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Auteur Sujet: Chap.6 : "Lepidstadt"  (Lu 741 fois)

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Hors ligne Celena

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Chap.6 : "Lepidstadt"
« le: septembre 24, 2012, 00:37:43 am »
Voilà déjà deux jours que nous chevauchons.
Ravengro s'est effacé derrière nous, laissant place à de larges plaines aux herbes hautes. Comme souhaité par Pétros, nous avons attendu un mois complet pour quitter le village.

Deux nuits que nous dormons à la belle étoile. Deux nuits que nous dormons mal: nos corps se sont habitués au confort de la maison de Kendra.
Kendra... Bientôt une semaine qu'elle nous a quitté afin d'accompagner son oncle à Caliphas, lieu de leur résidence principale. Je revois ses yeux rougis par les larmes. Elle me manque, elle nous manque. Mes pensées vont à Barth, certainement le plus touché par cette séparation. Ses sentiments ont évolué à son égard et je me réjouis pour eux.

J’entends mes compagnons discuter derrière moi. Mon regard se porte sur Lyana, chevauchant à ma droite. Pourquoi lui ai-je demandé par où nous passions ?
Cela ne me ressemble pas. Je ne lui ai jamais posé de telles questions. Il n’y a pas meilleur guide qu’elle. Alors pourquoi… ?

Mon esprit s’envole de nouveau vers nos derniers jours. Nous avons quitté Ravengro le lendemain de la Nuit Pâle. Quelques jours plus tôt, un magnifique banquet avait été dressé par les villageois pour fêter notre victoire sur Harrowstone. Les entendre rire, les voir danser, sentir la joie de vivre reprendre ses droits, je ne connais pas de sentiment plus merveilleux. Ces visions m’ont apportés un vent de nostalgie. Mon village, mes parents, mes amis. Leurs rires me manquent tant. Lyana, connais-tu ton bonheur de pouvoir revenir chez toi ?

Lyana… mon regard se porte de nouveau sur elle. Sa monture a dépassé la mienne. Je ne perçois plus son profil. Pourquoi ai-je mis en doute sa route ? Mon regard glisse sur le splendide cheval qu’elle chevauche. Même à Vigil, j’en ai rarement vu d’aussi beaux.
Un sourire nait sur mes lèvres. Ma mémoire repart une nouvelle fois en arrière. Heureusement qu’elle ne me voit pas…

Nous sommes chez Kendra, cinq jours avant la Nuit Pâle. Elle nous quitte aujourd’hui. Tout est prêt. La porte principale s’ouvre dans mon dos. Lyana entre, rouge comme une pivoine. Derrière elle, Adivian apparaît à son tour. Elle nous avait confié vouloir le filer dans les bois. Mission presque impossible selon moi. Tandis que Sa Majesté reprend son rôle, je ne peux m’empêcher d’être soupçonneuse. Mon regard va de Lyana à Adivian, et vice versa. Il l’a percée à jour, mais ce n’est pas la cause du rouge de ses joues. Mon instinct de femme m’indique que la gêne est tout autre.

Cette fois, elle m’a vraiment dépassé. Je ne vois que son dos. Je peux sourire sans crainte.
Le cheval qu’elle chevauche aujourd’hui est un cadeau de Sa Majesté. Sous ses airs condescendants, il n’est probablement pas si désagréable. Seul Forge ne partage pas cette opinion et lui voue une forme de haine surprenante. Si j’ai partagé ses méfiances au départ, le voile s’est levé.
Au delà de son habituelle arrogance, il nous a quand même donné la nouvelle adresse de Kendra. Mais surtout, il ne s’est pas amusé à nous « enfoncer » quand à la mission de garder Kendra en vie. Je m’étais préparée à des salves d’ironie acide. Mais rien n’était venu. Et puis, à mes yeux le meilleur gage de confiance chevauche à mes côtés : Lyana n’aurait jamais accepté ce présent, voir plus…

