gfxgfx
 

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
 
gfx gfx
gfx
102330 Messages dans 7472 Sujets par 913 Membres - Dernier membre: pepeARea décembre 15, 2019, 11:31:55 am
*
gfx*AssociationDonsForumMessagesgfx
gfx
Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Carrion Crown  |  Livre 3ème: Lune Brisée (Modérateur: Sstrad)  |  Chap. 14 : Un nouveau jour
gfx
gfxgfx
 

Auteur Sujet: Chap. 14 : Un nouveau jour  (Lu 4778 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Celena

  • Full Member
  • ***
  • Messages: 170
  • Sexe: Femme
    • Voir le profil
Chap. 14 : Un nouveau jour
« le: janvier 15, 2013, 21:38:04 pm »
«  Alors cet entrainement ?
-   Pas terrible. Je n’y arrive pas.
-   Ne baisse pas les bras. Tu y parviendras, il n’y a pas de raison. Ai confiance. »

La jeune femme poussa un long soupir. Avoir confiance ? Voilà près de trois mois maintenant qu’elle s’entrainait, et le résultat était toujours aussi pitoyable.
Aujourd’hui encore elle n’était parvenue qu’à trancher péniblement 10 cibles tandis que les autres atteignaient sans problème la trentaine. Non, vraiment, le moral n’était pas bon.
La porte de la taverne s’ouvrit brusquement sur un groupe de jeunes surexcités.
« - Tavernier ! Votre meilleure table ! »
L’homme s’exécuta aussitôt. Ils étaient une dizaine, jeunes hommes et femmes dont l’intonation et les éclats de voix laissaient transparaitre une excitation certaine.
Ils s’installèrent non loin et la jeune femme failli s’étouffer en reconnaissant les paladins de Iomedae. Elle n’avait vraiment pas besoin de ça.
Astra aussi les avait reconnus.

« Tu veux quitter ? lui souffla-t-elle en les observant à la dérobée.
-   Et comment. Mais rejoins-les toi. Tu es de Iomedae également.
-   Et après ? Je n’ai nulle envie de participer à cette beuverie.
-   Tu ne partages jamais rien avec eux. Cela finiras par te jouer des tours tu sais.
-   Ca m’est égal. »
Elle fit signe à l’aubergiste et laissa quelques pièces de bronze sur la table en guise de paiement.
Les deux jeunes femmes se levèrent et se dirigèrent vers la sortie lorsqu’une main puissante s’abattit sur l’épaule d’Astra.
« Astra ! Où vas-tu ainsi ? Tu nous fausses compagnie comme d’habitude ? »
La paladine pivota sur ses talons.  Marcus la dominait de toute sa hauteur. Plutôt bel homme, il était le plus grand, dépassant d’une bonne tête ses camarades. Une véritable force de la nature. Astra ne pouvait s’empêcher d’assimiler sa stature à celle d’un ours.
Le cynisme non dissimulé de sa question en disait long sur l’opinion que ses camarades portaient sur elle. Céléna n’avait pas tort, ses absences répétées la desservaient. Céléna…
Elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule, mais son regard ne rencontra que le bois de la porte close.
« Tu cherches quelqu’un ? reprit Marcus.
- Non.
- Tu te joins à nous alors ? fit-il en désignant d’un mouvement de tête la table dans son dos.
- …Avec plaisir.»

Elle prit place parmi eux. Les autres ne semblèrent guère lui prêter plus d’attention que cela, riant bruyamment et se collant de grandes claques dans le dos. Une valse impressionnante de pintes de bières débuta que les hommes avalaient comme on épancherait sa soif avec de l’eau. Astra sirotait plus qu’elle ne buvait. Non pas que l’alcool ne réussissait pas à son organisme, mais c’était plutôt les conséquences d’une éventuelle perte de self control qu’elle appréhendait. 
Elle se sentait observée et finit par croiser ce regard insistant. Arwyl se tenait sur le côté gauche de la table et l’observait, plantant son regard d’acier dans le sien. Elle ne l’avait pas remarqué en prenant place, deux créatures plus que bien dotées par la nature, ondulant autour de lui l’ayant caché à sa vue.
Elle trempa de nouveau ses lèvres dans le breuvage tout en soutenant son regard. Son calme tranchait singulièrement avec le reste de la table.

Céléna inspira profondément. Une véritable chance qu’elle soit parvenue à quitter l’auberge sans encombre. Elle observa le bâtiment situé face à elle, de l’autre côté de la place, et grimaça, songeant à son amie, contrainte de partager ce charmant moment avec les autres paladins. Astra ne buvait pas, ce devait être un supplice.
Elle se glissa parmi la foule. L’après midi était entamée de moitié et les rues commençaient à se remplir petit à petit.
Elle s’attarda devant les étales des échoppes rouvrant une à une. Le tanneur et ses magnifiques tuniques de cuir, l’orfèvre et son étale brillant de mille feux, l’armurier, sans nul doute son préféré. Elle aimait ce quartier de Vigil, grouillant de vie, de couleurs et d’odeurs.

