohibitifs et son dédain non feint. Mais soucieux que nous sommes d’aborder le plus calmement possible la population d’Illmarsh, nous ravalons toute trace d’orgueil.
Laissant le hobbit dans une chambre par laquelle il aura une vue d’ensemble sur la place du village, nous nous rendons au seul temple présent, portant le symbole de Gozreh, l’ancien dieu que l’on nomme également Le Vent et Les Vagues. L’édifice est à mes yeux anormalement imposant… Et pour quelle raison le culte majeur de Pharasma n’est-il pas présent ici ? Ce que je sais, par contre, grâce à la magie divine adéquate, c’est qu’il y’a bien une statuette représentant une créature avec des tentacules derrière ces murs. Sans doute la statuette volée à Lepidstadt, celle qu’est venu échanger Amadéus contre nous ne savons quoi…

Tout représentant divin que je puisse être, le vicaire qui tarde à entrouvrir la porte du temple a tôt fait de refuser de nous accueillir et nous parler. L’hostilité ambiante à notre égard est sans équivoque : une boule de purin atterrît au pied de Forge, les regards sont mauvais et fuyants. Un déplaisir n’arrivant jamais seul, voilà l’autorité locale, le shérif Anders, qui vient nous toiser. Cet homme est à Rocco, le sergent mort par ma faute à Lepidstadt, ce qu’un crapaud est à une colombe, pour ne pas dire une ordure de la pire espère. Nous ne sommes définitivement pas les bienvenus alors autant être fixé. A la question du pourquoi nous sommes ici, je réponds que nous recherchons un dénommé Amadéus. Je suis convaincu qu’il sait de qui je parle… Et voilà qu’il crache sur le nom de Desna !  Restez calme ? Plus facile à dire qu’à faire mais il le faut… Car cet homme n’attend qu’une bonne raison d’user de ses prérogatives. Le problème est qu’il semble avoir les moyens de sa politique.
Bon gré mal gré, nous le suivons à l’édifice public pour être présenté au maire tandis que trois personnes quittent à cheval le temple de Gozreh en direction de l’est. L’un d’eux, un homme d’une soixantaine très richement vêtu, est sans nul doute le vizir.

Le Maire s’appelle Arli Widell, fripé et obséquieux à souhait, le digne représentant de sa commune. Notre surprise est réelle quand son comportement change une fois le shérif et les acolytes hors du vaste bureau. De façon encore plus détournée qu’Embreth d’Aramid pour le procès de la Bête, le maire nous parle des disparations de trois hommes et une femme depuis les deux dernières semaines dans le but d’avoir notre aide et nous avoue son impuissance car le village appartient au Vizir. Depuis de nombreuses décennies, cet homme tient les habitants sous son joug, qui n’ont d’autres horizons que les dogmes décrétés par cet inquiétant prêtre. Le maire a juste le temps de nous dire que le vizir commande un groupe qui se fait appeler « l’Ordre de la Mer Indomptable » avant que le shérif ne revienne s’assurer de notre docilité…

Quand nous retrouvons Chevrefeuille à l’auberge, il nous apprend que le vizir et ses hommes sont revenus au temple et avoir entendu qu’un cavalier avait continué vers l’ouest. Laissant le courageux hobbit à l’auberge, nous prenons la direction de l’est, guidés par Lyana dont la capacité à retrouver les traces sont édifiantes. Plus impressionnante est sa magie pour reconnaître que l’Amadéus que nous recherchons est passé ici même à dos de cheval.

Nous atteignons ensuite une ferme où vit une femme hirsute, la trentaine passée, ainsi qu’une fillette de 10 ans, cachée dans un coffre comme si elle avait été punie. La pauvreté laisse la place à l’horreur et le dégout : un berceau vide puis l’insoutenable vérité de la bouche même de l’enfant. La mère a donné son bébé au vizir pour perpétuer la traditionnelle « Fête des Voisins de la Baie ». Le père, lui, s’est opposé et a été emmené de force après avoir été rossé. Au bord de vomir, je sors de cet endroit. L’enfer est sur terre.

Suivant la piste, nous retraversons Illmarsh pour nous arrêter au nord ouest, sur une plage où un cheval est attaché. Décryptant à voix haute les traces dans le sable, Lyana nous raconte que des hommes vont dans l’eau, et que l’un d’eux est trainé de force. Face à nous, au large, une nuée d’oiseaux tournent autour des rochers sous le soleil déclinant.
Puis enfin un homme sort littéralement de l’eau devant nous , armé d’une masse sertie de coquillages. Je lui parle, je lui demande ce qu’il a fait… ce qu’ils ont fait. L’inconnu est narquois, sûr de lui et nous demandes ce que cela peut bien faire qu’on le sache ou pas. Puis de partir au galop en nous gratifiant d’une expression qui veut dire « c’est bien ce que je pensais… ».

