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102316 Messages dans 7472 Sujets par 914 Membres - Dernier membre: pepeARea novembre 15, 2019, 21:04:51 pm
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Auteur Sujet: Chap. 13 : Lame Brisée 3ème partie  (Lu 715 fois)

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Hors ligne Celena

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Chap. 13 : Lame Brisée 3ème partie
« le: décembre 23, 2012, 20:34:17 pm »
Jamais je ne m’étais déplacée ainsi en forêt. Les arbres défilaient à une vitesse vertigineuse me laissant un sentiment presque euphorique de liberté. Je resserrai davantage mon étreinte pour ne pas perdre l’équilibre.
Je regardais hâtivement sur les côtés et apercevais mes compagnons, juchés eux aussi sur ces montures folles. Leurs visages crispés me firent comprendre qu’ils semblaient prendre moins de plaisir que moi à cette chevauchée.
Je me concentrai de nouveau devant moi. Les troncs arrivaient droit sur nous. Les branches, les crevasses, les rochers, tous étaient survolées, évités à la perfection. Chacun de ces obstacles arrachaient un cri aigu à Chèvrefeuille. Incapable de monter l’un de ces monstres, l’halfling avait fini devant moi. A mon grand dam.
Je sens le vent siffler à mes oreilles, les branches m’écorchent le visage mais la douleur est absente. Je me penche un peu plus, comme aspirée par cette vitesse enivrante. A cheval, nous nous serions tués cent fois déjà.
Mes doigts s’enfoncent un peu plus dans la crinière de Lobo. Je ne les sens presque plus. Il bondit pour la énième fois par dessus un fossé, camouflé de branchages. L’atterrissage me coupe le souffle. Mais j’en redemande. Sa course reprend de plus belle.

Soudain, une ligne lumineuse apparaît. La lisière de la forêt. Nous y sommes déjà.
Nous nous approchons sans ralentir la cadence. Le contraste entre les sous bois et la plaine est éblouissant. Je vois Barth plisser les yeux sous l’agression du soleil. Chèvrefeuille courbe la tête pour s’en protéger également. Je ne comprends pas ce qui les gêne. Je vois parfaitement bien. Je sens mes yeux s’adapter à cette nouvelle intensité lumineuse. Lobo aussi ne semble pas gêné.
Toute forme de vie s’efface sur notre passage. Animaux et hommes se terrent devant cette meute lancée à pleine vitesse.

Je perçois un scintillement au loin. Une rivière. Serions nous déjà parvenus aux abords de Morceis ? Hélas oui.
Ce sera notre premier arrêt. Les loups ralentissent puis finissent par s’arrêter.
Je me laisse glisser sur le côté et m’écarte doucement de Lobo.
Sans attendre son reste, lui et les siens se dirigent vers la rivière se désaltérer.
Je rejoins mes compagnons. Comme convenu, Chèvrefeuille et Lyana iront seuls au village acheter des victuailles, tandis que nous resterons à l’écart avec les loups.
Une fois partis, je me dirige à mon tour vers la rivière. J’ôte délicatement mes gantelets. La maille est entrée dans mes chairs. Je plonge mes mains dans l’eau glacée afin de mettre fin à cette brûlure.
A leur retour, Lyana nous prend à part et m’informe qu’elle a vu mon ombre prendre forme animale. Chèvrefeuille a acheté le nécessaire pour préparer la potion.

Alors voilà la raison cette attirance… Je suis contaminée.
Lobo ne nous laisse pas le loisir de nous étendre sur le sujet. Il faut repartir.
Les loups échangent leurs voyageurs afin de varier les poids. Tous sauf Lobo qui se baisse pour me laisser monter. Je comprends mieux son attitude à présent. Il sait que la transformation est en cours.
Nous revoilà lancés à pleine vitesse, remontant le cours de la rivière. Inconsciemment, je reprends ma position, doigts enfoncés dans sa crinière, buste en avant. Si seulement Chèvrefeuille ne se tenait pas devant moi… Je me fustige intérieurement. A présent que je connaissais la raison de cette attirance, je ne devais plus m’y laisser prendre.
La vitesse, la perfection de ma vision, la sensation de ses puissants muscles rouler sous mes cuisses. Je serre encore plus fort mon étreinte. Je dois résister.
Son odeur…

Plusieurs heures s'écoulent ainsi.
Nous arrivons en vue du croisement des rivières. C’est là que nous ferons halte pour la nuit.
Cette fois, je me laisse glisser avec soulagement. La lutte devient de plus en plus difficile. Je dois m’éloigner.
Chèvrefeuille se met immédiatement au travail.
Je sens leurs regards sur moi. Je sens SON regard. Il me traverse. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant.
Heureusement Lyana coupe le fil de mes pensées. Elle souhaite invoquer la pierre de Wi-Ja pour appeler son père.
Je me porte immédiatement volontaire. Tout sauf rester près d’eux.