Ses pas la dirigèrent machinalement vers les rives du fleuve. C’est là qu’elle se rendait lorsque quelque chose n’allait pas. Le bruit de l’eau effaçait le tumulte de la ville, apportant fraicheur et silence. Elle se sentait sereine, coupée du reste.
Doucement, elle défit les lacets, libérant ainsi ses avants bras des fourreaux de cuir.
Trois mois... Elle serra les poings, faisant saillir ses veines. Trois mois que Salé l’avait guérie. Elle observa les cicatrices entrelacées courant sur sa peau, ultime souvenir du sauvetage de Kendra. Et s’il s’était trompé ? Si elle n’était pas à la hauteur ?
Pourquoi n’y arrivait-elle pas ? Sans parler de ces douleurs qui la lançaient chaque fois qu’elle maniait l’épée. Salé l’avait prévenue : ce serait long.

« A quoi songes-tu ainsi ? »
La jeune femme sursauta. Arwyl se tenait à sa droite, adossé à l’une des piles du pont. Elle ne l’avait pas entendu arriver.
«  A rien qui puisse t’intéresser, lâcha-t-elle en ramassant ses affaires et en se relevant.
-   C’est à moi d’en juger je pense.
-   Pourquoi es-tu là, le coupa-t-elle. Tes amis sont à la taverne. Tu devrais les rejoindre.
-   J’en sors.
-   Je l’avais deviné. Tu sens le parfum et l’alcool d’ici.
-   Oh ! Mademoiselle a l’odorat sensible. C’est à la mode ces temps-ci…
-   Pardon ?
-   Rien, je me comprends. »
Céléna haussa les épaules et se détournant, commença à remonter vers les berges.

« Je peux t’entrainer. »
Elle s’immobilisa et se tourna vers lui.
« M’entrainer ?
-   Tu m’as bien entendue.
-   Et pourquoi accepterais-je ?
-   Parce qu’avec ton niveau actuel, tu n’auras aucune chance.
-   Aucune chance contre qui ?
-   Contre ton futur adversaire. Sais-tu ce que nous fêtions à la taverne ?
-   Je devrai ?
-   Nous fêtions l’annonce des prochains duels qui viennent d’être placardés au Collège.
-   Des duels ?
-   Oui. »
Arwyl se redressa et grimpant à son tour, parvint à sa hauteur.
« Nos maîtres d’armes respectifs ont jugés intéressants d’organiser des duels entre nos deux écoles. Les premières listes ont été affichées ce matin et tu es dessus. Tu te battras dans trois semaines contre Marcus. »
Céléna sentit le sol s’ouvrir sous ses pieds. Marcus, le géant de Iomedae ? Elle n’avait aucune chance.
Le choc de l’annonce la laissa sans voix et elle ne remarqua pas immédiatement la grande proximité d’Arwyl. Elle recula brusquement, de nouveau sur ses gardes.
Pourquoi venait-il lui annoncer ça ? Et surtout, pourquoi lui proposer son aide ? Il n’était pas homme à agir gratuitement.
« Qu’attends-tu de moi ?
-   De toi ?
-   Tu m’as comprise. Pourquoi m’offres-tu de m’aider ? Qu’as-tu à y gagner ?
-   Je n’avais pas vraiment réfléchi à ce que tu me payes mais pourquoi pas.
-   Arrêtes tes salades et va droit au but.
-   Et bien, si tu gagnes ce combat grâce à mon entrainement, je me joindrais à Astra et toi comme bon me semblera.
-   Tu plaisantes ?
-   Pas du tout, tu verras, à trois c’est vraiment très agréable. »
L’air siffla sous la paume de la jeune femme, mais Arwyl interrompit net son geste, saisissant fermement son poignet. Céléna serra les dents sous l’élancement de douleur provoqué par la prise et se dégagea sèchement.
«  Pauvre type va ! »
Lui tournant le dos, elle rejoignit la chaussée.
« Marcus ! Dans trois semaines ! Tu sais où me trouver ! » 



Ma mule ! Elle s’est sauvée ! Faudrait s’arrêter !

