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102381 Messages dans 7484 Sujets par 904 Membres - Dernier membre: Helenavtj mai 26, 2020, 07:30:58 am
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Messages - Sstrad

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Se tenant dangereusement proche du rebord de la plus haute tour de la citadelle de Drezen, Zacknamaël observait les chantiers de reconstruction qui s’étendaient sur toute la ville. Au-dessus de lui, les trois bannières divines battaient et claquaient au grès des vents. La campagne militaire pour arracher la citadelle aux démons s’était achevée quatre mois plus tôt, et aujourd’hui, Drezen pansait ses plaies. La victoire de l’armée du Mendev était un message puissant adressé aux forces démoniaques. Les hommes étaient de retour dans le Sarkaris, et leur intention était nette : ils reprendraient possession de leur pays et renverraient les démons aux abysses. Quelques semaines plus tard, la Reine Galfrey du Mendev guida elle-même une colonie de pionniers qui venait injecter un sang neuf et un nouvel espoir aux forces militaires en stationnement. L’intégration s’était faite rapidement et très vite les nouveaux venus commencèrent à nettoyer puis rebâtir les vieux bâtiments encore en état. Les rues s’élançaient de la citadelle, cœur névralgique de la ville en reconstruction ; elles serpentaient à l’ouest vers le nouveau quartier marchand ; elles descendaient au sud vers le futur quartier des temples ; à l’est, elles rejoignaient le cimetière que prêtres et paladins avaient purifié pendant de longues semaines. Les nouveaux colons avaient entrepris de jeter au milieu des rues toutes les ordures qu’ils trouvaient dans les bâtiments en ruine. De son poste d’observation, il semblait à Zack que le réseau de veines noirâtres des rues Drezen se purifiait peu à peu. Il avait établi un plan de reconstruction, pour tenir les délais et que tous les citoyens de Drezen soit à l’abri avant l’hiver, le général Paladin avait mis son armée à contribution.



« C’est un sacré travail que tu es en train d'accomplir Zack. » dit Ulf qui venait de le rejoindre. Le chef du clan des Sangs Hurlants jeta un regard sur la ville plus bas. « Zack, foutu salopard de poseur ! » dit le barbare en riant. « J’imagine les gars en bas, relevant la tête vers la citadelle, voyant tout en haut de la tour, l’armure d’or de leur général briller de mille feux sous la lumière du soleil. Ils doivent se sentir en sécurité, sachant que tu veilles sur eux. » Termina Ulf, le sourire aux lèvres. Zacknamaël sourit à son tour et attendit que son ami termine son discours, car il en était sûr, Ulf ne faisait que s’échauffer. Le barbare s’approcha des poteaux sur lesquelles étaient attachées les bannières des trois divinités tutélaires de la prise de Drezen, puis posa sa main sur le pilier qui soutenait l’emblème de Ragathiel. «J’adore ton idée d’avoir disposé les bannières en triangle, mais je me demande ce qu’a pensé la Reine Galfrey quand elle est entrée dans la citadelle. Parce que bon, Zack, c’est sûr que quand on arrive du Mendev, la bannière centrale est celle de Iomédae, et tout pèlerin mendévien doit être heureux à sa vue. Mais quand on entre dans Drezen, c’est tout de même celle de Ragathiel qui est au centre, Iomédae à sa droite et Shelyn à sa gauche. » Zack regarda Ulf dans les yeux et demanda « Tu voudrais dire que j’ai fait exprès ? » Demanda-t-il, la main sur le cœur, faussement offensé. Le barbare éclata de rire et d’un geste amical, frappa le paladin dans le dos.



« Tout est politique, Ulf. » dit Zack d’un air songeur « En faisant cela, j’envoie deux messages. Au Mendev, je lui assure la présence de Iomédae, et aux démons, je leur rappelle que Ragathiel est arrivé et que la roue a tourné. Que tout ce qu’ils prenaient pour acquis est remis en question et que nous allons les démolir.» Termina le paladin. « Et en troisième message, tu fais bien comprendre à Galfrey, qu’ici, c’est toi le boss. » dit Ulf en faisant un clin d’œil à Zacknamaël. « Tout est politique. » Dit le paladin en souriant au barbare. Zack regarda vers l’horizon, observant les terres désolées du Sarkaris. « Tu n’es pas venu me voir pour me parler de quelque chose que nous savons tous les deux. Que veux-tu Ulf ? » Demanda le paladin sans ambages. « Pulura. » répondit simplement le barbare. « Je veux que sa bannière flotte aux côtés du Big three » continua-t-il. Le visage de Zack était fermé, signifiant au barbare que sa demande était refusée. « En échange, je te donne la solution que tu cherches à la défense anti-aérienne ». Zacknamaël se retourna franchement vers Ulf, le regardant droit dans les yeux. « Je sais que depuis le survol du dragon, tu cherches un moyen de te défendre contre les attaques du ciel, Zack. Il se trouve que j’ai une solution, et les barbares du Sarkaris peuvent t’aider à la mettre en place. » « Je t’écoute. » Dit le paladin, cachant maladroitement son intérêt. « Ta parole d’abord. » rétorqua le barbare. « Tout est politique, hein ? » dit Zack entre ses dents. Ulf haussa les épaules en souriant. « Très bien, la bannière de Pulura sera hissée derrière celle de Ragathiel, et fera face au nord. Les quatre étendards formeront le carré défensif Mendévien. Pulura sera visible des arrivants du nord et du Mendev, et ceux qui viendront du sud, du Sarkaris, verront que Pulura soutient l’action de Ragathiel en étant derrière lui. Est-ce que cela te va ? » Demanda Zacknamaël. « C’est parfait. J’aime bien quand tu fais de la politique » le taquina Ulf. « Et tes barbares aident à la reconstruction. Si leur déesse est présente dans la ville, je les veux présent au travail. » Ulf acquiesça de bonne grâce. « Bien. Et quelle est cette solution de défense anti-aérienne ? » Grommela Zack.

« As-tu entendu parler des griffons ? » dit Ulf en souriant. Zacknamaël fixait Ulf sans mot dire, se demandant si le barbare plaisantait ou s’il était sérieux. « Brogan sait où se trouve l'aire du Vol le plus féroce du Mendev.» dit Ulf en se frottant les mains. "Et quand c'est féroce, moi j'aime bien" termina le barbare en éclatant de rire. Le paladin médusé fixa son ami un long moment, puis,  interdit, il se tourna lentement vers Drezen, son regard se perdant dans ses rues sinueuses.

Chasser des griffons… Zack espérait qu’Ulf et sa bande savaient vraiment ce qu’ils faisaient.





2

                                                                    Otto FRITENBOURG et l'arbitrage sportif



Otto et Nils tiraient le chariot à bras à travers les rues de Drezen, comme si Khorramzadeh lui-même leur courait aux trousses. Le quartier de Gibet était désert et la rue de la citadelle n’était pas plus peuplée. Le soleil ne serait pas levé avant encore une bonne heure, et dans le silence lugubre du matin, seuls les grincements du chariot torturé se faisaient entendre. Nils se mit soudain à crier « Ils vont le faire ! Levez-vous vite, ils vont le faire ! » Otto, surpris, regarda Nils comme si ce dernier avait perdu la raison. Et soudain, il comprit la manœuvre de son ingénieux commis, et ils se mirent tous les deux à hurler à qui voulait l’entendre « Ils vont le faire ! Levez-vous vite, ils vont le faire ! »

Les volets de bois s’ouvrirent peu à peu, révélant les têtes ensommeillées des habitants de la ville endormie. Chacun se regardait en se demandant bien quelle était l’origine du raffut, et surtout qui était ce « ils » et qu’allaient-ils donc bien « faire » ? Et soudain, comme un grondement sourd, dans chacune des chaumières, le même cri retentissait : « Ils vont le faire !!!!! », suivit de bruits de corps qui sautent dans tous les sens pour s’habiller le plus vite possible avec le peu de lumière disponible.

Les premiers rayons frappaient à peine les lourdes portes de la citadelle quand Zacknamaël les franchit. Vêtu d’un simple pantalon de cuir et d’une chemise brune au tissage solide, seules ses bottes militaires au cuir impeccablement ciré et l’épée qui battait son flanc trahissait l’homme d’arme. Il descendit la rue principale à enjambée rapide et bifurqua vers l’ouest. Il avait l’habitude de susciter la curiosité sur son passage quand il se rendait en ville, après tout, il était le dirigeant de la ville, mais ce matin, il lui semblait que les gens le regardait avec plus d’insistance, le désignant presque du doigt. Il pressa d’avantage le pas pour laisser derrière lui les curieux qui semblaient le suivre. Zacknamaël fronça les sourcils, la foule était plus dense à mesure qu’il s’approchait du camp barbare, et cette foule le fixait ouvertement, certain lui faisant même des signes de la main, d’autre l’encourageant. Alors qu’il passait le dernier bâtiment, Zacknamaël vit la quasi-totalité des habitants de Drezen agglutinés autour du campement des guerriers du Sarkaris. Les paladins qui n’étaient pas en faction étaient également présent et participaient visiblement à la liesse générale. Zack s’arrêta, interdit. Que diable se passait-il ici, se demanda-t-il. Son arrivée souleva aussitôt les vivats des habitants de Drezen, et des barbares ainsi que des paladins eux-même. Otto et Nils tenaient boutique, et visiblement leurs patates avaient un succès fou. Le chef cuisinier fit un grand geste de la main en direction du général et lui sourit de toutes ses dents. Zack remarqua enfin des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Allez général ! » ou encore « Zack je t’aime ! » ou bien « Tu vas l’avoir Zack ! » Les barbares avaient de leur côté hissé leurs couleurs et faisaient gronder leurs tambours. « Général, on est avec vous ! » cria un paladin à l’adresse de Zacknamaël, les compagnons du guerrier divin hurlant leur approbation. Zack se gratta la tête et soupira. Ce n’était pas exactement la vision qu’il avait d’un entraînement tranquille avec Ulf.