Une croisée de chemin nous fait faire halte. A plusieurs mètres du sol, une fillette se balance dans un grincement sinistre. Un homme d’une maigreur cadavérique, nous supplie de le faire sortir. Nous sommes en fin d’après midi, vu son état, il a peu de chance de passer la nuit. Je tire mes rênes et opte pour le chemin de gauche. Lyana et Bartholomeu semblent touchés par la fin de cet homme et nous demandent de le libérer. Je fais faire demi tour à ma monture et revient à l’intersection. Je transperce cet homme du regard. Il est habité par le mal. Pour moi, le sujet est clos. Mais Lyana ne l’entend pas de cette oreille, me soutenant que sur ce simple fait, la quasi totalité de l’Ustalav serait enfermée.
L’homme nous supplie de plus belle. Bath engage la conversation. Il dit se nommer Marco et n’être qu’un simple voleur. Il a été enfermé pour des crimes qu’il n’a pas commis. Il n’a rien à voir avec la tuerie de l’auberge du Poney Sautant. Nous nous regardons. C’est là que notre cauchemar commun a eu lieu. Il clame que les orcs sont à l’origine de la boucherie. Qu’il n’avait rien fait. Je soupire et pousse mon cheval sur le chemin de gauche. Barth s’acharne et lui demande qui l’a enfermé. Des paladins ! hurle-t-il. J’immobilise ma monture. Des paladins ? Je refais une seconde fois demi tour. Qui était à leur tête ? Un homme beau comme un dieu me répond-t-il. Mon sang ne fait qu’un tour.
Je ne connais qu’un seul homme correspondant à cette description : Arwyl. Voilà qui change la donne. Je ne connais que trop bien son mépris profond pour tout ce qui est plus faible que lui, son zèle poussé aux extrêmes. A la question de Lyana de le faire sortir de sa geôle, je tourne le dos avec un haussement d’épaules. Mon statut m’interdit de libérer un homme enfermé par d’autres paladins. En leur tournant le dos, je ne les verrai pas lui ouvrir, validant silencieusement leur décision.

Marco est intenable. Et empeste en dépit des litres d’eau versés par Barth.
Nous campons pour la nuit. Nous le bâillonnons et le ligotons, laissant Forge veiller sur nos sommeils.
Le lendemain, nous reprenons la route vers l’auberge. Nous ne tardons pas à arriver sur ce lieu de mort. Tout a brûlé, il ne reste rien. A l’écart, trois tombes : l’aubergiste, sa femme et leur fille. Selon Marco, il manquerait la deuxième enlevée par des orcs fuyant vers le sud. Toujours selon lui, trois paladins les auraient suivis, l’enfermant au passage dans sa geôle aérienne. Diviser une escouade, voilà un fait rare….
Nous décidons de laisser partir Marco.

Un bosquet se dresse devant nous.
Le lieu de notre vision commune : le sacrifice de la jeune Alecee. L’évocation de ce cauchemar me fait froid dans le dos. Tout était si réel. Contrairement aux autres rêves communs, nous n’étions pas spectateurs, mais acteurs. Nous avons participé à cette abomination. Je ne m’attends pas à trouver quoi que ce soit. Les animaux et le temps ont du faire leur œuvre.
Effectivement, du sang séché sur le tronc, des cordes sectionnées, mais nul corps.
Lyana est subitement prise d’une vision. Elle se voit détacher le corps, creuser et le mettre en terre. Nous trouvons la tombe.
Ce n’est pas Lyana qui a enterré l’enfant, mais sa sœur, White. Avec Bartholomeu, Lyana, Kendra, Forge et moi, elle était la sixième personne a avoir partagé ce cauchemar. Elle était arrivée sur les lieux avant nous.

Nous remontons en selle. Lyana nous dirige sur Tamrivène où nous passerons la nuit.
Cette connexion entre nous cinq fut un choc pour moi. Je n’y avais pas prêté attention, mais il est vrai que je n’avais pas besoin de voir mes compagnons pour savoir où les trouver. Nous avons tous les cinq été marqué du tatouage d’une étoile, fait par Pétros lui-même. Ce serait le lien. Le mien est apparu au niveau de ma tempe, sur mon cuir chevelu. Il l’a certainement fait après que j’eu sauvé Kendra de la noyade. Il m’a marquée, comme on marque du bétail. Pour Lyana, le choc fut encore pire : il lui aurait fait, à elle et ses soeurs, alors qu’elles n’étaient âgées que de deux ans ! Selon la mère de Kendra, qui nous ait apparue au cours de la Nuit Pâle, il nous aurait « choisis ». Prof, quel était donc ton but… ? Rien de notre passé ne serait une coïncidence ? Tu avais tout planifié ? Qu’attends-tu de nous ?
Ce sentiment désagréable de n’avoir jamais contrôlé ma vie m’assailli de nouveau.
Je porte la main à la base de mon plastron, là où la lettre de la vieille Salé se trouve. Pourquoi m’avoir caché qu’elle était une Addrissant ? Même durant ces années j’étais déjà sous surveillance. Je ressers mes rênes, la colère et l’incompréhension se fondent en moi mêlés d’un arrière goût de trahison.