Céléna !
La voix de Lyana la tira soudainement de ses pensées. Elle observa avec étonnement la ranger. Il lui fallut quelques instants pour renouer avec le présent. Son regard se porta sur le villageois fouillant désespérément dans les fourrés à la recherche de son mulet.
Devant le village infortuné qui les avait accueilli la veille, elle et ses compagnons n’avaient pas eu le cœur de les abandonner à leur sort. Avait alors débuté le voyage le plus improbable qui fut. Depuis combien de temps faisaient-ils route vers Perceland ?
La paladine observa le lac. Les barques où s’entassait la majeure partie de la population glissaient silencieusement sur les eaux sombres. Elle distingua la silhouette de Barth à l’avant de l’une d’elles.
Afin de conserver leurs montures, Lyana et elle-même avaient opté pour la voie terrestre, escortant ainsi cinq villageois et leur bétail. 
Centaure s’ébroua, visiblement agacé de cette attente. Céléna observa sa nouvelle monture dont la robe blanche immaculée contrastait dans cette noirceur ambiante. Elle flatta doucement l’encolure de l’animal admirant ses proportions et son élégance. Elle n’avait jamais eu de si belle monture.  Centaure… le cheval d’Arwyl.
Les dernières 48 heures avaient été chargées d’émotion. Il s’était passé tant de chose. Au désespoir et au vide laissés par la mort d’Astra, avaient succédés le doute, la peur, la crainte, la honte, puis la joie, la vie.
Mais il y avait d’abord eu ce vide immense. Le corps de sa sœur de cœur, gisant au sol, déserté par la vie. Ce déchirement en elle, cette douleur au-delà de toute blessure jamais infligée. Elle avait porté son corps hors du champ de bataille, à l’écart. Plus rien n’existait à ses yeux, les bruits avaient cessés, les voix de ses compagnons d’armes s’étaient tues. Elle ne les voyait plus, ne les entendait plus. Elle venait de perdre ce qui lui restait de plus cher. La honte de n’avoir su la protéger, le doute sur sa capacité à endosser ce fardeau si lourd que représentait son armure. Le doute quant à sa volonté de continuer.
La certitude de ne jamais retourner à Vigil. La conviction de ne pas être assez forte pour y affronter les fantômes de sa vie. Le vœu de rejoindre ceux qui lui étaient si chers.

Et puis, cette lumière pure sous le rideau de pluie. Cette femme, si douce, si apaisante.
Elle l’avait reconnue. Etait-ce le trop plein d’émotions qui l’empêchait de lui montrer toute la déférence dû à son rang ? Elle l’observait tel un naufragé découvrant enfin une terre mais n’y croyant plus.
Faire revenir Astra ? Comment accepter un tel miracle et regarder dans les yeux ceux qui comme elle, avaient souffert ? Lyana brisa cette ultime attache. Kira avait fait un choix. Astra non. Il fallait essayer.
Cette nouvelle chaleur envahissant son cœur : celle de l’espoir retrouvé.
Puis ce voyage extraordinaire, leur arrivée dans le royaume des morts. Elle n’avait jamais vu autant de races regroupées en un même lieu… sans se battre. Ils riaient, plaisantaient comme de vieux amis ayant enfin fini un dur labeur : celui de se détester sur terre. La vision était ahurissante.
Puis la rencontre avec Pharasma elle-même, le discours de Barth leur ouvrant les portes du royaume.  La découverte de cette seconde vie où tous finiraient par se retrouver.
Bois Frisson baigné par un soleil sans nuage. Tout y est si paisible, si calme, si beau.
Pourquoi revenir ? Pourquoi renoncer à ce repos éternel ? Soudain, leur rencontre avec Kvalka. La justification de leur présence, le retrait d’une mère acceptant de laisser partir sa fille. La preuve même que sur Terre, son départ avait été prématuré. La certitude pour Céléna de faire le bon choix.
Elle est là, assise distraitement en haut de la tour du temple, balançant ses jambes au-dessus du vide. Un pincement au cœur. Elle semble si heureuse, si reposée. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait plus vu ce franc sourire sur le visage de sa soeur. Un ultime doute que l’image de Kvalka dissipe aussitôt. Elle s’avance et prend place à ses côtés. Bois Frisson s’étend avec splendeur à leurs pieds. Elle se sent bien et se prend à gouter à cet instant de paix. Et si elle restait là ? Auren Vrood, l’Ustalav et ses malédictions quasi quotidiennes, cette impuissance face à tous ces malheurs. Subitement, tout lui semble si loin, comme appartenant à une autre vie. Pourquoi se battre puisqu’ils finiront tous ici ?

Des murmures dans leur dos. Ces compagnons de route sont là aussi. Le lien avec leur réalité. Elle se reprend et remonte doucement le temps et les souvenirs. La sérénité quitte peu à peu le visage de sa sœur. Pourquoi revenir dans ce monde où nul ne veut d’elle ? Où la malédiction de sa naissance la coupera à jamais du bonheur ?
La rassurer, reprendre espoir. Entrevoir la bonté de celle qui leur a permis de venir la chercher. Croire, tout simplement.

Elle rouvre les yeux. La douce jeune femme a disparu. Elle se tient à sa place, les mains entourant le visage de sa sœur. La pluie a cessé. Etait-ce un songe ?
Soudain, une profonde inspiration et ces yeux bleus tant aimés s’ouvrant de nouveau.
« Céléna ? C’est bien toi ? »
Elle ne peut lui répondre, sa voie se brise, les nerfs lâchent. Un flot de larmes l’envahie. Toute sa joie mais aussi tous ses sentiments sans cesse refouler depuis tant de jours.
Elle pleure sa sœur retrouvée, elle pleure les morts de Ravengro.
Celena