Ulf, le chef de guerre du clan des Sangs Hurlant, était tranquillement assis au milieu de ses hommes, et l’attroupement dont il était le centre de l’attention lui plaisait visiblement. Voyant Zacknamaël s’arrêter, il lui fit des signes des deux bras, l’invitant à le rejoindre. Zack fit une moue, et s’approcha à contre-cœur. « Je pensais qu’on devait s’entraîner tranquillement ce matin, Ulf » dit-il, arrivant près du chef barbare. Ulf était un monstre à la musculature titanesque, un véritable géant, même selon les standards du Sarkharis. Un barbare du Sarkharis dépassait un mendévien d’une bonne tête, et Ulf dominait physiquement tous ses hommes. Il haussa ses larges épaules en souriant. « Je n’y peux rien Zack. Quand je suis sorti de ma tente ce matin, tout le monde était déjà là » dit le géant de son accent rugueux. « J’espère que tu ne changeras pas d’idée, mon frère ! » s’exclama Ulf. Zack haussa les épaules de lassitude, visiblement contrarié. Il souhaitait un entraînement technique et minutieux, pour apprendre du géant les secrets du Kanoha, la célèbre technique de lutte des barbares. Il se doutait que désormais, ce qui devait être un entraînement amical allait devenir une lutte d’égo et que toute possibilité d’apprendre était perdue. Ulf posa une main apaisante sur l’épaule de son frère d’arme « Allez, je sais que ce n’est pas ce qu’on avait prévu, mais tu sais ce qu’on dit au Mendev dans ces cas-là, non ? » demanda-t-il. Zack qui acquiesça lugubrement de la tête, tout en fixant Ulf dans les yeux. Derrière le colosse, Zack vit apparaître Xéna qui sortait de sa tente. Il lui lança un regard plein d’espoir, mais la barbare leva les bras en l’air, signifiant qu’elle n’y était pour rien, puis montra la foule en liesse, signifiant cette fois, qu’elle n’y pourrait pas grand-chose. Zack baissa la tête et les épaules.

Alors que Nils vendait ses cornets de fritenbourg à tour de bras, Otto, qui avait vu Ali s’entraîner de nombreuses fois à l’auberge, ne se privait pas d’appliquer tout ce qu’il avait appris en l’observant, haranguait la foule et faisait monter la pression comme un chef d’orchestre. La foule se mettait à crier, puis à chanter des chants guerriers, et enfin à lancer des slogans « Mais ils sont où ? Mais ils sont où ? Mais ils sont où les Sarkhariens la la la la ! » De leur côté, les barbares ne se privaient pas de répondre « Mendev ! Mendev ! On t’encule ! ». L’ambiance était chauffée à blanc, il ne manquait plus que les champions des deux factions. Ils s’avancèrent tout deux d’un même pas, rejoignant le centre qui avait été vidé pour eux, sous les ovations du publique hystérique. Porté par l’effervescence de la foule, Otto se retrouva tout naturellement au milieu des combattants, prêt à arbitrer le match.

« Messieurs, ceci est un combat dans la plus pure tradition tiannaise. » Otto n’était pas bien sûr de ce que cela voulait dire, mais il avait entendu cette expression une fois à Kénabrès, et il avait toujours voulu la replacer. Les deux adversaires se regardèrent étonnés puis fixèrent l’arbitre qui ne broncha pas et croisa les bras pour bien faire comprendre que sa parole était d’acier. Zack et Ulf, devant la rigueur des règles, se défirent de leurs armes et les jetèrent au sol. Content de son effet, Otto continua son manège et fixa la chemise de Zacknamaël, tout en donnant des œillades vers le torse nu d’Ulf. Le paladin ne semblant pas comprendre, Otto finit par faire des grimaces comiques qui déclencha l’hilarité du public. « Ta chemise, Général ! » hurla une voix chaleureuse. « Oh oui, retire là ! » s’extasia une voix féminine. L’arbitre auto-proclamé agita son visage de haut en bas et pointa du doigt la foule. Zacknamaël KANTARIA avait un goût de meurtre dans la bouche, et on pouvait voir dans ses yeux le cuisinier-arbitre-harangueur se balancer au bout d’une corde. Lentement, Zack défit les boutons de sa chemise, puis révéla de larges épaules qui surplombaient un torse puissant aux pectoraux saillants et aux abdominaux d’acier, un dos sculptural descendant en un V parfait, où se dévoilaient de vieilles et vilaines cicatrices au niveau des omoplates. Aussitôt des cris féminins d’admiration s’échappèrent de la foule extatique, car si Ulf était plus grand que Zack de quelques centimètres, c’était le seul avantage physique que le barbare avait sur le paladin.

« Messieurs, je veux un beau combat ! La foule réclame son dû et vous vous devez à la foule ! » Commença Otto qui était encore plus dans le combat que les deux combattants. Il se retourna vers le public et leva les bras en hurlant « Est-ce que vous voulez du sang ?! Est-ce que vous voulez de la rage ?! Est-ce que vous voulez des gladiateurs ?! » Les spectateurs au bord de l’émeute se mirent à hurler de joie. Otto se retourna d’un mouvement sec et dit d’un ton très calme « Messieurs allez-y. »

Aussitôt un poing aussi épais qu’un marteau de forgeron et tout aussi dur s’écrasa sur le nez de Zack qui chancela sur le coup. Il n’était pas prêt. Trop en colère contre Otto, Zack s’était laissé surprendre et Ulf en avait profité. Dans sa lancée, le barbare fit glisser sa main derrière la nuque de son adversaire tandis que son autre main agrippa sa cuisse. Ulf souleva Zack au-dessus de sa tête et projeta les 130 kilos du paladin à une dizaine de mètre, comme s’il s’agissait d’une poupée de chiffon. Aussitôt le coin du Sarkharis se mit à hurler de joies et la centaine de barbares debout derrière leur champion se mit à se frapper le torse et à mimer des danses guerrières à base d’écrasement de coudes sur le poing. Ulf leva les bras et le menton en marchant lentement vers ses supporters, profitant du moment, et laissant le temps à son adversaire de se relever. Zack secoua la tête, se releva, encouragé par son camp. Le chef barbare se pavanait toujours en lui tournant le dos, Zack bondit vers lui à une vitesse surprenante pour quelqu’un de son gabarit. Le paladin percuta violemment Ulf dans le dos, qui s’écrase au sol. Les deux adversaires roulèrent ensemble dans la poussière.

« Ce n’est pas très loyal, ça, Zack. » râla Ulf qui tentait de se remettre en garde, couché au sol, tandis que Zack essayait de garder son avantage en position haute. « Qui a dit qu’un combat devait être loyal, bordel ! » lui répliqua Zack les dents serrées. « Quand je me bats, je gagne, point barre ! » éructa le paladin, envoyant un direct au visage du barbare à terre. Ulf senti son sang gicler dans sa gorge. Son nez était cassé. « Tu veux apprendre le Kanoha ? Je te montre le Kanoha. » dit le barbare calmement, toute trace d’amusement disparue de sa voix et de ses gestes. Le sarkharien donna une brusque torsion du buste, tel un serpent s’enroulant sur lui-même, et comme par magie, leurs positions s’échangèrent, lui au-dessus, et Zack couché, le dos contre le sol. « Tu vois, d’abord, tu fais le serpent pour échapper au sol et retourner l’adversaire à ta place. Toi, tu frappes fort au sol, c’est bien… » Ulf contrôlait la position montée en maintenant son poids presque mort sur Zack. Le paladin faisait des efforts terribles pour repousser le barbare tandis que ce dernier n’en faisait aucun pour se maintenir. «… Mais pour frapper plus fort, il faut lancer tout ton poids, comme si tu allais sauter, mais en étant couché. Comme ça. » dit Ulf. Quasi allongé sur Zack, il se ramassa un bref instant et se détendit comme un ressort en expédiant son poing dans le visage du paladin avec une rare violence. Ce dernier sentit son nez éclater sous l’impact, du sang s’écoula abondamment dans sa gorge et dégoulina dans ses yeux, l’aveuglant à moitié. Ulf poussa son avantage et saisissant le poignet droit de Zack d’une main, il poussa le coude droit de son autre main, créant un effet balancier irrésistible qui fit basculer le paladin sur le ventre, dos à son assaillant. « Après, tu appuies sur les articulations, tu vois ? Je prends ton poignet, et je pousse ton coude. Et là, tu as perdu quand je sers. » Dit Ulf, mi enseignant, mi punissant, en glissant son bras sous la gorge de Zack pour l’étrangler contre son biceps. Zack eu la présence d’esprit de glisser ses doigts entre le bras de Ulf et sa gorge et résista de toute ses forces tandis que le barbare bandait tous ses muscles pour étrangler son ennemi.

Autour d’eux la foule hurlait et scandait le nom de son champion. Otto était hystérique et sautait dans tous les sens encourageant l’un d’abord, et puis l’autre juste après. Nils était monté sur le dos d’un barbare pour mieux voir et se mettait à taper du poing sur la tête de sa monture improvisée comme s’il se battait lui-même. Otto s’était jeté au sol, pour se mettre au niveau du visage des deux combattants et martelait le sol des poings. Zack senti qu’il allait perdre connaissance, il fit appel à tout ce qui lui restait de force pour desserrer légèrement la prise de Ulf, pas suffisamment pour se libérer mais suffisamment pour reprendre son souffle et murmurer quelque chose à l’oreille du barbare. Ulf relâcha aussitôt sa prise et releva la tête, fixant la foule. Cette seconde de relâchement suffit à Zack qui s’enroula comme un serpent et fit basculer le barbare sur le dos. « D’abord tu fais le serpent… » commença Zack, qui avait bien assimilé la technique. Ulf savait qu’il avait perdu et qu’il allait se faire massacrer par Zack, qui allait employer la technique qui suivait celle du serpent. Soudain, Nils, qui avait sûrement énervé sa monture pour de bon, vola par-dessus les combattant au sol, et atterrit dans la tribune d’en face sur les barbares surexcités. Et ce fut l’hallali ! Les deux camps se ruèrent l’un sur l’autre dans une énorme mêlée générale. Ulf et Zack restèrent cois, ne bougeant plus, totalement sorti du combat et se demandant comment tout allait finir. Tandis qu’Otto avait sauté sur le dos d’un barbare qui ne l’avait pas senti, tentant de l’étrangler, et que Nils volait à nouveau au-dessus d’eux, les deux combattants s’assirent lentement sur le sol, observant et esquivant autant qu’ils pouvaient les coups qui passaient par-là.

Puis ils se mirent à rire. D’un rire grave et profond. D’un vrai rire bon enfant, comme ils n’en avaient plus eu depuis très longtemps. Peu à peu les combats cessèrent, et chacun des protagonistes se mit à regarder autour de lui, et puis à rire à son tour. La bagarre générale se transforma très vite en éclat de rire général et quelque chose changea ce jour-là, entre les barbares du Sarkharis et les hommes du Mendev.

Ce jour-là, ils devinrent tous des habitants de Drezen.




3
                                                                                               

                                                                     Otto FRITENBOURG et la patate ingénieuse.