Les voix de mes compagnons me sortent de mes pensées sombres. J’entends Bourguignon Chèvrefeuille réclamer à manger. Je jette un bref coup d’œil par-dessus mon épaule et aperçois l’Halfeling trottiner sur son poney.  Le départ de Ravengro a été marqué par le départ de Bei Za Long, désireux de retourner dans ses contrées lointaines. Mais le vide fut vite remplacé par ce drôle de bonhomme dont l’estomac semble être le centre de toutes ses pensées. Il avait débarqué au beau milieu du banquet, porteur de la lettre de Salé. Son explication embrouillée m’avait vite appris qu’il l’avait lue avant de me la remettre. Quel manque de savoir vivre. Mais on m’avait prévenue sur l’immense curiosité qui habite ces êtres. C’était la première fois que je rencontrais un hobbit.
Impossible de ne pas le remarquer. Petit, mais si bruyant. Une chose était sure, je ne l’approcherai sous aucun prétexte, de peur de lui faire mal. Je regarde de nouveau derrière moi. Le contraste entre lui et Forge est à mourir de rire.

Nous sommes devant les portes de Tamrivène. Les gardes semblent à cran et il nous faudra négocier pour y passer la nuit.
C’est avec un plaisir non dissimulé que Lyana et moi nous offrons un bain.
Nos chambres sont prêtes : enfin des lits.

Nous reprenons la route dès le lendemain pour Lepidstadt.
Selon Lyana, la route la plus sûre longe les Montagnes de la Défense. Pour une raison que je ne m’explique pas, j’aurai préféré passer le long de Bois Frisson. Depuis quand ais-je une opinion sur la route à prendre ?
Je chasse cette idée farfelue de mon esprit. Lyana sait ce qu’il faut faire.
Mes pensées se tournent vers Arwyl. Quelle coïncidence de le savoir ici… Bourguignon disait avoir fait route avec lui, avant de me retrouver à Ravengro. Des mois que je n’ai aucune nouvelle de lui. Et voilà que son nom apparaît.
Je serre mes rênes. J’espère ne pas avoir à croiser sa route : son sourire méprisant et hautain me revient en mémoire. Comment cet homme est-il devenu paladin ? Lui qui fait si peu cas de ces vies innocentes que nous nous devons de protéger.

Sans que je ne m’en sois aperçue, nous voilà engagés dans le col longeant les Montagnes. Un sentiment de malaise m’envahit. Un pressentiment.
Bientôt, le bruit d’une troupe au galop attire notre attention. Pas de doute, ils arrivent sur nous. Des fanions s’élèvent dans le ciel. Une garnison ustalavienne ! Voilà pourquoi je ne souhaitais pas emprunter cette route ! Parce qu’elles y patrouillent fréquemment !
Ma présence risque d’attirer de gros ennuis à mes compagnons. Les paladins ne sont pas les bienvenus par ici. Ils nous considèrent comme une armée d’occupants. En garnison, nous ne craignons rien, mais je suis seule.
L’occasion d’en découdre sera trop belle pour eux.

En un instant, nous voilà encerclés, leurs lances pointées vers nous. Leur capitaine me regarde d’un regard empli de haine. Je sens toute son hostilité envers moi. Il suffit d’une étincelle, d’un geste mal interprété, et le combat deviendra inévitable.
Je serre les dents, maudissant ma mémoire vagabonde. Voilà pourquoi le chemin emprunté par Lyana revêtait soudain une importance pour moi. Comment avais-je pu oublier ?!
Barth ouvre le dialogue. Je le laisse faire ; il n’y a que lui pour réussir. J’observe le capitaine et ses hommes. Leurs visages sont tuméfiés ; aucun doute, ils sortent d’un combat. Les paroles du prêtre de Desna semblent porter ses fruits. Leurs lances se baissent. Ils nous escorterons jusqu’à Lepidstadt.

Notre drôle d’escorte se remet en route dans un silence pesant. Mais bientôt, l’un des hommes remonte vers son capitaine qui nous immobilise aussitôt. Furieux, il nous demande pourquoi nous transportons une Bête. Joignant le geste à la parole, il montre Forge. Aucune parole ne le calme. Impuissant, nous regardons ses hommes ligoter solidement Forge à l’aide de chaine. Quelle ironie ! S’il savait que je l’avais presque tué d’un coup de cimeterre. Ils n’enchainaient pas la bonne Bête…
Nous voilà contraint de rendre nos armes. Déposer mon cimeterre me demande de prendre sur moi comme jamais. Je boue intérieurement. Je pourrais tous les tuer. Les mots de Salé m’enjoignant à la sagesse résonnèrent en moi. Par mon manque de prévoyance, mes compagnons se trouvaient en situation délicate. Inutile de l’aggraver.

