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102368 Messages dans 7488 Sujets par 905 Membres - Dernier membre: pepeARea avril 09, 2020, 04:56:24 am
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Opale Campagnes  |  Archives  |  IdF - Sstrad - Carrion Crown  |  Livre 2ème: Le procès de la Bête (Modérateur: Sstrad)  |  Chap.7 : "Doutes"
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Auteur Sujet: Chap.7 : "Doutes"  (Lu 753 fois)

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Hors ligne Celena

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Chap.7 : "Doutes"
« le: octobre 01, 2012, 13:11:36 pm »
Enfin de retour. La journée lui avait parue interminable.
Leur expédition dans le village voisin, théâtre de l’une des attaques de la Bête, avait été plus ardue que prévu. Les villageois, ouvertement hostiles aux étrangers, s’étaient montrés réfractaires à toute tentative de discussion. Seul l’appât de l’or avait eu raison de leur volonté.

L’aubergiste les accueillit d’un air dégouté.
-   Eh bien eh bien ! Vous voilà bien crottés !
-   Effectivement, lui concéda-t-elle. Auriez-vous des bains disponibles ?
-   Nous avons tout ici ! Vous trouverez tout le confort nécessaire au fond, par là.
Et associant le geste à la parole, il leur pointa l’arrière de l’auberge.
Céléna jeta un coup d’œil à ses compagnons. Ils n’étaient pas beaux à voir et encore moins à sentir. L’odeur persistante de l’eau croupie des marécages semblait avoir pénétrer chaque fibre de tissu, chaque pore de leur peau.
Sans un mot, tous montèrent à l’étage récupérer du linge propre et se dirigèrent au bain.

Ils se retrouvèrent dans la salle commune, atour d’une table. Bartholomeu et Marco leur annoncèrent leur souhait de se rendre en ville, poser quelques questions.
Leur hôte leur dressa des mets plus délicieux les uns que les autres. Mais le cœur n’y était pas. Ils avaient tant espéré de cette expédition. Et leur maigre découverte ne leur laisser rien présager de bon pour le procès du lendemain. Lyana rompit soudain le silence, fixant d’un regard étrangement inquisiteur sa compagne.
-   Tu ne devais pas diner avec Arwyl ?
-   Si si… répondit machinalement Céléna.
-   Alors ? Que fais-tu là avec nous ?
-   J’irai…plus tard…
-   Mais.
-   Mais rien, la coupa-t-elle visiblement agacée. Nous ferions mieux de nous préoccuper du corps du nain que nous avons laissé à l’écurie, non ? Tu imagines si une personne venait à trouver que nous promenons un cadavre ? Retour en prison direct !
A ces mots, Lyana pâlit. Le nain ! Comment avait-elle pu oublier le corps !

Le problème était réel. Mais Céléna ne put retenir un soupir de soulagement, heureuse d’avoir détourné la conversation de sa personne. Arwyl… il allait regretté de s’être payé se tête. Piquée dans son orgueil, elle n’avait pas avoué à ses compagnons comment ce paladin l’avait embobinée sans qu’elle n’y voit rien. C’était une réflexion acide de l’un des gardes qui lui avait appris la farce.
« Ben ils sont pas si futés que ça ces paladins ! Il les aurait sorti de toute façon de là, puisqu’il devait les mener au juge ! Belle négociation ! Quelle gourde d’être tombée dans le panneau ! » Et ils s’étaient esclaffés, se reprochant de n’avoir pas tenté leur chance.
A ce souvenir, Céléna serra un peu plus fort son verre, jusqu’à ce que le métal donne les premiers signes de rupture. Quel sale type, vraiment.
Oui elle allait tenir sa parole, mais il allait diner tard…