« Otto, ils vont le faire ! » hurla Nils entrant en trombe dans l’auberge. Otto releva un regard interrogateur vers le garçon aux tâches de rousseurs. « Quoi ? » demanda-t-il, sceptique. « Ils vont le faire, Otto ! » hurla à nouveau le garçon, pointant et secouant son doigt vers la porte. Otto resta interdit, essayant de comprendre qui était le « ils » qu’allait faire ce « ils », qui pouvait mettre son commis dans tous ses états ? Soudain, il ouvrit les yeux à son tour et s’écria « tu es sûr de toi ?! » Nils hocha la tête vigoureusement. « Quand ? » demanda Otto qui commençait lui aussi à sentir l’excitation le gagner. « Dans une heure ! C’est un garde qui me l’a dit. » souffla Nils avant de continuer « Ils les a entendu hier soir en parler pendant leur réunion. La guilde des marchands n’est pas au courant et on est les seuls sur le coup, Otto. »  termina le garçon. Otto balaya sa cuisine du regard et s’exclama « Bon sang, les patates n’auront jamais le temps de cuire ! et en plus j’ai chauffé de l’huile tout ce matin pour cuire les beignets. » se morfondit l’aubergiste. « Ils vont le faire, et je n’ai pas de patate en cuisson, c’est horrible. » continua Otto, le visage dans ses mains. Il se mordit les lèvres et se frotta fiévreusement les mains l’une contre l’autre. Il regarda une patate, puis le chaudron dans lequel bouillait l’huile, puis la patate à nouveau. Il leva les yeux vers Nils puis saisit une patate et son couteau de cuisine, et d’un geste sûr il découpa le féculent en huit bâtonnets qu'il jeta dans le chaudron. Nils porta sa main à sa bouche et se signa, comme si Otto venait de commettre un crime terrible.



« La patate Otto… qu’est-ce que tu as fait ? » hoqueta le garçon. « Franchement, je ne sais pas. » murmura le chef cuisinier à son adresse. « Mais faute d’eau bouillante, je vais frire tout ça à l’huile... En découpant la patate en petit morceau, ça cuira plus vite… » continua Otto pour lui-même.  Le cuisinier inventif retira un morceau qui commençait à dorer et le tendit au garçon qui recula de dégoût. « Tiens goûte. » dit Otto, tendant le morceau de patate. « Beurk ! jamais ! » répliqua Nils écœuré, plaquant une main sur sa bouche. « Goûte je te dis ! » insista le cuisinier. « Mais pourquoi moi ? » se plaignit le garçon de cuisine. « Parce que tu es mon commis. Parce que tu es jeune, et que les jeunes se sacrifient pour que vivent leurs aînés ! » tempêta Otto qui fourra le morceau de patate de force dans la bouche de Nils, et le força à mâcher. Ce dernier, tout en mastiquant, affichait la mine piteuse d’un condamné à mort par empoisonnement. Otto le fixait, guettant le moindre signe sur le visage de son apprentis. Les joues de Nils se détendirent peu à peu, et les traits de son visage prirent un air étonnés, presque émerveillés. « Alors ? » demanda Otto sur le qui-vive. « Ca déchire Otto ! » s’exclama Nils. « Quoi ? » demanda le chef, semblant ne pas comprendre l’adolescent. « C’est super bon ! Il faudrait un peu de sel, et ça va être une tuerie. » Otto souffla de satisfaction et entreprit de découper le reste des patates avant de les plonger dans l’huile. Ils avaient juste le temps, avant qu’ils ne commencent.

"Comment tu vas appeler ça Otto?" demanda Nils, ouvrant la porte et poussant leur cargaison vers leur chariot à bras. Otto fit une moue, signe de réflexion intense chez lui, puis souffla: "J'avais pensé à La patate ingénieuse.". Il saisit une caisse à son tour et se dirigea vers la porte que Nils lui tenait ouverte. "Mais je pense que je vais faire simple, je vais l'appeler la Fritenbourg. Oui, la Fritenbourg. C'est un peu long mais c'est jolie!"







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Livre I – L’Invasion de la Plaie du Monde / Otto FRITENBOURG
« le: mars 09, 2016, 22:21:03 pm »
Voici les chroniques d'Otto FRITENBOURG, qui d'humble citoyen s'éleva peu à peu au rang de Grand Bourgeois, son rêve de toujours.




                                                                           "Otto FRITENBOURG et l'arrivée à Drezen"




Otto sifflotait joyeusement en épluchant ses pommes de terre. Il avait eu une bonne nuit de sommeil, et ce matin, il allait assister à la première décapitation de Drezen. Une bonne exécution était toujours bon signe pour les affaires. Il espérait que le barbare allait vociférer et insulter la foule. Il n’y avait rien de mieux pour mettre l’ambiance qu’un prisonnier qui se débat et essaie de ruer dans le public. Il avait préparé les paniers à légumes pourris à 5 pièces de cuivre l’un, les lots de 4 pierres à 1 pièce d’argent, et il avait même fait faire exprès quatre couronnes funèbres en ronces, à 1 pièce d’or l’unité. Décidément, cette nouvelle ville semblait prometteuse.


Après avoir tout perdu lors de la destruction de Kénabrès, Otto avait répondu à l’annonce royale et avait empoché, par la même occasion, les 10 pièces d’or promis à la signature pour rejoindre les « pionniers du Sarkaris ». Avec les autres colons, il se voyait déjà faire fortune dans la nouvelle Drezen, marchant dans les rues de la ville garnison, soulevant son couvre-chef en passant devant les demoiselles à marier, en lissant sa fine moustache gominée. Après un mois de voyage à travers un pays hostile, un climat changeant charriant sang et pluie, ils arrivèrent enfin à destination. Celle qui fut autrefois le bastion glorieux des croisades mendéviennes, Drezen l’invincible, était tombée trente ans plutôt, et avait été souillée par les démons. Les légendaires héros de la cinquième croisade les avaient exterminés jusqu’au dernier, et ils étaient là, tous les cinq, dans leur armure de combat. Otto les revoyaient encore, à cheval devant leurs soldats au garde à vous. Il s’était faufilé pour être au troisième rang des colons. La reine Galfrey, qui avait mené elle-même le régiment de pionniers jusqu’à Drezen, s’approcha du général doré, et ils se serrèrent le bras dans un strict salut militaire. Le général Zacknamaël KANTARIA, dans son armure étincelante et son épée d’or au côté, semblait d’ascendance divine. L’armée de paladins derrière le général lui vouait un respect visible. A droite du chef de guerre se tenait une guerrière aux traits farouches qu’Otto n’aurait pas aimé mécontenter, et à côté d’elle se tenait un homme au visage fin et à la peau pâle, un noble mendévien sans aucun doute. Le regard d’Otto revint vers le général et s’attarda sur l’enfant qui était à son côté gauche. Otto écarquilla les yeux, se rendant compte que celle qu’il avait pris pour une enfant était une halfelin. Elle rayonnait de joie de vivre et semblait par sa seule présence souhaiter la bienvenue aux voyageurs. Otto lui fit un grand signe de la main, espérant que la halfelin le verrait. Il travaillerait avec elle, il en était sûr.


« Otto, ça va commencer ! » cria Nils en poussant la porte de l’auberge. L’enfant entra en trombe, se saisit du panier de pommes de terre cuites et courut vers l’extérieur, en direction du quartier du gibet. « Oh non, je voulais en cuire encore deux marmites … » soupira Otto. « Ali ? Je vais à gibet, tu viens ? » cria Otto vers l’étage de l’auberge. La halfelin ne répondit pas.


« Bonjour madame je m’appelle Otto et je serai ravi de travailler avec vous j’ai vu que vous cherchiez un aubergiste et je suis un excellent aubergiste si vous me laissez travailler pour vous vous verrez que je ne vous décevrez pas et que vous et moi nous pouvons faire fortune ensemble! » souffla le colon d’une traite. Ali sourit et répondit : « Moi c’est Ali, pas madame. Avec mon mari, nous serons heureux de travailler avec vous également. » Otto releva les yeux vers l’héroïne du Mendev et lui sourit. L’auberge que le couple de halfelin avait choisie pour s’établir était en ruine et demandait de solides réparations, mais Otto voyait le potentiel futur. Un jour, il en était certain, cette auberge serait connue et réputée dans tout le Sarkaris et le Mendev.


« Ali ? » interrogea encore Otto. Ne la voyant pas descendre de sa chambre, l’aubergiste supposa que sa patronne était déjà sortie. Il avait fini par s’y habituer. Ali était réputée dans tout Drezen pour sa furtivité, et si elle ne voulait pas être vu, personne ne la voyait. Otto empoigna les paniers de légumes et cailloux ainsi que les couronnes et sortit de l’auberge à la suite de Nils. Le soleil régnait déjà à l’ouest des remparts, il devait se dépêcher pour être à l'heure pour l’exécution. "Pourvue que le barbare soit une vraie ordure ..." fut la dernière pensée d'Otto en passant la porte de l'auberge.











5
Les Chroniques de la Cinquième Croisade / Re : EQUIPEMENTS & LOOT
« le: février 28, 2016, 12:05:41 pm »
C'est quoi cette campagne où on tue des Vrock mythique des 2 bras et qui loot de la merde?

Non mais sans déconner !

6
Livre I – L’Invasion de la Plaie du Monde / CH.11 Une nuit mythique.
« le: février 24, 2016, 15:41:50 pm »
Soufflant fort pour mimer un puissant coup d’épée, Ulf sauta sur la table de chêne à pieds joints en poussant un cri de victoire.
Il se tourna lentement vers son seul spectateur, fit semblant d’empoigner un ennemi imaginaire du poing, tandis que son autre main se saisissait de l’outre de vin. Le barbare était heureux. Boire et raconter ses exploits en les grossissant un tout petit peu, c’était ce qu’il préférait par-dessus tout. Ulf lança un regarda en coin à Zack qui suivait ses exploits avec entrain, et sourit.
Il porta l’outre à la bouche et bu tout son saoul avant de reprendre.   