C’est à pied que nous atteignons enfin la ville et sommes directement conduits en prison.
Il n’y a que quatre cellules : Forge est enfermé seul, Barth et Bourguignon dans la seconde. Lyana et moi sommes enfermées dans la troisième. A côté de nous, enfermée dans la quatrième cellule, une silhouette immense se balance de gauche à droite. Debout, cet homme doit bien faire près de deux mètres vingt. Ses épaules sont d’une largeur stupéfiante.
Nos yeux commencent à s’habituer à cette semi obscurité. Ce n’est pas un homme, mais un monstre difforme, dont chaque parcelle de son corps semble avoir été grossièrement recousue au reste. La Bête…

 Lyana tente d’ouvrir le dialogue, mais en vain. Il ne cesse de répéter «  C’est pas moi » le regard vitreux.
La nuit sera entrecoupée de ces longs cris portant les nerfs des gardes. Le sommeil est presque impossible. Contrairement à Lyana, cette chose ne m’intéresse pas. Comment nous sortir de ce mauvais pas ? Sans que je me l’explique, je repense au mariage de Gibbs. C’était le jour de notre départ de Ravengro. Barth avait célébré la messe. On ne pouvait rêver mieux comme dernier souvenir de ce village. Uns bouffée de nostalgie m’envahie de nouveau. La vie devait y avoir repris son cours.

Des pas métalliques descendants l’escalier me sortent de ma rêverie. Le jour est enfin là.
« Je savais que ce serait une belle journée, mais là.. ! »
Cette voix siffle à mes oreilles.
Debout, les mains sur les hanches, un sourire narquois sur le visage, un corps bâti comme un dieu, Arwyl se tenait face à moi.
Que faisait-il ici ? Comme j’aimerai lui effacer son sourire par une bonne droite.
Laissant courir son gant métallique le long des barreaux, il m’explique que si je veux sortir il va falloir lui demander poliment.
A contre cœur, je m’exécute sous son regard hautain. Je réalise que mes compagnons restent enfermés. Il agite son index sous mon nez.
« Pour eux, cela te coutera plus cher que de me demander poliment. Disons, un dîner. »
Je sers mon poing. Salé, ma sagesse commence à atteindre ses limites.
Je m’exécute une seconde fois.

C’est hilare qu’il nous accompagne jusqu’à la juge Embreth d’Aramid.
Enfin quelque chose qui joue en notre faveur. C’est à elle que nous devons justement remettre les livres de Pétros. Elle congédie Arwyl à mon plus grand soulagement.
Nous lui expliquons la raison de notre venue. Mon manque de tact lui apprend de façon quelque peu brutale, la mort de Prof. A en juger par sa réaction, ils n’étaient pas que de simples amis. Je me mors la langue. Tant de choses se sont passées que pour moi sa mort était connue de tous à présent. Il faut croire que non… Barth reprend la conversation, pour atténuer le choc.

Elle nous confie qu’elle ne peut libérer Forge. La ville veut tuer des Bêtes, la ville aura ce qu’elle veut, sauf si, hypothétiquement bien sûr, un groupe de personnes tentaient de prouver leurs innocences, car pour elle, la chose en bas n’est pas plus coupable que Forge.
Et si, hypothétiquement, nous acceptions ?
Et bien, fit-elle, alors, toujours hypothétiquement, je vous adjoindrais une aide.
A ces mots, une porte sur le côté s’ouvrit, un homme entra. Nous l’observions, ébahis.

« Hypothétiquement toujours, je vous présente Marco. »
Celena

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Chap.6 : quelques événements en image...
« Réponse #1 le: septembre 25, 2012, 23:28:17 pm »
Vision d'horreur dans le ciel Ustalavien :





" Mettez le hors de ma vue ! Laissons-le au jugement sauvage de ce pays de sauvages...
- Nooooooooon !"






"Allez soyez sympa... Vous, vous êtes paladine mais euh... bien charmante... pas comme les autres bâtards...
En plus, c'est pas moi. Moi, j'ai rien fait. Allez... Me laissez pas crever là..."

« Modifié: septembre 25, 2012, 23:38:04 pm par Bartholomeu »
Que chaque rêve soit une étoile brillante dans l'obscurité de la nuit, et qu'il éclaire ta journée

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Chap.6 : "Présumés coupables"
« Réponse #2 le: septembre 27, 2012, 20:54:41 pm »
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En prison. À nouveau en prison.

Après tout, c'est une façon comme une autre de visiter l'Ustalav, que je ne soupçonnais pas pour accomplir mes vœux de piété...
Mes compagnons ne prennent pas cet enfermement avec enthousiasme, et pour cause. Tout cela s'est fait sans ménagement mais au moins il n’y a pas eu de sang versé.

J'y vois plutôt la conséquence d'événements successifs, de rancœurs latentes. Le sourire mauvais qui accompagnait le goelier en chef quand il donnait ses ordres en disait long.

