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102266 Messages dans 7466 Sujets par 811 Membres - Dernier membre: cernunos_wolf avril 25, 2019, 04:15:04 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Carrion Crown  |  Livre 4ème: Le réveil du guetteur (Modérateur: Sstrad)  |  Chap. 15 : La tête hors de l'eau (1)
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Auteur Sujet: Chap. 15 : La tête hors de l'eau (1)  (Lu 650 fois)

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Hors ligne Bartholomeu

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Chap. 15 : La tête hors de l'eau (1)
« le: janvier 28, 2013, 22:02:12 pm »
…J’étouffe tandis que l’eau envahie mes poumons et me débats en vain contre ces mains qui m’agrippent pour me noyer ! Je panique et résiste de toutes mes forces mais je me sens comme un pantin, faible comme un enfant face à des adultes. Je n’ai pas la force de lutter davantage…
Finalement, ces mains me sortent d’un grand bassin. Je crache faiblement l’eau que j’ai dans la bouche, levant péniblement l’avant-bras pour essuyer ma propre bave sur ma joue. Je suis rapidement recouvert d’un grand drap de lin mais je ne peux m’empêcher de trembler comme une feuille. J’ai tellement froid.

Puis l’on m’attache et on me tient fort… Mais où irais-je dans mon état ? Quel besoin d’une camisole ?
Mais… cette voix. Je la connais, c’est Céléna. Je retrouve peu à peu mes esprits, c’est elle qui me tient dans sa cape. Lyana est là aussi, qui me saisit à son tour. Je ne comprends pas un mot de ce qu’elles disent.

Je sais juste que je suis nu… et que c’est embarrassant.

Il y’a d’autres personnes. Ce sont mes pairs, des desnites. Ils sortent de l’eau une jeune femme dont je reconnais les vêtements trempés comme étant ceux d’une prêtresse de haut rang. Elle… Elle m’a « ramené ».

Une ombre sur moi… Forge est là aussi et se retient de me serrer à son tour contre lui. Je reprend conscience peu à peu et devine son… sentiment de joie.

Un prêtre desnite me soustrait à mes compagnons et une autre les éconduit poliment vers une salle voisine… sans omettre de faire sortir le rondouillard Chevrefeuille qui, sur la pointe des pieds et profitant du brouhaha pour se faire oublier, est en train de remplir une éprouvette avec de l’eau du bassin.

Plus tard, après quelques prières,  je suis sur pied bien qu’affaibli. Mais je garderais une douloureuse et profonde cicatrice dans mon flanc droit…

Deux jeunes prêtres m’apportent cérémonieusement mes vêtements et sollicitent de m’aider à m’habiller.
Je me revois à leur place quand j’aspirais à devenir Arpenteur, fonction auréolé d’un certain mystère au sein du culte.
Ils me donnent un à un mes habits, imaginant à voix haute quelles routes lointaines ces vêtements élimés avaient empruntés. J’ai beau jeu de leur dire de ne pas se laisser tromper par l’état d’usure car j’ai manqué de temps pour prendre soin de mes vêtements, ils veulent des détails, des récits des lieux visités.
L’un d’eux bloque sur le trou béant de mon surcot de coton gris et me regarde interrogateur en passant deux doigts dedans. L’autre prêtre lui fait les gros yeux et lui prend rapidement le vêtement des mains pour me le donner. Il sait surement.
Le premier est confus, et ne sait quoi dire. Je fais alors de mon mieux, malgré ma voix faible, pour les mettre à l’aise.

« C’est le souvenir d’un mauvais chemin… Mes frères, nul besoin d’être pressé de prendre la route. Desna enseigne aussi le goût de la liberté, à déceler sa grâce et la chance dans nos quotidiens et à chérir le bien. Et si, lors de vos vœux, vous deviez choisir et être choisis pour arpenter le monde, vous pourriez, - non, vous devriez- tourner vos pas vers d’autre pays que l’Ustalav...»

Je rejoins mes compagnons qui m’ont attendus pour retrouver Kendra. Je ne leur avoue pas que j’hésite à y aller car dans mon état piteux, je ne sais pas si ce serait lui rendre service de me voir ainsi. Mais ce n’est pas tout : la mémoire m’est revenue.