« Et là, j’ai attrapé l’incube qui devait bien faire douze mètre de haut » commença Ulf d’une voix un peu pâteuse, pointant un doigt vengeur vers le monstre de son histoire, « Quinze ! Tout à l’heure il en faisait quinze ! » Rectifia Zack le paladin, qui semblait aussi éméché que lui, et qui en profita pour vider son verre d’un trait. Ulf le regarda un moment interloqué, puis se ressaisit, et acquiesça gravement de la tête, comme pour féliciter son auditeur d’être autant dans l’action que lui-même.
« Ouais, tout à fait ! » reprit-il, maintenant son doigt vengeur dans ce qui devait être la narine du monstre, s’estimant lui-même, au minimum, à dix mètre du sol.
« Et donc je lui ai dit, TOI LA ! TU VAS PAYER POUR TOUT CE QUE TU AS FAIT ! Parfaitement, monsieur ! »
 

Zack hocha frénétiquement de la tête, approuvant la méthode barbare face à un démon.
« Je l’ai choppé par les couilles, puis je les ai remonté par-dessus son front… » Continua Ulf, joignant les gestes et les paroles.
« Ça c’est une grosse paire de couille ! » S’exclama Zack, tout à fait saoul.
« Et comment ! Les plus grosses couilles que j’ai jamais vu ! » Tempêta Ulf, agitant les mains au-dessus de sa tête,
comme s’il secouait les testicules du géant, qui venait d’un coup, de grandir de cinq bon mètres.
« Et là, j’ai entouré sa tête d’Incube avec la peau de ses couilles et j’ai serré comme si j’empêchais les enfers eux-mêmes
de s’ouvrir sous moi. »
Ulf avait sauté de la table et avait saisi la peau d’ours, au sol, par le cou, bandant tous ses muscles, comme pour achever une deuxième fois la pauvre bête. Congestionnant sa puissante musculature sous l’effort de son coup fatal, Ulf devint tout rouge, puis dans un dernier râle, relâcha sa prise. Il s’écroula sur la fourrure, ahanant sous l’effort fourni.

Zack se leva de sa chaise, et le corps gainé comme se préparant au salut militaire, applaudit lentement, mais puissamment, les exploits du barbare « Là, je dis bravo. Mes respects, monsieur le barbare ! » Dit-il aussi sincèrement que son état d’ébriété le lui permettait.

Apolline avait congédié les gardes en faction devant la porte du général. Ce soir, Zack et Ulf avaient besoin de décompresser,
et ils allaient boire toute la nuit. Drezen avait besoin que la réputation de son dirigeant soit aussi éclatante que son armure,
aussi s’était-elle résolue à assurer la sécurité de Zacknamaël KANTARIA elle-même.




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Les Chroniques de la Cinquième Croisade / Re : EQUIPEMENTS & LOOT
« le: octobre 30, 2015, 22:50:40 pm »

. Une épée longue acérée +1 : AERYS



C'est quoi l'intérêt pour un mage de prendre une arme +2?

On prend ce dont on se serre. Si Aerys veut une belle lame, il a largement les moyens de se payer un truc sympa à 100 po.

Mon paladin ne va pas looter vos trucs de mage, même pour faire jolie ou RP ou autre, faite de même.


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Jeunes Années / Re : Zacknamaël KANTARIA
« le: octobre 30, 2015, 19:42:31 pm »
Trois semaines plus tard
« Pourquoi as-tu menti, Zack ! » hurla Astra, en entrant comme une furie dans la chambre du cadet. Zack était en train de poser ses  vêtements en piles carrées sur son lit, un sac de toile grand ouvert à côté d’une malle déjà fermée. Il tourna son visage vers elle, la jaugeant un moment, évaluant le danger de la fille-louve, puis il se concentra à nouveau sur son rangement. Il devait rendre ses éperons et ses galons, mais pouvait garder sa vareuse et son caban. Astra frappa violemment les piles de linges, les éparpillant dans la chambre spartiate et se planta devant Zack, le regard brulant de colère.

« Pourquoi ne leur as-tu pas dit la vérité ! » gronda-t-elle au bord de l’explosion.
« Je veux que tu te calmes, Astra. » La phrase prononcée presque sur le ton de la confidence par Zack eu l’effet d’une douche froide sur la jeune fille exaspérée. Elle baissa la tête et la rentra dans les épaules, comme une enfant grondée par son père. Elle leva le regard vers Zack qui ramassait ses affaires disséminées sur le sol. Elle ne le comprenait pas. Il avait saccagé toutes ses chances de devenir paladin.

Mentir à la Grande Prêtresse de Iomédae, à la Reine de Mendev, au Roi de Dernier Rempart même… jamais la déesse paladine n’accepterait un parjure dans ses rangs. Elle avait attaqué Graham, et l’avait presque tué, mais il avait pris le blâme. Zack avait juré aux plus Hauts Dignitaires du pays que le monstre qui avait attaqué, n’avait fait que le blessé légèrement, et que s’il n’avait pas voulu jouer les héros, il n’aurait pas été porté disparu. Il avait rajouté que sans l’intervention d’Astra et ses talents de pisteuse, il aurait été perdu pour de bon.

« Pourquoi ? » Murmura-t-elle cette fois, des larmes dans la voix.

Zack repliait pour la deuxième fois sa vareuse. « Sais-tu ce qu’est le massacre du matin sanglant ? » demanda l’ex-cadet. Astra le dévorait des yeux et secoua la tête de manière négative. « En 4607, Minagho, une puissante démone Lilitu, prit par magie l’aspect d’un réfugié pour entrer dans Kénabres. Une fois à l’intérieur de la ville, elle dévoila sa véritable nature et massacra soixante-deux habitants avant de disparaître dans un nuage d’épaisse fumée noire.»
Zack s’arrêta de replier ses vêtements et se tourna vers Astra qui le regardait avec un mélange de crainte et de vénération.
« Suite à ce que l’on appela plus tard le massacre du Matin sanglant, les réfugiés n’étaient plus autorisés à entrer dans Kénabrès, à moins d’accepter de passer des tests prolongés et douloureux pour prouver leur nature de mortel. »
Zack pris les mains d’Astra et les serra doucement entre les siennes « Astra, depuis ce jour, quiconque éveille le moindre soupçon est exécuté sur-le-champ. » La jeune cadette déglutie péniblement, et se mordit les lèvres nerveusement. Elle ne savait quoi dire à celui qui venait de sacrifier son destin pour elle. Si seulement elle avait su se contrôler…  Si elle avait su réfréner ses instincts … Elle releva une main tremblante pour la poser sur l’épaule de Zack. Des larmes s’écoulaient lentement de ses yeux bleus azur. « Zack, je … » Il secoua la tête, lui interdisant, par ce geste, de continuer sa phrase. Astra se défie lentement de ses vêtements qu’elle laissa tomber au sol. Zack admira son corps souple et parfaitement proportionné. Ses seins étaient d’un blanc laiteux et joliment arrondis. Le galbe de ses fesses renforçait sa cambrure et donnait à un homme l’envie de la prendre sauvagement. Son visage de femme-enfant, enfin, à la beauté presque irréelle, contrastait avec la violence dont elle était capable. Astra était belle à se damner. Le corps de Zack réagit instantanément à la nudité offerte de la jeune fille.

Il avait envie d’elle. Ici, et maintenant.

« Je t’appartiens pour toujours Zacknamaël. » dit Astra qui s’approchait du garçon.
Zack bandait fort et ses mains tremblaient à l’idée de posséder Astra à nouveau. « Non » arriva-t-il à articuler.
Astra s’arrêta à mi-chemin, surprise par la réponse de son mâle. Zacknamaël la dévorait des yeux, et il l’a voulait,
alors pourquoi résistait-il, se demandait Astra. « Je vais te prendre Astra » reprit-il dans un souffle, « non pas parce que tu m’appartiens. Je refuse ce don que tu me donnes Astra. Ta liberté est tienne. » Continua-t-il plus sûr de lui.
« Je vais te prendre parce que j’ai envie de toi. » Il déboutonna sa chemise et dévoila un torse musclé à force d’entraînement acharné. Astra admira ses épaules carrées, ses pectoraux imberbes, ses biceps dessinés. Son visage était ciselé, presque trop parfait. Il était beau comme un diable, et déjà elle sentait une douce moiteur imprégner sa toison blonde. Il défit son pantalon, révélant sa virilité érigée. Astra la saisit entre ses mains. « Mais avant, je vais te révéler ce que ma naissance a fait de moi. » termina Zacknamaël, sur un ton plus ferme mais plus rauque. Il se déshabilla totalement.

Arwyll avait suivi Astra jusqu’à la chambre de Zacknamaël. En petit frère du roi, il ne pouvait s’empêcher de considérer comme son devoir, de protéger celle que son grand frère aimait. Il était resté caché à l’entrée, et lorsqu’Astra s’emporta comme à son accoutumé, il colla son oreille contre la porte. Et soudain, tout devint plus clair. Il comprit enfin le mystère d’Astra. Tous les non-dits, tous les secrets de son frère Madrake, autour d’elle. Tous les compromis acceptés et ses sautes d’humeurs tolérées. Arwyll serra les poings pour se contenir. Astra avait provoqué la chute de celui qui aurait pu être son meilleur ennemi. Il allait la faire payer pour ça. Elle n’aurait pas de deuxième chance. A la moindre erreur, il lui ferait mordre la poussière.

Arwyll attendait à l’extérieur de l’académie de Saint Clydwell. Il avait vu la calèche du Cœur du Défenseur, la célèbre auberge de Kénabrès, attendre patiemment à l’extérieur. Une jeune halfelin s’impatientait visiblement
sur le siège passager. Celui qui semblait être son père l'avait appelé plusieurs fois Ali, et lui avait demandé
autant de fois de rester tranquille. Ses tentatives semblaient aussi efficaces que de vouloir récolter des cerises en hiver.
C’était surtout la grosse marmotte, à l’arrière la calèche, qui intriguait le plus l’ex leader du Feu Spectral. Et puis Zack arriva enfin, portant un sac dans sa main gauche et une malle callée sur son épaule droite. Arwyll remarqua qu’il était totalement seul. Accusé d’avoir mutilé et presque tué Graham Lubbok, la Grande Prêtresse Amaëlle avait été catégorique, la déesse Iomédae ne tolèrerait pas qu’il se présente à la cérémonie de passage. Arwyll fixait Zack qui ne l’avait toujours pas vu. Le regard du banis s’accrochait à l’enseigne de l’académie comme un naufragé à un rocher. Arwyll eut pitié de lui. Il comprenait mieux que n’importe qui, les efforts et les sacrifices qu’avait dû consentir Zacknamaël, pour obtenir les résultats qu’il avait obtenus. Il avait espéré qu’ils auraient pu devenir, l’un l’autre, les meilleurs rivaux, se tirant mutuellement vers le haut.  Il s’approcha de Zack et lança « Alors, Kantaria, on n’a pas supporté la raclée ? On se débine ? »
Il regretta aussitôt ses paroles. Il voulait taquiner un peu Zack, mais ce n’était pas sorti comme il voulait. Zack le remarqua enfin, et avait un regard interrogateur. Il déposa son fardeau à l’arrière de la calèche quand la jeune halfelin lui sauta sur les épaules avec entrain. Zack ignora Arwyll, ce qui énerva profondément ce dernier.
« Ha ! La réputation des Kantaria est vraiment surfaite ! On va bientôt étudier les Obarskyr dans les manuels académiques ! » Renchéri Arwyll avec arrogance. Zack soupira et fouilla de sa main libre dans son sac, l’autre étant occupée à porter-contenir-supporter l’hafelin excitée, puis il s’approcha d’Arwyll. « Je pensais que l’on devait récupérer le drapeau ennemi pour gagner » commença Zack en tendant un paquet à Arwyll.
« J’ai oublié de rendre ceci à l’intendance. Peux-tu le faire pour moi ? »

Arwyll resta coi.