Barth et Marco se portèrent volontaires pour emmener le corps du nain au temple de Pharasma où ils espéraient obtenir l’accord de le faire parler.
Il leur fallut une heure et ce fut la mine déconfite qu’ils revinrent à l’auberge. Le pauvre bougre avait eu le malheur de croiser la route de la chimère. Ce n’était qu’un voyageur malchanceux, sans aucun lien avec l’affaire.
D’un commun accord, ils décidèrent de monter à l’étage afin de faire le point sur leur journée. Céléna les suivit sans attacher une attention particulière aux propos. Elle avait cette désagréable sensation de courir après le temps. Il manquait des pièces au puzzle.
Leurs échanges durèrent une bonne demi-heure. La soirée étant déjà bien avancée lorsqu’elle dut se résoudre à honorer sa parole.
Elle laissa ses compagnons et entra dans sa chambre se changer.
Elle en ressortit vêtue de la robe verte, empruntée à Kendra. Tout comme la première, portée lors du mariage de Gibbs, celle-ci lui allait à ravir. Elle n’avait jamais noté avoir un corps si semblable à celui de Kendra. A croire que ces robes avaient été faites pour elle…

Sa descente dans la salle commune de l’auberge fut accompagnée de regards et de coup de coude que les hommes se donnaient entre eux. Elle feignit de les ignorer et sortir dans le tumulte de la rue.
Barth lui avait expliqué comment se rendre au temple de Desna. Les paladins y étant soignés, elle avait toutes les chances d’y trouver Arwyl. Vu l’heure avancée, il avait certainement cédé aux appels de son estomac.

Regards appuyés et sifflements l’accompagnèrent tout le chemin. Arrivée aux abords du temple, certains hommes lui proposèrent même de l’argent.
L’entrée était grande ouverte. Nul prêtre à l’horizon. La jeune femme pénétra dans l’enceinte sacrée et suivit un long couloir menant à une grande salle.
Devant elle, s’alignaient deux rangées de lits…vides. Elle balaya du regard la salle, sans y déceler le moindre signe de vie.
-   Ils sont partis !
La voix la fit sursauter. Se retournant, elle fit face au Père. Ce dernier se tenait sur le seuil de la porte, agréablement surpris de cette visite inopinée.
-   Tous ?
-   Oui, tous. Vous êtes ?
-   Je… j’avais rendez vous avec Arwyl.
-   Ah… vous le rater de près d’une heure.
Elle resta sans voix. Un pincement au cœur quelle n’aurait su définir, la gêna. Se redonnant contenance, elle reprit la conversation.
-   Savez-vous où sont-ils partis ?
-   Non.
-   C’est-il passé un événement ?
-   Pas à ma connaissance. Il a débarqué, traité ses gars de fainéants et leur a intimé l’ordre de se lever pour partir. Je ne puis vous en dire plus. Ils ne doivent pas être allé bien loin : ils n’ont pris aucune victuaille avec eux ! Mais…souhaitez-vous rester un petit peu ?
-   Non, merci mon Père. Je me retire.

Quelques minutes plus tard, Céléna se retrouvait devant la porte du temple. L’air frais de la nuit la fit frissonner. Elle s’était préparée à beaucoup de choses, mais pas à ça… Où avaient-ils pu partir ainsi en pleine nuit ? Et pourquoi se sentait-elle agacée ? Elle observa le ciel. Sa robe noire était parsemée de mille diamants et le disque blanc de la lune éclairait comme en plein jour.
Les chevaux. Ils étaient forcément repassés par la garnison pour récupérer leurs montures.
Et ce fut d’un pas décidé qu’elle prit la direction de la prison. Cela tombait bien : revoir Rocco et ses hommes faisait parti de ses objectifs nocturnes.

La silhouette de l’imposante bâtisse se dressa devant elle. L’entrée était gardée par deux soldats en faction : il s’agissait des deux hommes qui les avaient gardés lors de leur nuit en cellule. Elle se devait d’essayer de passer, quitte à les assommer. Elle s’avança vers eux, priant de les trouver de meilleure composition.
Les deux hommes la regardèrent approcher et l’accueillir d’un large sourire.
-   Alors ma p’tite dame ? Vous cherchez de la compagnie ? l’apostropha celui de gauche.
Elle en resta bouche bée. Visiblement, aucun des deux ne l’avaient reconnue !
-   Et bien… Je souhaitai voir le Sergent Rocco. Est-il là ?
-   Ouais ! Il dine, lui répondit celui de droite. Il s’ra rudement content de votre arrivée. C’est soir de fête après tout. Ca nous f’ra une belle compagnie !
Et s’écartant pour la laisser passer, il lui mit la main aux fesses.
La jeune femme se raidit et manqua de se retourner pour lui briser le bras. Mais elle prit sur elle et avança, feignant de n’avoir rien senti.
Ils l’accompagnèrent jusque dans la cour intérieure. Elle sentait leurs regards détailler chaque courbe de son corps et percevait leurs rires étouffés.
-   J’en sais rien ! Ils sont partis. Comme ça !
-   Vous ignorez où ils ont pu aller ?
-   Désolé Sergent. Personne n’a su nous d…