Le papillon de sa famille que j’ai donné aux grands prêtres, m’en voudra-t-elle ?

Et l’échange âpre avec ces sommités des cultes majeurs : Salé, grande prêtresse de Sarenräe étonnamment vétu des atours d’Iomédäe, Sire Perseus, grand prêtre de Pharasma, un mystérieux mage cachant son visage que j’ai cru être Adivion et le pire, les mots durs d’Estrella, la grande prêtresse de Desna, qui résonnent lourdement dans ma tête : « J’aurais tellement aimé que tu sois vraiment des nôtres ».

L’admiration plus tôt des jeunes desnites ne change rien au fait que j’ai conscience d’être l’ombre de moi-même. La vérité est que je n’ai pas envie qu’elle sache que je ne suis pas à la hauteur de la confiance de son père. Kendra, si fière de moi quand je suis devenu Arpenteur…

Nous sommes accueillis dans une maison si confortable et incroyable que l’on en oublierait presque être à Caliphas. Ô déesse, que cette femme est belle. Elle a changé et fait montre d’une maturité impressionnante. Je garde le silence pour ne pas me décomposer comme neige au soleil.

Mes compagnons partagent avec elle certains évènements passés. Stoïque, elle comprend très vite que nous allons repartir dès demain. C’est pour moi que mes compagnons sont venus à Caliphas et l’opportunité de la revoir et de pouvoir enfin dormir sans craindre pour nos vies ne pouvait être manquée.
Nous tombons de fatigue et aussi délicieux que puissent être les plats, chacun va se coucher tôt. Lyana a beaucoup de temps à rattraper avec White. Il n’y a pas grand chose qu’on puisse lui dire : elle a déjà trop pleurer pour trouver encore des larmes sous ses paupières…

Le moment redouté où je suis seul avec Kendra fini par arriver. Nous commençons par des banalités avant de nous livrer à plus de confidences. A ses questions où je perçois une pointe de reproche, je lui avoue que je m’inquiète pour elle et que tous mes efforts qui me tiennent loin d’elle sont pour beaucoup motivés par l’envie de la soustraire au sombre projet du retour du Tyran-Qui-Murmure.

Nous parlons brièvement de son oncle. Elle me dit d’une voix atone qu’elle sait que je ne l’aime pas. Je n’essaie même pas de démentir… J’ai développé une réelle défiance envers les puissants et la suffisance hautaine de cet homme, son attitude supérieure et  condescendante me fait sérieusement douté de son projet de sacrifier son existence pour la sauvegarde de l’Ustalav. Que lui chaux un pays alors que tout Golarion est son jardin ? J’ai la conviction que nous sommes ses pantins et que le cheval qu’il a donné à Lyana est le noir corbeau qui lui rapporte nos faits et gestes…

Le couperet tombe quand elle corrige ce que je croyais savoir. Ce n’est pas un descendant d’Aroden mais deux qui seraient nécessaires au retour de Tarbaphon ! Si cela advient, cela veut dire qu’elle devra périr également…
Elle dit cela avec calme, comme si une part d’elle était préparée à l’idée de mourir.

Mais je sais, moi, qu’il est impossible d’être réellement près à comparaitre devant la Dame des Tombes. Tout comme je sais que les desseins de la Voix qui Murmure sont si sombres qu’ils empêchent les âmes de trouver le repos éternel. Je chasse de mon esprit ma frayeur pour l’âme de son père de peur qu’elle ne lise en moi. Kendra, tu n’as pas besoin de savoir…

Enfin, je lui dis que j’aimerais être avec elle ce soir. Elle me répond que ce n’est pas possible, qu’elle doit « rester pure ». J’essaie de la rassurer sur mes intentions. J’aspire juste à être près d’elle, un fauteuil me suffira, comme l’illusion d’être vraiment capable de la protéger.

Une fois dans sa chambre, je rapproches un fauteuil près du lit. A la faveur d’un geste, comme deux adolescents maladroits, nos mains se frôlent, se cherchent et nous finissons enlacés. Le goût de ses lèvres est plus doux que dans mon souvenir… L’instant de surprise passé, nous nous embrassons encore à en perdre le souffle. Elle plonge ses yeux dans les miens, m’ouvrant son cœur, me signifiant sa confiance en moi.