 "On manque de place. Mettez-les dans l'aile est. Avec la bête! Vous mettrez la paladine dans la cellule à coté du monstre, on verra si vous nous regardez toujours de haut. Et… si un drame arrive, ce ne sera pas de notre faute ! »

Nous comprendrons que bien plus tard le pourquoi de ces mots.

4 cellules.

La première pour Forge, qui tenait un silence de rigueur. Le colosse d’acier demeura immobile comme seul un forgelier peut le faire.   
Les deux gardes étaient assez fébriles en sa présence. Celui-ci, contrairement à la bête, n’avait été ni maté ni rossé.
Je me rappelle qu’il y’a quelques jours, Forge me disait être étranger au "concept" de sentiments. Je crois le contraire : sa vive réaction au départ de Kendra avec son oncle qu’il vivait plutôt comme un enlèvement et là, ce que je crois être de la tristesse.
Il ne s’agit pas d’un quelconque sentiment de culpabilité pour le fait que nous soyons enfermé ici à cause de sa supposée nature de golem.
C’est autre chose. Quelque chose que nous ne pouvons à peine imaginer.
Après tout, une journée passée dans une vague cellule à Ravengro fait-il de moi quelqu’un qui sait ce qu’est le véritable enfermement ? Les mots du forgelier me reviennent : gange de métal, prison d’adamantium, ténèbres.
Le forgelier reste calme. Ce n’est pas le cas de mes autres compagnons…

La deuxième cellule nous est dévolue, à Chevrefeuille Bourguignon et moi.
Le professeur vivait assez mal cet emprisonnement et avait négocier en vain pour conserver ses biens.
Notre condition de captifs n’éteignait pas sa verve : il répétait à qui voulait l’entendre que le sergent était un crétin qui ne savait pas faire la différence entre une abomination de chair et une œuvre d’art de métallurgie.
Puis il se trouva une nouvelle cible : l’espèce de bouillie qu’on nous servis sans ménagement.
Le fin gourmet interdit même à son lapin, qu’il avait réussi à garder contre lui –malgré les menaces culinaires des gardes-, de sentir l’odorant porridge.
Je ne me braque pas à l’attitude condescendante et atterrée de Chevrefeuille quand il me voit prendre quelques cuillèrées. Disons plutôt que cela fait parti de son attitude contestataire.
Néanmoins je crois que la nuit va être longue… Mon co-détenu révolutionnaire jure qu’il sera mort de faim avant l’aube.
Peu probable, toujours est-il que les gargouillements de son ventre rompent assez souvent le silence.

La troisième cellule accueille, contre leur gré, Lyana et Celena.

Lyana avait dépassé l’énervement relatif à cette arrestation expéditive, mais elle n’en demeurait pas moins agitée. Ombre, sa jeune louve avait été mise en cage et ses hurlements déchiraient le silence de la caserne si bien que nous pouvions craindre pour sa vie. Me joignant aux requêtes vibrantes de la fille Avanaki, nous obtinrent que l’animal la rejoigne. Traitement de faveur pour ses origines ustalaviennes ? Peut-être.
Lyana semblait soulagée. Elle gardait foi en la justice de son pays et demeurait convaincue que nous pourrions sortir bientôt, une fois la méprise corrigée par la juge Embreth d’Aramid.
M’est avis qu’elle souhaite aussi se convaincre et rassurer la jeune louve. Toutes deux s’accrochent l’une à l’autre, comme si elles se soutenaient mutuellement. La vérité est plutôt qu’elles partagent le même malaise, la douloureuse séparation avec la Nature, l’odeur de l’herbe, le bruissement des feuilles.
A un moment, Lyana passe imperceptiblement ses doigts sur ses lèvres puis sursaute, manquant d’effrayer la louve.
« Mon cheval. J’espère qu’ils le traitent bien ! »
Le regard glacial que lui jette alors Céléna la ramène à plus de retenue.

Céléna ruminait une colère sourde. Je pense qu’une part d’elle aurait aimé croiser le fer avec les soldats qui nous ont arrêtés. S’est-elle abstenue car perdante d’avance à 1 contre 10 ou parce que nous étions là également ? Je ne pense pas qu’elle soit de ces paladins qui mettent leur supposé honneur au premier plan.
Je prie Desna pour qu’elle retrouve le sourire qu’elle arborait durant la fin de notre séjour à Ravengro.
Les deux gardes furent visiblement déçus de constater qu’elle n’avait cure de l’impressionnante bête toute proche. Elle n’en avait pas peur et la considérait avec dédain. Elle semblait perdue dans ses pensées mais son front se plissait quand elle passait la main dans ses cheveux châtains. Je la vis serrer les poings plusieurs fois et envisager la porte barreaudée.
Je crois que les gardes aussi se disent que la nuit sera longue... Leurs regards appuyés à l’arrivée de l’Andorienne au physique agréable avaient cédés la place à une certaine nervosité.