L’homme s’interrompit. Son regard se porta sur la superbe créature que deux de ces collèges encadraient.
Rocco regarda dans cette direction et découvrit leur invité. La surprise lui fit lâcher son os de poulet.
-   Chef, une dame qui voulait vous voir ! lui annonça le soldat de gauche avec un sourire qui en disait long.
-   Paladine… murmura Rocco presque à voix basse.
Le mot fut accueilli dans un silence de mort. Les deux soldats qui l’encadraient reculèrent aussitôt, sous le choc. Les cheveux relevés en chignon, cette robe soulignant les courbes d’un corps de femme, ils n’avaient pas reconnue la guerrière en armure qui les avait fait frissonner de peur du fond de sa cellule. Le soldat de droite déglutit péniblement, se souvenant du geste déplacé qu’il avait eu quelques instants plus tôt.
-   Que faites-vous ici ? reprit Rocco, agressif, sur la défensive.
-   Je voulais savoir si les Paladins étaient dans le coin.
-   Non. Et je n’ai cure d’où ils se trouvent. Selon mes hommes, ils auraient précipitamment quitté la ville. Bon débarras.
-   Je vois. Dans ce cas…

Elle joignit les mains. Les soldats portèrent d’instinct la main à l’épée.
« Sarenrae, puisse ta lumière et ta bonté nous inonder et guérir les blessures »
Un halo de lumière enveloppa la jeune femme et rayonna de mille feux, obligeant les soldats à détourner leur regard.
Puis l’obscurité reprit ses droits. Personne ne souffla mot. Les hommes regardèrent leurs bras, leurs mains où toute trace de blessure avait disparue.
-   « Je suppose que nous devons vous remercier, lâcha aigrement Rocco, en défaisant lentement les bandages couvrants ses doigts.
-   Non.
Céléna planta son regard dans le sien.
-   Même si nos méthodes diffèrent, nous levons nos épées pour les mêmes raisons. Et l’on ne peut combattre efficacement en étant blessé. Bonne soirée, Sergent. »
Elle lui adressa un signe de tête et tourna les talons. La voix caverneuse de Rocco déchira le silence pesant de la scène.
-   « Vous aurez bien le temps pour un verre, non ? »
Elle s’immobilisa et se tourna vers la table. Cela ressemblait à un tableau figé dans le temps. Rocco soutenait son regard, attendant sa décision.
-   « Ce sera avec plaisir, Sergent. »
Elle revint vers eux et prit place à leur table. On lui servit à boire et à manger. L’atmosphère se détendit peu à peu et les hommes ne tardèrent pas à reprendre leurs rires.
-   « Alors comme ça, vous cherchez les Paladins ?
-   Je devais plus précisément voir Arwyl.
-   Ah oui, Arwyl », reprit Rocco en serrant les dents.
-   « Savez-vous comment il a arrêté la Bête ?
-   Il poursuivait des orcs. La Bête s’enfuyait de la ville après le saccage de l’université. Ils se sont tous retrouvés nez à nez dans un village à une quinzaine de kilomètres d’ici. La Bête aurait été prise d’un état de rage et aurait tué tout ce qui lui faisait face. Vos copains s’y sont tous mis pour la maitriser. La suite, vous connaissez.
-   Mmm…Je ne comprends pas ce qui a pu les faire quitter.
-   On en sait rien », intervint l’un des soldats. « Paraitrait qu’ils causaient d’une Astra ou un nom dans le genre. »
Céléna s’immobilisa, manquant d’avaler de travers.
-   « Astra ? Vous êtes sûr d’avoir bien entendu ?!
-   Vous savez qui c’est ? » releva Rocco.
-   « C’est une paladine.
-   Décidemment, ça coure les rues.
-   Je dois vous laisser. Merci pour votre hospitalité. »
Et joignant le geste à la parole, elle se leva précipitamment de table et se dirigea vers la sortie.
-   « Eh ! Vous êtes la bienvenue à présent ! »
Elle lui adressa un signe de la main puis disparue dans l’obscurité. Rocco se rassit.
« mmm… je n’aurai jamais cru dire ça un jour à l’un de ces Paladins. » Et il s’attaqua de nouveau à son poulet.