Nous sommes seuls dans sa chambre, personne ne viendra.

Je fais glisser ses cheveux dans mes doigts, elle tourne son visage pour embrasser tendrement ma main et presse son autre main sur mon torse… Je n’arrive pas à contenir une grimace de douleur.
Elle est désolée mais c’est moi qui le suis en agrippant doucement ses poignets. Je ne peux pas.

Tu dois « rester pure ». Tu ne peux pas aimer un mort en sursis.

Nous nous regardons longtemps, elle dans son lit et moi assis tout contre.

Je ne suis pas sur de savoir qui de nous deux ferme les yeux le premier mais je garde sa main tant que je le peux dans la mienne, comme pour chercher dans ce contact la force que je n’ai plus.
« Modifié: janvier 29, 2013, 16:39:30 pm par Bartholomeu »
Que chaque rêve soit une étoile brillante dans l'obscurité de la nuit, et qu'il éclaire ta journée

Hors ligne Bartholomeu

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Chap. 15 : La tête hors de l'eau (2)
« Réponse #1 le: janvier 29, 2013, 16:35:43 pm »
C’est reposé que je me réveille. Et étonnamment, je ne garde aucun souvenir de mon rêve. Ni rêves ni cauchemar, d’ailleurs.
Est-ce la proximité de Kendra, le contact de ses doigts dans ma main qui a préservé mon sommeil? Je la regarde s’étirer, se réveiller peu à peu et me sourire en ouvrant les yeux.
A cet instant, le poids des derniers évènements semble plus léger…

Percelande et les enfants abandonnés, livrés à eux-mêmes face à la non-vie.
Le sentiment de vacuité de nos efforts contre un pays tout entier et une population prompte aux mœurs sinistres.
Comment ne pas voir naitre des Auren Vrood, des groupuscules qui complotent comme la Voix qui Murmure? Nous luttons pour ne pas voir le retour de Tarbaphon mais il n’a jamais cessé d’être là, enfoui dans la terre et sa haine sommeille dans les cœurs faibles de ce peuple, donnant aux plus vils l’illusion de dominer alors qu’ils sont en réalité dévorés par le Tyran.
Au delà de douter sur notre capacité à interférer dans son retour, les mots de La Dame des Tombes me reviennent, sur l’impossibilité de me conduire aux jardins de Cynosure, auprès de la Musique des Sphères.
Ces mystérieuses paroles, peu après les mots de la grande prêtresse Estrella signifient-ils que je n’y aurais pas ma place?
Sont-ce mes choix qui m’éloignent de la Musique des Sphères ?
Et dans ce cas, pourquoi m’octroierait-elle toujours les prières sacrées ?

Kendra perçoit l’ombre passagère sur mon visage et reprend ma main dans la sienne. Nous restons ainsi, silencieux…

Quand nous descendons, nos compagnons sont attablés au petit déjeuner.
Chèvrefeuille, aidé de Forge, a tôt fait de comprendre le fonctionnement de toutes ces choses qui nous produisent du pain tranché et chaud et autre fruit pressé.
Lyana et Celena esquissent des regards amusés de connivence en nous regardant descendre ensemble le monumental escalier mais ne trouvent pas d’écho à leur interrogation dans notre attitude.

Nous nous regardons avec Kendra avant qu’elle ne s’engouffre dans la cuisine, me laissant avec mes compagnons qui m’accueillent chaleureusement.
Puis revenant avec un plateau dont les délices font chavirer le cœur du hobbit dans l’hilarité générale, Kendra constate à voix haute qu’il ne manque rien.

La Musique des Sphères m’accorde la chance de cet instant de grâce auprès d’amis chers.

Je ne suis pas seul, je ne l’ai jamais été.
Mes compagnons me l’ont rappelé et sont bien présents que je le demande ou non.
Une famille ne résume pas au lien du sang.

Non, l’espace d’un instant que je veux graver dans ma mémoire, il ne manque rien.
« Modifié: janvier 29, 2013, 16:40:18 pm par Bartholomeu »
Que chaque rêve soit une étoile brillante dans l'obscurité de la nuit, et qu'il éclaire ta journée

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