La quatrième cage gardait enfermée la Bête. Un immense colosse de chair dont le corps était constitué de plusieurs morceaux cousus ensemble au barbelé. Des grossiers clous aux articulations, un front large et des bras disproportionnés.
Tout comme Forge, ses mouvements étaient entravés par de lourdes chaines.
Tout comme Forge, je crois qu’il pourrait s’en défaire mais qu’il n’en fera rien.
Sous sa tête dodelinante, son dos large me donne l’impression de supporter bien des souffrances. A la faveur des lanternes des gardes, je vois que certaines plaies ouvertes, certaines contusions, sont récentes. Pauvre créature. Les vaines tentatives de Lyana de communiquer avec lui ne se solde qu’avec une litanie répétée à voix basse :
« C’est pas moi. C’est pas moi. C’est pas moi… »

Au matin, un homme au port altier vêtu d’une cuirasse ouvragée descend les marches qui mène à notre quartier d’enfermement.
Je le reconnais après Céléna : c’est Arwyll, le célèbre chevalier de Dernier Rempart. Un paladin fier et visiblement ravi de voir la jeune Céléna en facheuse posture.
On dirait un instant que la Bête le regarde étrangement ce à quoi le paladin répond par un sourire carnassier. Les gardes, bien qu’hésitant, lui obéissent et libère la paladine. Pour notre libération, le chevalier négocie un dîner en tête à tête avec la jeune femme. Arwyll jubile, Céléna fulmine.
La voyant préoccupée par notre sort, le champion d’Iomédaë s’encquiert de notre éventuelle… proximité.
« Rien qui ne doive vous attrister », lui répondis-je, sans doute trop vite en voyant le regard qu’elle me lance.

Avant de gravir les marches, je récupère l’assiette intacte de Chevrefeuille et la passe à travers les barreaux de la cellule de la Bête en lui chuchotant :
« N’ais pas peur ».

Un des gardes m’enjoint à sortir en se gaussant de la créature.

« Allez bonhomme, estimes-toi heureux de ne pas rester avec lui » puis se tournant vers son collègue « Hé, il te rappelle pas quelqu’un ? "C’est pas moi, je suis pas coupable. C’est une erreur, m’sieur, moi j’ai rien fait". Hahaha ! »

Devant moi, Lyana évoqua à voix basse qu’il n’avait peut-être rien fait de mal. Chevrefeuille répondit dans un sursaut :

« C’est pas possible :  un golem de chair, ça ne parle pas. »

*sourire*

il me revient à l'esprit une conversation avec Neculaï quand il m'avait amené içi même à Lepidstadt pour passer quelques mois avec Pétros et Kendra. Durant le voyage depuis le Taldor, je l'avais surpris à parler en regardant le soleil et lui avait justement fait remarquer que le soleil ne parlait pas.

Il m'avait alors répondu : "Ne te contente jamais de tes yeux et des oreilles pour entendre".
« Modifié: septembre 27, 2012, 20:57:44 pm par Bartholomeu »
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Hors ligne Dorothée

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Chap.6 : "Jour de fête à Lepidstadt."
« Réponse #3 le: octobre 02, 2012, 14:24:13 pm »
Le bruit des épées raisonnait dans les champs alentours. La terre encore gelée par endroit attendait de pouvoir être labourée. Au beau milieu du champ, le combat faisait rage. Les grognements des combattants couvraient le bruit mat du choc des épées. Un nuage de poussière commençait à s'élever sur la route au sud de la ville. Le plus âgé des combattants baissa son arme pour voir qui approchait, quand il reçu un coup d'épée de bois dans le ventre qui le fit plier de douleur.

"Eh ! Mais t'es con ! T'as pas vu que j'avais arrêté ?
- Désolé, Sander ! Mais j'ai pas fait attention. J't'ai pas trop fait mal ?
- Nan, j'ai pas mal. Il m'en faut plus. Mais la prochaine fois, fais gaffe ou j'te jure que j'te fais bouffer ton épée !"