C’est presqu’en courant qu’elle refit le chemin inverse, en direction du temple desnite. Son cœur battait fort, résonnant dans ses oreilles. Astra ! Elle priait le ciel que le garde eut mal compris. Une chose était sure, s’il avait entendu ça, alors le Père en savait plus long qu’il ne le prétendait. Et elle allait le faire parler.
Elle remit de l’ordre dans ses cheveux et sa tenue. Pas question d’user de la force.
« L’une des pires arme qu’un homme ait à redouter, sont les charmes d’une femme. » L’une des précieuses leçons d’Arwyl.
La chance était de son côté : contrairement aux soldats, le prêtre ignorait qui elle était.
Elle inspira profondément et passa la porte, pour la seconde fois de la nuit.

Le Père était dans la salle, visiblement affairé à y remettre un peu d’ordre.
-   « Mon Père… »
L’homme sursauta et ne cacha pas son émotion de la revoir.
-   « Ma…euh…fille. Euh, que puis-je pour vous ?
-   Cela vous ennuierait-il que j’attende leur retour ici ? » lui demanda-t-elle, les yeux larmoyants.
-   « Euh, non, non. Bien sur. Je…euh. Je vous sers quelque chose ?
-   Si vous m’accompagnez, peut-être bien.
-   Tout de suite. »
Il dressa prestement une table de fortune où il déposa deux verres et une carafe de vin.
-   « Tenez mon enfant.
-   Merci… Mon Père ?
-   Ou…oui.
-   Comment était Arwyl? Avait-il l’air soulagé, anxieux…
-   Surexité et soulagé je dirai.
-   Savez-vous pourquoi ?
-   Non non… « répondit-il le regard fuyant.
-   « Mmm Je doute qu’un homme tel que vous, n’ait pas cherché à savoir », dit-elle d’un ton mielleux. « N’avez-vous pas saisi un mot ? Un nom ? »
-   « Si, il leur a dit : « Levez-vous bande de fainéants ! On l’a retrouvée ! »
-   Qui donc ?
-   Mmm…Astra. Oui, c’est le nom que les paladins disaient. »
Céléna sentit son poul s’accélérer. Le soldat avait bien compris.
- « Et vous ne vous souvenez vraiment pas de la direction qu’ils ont prise ? »
Le prêtre joua nerveusement avec son verre.
-   Mon Père… » susurra-t-elle en détachant ses cheveux. « Un homme de Desna. Je ne peux croire que vous n’ayez pas prêté attention à leur route. »
Elle s’approcha un peu plus de lui. Leurs cuisses à présent se frôlaient. Le prêtre eut un sursaut à ce contact inattendu. Elle était si proche qu’elle pouvait compter les gouttes de sueur perlant aux tempes de l’homme.
-   « Mon Père…
-   Vers l’Est. Ils sont partis vers l’Est », lâcha-t-il dans un souffle.
-   « Vers l’Est… vous n’avez rien de plus précis ?
-   Non, je, je suis désolé.
-   Allons. Je connais bien les prêtres de Desna. Les routes n’ont pas de secret pour vous. »
Elle laissa son index courir sur le torse de l’homme avant de glisser le long de son bras, tandis que son sein droit se pressait contre le bras du prêtre. Il se raidit, le souffle court. Le visage de la jeune femme était plus proche que jamais. Il sentait son souffle effleurer son cou. Elle plaqua sa cuisse contre la sienne. Il lui sembla que le temps s’était figé. Il serra son verre, tentant de reprendre contenance.
-   « Bois Frisson », murmura-t-il dans un souffle.