Je n’en reviens pas ! J’interpelle mes compagnons, leur demandant de quoi ils ont besoin pour reconnaître un démon quand ils en voient un avant de me reprendre et de m’excuser pour mon emportement. Lyana est livide et me fais des excuses. Je l’interromps en la saisissant par les épaules. Je ne veux pas d’excuses… Je veux qu’on arrête la folie qui règne dans cet endroit. Céléna, elle, ne dit rien et demeure impassible. Je lui découvre un visage inconnu et inhabituel. Pourvu que ce ne soit pas le calme avant la tempête.

Les  « Voisins »… Qu’y a t’il au large d’Illmarsh ? Notre imaginaire et la conviction des  sacrifices pour apaiser on ne sait quelles créatures sous-marines nous font décider d’en avoir le cœur net. Revenu au village, nous retrouvons les marins qui ont accostés ici. Le ponton abrite une taverne au nom évocateur du « Kraken qui louche » où Lyana apprend que les « Voisins » échangent des richesses ou des faveurs contre les enfants. Un des marins, pour une somme dérisoire, tiendra la barre du bateau que nous prête Horace Croon.

Notre intuition nous mène à un homme attaché sur un rocher, balloté par les courants. Nous approchons au mieux mais il faudra se jeter à l’eau pour le secourir. Je ne peux plus nous faire marcher sur l’eau mais j’assure Lyana de pouvoir encore aider. Elle plonge en tenant la corde magique d’escalade et, se blessant une première fois contre le tranchant des pierres, réussit à s’accrocher au récif. La corde fait son œuvre et grimpe le long du rocher pour s’attacher près du captif. Quand Lyana est enfin près de lui, j’utilise un de mes derniers sorts pour briser les chaines. Rompu de fatigue, l’homme s’écroule en entrainant Lyana dans sa chute. Luttant contre les éléments, nous arrivons à être assez près pour que Céléna saute à l’eau, se tenant d’un main à l’embarcation et aidant de l’autre Lyana et l’homme blessé. Je canalise le bien pour guérir les blessures tandis que Forge demande au marin de nous ramener à l’écart d’Illmarsh.

Nous devons faire vite avant que Lyana et l’homme ne tombent malades car leurs vêtements sont trempés par l’eau glacée. En attendant de faire un feu sur la terre ferme, Forge et moi utilisons nos capes pour les couvrir. Du coin de l’œil, je vois que Celena ne tremble pas, il est vrai qu’elle ne craint pas la maladie. A nouveau ce regard vide. Comme fascinée par l’eau, elle passe sa main sur son front, à la base du tatouage caché sous ses cheveux grenats…

L’homme que nous avons sauvé s’appelle Rufus Tulby. Ce qu’il nous apprend achève de nous écœurer : ce sont les deuxièmes et troisièmes filles des familles qui sont conduites à la cérémonie du Don au temple durant lequel le vizir porte un symbole en forme de pieuvre ou de poulpe. Je doute que cela soit le symbole de Gozreh. Le vizir a quatre vicaires en plus d’avoir le village à ses pieds et le shérif à ses ordres. Enfin, concernant les nouveaux visages récents à Illmarsh, il nous apprend qu’un étranger nommé Gaster habite à l’auberge de la Pêche Miraculeuse depuis deux mois.

C’est alors qu’un bruit de corne se fait entendre : la célébration commence !

Nous ne savons presque rien de ce qui nous attend là-bas. Si nous voulons agir, nous devrons nous débrouiller sans le nécromancien blanc et j’ai déjà presque épuisé toutes mes réserves magiques. Mais nous savons que nous ne pourrons pas trouver le sommeil qui nous manque alors que l’horreur a élu domicile à l’intérieur du temple. Nous n’avons pas oublié les loups-garous et le phare entre Bois Frisson et Feldgrau. Nous ne pouvons pas fermer les yeux et nous n’avons plus le droit d’avoir peur.

C’est déterminés que nous franchissons la porte du temple. Une hideuse statue trône au centre du vestibule. Au fond, trois autres portes. La plus grande au centre est sans aucun doute la grande salle du temple. Lyana bande son arc, tout les muscles contractés, ces yeux sont rougis par des sentiments contraires. Céléna a toujours ce regard sans vie…
Par tous les dieux, obnubilé par mes propres questions,  je n’ai rien vu de la folie qui les gangrène peu à peu.

C’est trop tard. Forge à ouvert la porte.

Je reste ébahi tandis que Lyana décoche méthodiquement flèches après flèches. Ma tête tourne. Que faire ?
Hier matin j’admirais le battement d’aile d’un papillon, ce soir j’apporte le chaos.

(click to show/hide)
Que chaque rêve soit une étoile brillante dans l'obscurité de la nuit, et qu'il éclaire ta journée

Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Carrion Crown  |  Livre 4ème: Le réveil du guetteur (Modérateur: Sstrad)  |  Chap. 16 : "Bénédiction du matin"
 

gfxgfx
gfx
SMF 2.0.15 | SMF © 2011, Simple Machines
Helios Multi design by BlocWeb
gfx
Propulsé par MySQL Propulsé par PHP XHTML 1.0 valide ! CSS valide !