Hors ligne Celena

  • Full Member
  • ***
  • Messages: 170
  • Sexe: Femme
    • Voir le profil
Re : Chap. 14 : Un nouveau jour
« Réponse #1 le: janvier 15, 2013, 21:40:03 pm »
« Remettez-nous cette guenon, c’est un ordre ! »
L’inquisiteur la fixait de son seul œil valide.
Céléna ne bougea pas d’un pouce, refusant obstinément de livrer Astra.  Elle l’avait ramenée du Royaume de la Dame des Tombes, ce n’était pas pour la livrer à cet homme.
« Quel est le chef d’accusation ? Le fait d’être née garou ? C’est ça ? »
« Ecartez-vous. »
« De quel droit remettez-vous en question les choix de votre déesse ! Vous vous croyez au-dessus ? On ne choisit pas sa naissance, mais l’on choisit ce que l’on devient ! »
« Vous outre passer vos droits Paladine. »
Elle sentait monter en elle une colère aveugle. Son sang bouillait dans ces veines. Elle percevait chacun de ses muscles tendus à l’extrême, prête à bondir sur l’inquisiteur.
L’envie de se saisir de Feu du Soleil grandissait, devenant obsédante. Faire voler sa tête  haut dans le ciel, voilà bien la seule chose dont elle rêvait en cet instant. Jamais elle n’avait ressenti une telle haine, une telle envie de tuer.
Encore une insulte, juste une insulte et le rêve deviendrait réalité. Peu lui importait les conséquences. Plus rien n’existait autour d’elle. Tous ses sens, tout son esprit n’étaient focalisées que sur un seul être, une seule proie : cet homme.
Elle perçut sur sa droite Arwyl, revenant vers son cheval, qu’il dépassa.
« Je vous ordonne de m’amener cette guenon sur le champ ! »
Un rictus effleura les lèvres de la paladine. Elle allait laisser libre cours à sa volonté. Sa main se porta vers son arme lorsque soudain, sa proie ne se tint plus perchée sur son cheval.

Une stupéfaction générale s’empara de l’assemblée. Arwyl s’était saisi de l’Inquisiteur, le descendant brutalement de sa monture et lui faisant mordre la poussière.
« Manques-lui encore une fois de respect, et tu le regretteras. »
Il lui écrasa le visage dans la boue avant de s’en écarter.
L’homme se releva, hors de lui.
« Ton frère ne sera pas éternellement roi. » siffla-t-il, contenant sa rage tout en se remettant en selle.
Arwyl revint vers elles et tendit la main à Astra, l’invitant à se rendre.
La jeune femme obtempéra. Céléna ne bougea pas, encore sciée de ce qui venait de se passer.
« Je veillerai sur elle » lui souffla-t-il en passant à sa hauteur.

Ils regardèrent s’éloigner le groupe de paladins, emmenant leur prisonnière.
Barth s’approcha doucement de Céléna.
« Tu as fait ce que tu pouvais. »
« J’espère au moins être parvenue à ébranler l’opinion des autres paladins. »

Le silence retomba. A leur pied, les tombes neuves des malheureux villageois, enfin libérés de leur sinistre passé. Un bruit au loin attira leur attention.
Un cheval galopait vers eux. Un cheval, sans cavalier…
Céléna sentit son ventre se nouer. Elle reconnu immédiatement la magnifique monture d’Arwyl. Son sang ne fit qu’un tour et sans même s’expliquer, se saisit de la bride, enfourcha l’animal et s’élança au galop, sur les traces des paladins.
Que lui était-il arrivé ? L’inquisiteur avait-il réglé ses comptes ? Elle serra les dents de rage et talonna une nouvelle fois sa monture.
Il ne lui fallut que peu de temps pour sortir de la ville et rejoindre le groupe.

Astra était bien là et Arwyl…se tenait en croupe sur la monture d’Alis.
Cette vision la laissa interdite. Elle avait imaginé le pire et le trouvais comme à son habitude, collé à une belle créature, riant et plaisantant.
Son arrivée au grand galop n’était pas passée inaperçue. Il se tourna vers elle.
« Tu a oublié quelque chose ? » lui demanda-t-il tout en posant sa main sur la cuisse d’Alis.
Elle s’était inquiétée. Réellement inquiétée. Elle n’avait rien de particulier à lui demander. Faisant mine de ne pas prêter attention à la scène et pour ne pas perdre contenance, elle lui posa la première question qui lui traversa l’esprit.
« Qui est à l’origine de l’ordre d’arrestation ?
- Ce ne sont plus tes affaires. Profites !
- « Profites » ? Tu te payes encore ma tête, comme d’habitude ?
- Possible. »

Céléna tira sur les rênes et fit demi-tour, sans lui adresser le moindre regard.
Elle croisa Lyana, qui arrivait en sens inverse. Elle s’était visiblement lancée à sa poursuite.
« Quelque chose ? lui demanda-t-elle.
- Rien qui en vaille la peine. Comme d’habitude. »
Elle bouillait intérieurement. Dire qu’elle s’était inquiétée pour ce type. Quelle idiote !
Elle reprirent le chemin de Felgrau et ne tardèrent pas à rejoindre les autres.
Ils y passeraient la nuit. Forge modifia l’armure d’Adimar.
« J’aurai besoin de ton plastron, afin de remettre le symbole de Sarenrae. »
Céléna hésita. Cette armure, c’était le dernier cadeau que Petros lui avait fait. C’était le seul souvenir qu’elle avait de lui.
Elle l’ôta en douceur et la regarda. Elle était vraiment magnifique. La réponse de Pharasma résonna dans sa tête : « Je n’ai pas jugé Pétros ».