De sa vie, personne n’avait osé lui parler de la sorte. Il détestait définitivement Zacknamaël. Il le regarda s’éloigner lentement avec une halfelin qui passait d’une épaule à l’autre sans discontinuer, considéra un moment le paquet, puis l’ouvrit. Il tenait dans ses mains le drapeau du Feu Spectral. Il regarda Zack avec écœurement. Ce salopard avait pensé à prendre le drapeau malgré le danger de mort. Il n’y avait aucune limite à l’envie de gagner de Zacknamaël KANTARIA.
« Tu es un démon, Zacknamaël ! » hurla-t-il, presque en souriant.
 
Zack tourna la tête vers lui et répondit « Un démon ? » il réfléchit, puis répondit dans un sourire « Oui, je suis le démon de Kénabres. »

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Jeunes Années / Re : Zacknamaël KANTARIA
« le: octobre 30, 2015, 19:33:09 pm »
La lumière du jour filtre à travers ses paupières closes. Dans son demi-éveil, il entend les battements d’ailes d’un ou plusieurs volatiles au-dessus de lui. Puis son odorat se manifeste. Une odeur putride de charogne le saisit à la gorge. Enfin, la douleur se rappelle à son bon souvenir. Ses côtes lui font mal et son visage n’est que douleur. Son nez doit être cassé, il n’arrive pas à respirer correctement. Il sembla à Zack qu’il n’était qu’une plaie ouverte. La facture de son dernier combat est élevée. Il va lui falloir des mois pour guérir. S’il guérit jamais. Il ouvre lentement les yeux, mais les referme aussitôt. Le soleil à son zénith, aveugle quiconque a l’audace de l’affronter, à cette heure où il règne sans partage. Il veut se couvrir les yeux de la main, lorsqu’une voix féminine chuchote.
« Ne bouge pas capitaine. Ils vont bientôt se poser. On a … tu as besoin de manger. » Et comme pour lui donner raison, plusieurs battements d’ailes entament leur descente funèbre. Les charognards se posent les uns après les autres, poussant des cris de satisfaction. Leurs proies n’ont pas bougé depuis le matin. Elles doivent être mortes, ou sur le point de l’être. Les vautours se félicitent. Ils vont finir le travail. Le grattement des serres sur la pierre, l’intensité des cris, Zack évalue leur nombre à une dizaine. « Maintenant capitaine ! » crie la voix d’Astra. Voulant se lever d’un coup sec, il contracta ses abdominaux. Son corps entier hurle de souffrance. Le moindre de ses muscles refuse l’ordre, des millions d’aiguilles s’enfoncent dans ses nerfs à vifs. Zack pousse un « ah » pathétique, sa voix elle-même lui refusant un cri viril.

Il sombre dans les ténèbres.

« Réveilles-toi capitaine. Il faut que tu manges. » Une voix résonne dans l’obscurité. Il sent des mains soulever lentement sa nuque. Une douleur aigue lui vrille les muscles du dos. Zack serra les dents. Il ne veut plus de cette douleur. Un liquide chaud passe la frontière de ses lèvres. Le goût et l’odeur du breuvage lui donnent des haut-le-cœur. « C’est … dégueulasse … » bredouille-t-il, la bouche pleine du jus poisseux. « C’est vrai, mais ça va te sauver la vie. Alors bois. » Dit Astra, plus douce. Zack s’exécute et laisse le fluide chaud descendre jusque dans son estomac. Repus, il ouvre les yeux pour la première fois. Le visage d’Astra surplombe le sien. Elle maintient le cadavre d’un vautour collé à ses lèvres, pour lui permettre de boire. La jeune fille semble sereine. Le masque de la défiance est tombé, et elle le traite comme s’il avait toujours été important pour elle.
 
« Où sommes-nous, Astra ? » murmure-t-il, engourdi.
« Au cœur du Sarkaris » Répond-t-elle.
« Ah ? » s’étonne Zack.
« Oui » répond-t-elle simplement.
« C’est bien » murmura le garçon avant de sombrer dans un l’inconscience.

Il ouvre les yeux. La nuit est toujours installée. Sa vision s’adapte instantanément aux ténèbres. Il est né avec ce don, comme tous ceux de son sang, le don de voir ce qui rôde dans l’obscurité. Non, il n’est plus en extérieur. Au-dessus de lui, un toit de roche le protège. Il sent sous sa peau la chaleur d’un lit de paille, et perçant en dessous, la dureté et la froideur de la pierre. A sa gauche, le mur est décoré de peinture tribale et de peaux tendues. A sa droite, des jarres en terre cuite sont renversées et explosées sur le sol. Il semble que la pièce a été quittée précipitamment par son propriétaire, mais à l’odeur de moisi, cela remonte à très longtemps. Une autre odeur. De la fumée. Une odeur de viande qui cuit à la braise. Zack bouge lentement ses doigts. Les piques de douleur le paralyse instantanément. Il se raidit et ne bougea plus.

Il n’est toujours pas guéri.

Il va mieux, il le sent, mais ce n’est pas suffisant. Soudain quelqu’un fait son apparition dans son champ de vision. Il ne l’a pas entendu arriver. « Tu es réveillé. C’est bien » dit Astra. Elle aussi voit dans le noir, note mentalement Zack. « J’ai fait griller de la viande » continue la jeune cadette, puis elle s’approche de Zack, et soulève doucement sa tête pour la caller sur ses genoux. Il serre les dents. Astra pose un morceau de viande grillé posée sur les lèvres de son capitaine. L’odeur du gibier a réveillé  l’appétit de Zack. Il est affamé. Il veut mordre dans la viande, mais sa mâchoire refuse de lui obéir. Blessé dans son orgueil, il détourne la tête, feignant le dégoût. Astra observe son manège et sourit. Elle bouge à nouveau et dépose cette fois la tête de Zack sur un coussin de paille. « Zack, tu es un imbécile » dit-elle dans un ton très doux. Il ne répond pas. Il n’a pas la force de mâcher, il n’apas non plus la force de l’envoyer se faire voir. Elle mord dans le morceau de viande et le mastique lentement. Il la regarde avec colère. Elle pose une main sur sa joue, et lui caresse doucement le visage. Le regard de Zack change et l’incompréhension se lit désormais dans son regard. Astra se baisse lentement vers lui, et colle ses lèvres aux siennes. Il sent la viande mastiquée passer de la bouche de la jeune fille à la sienne.
Il reste un moment sans bouger, regardant Astra mastiquer à nouveau, puis il déglutit lentement. Pour la première fois de sa vie de cadet, il était dépendant de quelqu’un.

Il se réveille à nouveau. Il va beaucoup mieux. Il sent un corps chaud contre le sien. Astra s’est lovée nue, dans le creux de son épaule. Une peau d’ours les recouvre. Il ne porte plus sa chemise déchirée, ni son pantalon.
« Pour maximiser le contact de la peau, et mieux partager leur chaleur » est la première règle, en cas de danger de gel. N’empêche qu’il se sent ridicule, tout nu et en paire de bottes. Zack sent les seins fermes d’Astra contre son torse. Sa peau est douce et chaude. Ses longs cheveux blonds ressemblent aux champs de blé. Elle glisse sa jambe entre les siennes. Zack se raidit et n’ose plus bouger. Astra remue encore, semblant chercher une meilleure position pour dormir. Un petit mouvement de rein de la jeune fille, et les doigts de Zack se posent sur ses fesses. Surpris, il les relève mais regrette aussitôt son geste. Lentement, il repositionne sa main sur le galbe arrondit. Le corps de la jeune fille réagit à la caresse. « Coquin. » murmure-t-elle. « Je … » Zack essaye de se défendre mais Astra pose un doigt sur ses lèvres. « shhh. Tu as envie de moi… » Elle rapproche ses lèvres, « Et je suis très … obéissante … capitaine ». Chuchote-t-elle le souffle court, avant de mêler sa langue à la sienne.


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Jeunes Années / Re : Zacknamaël KANTARIA
« le: octobre 30, 2015, 18:37:47 pm »
Zack est au sol. Des fourmis lui brûlent l’intérieur des globes oculaires. Il a des côtes cassées et  le souffle coupé. Il ouvre la bouche et tente vainement d’aspirer l’air qui fuit ses poumons. Il lève une main comme pour trouver un appui. Ses doigts rencontrent le vide, s’ouvrant et se fermant dans une danse d’agonie. Son autre main griffe le sol à la recherche d’une prise. Il se débat tel un poisson hors de l’eau, cherchant de l’air à s’en déchirer les mâchoires. Les yeux révulsés, il se cambre, tous les muscles au supplice. Soudain, comme tombé du ciel, quelque chose de tranchant se plante dans sa main et la cloue au sol, lui ouvrant les chairs et les brûlant simultanément. Il ne peut hurler. Sa main libre essai d’attraper ce qui vient de l’attaquer. Ses doigts se referment sur une tige de métal. Comme par magie, le temps semble alors freiner.

Une voix résonne

« Si tu laisses cette lame où elle est, tes amis mourront, mais je te donnerai la force de t’enfuir. »

Zack ouvre les yeux et regarde autour de lui le monde ralentir sa course. L’immense loup noir est suspendu dans son plongeon, la gorge de Graham à portée de croc. Arwyll disparait lentement derrière les branches d’un buisson. Freerick se jette dans son abri à allure lente.
 
La voix reprend « Si tu enlèves cette lame, tu mourras certainement, mais je te donnerai la force de sauver ton ami. » Zack regarde le sang suinter goutte à goutte de sa plaie profonde.

« Quel est ton choix ? »

Les doigts de Zack resserrent leur prise, puis ôtent la lame de la blessure. Le temps s’accélère de nouveau, et un éclair de feu jaillit du poignard d’argent. Sous l’effet de la magie divine, les plaies de Zack se referment, ses os brisés se consolident, il sent son sang pulser de nouveau avec vigueur. Ses muscles répondent à ses ordres à une vitesse extraordinaire. Zack ressent les fibres de ses muscles déborder de force. Il est plus rapide, plus fort.