La grimace qu'essayait de cacher Sander démentait ses paroles, il avait eu mal. Ce soir, il aurait un bel hématome sur tout le ventre, il se demandait comment il allait expliquer ça à ses parents, il devrait être en classe à écouter les leçons barbantes de Maître Elias et pas dans les champs à s’entraîner au combat. Mais pour l'instant, ce qui l'intriguait c'était ceux qui arrivaient. Vu la poussière, il devait y avoir au moins dix hommes, et c'était pas la patrouille de la ville, puisqu'elle était revenue à Lepidstadt la veille au soir. Il était sur le bord de la route quand elle était rentrée, les soldats étaient couverts de bleus et d'ecchymoses. Il avait voulu interroger le Sergent Rocco mais il s'était fait rabrouer. Le sergent n'était pas un homme facile, mais là il était encore plus agressif que d'habitude. Dommage. Sander adorait les histoires des soldats, régulièrement il se cachait au fond de la taverne du Serpent Bleu pour écouter les récits des soldats et des voyageurs. Plus tard, lui aussi, il sera un soldat, il mènera ses hommes au combat et ils deviendront des héros ! C'est pour ça qu'il devait s’entraîner au combat plutôt qu'aller à l'école, il avait essayé de l'expliquer à ses parents mais ceux-ci n'avait rien voulu comprendre. Sous prétexte qu'il n'avait que douze ans, il devait obéir à ses parents et de toute façon il sera commerçant comme son père alors il fallait pas rêver et aller à l'école pour pouvoir reprendre la boutique plus tard.
Pfffffff. Les adultes ne comprennent jamais rien.

Le nuage de poussière se fit plus dense, la terre se mit à trembler légèrement : des hommes à cheval. Le bruit des sabots sur la route s'intensifia et enfin il les vit. Une dizaine d'hommes en armure chevauchant des chevaux magnifiques. Sander se frotta les yeux, il avait rarement vu des guerriers aussi somptueux, leur armure étincelait sous la lumière du soleil. Plusieurs hommes étaient blessés mais ils restaient assis sur leur cheval, fiers. Norman, le petit camarade de jeu de Sander, resta bouche ouverte devant le spectacle. Un détachement de paladins ! C'était bien la première fois qu'ils en voyaient autant ! Il y en avait régulièrement en ville mais jamais une patrouille complète.

Reprenant ses esprits, Sander se précipita devant le convoi.

"Hep ! M'sire les paladins ! Qu'est-ce que vous venez faire ici ?"

L'homme à la tête de l'escouade tourna la tête vers l'enfant et celui-ci se figea de stupeur. C'était l'homme le plus beau qu'il avait jamais vu. Ses cheveux blonds encadraient son visage comme une auréole et ses traits étaient ceux d'un dieu. Le dieu lui sourit et lui répondit :

"Va annoncer la nouvelle en ville, gamin. Arwyl, paladin d'Iomedae, et ses hommes, ont capturé la Bête de Lepidstadt ! Voilà vingt ans qu'elle semait la mort et la terreur et après un combat acharné, Moi, Arwyl, et mes hommes l'avons réduite à notre merci."

C'est alors que l'enfant la vit.  Entre deux chevaux, une créature immense marchait tête basse. Son corps couturé de cicatrices saignait encore des blessures du combat. Des fers enserraient ses poignets et ses chevilles, et les chaînes étaient tenues par les paladins qui l'entouraient. La Bête de Lepidstadt ! Ils avaient capturé la Bête de Lepidstadt ! Des Héros ! C'était des vrais héros, et c'était lui le premier à les avoir vu et avoir vu la Bête !

Attrapant Norman par le bras, il se mit à courir vers la ville. Les gardes étaient sortis, ils regardaient avec suspicion et colère la troupe avancer.

"La Bête de Lepidstadt ! Les paladins ont capturé la Bête de Lepidstadt ! C'est le Paladin Arwyl qui l'a fait !"

Sander criait de toutes ses forces en approchant des portes de la ville. En l'entendant, un garde cracha à terre et dit à son collègue :

"Ca va pas plaire au Sergent ça…"

Le sergent Rocco arriva justement à leur niveau. Tout son corps était tendu de fureur, les yeux braqués sur les paladins qui arrivaient. Sander sautilla autour de lui, surexcité :

"Ils ont arrêté la Bête, Sergent ! C'est des héros !
- Ta gueule, le Mioche !"


Devant le ton hargneux du soldat, Sander préféra s'éloigner. Le sergent s'avança vers le dieu blond, l'enfant ne pouvait pas entendre ce qu'ils se disaient mais tout indiquait que ce n'était pas des paroles de bienvenue. Mais il n'avait pas le temps de s'attarder ! Il fallait que la ville soit au courant et c'est lui qui l'annoncerait !
Il courut dans les rues de la ville, criant à plein poumons :

"La Bête !! Les Paladins ont capturé la Bête de Lepidstadt !"