Cela signifiait-il qu’il était encore vivant ? Après tout, son visage mutilé ne leur avait pas permis de l’identifier avec certitude. Elle inspira profondément, s’interdisant d’espérer quoique ce fût de cette incertitude. Il y avait déjà eu tant de déceptions.

Il fallait avancer. Les prochains combats seraient plus rudes encore. Tomber sous les coups, c’était condamner ses compagnons. Elle le savait. Elle dépassa sa répugnance à porter l’armure magique de l’anti paladin et tendit son plastron à Forge.
Elle se rendit auprès de Barth afin de trouver le repos.

Le réveil fut des plus pénibles. L’air semblait peser lourdement sur leurs épaules. Tout était devenu oppressant. Etait-ce du à Felgrau ?
Lyana leur raconta le songe qui l’avait tenue éveillée : un ciel filant vers elle, des yeux violets la fixant, lui disant « Je t’ai retrouvée »
Quelque chose avait changé. C’était une certitude. L’Ustalav venait de passer un nouvel échelon dont le chaos.
Céléna s’approcha de Centaure. C’était une bête vraiment superbe. Son regard se posa sur les sacoches. Son énervement de la veille lui avait fait oublier de les vérifier. Elle plongea la main dedans et en sortit tout d’abord un pendentif de Sarenrae d’une grande beauté, suspendu à une chaine d’or. Le travail finement ouvragé ne laissait aucun doute sur la valeur du bijou, Ce travail exceptionnel, elle l’avait déjà admiré à Vigil. Elle en était certaine.


Puis, elle sortit une lettre écrite par Arwyl.
« Céléna,
il se passe des évènements graves à Vigil. Des mouvements tentent de renverser l’autorité du roi.  C’est ainsi qu’Astra s’est retrouvée mêlée à tout cela.
Je veillerai sur elle. Ne t’inquiètes pas. [...] »

Elle s’attarda sur les derniers mots. Les lisant encore et encore.
Par acquis de conscience, elle replongea une dernière fois la main dans la sacoche et en sortit un nouvel objet.
Sa nouvelle trouvaille la laissa sans voix. C’était impossible.


« Bonjour Mademoiselle ! Puis je me joindre à vous ?
-   Pourquoi poses-tu la question. C’était le marché.
-   Ce cher Marcus. Il m’a bien facilité les choses ! Mais je dois reconnaître que tu as drôlement progressée depuis.
-   Au bout d’un an. Valait mieux !
-   Ah Les femmes ! Toujours impatientes ! Où est Astra ?
-   Elle arrive.
Céléna jeta un regard vers le jeune homme, tout en nettoyant la lame de son cimetere.
-   Tu vas finir par la perdre tu sais.
-   Quoi donc ? fit-il surpris.
-   Ton amulette.
-   Je ne comprends pas de quoi tu me parles.
-   La chaine que je vois souvent dépasser de ton gantelet, c’est bien une amulette ou un truc du genre, non ?
Arwyl se raidit et regarda son poignet droit. Un bout de chaine s’était en effet échappé de son gant et menaçait de s’accrocher à la première occasion.
Il l’enfonça prestement.
-   J’aurai jamais cru que t’étais du genre superstitieux ! s’esclaffa Céléna.
Mais elle n’eut aucune réponse en retour.


Elle laissa tomber sa tête contre l’encolure de Centaure. Tant de détails lui revenaient soudainement en mémoire ! Elle avait le sentiment d’un tourbillon où tout se connectait, tout prenait sens.  Le voile s’était déchiré.
Elle sentit son cœur s’accélérer. Elle enfonça un peu plus son visage dans la crinière de l’animal, serrant contre elles ses trouvailles.
Sans un mot, elle entra dans la maison, glissa l’objet sous sa chemise, plia la lettre, enfila son armure, porta son nouveau médaillon par dessus.

Ce matin, quelque chose avait irrémédiablement changé.
Celena

Hors ligne Bartholomeu

  • Full Member
  • ***
  • Messages: 125
  • Sexe: Homme
  • "La bonne volonté raccourcit le chemin."
    • Voir le profil
    • Un jour...
Re : Chap. 14 : Un nouveau jour
« Réponse #2 le: janvier 16, 2013, 22:18:57 pm »
Nous l’avons fait. Nous avons rattrapé Auren Vrood et l’avons fait tomber.
L’excitation de la victoire, grisé par l’appel du Marcheur Blanc que je n’avais vu auparavant que dans mes songes, cède la place à la tristesse de nos pertes. L’attitude prostrée de Céléna et de Lyana ne laisse aucun doute sur le décès d’Astra et de l’immense louve.

Forge demeure en alerte d’une éventuelle nouvelle menace tandis que Chevrefeuille me regarde lourdement, comme pour me demander à quoi d’autre pouvais-je m’attendre.

Jusqu’à son trépas, Auren Vrood aura semé la mort. Les ténèbres rampantes de la magie noire se sont nourries de l’essence vitale de la louve, d’Astra et du Marcheur Blanc, sans lesquels nos souffles de vie se seraient surement éteints.
Alors que j’avais cru périr, la paladine de Sarenräe avait usé d’une métempsychose bénéfique, substituant sa force vitale à la mienne. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle ne meure en me sauvant.