Il fond sur le monstre encore suspendu dans les airs au-dessus de Graham, et lui bondit sur le dos. Agrippé à la crinière de la créature, il la frappe à la gorge, cherchant la jugulaire. Le garou hurle de douleur et se cabre, tournant son immense cou vers son tortionnaire et tentant de le broyer dans ses mâchoires. Zack frappe à nouveau, sa lame d’argent pénètre facilement les chairs du monstre. Les crocs se referment sur le bras de Zack comme un étau d’acier. Les os de son avant-bras rompent sous la pression. Galvanisé par l’énergie divine, Zack frappe une nouvelle fois, sans se soucier du sort de son bras prisonnier. Freerick sort de sa cachette, l’arc en joue. Un bruit sur sa gauche, il se retourne instantanément et tire sur Arwyll, qui revient au combat. Le leader du Feu Spectral tombe à genoux, le souffle coupé, tandis que Freerick qui vient de le reconnaître, coure vers lui pour le secourir.  Le Loup-Garou, blessé à mort, bondit vers le nord et accélère dans l’espoir de faire chuter son attaquant. Zack serre ses cuisses sur les flancs du monstre et se cramponne de sa main valide.  Lorsque Freerick reporte son attention vers la scène de combat, Zack a disparu.

Zack se cramponne de toutes ses forces à l’encolure de la bête. Elle courre à perdre haleine, s’enfonçant de plus en plus dans les ténèbres du Sarkharis. D’un bond puissant, elle passe au-dessus d’un ravin, se secouant dans l’espoir de se débarrasser de son cavalier. Elle est engagée dans sa course contre la mort depuis des heures. Elle ne parvient pas à se débarrasser de son cavalier. Il a enfoncé sa lame d’argent dans ses chairs et s’y cramponne comme une sangsue avide. La créature remarque un énorme rocher sur sa droite. Soudain elle sait quoi faire. Elle pousse son effort encore une fois, cherchant plus de vitesse. Dans une tentative désespérée, elle pile sur place. Le garçon est propulsé de son encolure et s’écrase au sol.Le monstre montre aux crocs étincelant à une lueur assassine dans les yeux. Alors que son sang suinte de sa plaie béante, se répand sur sa fourrure et se mêle à sa transpiration et sa rage, le loup-garou s’approche lentement de son chasseur devenu proie.
 
Zack se relève en titubant, sa lame-argent à peine tenue. Son autre bras pend lamentablement dans un angle bizarre. Le loup-garou le contourne lentement, resserrant ses cercles à chaque tour. Le cadet, au bord de l’évanouissement, pivote sur son axe pour garder la bête face à lui. S’il flanche, la créature fondra sur lui instantanément. Zack respire difficilement. Tenir debout est au-delà de ses forces. Ses doigts desserrèrent peu à peu la poignée de son arme devenue trop lourde. Il est à bout.

Soudain le monstre se cambre et hurle à la lune, annonçant sa victoire prochaine. Zack  expire une dernière fois. Il resserre ses doigts sur sa lame. Il va mourir l’arme à la main. « Ironie, je meurs ici, et je ne porte même pas mon nom. » pense-t-il. Le monstre charge gueule en avant l’apprenti paladin. « Kantaria… je suis un Kantaria… » Murmure-t-il dans son dernier souffle. Zack sent les crocs du monstre, s’enfoncer dans sa gorge, quand un flash de lumière explose et envoie attaquant et attaqué au sol.

Zack tourne la tête vers la source de lumière, et voit dans le halo solaire, le contour d’une femme aux longues ailes enflammées. A ses pieds, la créature monstrueuse a laissé place à une jeune fille à la chevelure blonde. Zack voit dans le regard de l’ange de flamme de la tendresse et de la compassion.
« Tu es un Kantaria, Zackmanaël. » dit-elle, puis ses traits s'estompent et le halo de lumière disparaît, rendant ses droits aux ténèbres du Sarkharis.

Zack, les yeux hagard, fixe, plus qu’il ne voit, d’énormes rochers autour de lui. En contre bas, le lit d’une rivière asséchée depuis longtemps, et juste dans un creux à droite, l’entrée d’une caverne. Il se traîne jusqu'à la jeune fille étendue sur le sol. Alors qu’elle reprend ses esprits, Zack tombe à genoux et pose difficilement son poignard sur sa nuque. « Qu’es-tu … un monstre, ou un démon ? » dit le garçon à bout de souffle. Astra se retourne lentement, révélant un regard suppliant. La lame est posée sur sa carotide. Zack attend sa réponse pour décider de son sort. Astra déglutit faiblement.  « Ni l’un ni l’autre, je suis née comme ça. » répond-t-elle en fermant les yeux, offrant sa gorge au tranchant. Zack la considère un moment, puis ouvre ses doigts gourds. La lame retombe comme une coquille sans vie sur le côté.

« La naissance, hein… tu m’en diras tant. » murmure-t-il, avant de s’écrouler de tout son poids sur Astra.

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Jeunes Années / Re : Zacknamaël KANTARIA
« le: octobre 30, 2015, 17:29:47 pm »
Académie de Saint Clydwell, 3 ans plus tôt.


La deuxième cloche avait sonné et Zack n’était toujours pas sorti du cours de Kordh. Graham s’inquiétait pour son ami. Il avait osé interrompre le silence sépulcral cher au vieux paladin, durant son cours de stratégie militaire, et petit-fils ou non, Zack allait se faire punir, c’était sûr. Graham enfourna un beignet poisseux de la veille pour se calmer.
« Bon chang, chack, on va êchte en chretard au chours de pchycholochie chémoniaque … »
Ses doigts boudinés tambourinaient sur son livre de cours intitulé « psychologie appliquée : Déterminez si un démon vous ment », du célèbre chasseur de démon Pétros Lorrimor.

Zack et Graham s’étaient rencontrés deux ans plutôt, lors de leur premier jour à l’académie. L’un trop gros pour être apprentie paladin, l’autre trop efflanqué et bossu pour avoir une vraie raison d’être là. Mis de côté par les autres cadets, ils s’étaient retrouvés à manger seuls à leur table au réfectoire. « Tu es là pour quoi, toi ? » demanda le plus joufflu des deux. « Mon grand-père, c’est Kordh. » répondit l’autre. « Wouah, c’est la classe ! Moi, c’est parce que mon père est le boulanger préféré de la reine. Je voulais faire du pain comme lui, mais il a supplié la reine Galfrey de me donner ma chance… » L’enfant au dos courbé lui fit un clin d’œil « On dirait que toi et moi on est verni. » Et tous deux partirent d’un éclat de rire qui était le premier d’un millier d’autre.

« Zack ! Alorch ? Il a dich quoi le vieuch ? » Demanda Graham, finissant de mâcher, lorsqu’il vit arriver son ami.
« Fiche moi la paix, Graham. » Lui répondit le garçon aux boucles brunes, en passant devant lui. Graham regarda passer son meilleur ami avec des yeux ronds. Zack avait dû passer un sale quart d’heure avec le vieux Kordh. Jamais il ne lui avait parlé comme ça. Le garçonnet aux joues roses serra son livre et couru derrière son ami. « Attend Zack ! Attend-moi. » Zack ne s’arrêta pas et força le pas.
« Zack, je t’ai gardé un beignet, fais pas la tête ! » souffla Graham qui devenait rouge sous l’effort.
Le garçon aux mèches brunes s’arrêta net. « Ha ! Je le savais. On ne résiste pas aux beignets ! » dit Graham en s’arrêtant, les mains sur les genoux, pour reprendre son souffle. Le garçonnet sourit à son ami, et sorti de son sac une pâtisserie qui avait connue des jours meilleurs, et la lui tendit. Zack resta sans bouger, fixant Graham dans les yeux.
« Tiens Zack… c’est … tout pour toi. » chuchota Graham, presque gêné par l’attitude de celui qu’il considérait comme frère. Zack baissa les yeux sur le beignet, puis sur le ventre de Graham, avant de le considérer dans son entier avec une expression de dégoût.

« Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans « Fiche-moi la paix. » gros lard ?! » aboya le garçon aux yeux noirs. « Zack ? » hoqueta Graham. « Qu’est-ce que tu ne comprends pas, dans le fait que tu n’es qu’un gros lard, qui n’a rien à foutre ici, à Saint Clydwell ?! » Graham était mortifié et fixait Zack sans mot dire. Ce dernier se retourna et s’apprêtait à partir quand Graham l’interpella « Zack… tu es … mon ami. » dit-il doucement, avant de finir avec plus de force « Je suis ton ami Zack. Pour toujours. Tu te souviens ?» Zack se retourna, son regard brûlait de colère. « Décidément, tu ne veux pas comprendre hein ! »  Il fonça sur le garçon qui le regardait d’un air suppliant, et lui asséna un coup de pied dans le ventre. Graham hurla de douleur et tomba à genoux. « Tu ne veux pas comprendre hein ! » hurla Zack, levant le poing, avant de le redescendre à toute force sur le visage du gros garçon qui mit ses mains en protection devant son visage. « Je ne suis l’ami de personne, tu m’entends ! » Il frappa encore. « Ici, je ne suis rien d’autre pour toi que ton chef d’équipe. Et sois tu te bouges le cul et tu deviens utile, soit je t’éventre ! » Zack saisit Graham par le col et colla son front au sien. « Est-ce que tu m’as bien compris ?! Gros porc ? » Graham agita la tête de bas en haut, tout en retenant ses larmes. « Tu as intérêt à me transformer ton tas de graisse en muscle.» commença Zack entre ses dents. « Dans deux mois se décideront les maisons auxquelles nous appartiendrons. La seule maison valable est celle des phénix. Un gros porc comme toi n’a aucune chance d’y entrer, mais si tu rates les tests pour devenir cadet, je te promets de te dérouiller ! »
Zack laissa Graham au sol et se dirigea vers son prochain cours.

Graham se releva lentement, les joues mouillées de larmes, regardant partir son meilleur ami. Il entrerait chez les Phénix. Quoi qu’il arrive, il irait chez les Phénix. Il serait avec Zack.




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Jeunes Années / Re : Zacknamaël KANTARIA
« le: octobre 30, 2015, 17:18:32 pm »
Freerick ne perd pas de temps. Sa vision nocturne ne fonctionnant qu’à courte portée, il remonte les cinq cent mètres qui le séparent de leur base le plus vite possible. De petite taille, ses courtes enjambées rendent sa progression plus difficile. Il arrive juste à temps pour voir le début du combat entre Zack et Graham. Freerick se cache derrière un rocher à une trentaine de mètres, au cas où l’un des cadets de la division Ruine est embusqué. Il encoche une flèche et vise Zack. Il doit tirer. Mais Zack est son ami… Enfin … même si Zack ne le considère pas comme tel, Freerick n’a jamais pu considérer Zack autrement.