Les passants le regardèrent surpris, un commerçant l'apostropha :

"Qu'est-ce tu racontes, gamin ?
- Ils arrivent ! Les Paladins arrivent en ville avec la Bête ! C'est le Paladin Arwyl qui a capturé la Bête ! C'est un héros et il est beau comme un Dieu et il a capturé la Bête.
- Sander !! Fils indigne ! Qu'est-ce que tu fais là ? Et l'école ? Tu vas me rendre folle, et qu'est-ce que c'est que toutes ces bêtises que tu racontes ! Tu vas voir quand ton père sera au courant…
- C'est pas des mensonges, Maman ! C'est la vérité vraie ! J'les ai vu les Paladins et j'l'ai vu la Bête ! Elle est immense, hideuse, c'est un vrai monstre et Arwyl il l'a combattue et capturée !
- C'est vrai, M'dame ! Avec Sander, on les a vu. Tout comme il dit"


Intrigués, les passants se dirigeaient vers les portes de la ville. Un murmure commençait à se propager, les mots Bête, Arwyl et Paladin semblaient revenir dans toutes les conversations.
Et puis une clameur retentit à l'entrée de la ville, les paladins commençaient à défiler glorieusement, exposant la bête capturée à la foule. Les gens sortaient de leur maison, des boutiques, des ateliers, tous rejoignaient la foule de plus en plus dense, de plus en plus bruyante. Des exclamations de joie retentissaient maintenant dans toute la ville.

Arwyl paradait, il était acclamé comme le héros qu'il était. Les filles se précipitaient vers lui, il se pencha, en prit une par la taille et l'embrassa à pleine bouche. Lorsqu'il la lâcha, elle était rouge de plaisir, il lui sourit et lui fit un clin d’œil, certain qu'elle s'en souviendrait pour le restant de ses jours. Et peut-être pourra-t-elle réchauffer son lit cette nuit ?

Le cortège avançait très lentement, les gens se bousculaient pour les apercevoir et pour voir la bête. Ils acclamaient les héros et conspuaient la Bête ! Qu'elle brûle ! Au Bourreau ! Au Bourreau ! Qu'on prépare les fagots et qu'elle brûle !
La Bête grognait, elle trébucha et se trouva traînée par les paladins qui tirèrent sur les chaînes. Sander regardait la créature, c'était bizarre, il aurait juré qu'elle avait l'air plus effrayée qu'effrayante. Un gamin lui jeta une motte de terre, la bête essaya de cacher son visage avec les mains, mais les fers lui empêchaient tout mouvement.

Alors que le cortège atteignit la place principale, les dignitaires de la ville les attendaient. La foule fit silence. La juge Embreth d'Aramide avança et s'adressa à Arwyl.

"Merci, Paladin, pour avoir capturé cette créature.
- De rien ! Voilà des années que les troupes de ce pays essayent de la capturer, et Moi, Arwyl, Paladin d'Iomedae, l'ai capturé avec mes hommes. Je suis heureux d'avoir pu palier à la défaillance des hommes de l'Ustalav."


Les gardes, le sergent en tête, s'avancèrent la main sur la poignée de leur épée, prêt à dégainer. La juge leur fit signe de s'arrêter.

"Ce n'est pas le moment de se brouiller, l'heure est à la réjouissance. Si la créature arrêtée est bien la Bête qui sème la terreur depuis vingt ans, Lepidstadt vous sera redevable.
- Comment ça ? Si c'est bien la Bête ? Regardez la ! Il n'y a aucun doute ! N'est-ce pas, peuple de Lepidstadt ? Nous avons capturé le monstre qui semait la terreur dans vos foyers ! Réjouissez-vous, que le vin coule à flots ! Moi, Arwyl, vous livre la Bête !
- Nous verrons ça. Un procès aura lieu. La Bête sera jugée. Mais oui, faisons la fête en attendant, c'est un grand jour pour notre ville."


La foule accompagna les paladins jusqu'à la prison. Sander fit le tour du bâtiment, quand il fut à l'arrière il se pencha et regarda par le soupirail à travers les barreaux. Les gardes mettaient la bête en cage, ils la poussaient, la frappaient avec leurs armes. L'enfant se demandait pourquoi la bête ne réagissait pas. Avec sa taille et sa force, elle aurait pu s'enfuir ou frapper les gardiens. Rien qu'une de ses énormes mains aurait pu suffire à broyer le crâne d'un des hommes. Mais elle ne bougeait pas, elle se faisait frapper en gémissant.

Dans la ville, les gens s'engouffraient maintenant dans les tavernes. Le vin et la bière coulèrent à flots.
A chaque personne croisée, Sander racontait comment, lui, avait été le premier à voir les Héros arriver en ville.

Le soir tombait, les gens envahirent les tavernes et les auberges, c'était jour de fête aujourd'hui ! La nuit sera longue.

Sander et Norman réussirent à échapper à la vigilance de leurs parents et se cachèrent au fond de l'auberge du Serpent Bleu en ayant réussi à voler un pichet de vin, ils s'endormirent en écoutant le rire des hommes. Dans ses rêves, Sander voyait la bête et il entendait ce qu'elle ne cessait de répéter en gémissant :

« J'ai rien fait... J'ai rien fait... »


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