Ce geste fou, insensé, me fait penser qu’elle savait Astra condamnée et que d’une certaine façon, elle ne voulait plus vivre…
Ô Déesse, pas elle, par pitié ! Si elle devait rejoindre les pensées lugubres de Lyana, déjà si près du gouffre, qu’adviendrait-il ? Je… je ne pourrais pas, c’est au dessus de mes forces.

Est-ce là le sens de notre destin balloté? Mort et désolation, crimes et destruction…

Forge nous sort de notre langueur en nous rappelant que nous devons nous mettre à l’abri, changer notre position. Nous nous rabattons d’abord vers la maison la plus proche mais décidons de sortir de Feldgrau, où les âmes en peine continuent d’exhumer leur souffrance.

Reste le problème des morts. La magie noire pourrait tout aussi bien relever Auren Vrood – s’il ne le fait pas par lui-même, mu par sa haine indicible – et d’autres redoutables adversaires. Le constat de Lyana est net et tranchant : leur couper la tête. La rodeuse et la paladine ont déjà la main sur la garde de leurs épées.

« Non ! Ne faites pas ca… Forge… Forge peut le faire. Pour… pour lui, ce ne sont que des organiques. »

J’éloigne les deux jeunes femmes en les incitant à emporter Astra et Ombre, tout en déplorant ce que je demande à Forge, que je croie moins insensible qu’il n’y paraît. Le fait est que je n’y arriverais pas moi-même.

Nous retournons à notre ancien campement, à l’écart de Feldgrau. Le cheval d’Adivion n’a pas bougé d’un iota. L’ais-je seulement déjà vu boire ou brouter un jour ?

Tandis que nous essayons tant bien que mal de panser nos blessures et reprendre nos forces, une silhouette se distingue au loin, venant dans notre direction. La jeune femme qui nous rejoint à l’aura d’une paladine et la sérénité qui s’en dégage est troublante. Elle sait –nommément !- qui nous sommes et me demande si je veux prier pour le retour à la vie d’Astra.

Le sol se dérobe sous mes pieds. Je ne peux pas faire cela, je n’en suis ni digne… ni capable. Pour ne pas céder à la panique, je m’éloigne pour apaiser mon cœur qui bat la chamade. La mort, la vie. Le rêve…

Citer
Plusieurs années auparavant, aux abords du village taldorien Leposavic.

Bartholomeu aide son père de son mieux et admire ses gestes répétés avec le rabot. La nouvelle porte sera solide. Kendra s’ennuie fermement, tourne en rond et lui réclame de jouer.  En vain.
Alors elle redemande.
Et elle redemande.
Et elle… s’arrête tout à coup en relevant la tête.

« Il est là ! »

Son regard est paniqué et elle se précipite dehors.  Denis Dias la regarde détaler et sort à son tour en disant à Bartholomeu d’attendre ici.
Passé un temps de surprise, il décide de les rattraper. Plus difficile à faire qu’à dire… Il ne sait pas de quel coté ils sont partis. Heureusement, le râle véhément de la voisine lui indique la bonne direction alors il poursuit son père qui poursuit lui-même la petite fille.

Quand il les rejoint, il les découvre avec le professeur Pétros grièvement blessé et adossé à un arbre.
Tandis qu’il s’approche désormais à pas lent, il entend des brides de mots. A son père qui demande « Ils était là pour… », Pétros répond « ch… » en levant la main puis fait signe au jeune Bartholomeu, très inquiet, d’approcher.

Pétros : « Mon garçon, - koff- tu coures… de plus en plus vite ! »
Kendra : « C’est pas drôle. Pourquoi tu es parti sans moi? Je ne veux pas que tu meures ! »

Pétros l’attire à lui et la serre sous son bras et lui dit tout en regardant le jeune garçon :

« Ais confiance : ce qui ne me tue pas me rend têtu. »

Le prêtre de Desna revient vers ces compagnons. Bartholomeu a entendu les paroles pleines de sagesse de la paladine sur l’iniquité d’un retour éventuel d’Astra alors que la sœur de Lyana a péri. Mais selon Lyana, Kira a choisi, Astra non.

La réponse à ses doutes est dans la volonté de Céléna qui veut y croire. Alors il s’agenouille devant la paladine de Iomédaë, très vite rejoins par ses compagnons tandis Nadia l’étrange inconnue tiens la tête d’Astra.

Bartholomeu prie, le doute l’emportant un peu sur la foi, et réalise l’incroyable afflux de magie divine de l’étrangère. Serait-ce… ?
Galvanisé par l’aura qui s’en dégage, le doute se transforme en ferveur auquel s’ajoutent la volonté de Céléna et le désir d’aider des compagnons, l’incroyable se produit : il n’y a plus ni frontière, ni sol, ni ciel, les compagnons sont « ailleurs ».

Le temps de s’accoutumer à l’endroit, de discipliner leurs corps engourdis et leurs sens désorientés et les voici insérés dans une procession. Celle-ci mais aussi d’autres cortèges au loin se dirige vers un point culminant, qu’ils savent être le trône de Pharasma.