Céléna marchait dans les rues bondées. Elle n’entendait plus les rires ni les bruits de la foule en liesse. Elle se repassait en boucle les informations qu’elle avait recueillies. Selon le prêtre, cela faisait deux mois qu’Astra avait disparu. La retrouver était le véritable but de la mission d’Arwyl. Deux mois… Astra aurait quitté Vigil quelques jours après elle, ayant pour mission de remettre un pli. Elle ne serait jamais revenue.
Céléna serra le poing. Ces derniers temps, elle avait de plus en plus de mal à croire aux coïncidences. D’abord Arwyl, puis Astra. La jeune femme s’arrêta. Le manège des hommes recommença, accompagné de sifflements et de flatteries douteuses, mais elle ne les entendait plus.
Salé. Elle était celle qui avait missionné Astra. Comment avait-t-elle pu l’envoyer seule en Ustalav ? Astra était très différente d’elle : elle n’aimait pas les combats. Céléna la taquinait souvent, lui conseillant de devenir prêtresse. Astra… sa douceur,  son sourire, son intelligence. Autant de traits qui lui rappelaient Kendra.
La rage qu’elle ressentait lui fit donner un violent coup de poing au tronc d’arbre sur sa droite. Elle se remit en marche. Les hommes ne la sifflaient plus et s’écartaient tandis que les enfants se pressaient pour admirer l’écorce enfoncée du conifère.

Colère, impuissance, inquiétude. Tous ces sentiments l’assaillaient. Il lui semblait revivre ces derniers jours à Vigil. Lorsqu’elle avait reçu l’ultime lettre de Pétros où il laissait clairement paraître sa crainte de mourir. Elle avait résisté à l’envie de sauter sur son cheval et de le rejoindre. Elle lui avait juré de devenir Paladine. Plus que trois jours. Il fallait qu’il tienne trois jours. La suite, elle ne la connaissait que trop bien. 
Quelle ironie. Bois Frisson se trouvait aussi à trois jours de cheval.
Arwyl…pourquoi lui avait-il caché ça ! Et Salé qui ne lui parle de rien dans sa lettre !

Ses pas l’avaient ramenée à l’auberge. Au travers des fenêtres éclairées, elle aperçut ses compagnons. Ils étaient tous là, en grande conversation. Elle se tint de l’autre côté de la rue, dans l’ombre des habitations. Elle les observait. Jamais elle n’aurait imaginé partager le quotidien de personnes si différentes d’elle. Mais elle en éprouvait de la fierté. Elle était heureuse d’avoir croisé leur route et avait pleinement conscience que cela l’avait changée à jamais. Son regard se posa sur Chèvrefeuille. Elle ne le connaissait que peu mais il avait apporté une sorte de légèreté à leur quotidien. Puis Lyana. En dehors d’Astra, elle était la seule femme avec laquelle elle soit parvenue à nouer une amitié. A bien y réfléchir, Astra, Kendra et Lyana avait des points communs : un même sens de la justice, une même bonté naturelle, une foi inébranlable. Elles s’apprécieraient certainement. Enfin Barth. Sa croyance en la bonté des âmes avait fini par déteindre sur elle. Jamais elle n’aurait soigné Rocco et ses hommes auparavant. Mais il lui avait appris à ouvrir son cœur et dépasser ce que ses yeux voient.
Oui, elle était fière de les avoir connus.
Et puis, il y avait Forge. Elle l’appréciait également. C’était un puits de savoir. Il avait changé et s’ouvrait à la sphère complexe des sentiments.

Barth tourna la tête vers la fenêtre et sonda l’obscurité de la nuit. Céléna s’enfonça un peu plus dans les ténèbres, échappant aux regards du desnite. Ne décelant rien, il finit par se reconcentrer sur leur conversation.
Dans trois jours, aurait lieu le procès final. Dans trois jours, elle pourra porter secours à Astra. Dans trois jours, sa vie pourrait une nouvelle fois basculer. Elle les appréciait tous du fond du cœur, mais Astra, c’était Astra. A ses yeux, elle avait autant d’importance que Kendra.
Elle patientera jusqu’au lendemain.
« Pardon Forge. Pardon à vous tous. »
Celena

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