Barth créé un nouvel abri de toile et nous pénétrons toutes deux à l’intérieur.  Lui va prier Desna.
- J’appelle : « Mon père, Luthko Avanaki ».
La tablette tremble, s’élève dans les airs, tournoie sur elle-même, puis soudain, explose en mille morceaux.
Dehors, un grondement sourd retentit suivit d’un éclair déchirant le ciel. Une pluie diluvienne s’abat sur nous. Lyana et moi restons sans voix, choquées. Barth arrive précipitamment. Son lien avec Desna s’est rompu.
Dehors, la tempête fait rage. Mais l’obscurité ne m’empêche pas de les distinguer parfaitement. Ils se tiennent couchés sous la pluie battante. Mon estomac se noue. Je remarque une lumière au loin : une habitation.
Je les regarde de nouveau. Lobo lui aussi a repéré la lumière.
Ils ne doivent pas tuer. Je m’approche d’eux. Lobo se redresse et vient à ma rencontre.

La pluie battante redouble de violence.
Il reprend forme humaine et se poste devant moi. Si près. Trop près.
Je perçois chaque goutte glisser le long des ses muscles. Avec cette vision, le déluge n’existe plus. Je remonte le long de son torse, sa gorge, son menton, ses yeux. Plantés dans les miens ils attendent. Toute forme de cynisme a disparu.
-   N’y allez pas, m’entendis-je dire.
-   Pourquoi pas ? n’avons nous pas le droit de manger ?
-   Pas des hommes. Manger ce que vous voulez mais pas eux.
Je le vois tressaillir. Ces muscles se tendent, sa masse corporelle augmente. Il se transforme lentement. Ne m’oblige pas à prendre le cimeterre.
J’en serai incapable, je le sais.

-   C’est donc trop demander ? Tu es un homme après tout !
-   Un homme ?
Le temps sembla suspendu. Lentement, les muscles diminuèrent, les poils disparurent. Lobo se tenait de nouveau face à moi.
Je me sens glisser. Je veux partir mais n’y parviens pas.
-   je reste avec vous sous la pluie en échange de quoi vous ne tuez pas.
Mais qu’est ce que je raconte ? Je suis devenue folle !
-   Tu restes avec moi, me répondit-il en avançant d’un pas.
Le temps se fige. Je suis hypnotisée. Dans cette affirmation, il n’y a plus l’ombre d’un doute. Je me sens basculer. Le magnétisme qu’il exerce dépasse l’entendement.
Le bruit de la pluie a disparu, couvert par les coups sourds de mon cœur. Mes tempes me font mal. J’ai la nausée.
Soudain, une main s’interpose entre nous. Forge !
Cela me donne la sensation d’un voile déchiré. Lobo recule, visiblement agacé de cette intervention.

Forge me saisit par l’épaule.
-   Viens, laisses les. Les autres t’attendent.
Je me laisse guider. Il me ramène sous l’abri. Le regard de mes compagnons m’indique combien mes traits doivent être inquiétants.
Chèvrefeuille me tend une gourde. La potion.
Je m’en saisi, hésite. Ce danger, cette attraction, une part de moi ne veut pas y renoncer.
-   Bois ! m’ordonne-t-il.
Je m’exécute. La saveur est atroce. D’une amertume indescriptible.
Je repose l’outre, vide. Je sens mon estomac se tordre. Je me plie en deux de douleurs. Je me tiens le ventre et manque d’hurler. J’ai l’impression que l’on m’arrache une partie de moi.
Un premier haut le cœur, puis un second, me soulèvent. Je porte la main à ma bouche. Quelque chose se débat en moi. Je me traine sur le côté de la tente. Mes muscles tremblent et se raidissent. Ma vision se trouble. J’enfonce mes doigts dans la terre. Je voudrai hurler mais n’y parviens pas. J’ai de plus en plus de mal à respirer. J’étouffe.
Puis soudain, je vomis une forme sombre et noire, nauséabonde.
Je m’effondre, ravagée.
Je n’ai plus la force de rien. Des spasmes me parcourent par instants.  Je sombre dans le sommeil.
« Modifié: décembre 26, 2012, 00:28:51 am par Celena »
Celena

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