Que dire à un dieu qu’il ne sache déjà ? La Déesse, somme de toutes choses, dont la proximité est un mélange de fascination et de peur incontrôlable consent à ce que nous retrouvions Astra…

Bois-Frisson.

Celena est avec Astra, en haut de la tour de l’ancien temple de Desna. Elles parlent peu et calmement. De mon coté, je désire ardemment explorer le temple pour rattraper mon occasion manquée d’en découvrir les mystères mais la vue de Lyana le regard perdu dans le vide me ramène à moins d’égoïsme.

J’entraine Lyana à l’écart de Forge et Chevrefeuille, qui semblent plaisanter ensemble – tout peut vraiment arriver – et nous nous arrêtons de l’autre coté de la terrasse, à l’endroit où je lui avais proposé de sauter.
Si elle ne l’a pas déjà fait de son coté, je partage avec elle l’enrichissant apprentissage de notre venue ici. A l’instar de Kvalka et Astra, il est donc possible de retrouver ceux que nous aimons par delà la mort. Libre à chacun de chérir cette possibilité…

Citer
Nous nous aidons les uns les autres,
Et si ton foyer te manque,
Donnes moi ta main et je la tiendrais.
Nous nous aidons les uns les autres,
Et rien ne t’entraineras vers le bas.
Ah si j’étais raisonnable, oui, si j’étais raisonnable  * regard tendre vers Chevrefeuille *
Je serais froid comme la pierre et riche comme un fou
Qui se garde loin des cœurs doux.

Les Dieux savent ce qui se cache dans ce monde insignifiant
Derrière les larmes, dans les mensonges
Un millier de coucher de soleil qui se meurt lentement
Les Dieux savent ce qui se cache dans ces cœurs ivres et fragiles
Je suppose que la solitude est venue te chercher
Nul besoin d’être seule…

(00 :50 => 02 : 05)

Les deux jeunes femmes nous rejoignent. Visiblement Astra pourrait souhaiter revenir. La paladine ne lui lâche pas la main en lui répétant qu’elle sera toujours à ses cotés. Je ne connais que trop les serments des paladins et ne peux oublier le regard de Chevrefeuille sur la réalité actuelle de l’Ustalav alors m’adressant à Astra, je brosse un tableau moins  idyllique que celui où elle vient d’arriver : la vie est faite de combats, d’échecs, de blessures et de pertes mais aussi de joies, de découvertes.

Je ne sais pas si l’espoir fait vivre mais il m’empêche de mourir sans avoir accompli ma tâche.

C’est finalement avec elle que nous comparaissons devant Pharasma. Forge s’aventure à  parler à la Dame des Tombes sans y être invité. La réponse est non moins édifiante : Pétros Lorimorr n’est pas dans son domaine.

Quand Pharasma consent à nous laisse repartir, nous nous réveillons là où nous étions. Celena se tient à la place de la manifestation de Iomédaë, qui n’est plus là. La pluie a fait place au soleil, les nuages à un maigre ciel bleu et le cœur d’Astra bat à nouveau.

Choqués et éberlués, nous reculons pour laisser Celena enlacer allègrement Astra. C’est un rare moment de joie qui nous est donné d’assister. Malgré la peine de Lyana pour la grande louve, je crois lui voir un maigre sourire de compassion pour les paladines.

Je manque ensuite d’étouffer quand Celena m’étreint en me remerciant chaleureusement. Bien que troublé par sa proximité et ses larmes chaudes, je lui dis que nous n’avons été que des instruments des volontés divines. Iomédaë devait avoir l’aval de Desna et de Sarenraë, ses ainées, pour nous envoyer en émissaire devant la Dame des Tombes. Céléna me sourit en faisant la moue comme si elle n’avait cure de ce que je lui disais.

Je la retiens un instant pour la remercier d’avoir user de magie divine pour prendre mes blessures contre le sort démoniaque d’Auren Vrood, non sans lui faire promettre de ne pas recommencer si cela devait conduire à sa mort à la place de la mienne.

Elle est notre fer de lance. Elle a sauvé Astra, elle… a sauvé Kendra. Qui mérite davantage de vivre ? Qui est le plus à même de repousser les ténèbres ?

Le temps que nous creusions une tombe pour Ombre, Chevrefeuille concocte une potion pour chasser tout risque de lycanthropie chez la rodeuse. Astra récupère la partie du cœur de sa mère et restera à nos cotés quand nous fouillerons le village.

Il nous faudra plusieurs heures pour tout explorer et découvrir les affaires du nécromancien dans une tour à moitié détruite. Atelier de dissection, livres d’anatomie écorchée, c’en est trop pour mon estomac déjà mis à rude épreuve.