Il tend la corde de son arc. Il faut qu’il tire, d’autant que Zack vient de passer derrière Graham et lui inflige un coup vicieux. Lorsque Graham empoigne Zack par le cou, et que ce dernier se retrouve suspendu au-dessus du sol, ses jambes battant l’air de manière pathétique, Freerick vise inconsciemment la tête de Graham. Non ! Il est l’ennemi de Zack. Freerick ne peut pas… ce serait de la trahison.

Le halfelin prie Shelyn, déesse de l’amour, des arts et de  la beauté pour qu’elle vienne en aide à son ami. Comme répondant à sa prière, un halo de lumière lunaire apparait, illuminant la scène. Zack brise la prise de Graham et se propulse en arrière, tenant dans sa main … Freerick plisse les yeux pour mieux voir … la langue de Graham gigotant en tout sens … « ça fait pas très Shelyn, ça » ne peut s’empêcher de penser le halfelin. Un hurlement fantastique s’échappe alors de la gorge de Graham. Le géant à terre se tord de douleur mais résiste. Freerick a envie d’applaudir devant une telle combativité. Il observe Arwyll, son capitaine de division, rejoindre Zack. A sa grande surprise, au lieu d’engager instantanément le combat, Arwyll semble échanger des paroles avec l’ennemi, puis  fuir le combat ! Zack veut le poursuivre, mais Graham s’interpose et l’empêche de fuir.

Le colosse de Saint Clydwell fait désormais figure de héros pour le jeune halfelin. Puis Zack se retourne contre le gentil géant et le frappe au visage avec sauvagerie. C’en est trop pour Freerick qui cette fois bande son arc en direction de son ami.
« Pardonne-moi Zack. Je ne peux pas te laisser faire. Je sais que tu me comprendras. »Il vise le plexus solaire de Zack. Sa main tremble. Il n’arrive pas à se résoudre à tirer. Quand Zack lève ses deux poings pour achever Graham, Freerick tir.

Apolline coure comme une dératée. Pour elle, un monstre de classe F est gérable. Elle est paladin, elle est entrainée, et surtout, elle est armée. Pour des cadets équipés d’épées de bois, c’était comme livrer un plateau-repas directement à la bête. Elle doit d’abord s’occuper de Cenred en danger de mort, et s’assurer que les trois autres cadets sont à l’abri. Si le monstre n’est pas seul, les quatre corps inconscients deviennent des cibles privilégiées. En revanche, si elle n’aide pas Zack, Arwyll et Graham, ils sont voués à une mort certaine. Quatre vies valent mieux que trois. Apolline fait son choix. Elle s’arrête un moment, pose un genou à terre et sort de son sac un objet qu’elle porte à ses lèvres. Les yeux fermés, elle prie. « Ragathiel, celui qui donne la lumière doit endurer la brûlure. Je t’implore humblement de me prêter assistance, et de remettre ceci à celui qui voudra s’en servir. » Apolline prend son élan, court et lance l’objet béni dans la nuit, en direction du drapeau. Elle se relève, souffle un instant, puis reprend sa route vers les cadets tombés au combat.

Aveuglé par son sang et le visage martelé par les coups ennemis, Graham sent son adversaire vaciller et cesser ses attaques. Il rassemble toutes ses forces en un seul puissant coup. Son poing rencontre la cote de maille de Zack. Des os se brisent derrière les maillons d’acier.

Zack s’écroule au sol.

Graham lève les bras vers le ciel en signe de victoire, dédiant sa victoire à la Déesse paladin, Iomédae l’Héritière. De sa bouche mutilée s’échappe un pâle cri de triomphe. Soudain une mâchoire puissante le saisit à la gorge et le plaque au sol. Graham tente de saisir son agresseur mais c’est peine perdue. La créature est trop forte. Il se laisse aller, et recommande son âme à Iomedae, la déesse guerrière.



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Jeunes Années / Re : Zacknamaël KANTARIA
« le: octobre 30, 2015, 15:04:25 pm »
Apolline laisse Déliah entre les mains des gardes de Saint Clydwell, stationnés sur la berge de la Sellen. Ceux-ci couvrent les épaules de la cadette d’un manteau de laine, et lui tendent une gourde d’eau que cette dernière saisit vivement, afin d’étancher la soif qui la tenaille depuis près de deux jours. Apolline lui sourit, puis lève les yeux vers le ciel. Le disque lunaire se cache toujours derrière les nuages.
« Il serait temps que tu sortes un peu » pense Apolline pour elle-même. « Un peu de lumière ne serait pas si mal. »

Après un geste d’au revoir à Déliah, Apolline remonte rapidement vers sa tente afin d’évaluer la situation. Les jetons de lumières de Marcus, Myron et Gravis clignotent d’un rouge vif. Ils sont inconscients mais en vie. Le jeton de Cenred en revanche clignote d’un rouge terne. Il doit être ramené le plus vite possible, ses jours sont en danger. Un rayon blanc laiteux s’infiltre dans la tente. Apolline tourne la tête vers le ciel. Comme pour répondre à sa prière, la lune sort enfin de son manteau noir, éclairant les terres du Sarkharis de son immense disque d’argent. La paladine de Ragathiel reporte son attention sur la carte. Zacknamaël sort de sa cachette et s’approche d’un Graham au bord de l’épuisement. Le jeton d’Arwyll est toujours collé au drapeau. Il a certainement vu Zack, mais il ne bouge pas.
« On dirait que quelqu’un veut un combat à la loyal. » sourit Apolline en glissant des potions de soins dans son baudrier.

Alors qu’elle s’apprête à quitter la tente de surveillance, un nouveau détail sur la carte magique attire son attention. Un monstre de classe F vient de faire son apparition, comme s’il s’était téléporté sur le champ de bataille. Un hurlement de loup résonne soudain dans le froid de la nuit.

« Tu m’auras fait attendre Zack », murmure Graham faiblement agrippé à sa massue posée au sol, son bouclier pendant mollement sur son bras gauche. Zacknamaël s’approche du géant, l’arme en main.
« Comment veux-tu régler ça, Graham ? » demande-t-il. « Tu abandonnes tout de suite ou tu me forces à te dérouiller ? » poursuit calmement le leader de la division Ruine. « Oh Zack … je rêve de ce moment chaque nuit… ce moment où toi et moi nous nous affrontons. » réplique Graham, « et chaque nuit, je te pulvérise et je pisse sur ton cadavre... » Poursuit-il en s’humectant ses lèvres sèches. « Tu ne crois quand même pas, que je vais laisser passer une occasion pareil ? » termina Graham en soulevant difficilement son immense massue. « Juste un coup, et t’es à ma pogne ! » gronde le colosse électrisé par la rage. Il laisse tomber son bouclier, il veut donner toutes ses forces en attaque.
Zack fonce sur le géant, feignant une attaque d’estoc au ventre et passe derrière son adversaire, en abattant sa lame sur l’arrière du genou droit. Graham grogne de douleur et se retourne brutalement en un swing dévastateur. Zack se baisse de justesse et laisse passer la masse d’arme au-dessus de lui. Il se relève prestement, envoyant son genou dans les parties génitales du géant, qui hurle de douleur. Zack tente pousser son avantage et commet sa première erreur. D’un violent crochet au foie, il tente de finir Graham. Mais ce dernier, rendu fou par la faim, la soif, et la rage du combat ne sent plus la douleur. Il saisit le misérable insecte responsable de ses souffrances par le cou et le soulève du sol, comme un vulgaire pantin. « Je vais te tuer, Zack ! Tu vas crever ! » Hurle Graham.

Zack attrape les deux poignets du colosse et serre à son tour, tentant désespérément de briser la prise avant que sa nuque ne rompe. « Tu n’es qu’un insecte ! Un misérable insecte que j’écrase ! » Rugit le colosse, tenant son ennemi à bout de bras, au-dessus du sol. « Je vais te fermer ta grande gueule. » gargouille Zacknamaël, le cou broyé par les battoires de Graham. Zack sent des picotements dans ses yeux, comme si une colonie entière de fourmis s’acharnait à lui arracher les rétines. Il ne lui reste que quelques secondes avant de perdre connaissance. Il concentre toute sa force dans un ultime coup et abat ses deux mains sur l’intérieur des coudes de Graham. Par effet mécanique, les bras du colosse se replient et perdent en force. Suffisamment pour permettre à Zack de reprendre une respiration, et frapper de nouveau, cette fois en envoyant le tranchant de sa main sur la gorge du géant de Saint Clydwell. Ce dernier hoquète sous la force du coup, et tente de reprendre de l’air en ouvrant grand la bouche. Zack saisit sa chance et plonge sa main dans la gueule grande ouverte.
Son gantelet de maille lui assure une prise impeccable. Zacknamaël, toujours suspendu, pose ses pieds sur le torse du géant, s’arc-boute, et donne un violent coup de rein vers l’arrière, s’arrachant de la prise mortelle et emportant un morceau de chair sanguinolente, dans sa main. Alors que Zack atterrit sur le dos, Graham s’effondre à la renverse, les deux mains recouvrant sa bouche. Un râle grotesque et pitoyable s’échappant de sa gorge, il tente d’empêcher un flot de sang de passer entre ses doigts serrés.
 
Zack, maintenant à quatre pattes, tient toujours dans sa main la langue de Graham qui gigote en tous sens, comme un serpent cherchant l’évasion. Il relève la tête pour voir Arwyll s’approcher lentement de lui. Presque aussitôt, comme pour répondre aux cris de Graham, un hurlement retentit dans la froideur de la nuit, le hurlement puissant d’un loup dominateur. Les deux leaders tournent simultanément leurs têtes vers la colline au nord de leur position. Là-bas, une immense bête noire hurle sa colère à la lune, son amante. Le monstre pousse un deuxième hurlement, encore plus puissant que le premier, qui tétanise de peur les deux cadets.

Zack, au sol, cherche son épée de bois puis se relève lentement. Arwyll s’avance à sa hauteur et fait front commun avec lui. La créature tourne sa gueule dans leur direction, les observe un moment qui leur semble une éternité, et charge.
« Un garou » murmure Arwyll, « un monstre de classe F. Nous n’avons aucune chance. Il faut fuir, Kantaria ! » Achève le chef du Feu spectral, en commençant à courir. Zack ne sait qui de la charge du monstre, des coups de Graham ou du secret de son nom lancé par Arwyll, l’assomment le plus. Il regarde un instant Graham au sol et comprend la manœuvre d’Arwyll. Il veut attirer la créature loin du blessé. Zack tourne les talons pour le suivre, quand la main de Graham lui saisit la cheville.

« Graham, lâche-moi ! » hurle le cadet. Le géant mutilé, tout à sa douleur et inconscient du danger, refuse d’accepter de laisser partir son adversaire. Il refuse sa défaite, il se battra jusqu’au bout, il est un phénix. Tremblant, il relève un genou de terre, et saisit Zack à l’épaule. Ce dernier, pour se libérer, déclenche une série de directs au visage du géant. Graham, battu sauvagement, ne sent plus les coups qui font voler son visage en lambeau. Il refuse de lâcher prise. Il s’est battu pendant des années pour être un phénix.

Il est un phénix, et un phénix ne lâche rien !

Derrière Zack, des grognements accompagnent une charge souple et rapide, les halètements d’un monstre en pleine course se rapprochent de plus en plus. Avec l’énergie du désespoir, Zack lève ses deux mains au-dessus de sa tête, les joignant en un marteau, pour les abattre sur le géant entêté. Jaillissant du sud, une flèche percute Zack en plein estomac, le stoppant net dans son attaque.

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Jeunes Années / Re : Zacknamaël KANTARIA
« le: octobre 30, 2015, 08:01:19 am »
De l’autre côté, vers le talus sud, Gravis charge en hurlant, lame en avant, visant la tête de Cenred. Ce dernier fait mine de se décaler à gauche. Gravis s’adapte instantanément et change le sens de sa frappe, forçant sa lame de bois à décrire un arc de cercle horizontal. « Il est bon » pense Cenred, qui  termine son « faux pas » en se décalant sur la droite. Le cadet de Saint Clydwell poursuit son mouvement en faisant passer son arme dans son dos et la fait jaillir du côté gauche. Surpris, Gravis voit l’arme de son adversaire s’abattre sur son poignet. De douleur, il lâche son arme et n’a que le temps de voir Cenred exécuter une rotation parfaite du buste, sa lame filant à toute vitesse vers sa tempe exposée. Le paladin de Vigil s’écroule telle une poupée de chiffon au pied de son vainqueur.

« Tu as réussi la passe de Kordh ! » hurle Freerick surexcité. Cenred se tourne vers lui le sourire aux lèvres. Il ne voit ni n’entendit Marcus qui le charge à son tour. Cenred se sent soulever du sol tel un fétu de paille. Le géant le tient à bout de bras au-dessus de sa tête. Freerick bande la corde de son arc, vise le colosse de Vigil mais hésite à tirer. Une flèche se fiche juste au-dessus de sa tête. Myron fait feu une deuxième fois, puis une troisième. Il maudit la faible luminosité qui l’empêche d’aligner le halfelin. D’un mouvement aussi puissant que brutal, Marcus abat Cenred sur le sol, dans un écœurant bruit d’os qui se brisent. Cenred, inconscient, et pend mollement dans les bras du géant. Freerick, grâce à sa parfaite vision nocturne voit toute la scène. Il hurle au moment même où la tête de Cenred percute le sol. Ses doigts courent de la corde de son arc à son carquois. Sa première flèche vole vers le visage de Marcus. La pointe de métal arrondie percute l’os nasal du géant, le faisant exploser dans un geyser de sang, tandis qu’une seconde flèche lui éclate l’arcade sourcilière gauche.

Freerick bondit hors de son abri en direction de son compagnon d’arme tout en continuant de tirer flèche après flèche sur Marcus qui s’écroule, comme un mauvais pantomime. Alors que le halfelin arrive sur Cenred, une flèche le frappa à son tour dans les côtes flottantes. Le souffle coupé, il se laisse tomber à l’abri, derrière le corps massif du géant de Vigil, juste avant qu’une seconde flèche ne lui frôle le cuir chevelu. « Cenred ? Cenred ? Tu vas bien ? » S’inquiète-t-il.
Son ami allongé sur le sol reste silencieux. Pour la première fois de sa vie de cadet, la colère s’empare du jeune suivant de Shelyn.
Ce combat vient de devenir personnel. Il veut la tête du tireur adverse. Dans un silence absolu, il se coule le long des ombres projetées par les deux corps au sol, et se glisse derrière une motte de terre à peine plus haute qu’un renard en chasse. Profitant de sa petite taille et de sa vision nocturne, Freerick se déplace encore d’une dizaine de mètres.
La nuit les enveloppe totalement de son manteau noir vide d’étoiles et de lune.

Nul bruit.

Les deux tireurs d’élite se recherchent l’un l’autre.

Freerick prend une pierre et la lance à cinq pas de lui. Un trait déchire instantanément le silence, et frappe l’endroit de l’impact. Myron retient un juron. Il est tombé dans le panneau, dévoilant ainsi sa position. Trois flèches le frappent l’une après l’autre. Assommé par l’attaque, il entend, plus qu’il ne voit, le halfelin arriver sur lui, son épée courte en main. « J’ai perdu. » se dit-il avant de sombrer dans l’inconscience. Freerick se précipite vers Cenred, le prend dans ses bras et le secoue. Son ami ne bouge pas. Impuissant, il le dépose doucement sur le sol et reprend son arc. Il est toujours en mission.

Cette fois, il doit abattre Zack.

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Jeunes Années / Re : Zacknamaël KANTARIA
« le: octobre 30, 2015, 07:58:21 am »
Apolline de Sainte Croix a dressé son poste d’observation à l’abri d’un promontoire rocheux, à deux cents mètres de la berge de la Sellen. Ses yeux bleu acier sont rivés sur la réplique miniature de la carte magique, dans une version cependant plus complète que celle de Kordh. En plus des pions des cadets, elle affiche également les monstres errants dans un périmètre de dix kilomètres. Dès qu’un démon mineur apparait sur la carte, « Apo la vicieuse », comme l’appelle les cadets de Saint Clydwell en secret, part en chasse et l’élimine le plus rapidement possible. Elle raccompagne également les cadets éliminés ou gravement blessés hors des zones de combat, et les confie aux forces stationnées en attente près de la frontière.

Elle n’a pas dormi depuis quatre jours et commence à accuser de sérieux signes de fatigue. Selon ses calculs, les cadets sonnt arrivés au bout de leurs réserves d’eau et de nourriture trente-six heures plutôt. Les cadets du Feu Spectrale doivent être assoiffés et en état d’alerte depuis douze heures. La division Ruine, elle, se repose non loin, à l’abri d’un rocher. Visiblement, Zacknamaël a décidé de mener une guerre d’usure mentale et physique. Elle est fière. Soudain, les cadets Ruine entrent en mouvement. Zacknamaël ne bouge pas, tandis qu’Astra remonte vers le nord en prenant soin de rester contre le vent. Elle semble se diriger directement vers Déliah. Apolline fronce les sourcils, étonnée. Déliah est indétectable. Même avec son entraînement, Apolline ne l’aurait jamais trouvée sans l’aide de la carte. La paladine de Ragathiel observe attentivement le jeton lumineux d’Astra. Cette jeune paladine est un cas très intéressant qu’elle se promet de surveiller. Marcus, Gravis et Myron partent vers le sud. A leurs mouvements moins assurés, ils n’ont pas encore repéré Freerick et Cenred. Le niveau d’énergie de Graham est dangereusement bas. Il est assoiffé et affamé. Encore quelques heures de plus et ce sera finit pour lui. La division Ruine s’arrête de nouveau. « Ils vont attendre le soir maintenant » songe Apolline en regardant le ciel. La nuit devrait tomber d’ici deux ou trois heures tout au plus. Elle a envie de faire une sieste.
Les cadets de la division Ruine ne se gênent pas.
Ces salopards  sans pitié.
Apolline attend.

Alors que la nuit tombe, elle lève les yeux vers le ciel de plus en plus sombre. Si la lune reste cachée dans les nuages noirs qui viennent du nord, la division du feu spectral, avec deux combattants capables d’évoluer dans les ténèbres, sera avantagée. Sur la carte, les jetons lumineux se sont remis en mouvement.

Cachée dans les racines d’un arbre, et recouverte de mousse, Déliah accueille l’arrivée de la fraicheur du soir avec grâce. Elle est épuisée et ses muscles, engourdis. Il faut qu’elle bouge, mais avant, elle veut se débarrasser de cet insecte, qui se balade entre ses omoplates et le bas de son dos depuis trois heures. Son bras droit bouge lentement, guidant sa main entre les lacets de son armure, se glissant sous les plaques de cuirs et continuant sous sa chemise. Encore quelques centimètres. La bestiole sent l’intrusion de cette main vengeresse et commence son ascension vers la nuque de Déliah. « Ah non ! » s’écrie-t-elle mentalement. Ses doigts agiles harponnent l’intrus et se referment sur lui telle une serre. Elle retint un cri de victoire et extrait lentement sa prise de sous son armure de cuir. Elle regarde l’énorme scarabée dont les pattes gigotent de manière erratique. Elle ne put s’empêcher de comparer l’animal à un dauphin-baleine échouée sur la rive de la Sellen. Déliah le porte à sa bouche et croque dedans, laissant les sucs étancher sa soif et sa faim.

Soudain son sixième sens s’éveille et hurle à l’intrus. Quelqu’un vient d’entrer dans son périmètre. Sa main droite, encore pleine du jus d’insecte, se referme sur la poignée de sa dague. « Quelle idiote » pense-t-elle. « Si je me suis faite repérée … ». A peine cette dernière pensée exprimée, qu’elle sent deux poids s’écraser sur son dos, lui coupant le souffle. Déliah tente de se retourner d’un coup de rein, dagues en avant. Une lame se pose sur sa carotide, mettant fin à toute tentative belliqueuse. « Tu as perdu petite. » dit calmement la jeune fille aux nattes blondes que Déliah avait croisé quatre jours plutôt, à l’académie. Astra est assise à califourchon sur le ventre de Déliah, et la tient en respect. « Comment as-tu fais ? » demande Déliah incrédule. « Je n’ai absolument pas bougé le moindre muscle en huit heures. ». « Disons que j’ai du nez. » répond Astra avant de continuer « La prochaine fois, Déliah, ne laisse pas un ennemi t’approcher. Il pourrait te marquer. »  Déliah la regarde avec incompréhension, puis une scène qui s’est déroulée quatre jour plutôt lui revient en mémoire. Elle a vu Astra approcher chacun des cadets et poser sa main sur l’épaule. « Bien joué. » se renfrogne Déliah écœurée. « Et maintenant ? » demande-t-elle. « Maintenant tu vas me suivre. » lui répondune autre voix féminine. Astra et Déliah se retournent surprises. Sans un bruit, Apolline s’était approchée des deux jeunes filles. « Dépêche-toi Déliah. Je ne veux pas manquer le Grand Final » dit Apolline, qui déjà commence à redescendre vers la rivière Sellen.

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