Chevrefeuille trouve aussi un rouleau de peau humaine sur lequel sont inscrits de sinistres vers, qui pourraient être de l’écriture du Professeur.
(click to show/hide)
Il n’en faut pas tellement plus à la rodeuse pour évoquer à voix haute l’intégrité discutable de Petros. Je préfère ne pas relever, je ne me sens pas la force de disserter à ce sujet. Que l’âme de Lorimorr ai été capturé comme le pense Forge est possible, mais de là a lui prêter des intentions retords, je refuse de le croire. La suspicion de Lyana à l’égard de Pétros est sans doute le fruit de l’inimitié subie avec Adivion…

Les murs de l’auberge de Feldgrau suintent des sombres évènements du passé. Le corps fantomatique du tenancier perpétue le drame de sa propre pendaison. Nous laissant entrainer dans les méandres du souvenir, nous sommes témoins de la scène qui a conduit au massacre des villageois sous les ordres du Comte Neska, que Magrave, son fidèle bras droit a quitté après les exactions commises ici même. Du drame d’alors, n’avait survécu qu’un enfant, le fils du fossoyeur nommé Vrood…

Les autres images du passé disséminées dans les maisons hantées par des esprits souffrants ne sont pas moins éprouvantes.

En alternant fouille et repos, nous convenons d’enterrer décemment les corps empilés dans la fosse, sans quoi leurs âmes ne trouveront jamais le repos et pourraient meurtrir la région.

C’est alors que le moment redouté arrive. Un groupe de cavaliers arrivent : l’inquisiteur, Arwyll et les paladins du prestigieux ordre d’Ozen.

La tension est à son comble. La rudesse de l’inquisiteur n’a d’égale que les mots que les mots calomnieux avec lesquels il désigne Astra, vulgarité qu’il paiera d’une réaction vive d’Arwyll, le trainant littéralement (à son tour et au sens propre) dans la boue.

Astra la paladine se livrera sans sourciller, certainement pour éviter une issue dramatique à cette situation délétère. Tout va vite, bien trop vite. J’ai envie de me mordre la langue tellement je regrette de ne pas avoir dis ce que je pensais à l’Inquisiteur.

« Son excellence » ? Ici bas, les titres et le pouvoir n’entraine que la folie. Ce fou pourrait tout aussi bien être le fils spirituel du comte Neska. Aucun homme ne devrait avoir le droit de dicter sa volonté à un autre, de le plier à ses désirs impérieux. Des titres… des titres ne font pas des hommes. Une colère sourde monte en moi et je réfute intérieurement devoir toute déférence future à des hommes enrubannés de titres pompeux, prétendument propriétaires de la vie d’autrui.

L’orgueil est une maladie quand des hommes pensent avoir le monopole du paradis.

En proie à une colère sourde, je ramasse une des pelles avec laquelle nous creusions des tombes et leur tend sans frémir.

Est-ce un crime de « lèse-majesté » ? Et après ?

Nous sommes en présence de morts, d’âmes dont les souffrances sont au dessus de nos considérations de mortels. L’inquisiteur m’observe comme si son regard pouvait me tuer sur place. Mais nous sommes égaux, que cela lui plaise ou non et lui aussi, pas moins que tout autre, tremblera comme une feuille quand il comparaitra comme tout un chacun devant Pharasma.

Les paladins se regardent, échangent un air entendu et descendent de selles. L’un d’eux me prend la pelle des mains en me disant simplement "on s’en occupe", bientôt rejoint par les autres, prenant les autres pelles disponibles ou fouillant dans les fontes de leurs montures. Arwyll traine un moment autour de son cheval et feint de déplorer ne pas en avoir…  pour finalement remplacer Céléna, qui tarde à laisser sa place. Un autre obtient la pelle de Lyana, non sans lui avoir dit de ne pas trainer à soigner ses mains meurtries.

Cette aide inattendue devrait permettre à Celena et Lyana d’échanger quelques derniers mots avec Astra et Neculaï. De mon coté, je lave cérémonieusement mes mains et revêt ma tenue de sacerdoce.

Après mes prières pour le repos des âmes des victimes de Feldgrau, l’inquisiteur prie à son tour pour leur salut dans l’au-delà. Le fait-il par conviction ou pour pouvoir rapporter à Vigil qu’il a exorcisé Feldgrau la maudite ?  Mon ressentiment me dépasse sans doute…

Leur départ se fait sans un regard en arrière et nous demeurons là, avec un sentiment d’impuissance. Une fois qu’ils sont hors de vue, nous regroupons nos affaires et évitons de croiser le regard de la paladine. Ses yeux s’écarquillent quand elle voit un cheval sans cavalier venir vers nous. Prenant tout le monde de vitesse, elle monte prestement en selle et pars au galop.

Forge a mémorisé qu’il s’agissait du cheval d’Arwyll. A cette information, Lyana n’hésite pas un instant et grimpe sur son cheval nous plantant là.

(click to show/hide)
Que chaque rêve soit une étoile brillante dans l'obscurité de la nuit, et qu'il éclaire ta journée

Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Carrion Crown  |  Livre 3ème: Lune Brisée (Modérateur: Sstrad)  |  Chap. 14 : Un nouveau jour
 

gfxgfx
gfx
SMF 2.0.15 | SMF © 2011, Simple Machines
Helios Multi design by BlocWeb
gfx
Propulsé par MySQL Propulsé par PHP XHTML 1.0 valide ! CSS valide !