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Messages - evrat

Pages: [1] 2 3 ... 24
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Récits et dialogues / Chap 125 : Avancer à reculons
« le: août 09, 2017, 10:55:09 am »
Les premières heures de chevauchée se firent dans un silence de glas, les esprits des nouveaux compagnons étaient tournés vers les deuils récents. Bien que le jeune Lawren n'en avait pas conscience, les dernières semaines avaient été le théâtre de bien de fins terribles et violentes. Tout d'abord le chevalier dornien, le dit Lancaster, puis l'enfant de la jeune princesse Targayrienne, son propre oncle et bien des hommes d'armes du Conflans et pour finir le troubadour que les dieux avaient eu en miséricorde de rappeler à eux.

Après bien des hésitations, Lawren eu le courage de briser le silence sortant chacun de sa torpeur. Ses pensées se tournaient vers leurs actions futures, où pouvaient ils trouver des alliés. Avec la mort de l'ancienne main du Roi, Eddard Stark, bien des événements s'étaient mis en mouvement. Le Nord se réveillait de son long sommeil glacé pour porter aux armes ost et bannerets contre les lions de l'ouest, des rumeurs colportaient déjà avec véhémence que les propres frères du roi se querellaient pour sa couronne - certains étaient même prêt à croire que les héritiers Baratheons étaient le fruit incestueux de la reine Cersei et son frère.

A nouveau, plus d'une dizaine d'années après la révolte de Robert Baratheon les Sept Royaumes se trouvaient confrontés aux affres de la guerre. Mentalement Lawren refaisait le
tour de leurs choix potentiels et bien des aspects de ceux-ci le dérangeait. La décision avait été prise de partir pour le Val, où se trouvait le domaine des Wydman l'idée
n'était en soit pas sotte il valait mieux s'entourer d'alliés que d'inconnus. Mais le Val en son entier était à la charge de la famille Arryn qui s'était rebellée également contre "le roi fou", tout comme sa femme Tully.

Lawren trouvait étrange les propos de Sir Jonothor, pourquoi donc après avoir mené à bas toute la lignée des Targayrien John Arryn avait eu dans l'idée de sauver et de protéger Rhaenys l'héritière légitime du Trône de Fer. Avait il eu alors un début de remords ses vieux jours arrivant, etait-ce la nostalgie d'un temps révolu ou peut être avait il eu la vison des troubles à venir ? Ses pensées vagabondantes il ne pouvait s'empêcher de se remémorer les rumeurs ayant courues sur son oncle Willem.

La famille Darry avait depuis des générations été proche du trône des Targayriens, son père avait trouvé la mort à la bataille du Guet du Rubis, son oncle Goery manteau blanc et compagnon du prince Rhaegar avait succombé lui aussi à ses côtés et quand à son oncle Willem avait, dit-on, fuit Peyredragon emportant avec lui Daernerys et Viserys vers Essos. Nul ne sait ce qu'il advient d'eux mais pendant son séjour à Port-Real Lawren avait pu entendre une conversation entre le roi Robert et le conseil restreint demandant la mort de ces derniers et l'envoi d'assassin. Il était donc assez logique que l'héritier de la famille Darry fut mis au secret à PortReal si d'aventure son oncle en exil - voir un Targayrien ! - était désireux de prendre contact avec lui.

Lawren trouvait donc tout naturellement sa place au près de Rhaenys comme si une force divine se devait de remplir ce vide. Mais la question de leur destination le taraudait toujours,
comment la veuve de John Arryn, née Tully, allait les recevoir. Il comprenait aisément la haine que pouvait porter les Stark et Tully envers les Lannister, mais cela serait il suffisant pour qu'il souhaite le retour de la bannière du dragon sur le Donjon Rouge. Une appréhension grandissante lui serrait le coeur.

Il aurait préféré que leur pas les guide vers le sud, et pourquoi pas vers la maison Tarly, fidèle de la dernière heure, qui eux pourraient apporter ressources et protection à la jeune Rhaenys. Qui plus est Thalia connaissait la localisation de la "Confrérie de la Liberté" au sein des bois du Bief.

Mais Ser Jonothor mettait tellement d'énergie à son entreprise vers le Val que Lawren peinait à faire entendre sa voix.

A cette heure il était difficile de discerner les ennemis des amis potentiels, qui des anciens adversaires deviendraient les alliés de demain..

2
Récits et dialogues / Chap 125 : Les liens du sang
« le: août 09, 2017, 10:52:38 am »
Ses longs doigts de jouvenceaux suivaient doucement les veinures du bois, combien de membres de sa famille s'étaient attablés ici dans la lecture ou l'écriture de lettres. Il ne gardait que des souvenirs nébuleux de son père et de ses oncles. Tous trois morts à la bataille du Guet du Rubis, il ne savait quoi ressentir pour ces personnages, et d'ailleurs ni pour ce lieu et pour son rang. Plus il passait de temps de temps au sein de la demeure familiale, moins il se sentait lié à eux.

Il savait que de part son sang il pouvait réclamer ses terres et son héritage. Mais qu'en tout logique son destin en serait aussi scellé - finir les boyaux à l'air, la gorge écrasée par un de ses « serviteurs » ou vomissant sa propre bile, empoisonné, ne le mettait guère en joie.

Pour l'heure la raison lui imposait la retenue.

Bien qu'il se savait loin d'être le plus intelligent et ni le plus habile aux intrigues, il sentait au fond de ses entrailles qu'une force l'animait. Elle n'était pas la plus noble ni la plus haute des passions, mais celle d'un enfant qui se cherche vengeance. Une cruauté qui ne se cherchait aucune raison, sale et basse, que seule la jouissance de l'instant présent pouvait assouvir. Une bête sourde à la raison, affamée, dont l’appétit ne se calmerait que dans la souffrance des autres.

Il aurait pu en arrivant hurler que ces terres, ce château et son histoire étaient les siens, que son père en était l’héritier légitime. Crier comme un damné à s'en perdre la voix qu'il exigeait son dû maintenant et sur l'heure. Laisser libre cours à sa colère et à son caprice, maintenant que son oncle gisait au près de l’Étranger.

Il venait tout juste de quitter Port-réal, mené par son oncle dont « les terres » étaient ravagées par les mercenaires de Klegan. Quelles étaient les cartes en sa possession pour faire valoir ses droits ?

Aucune.

Qui de sa maisonnée aurait suivi cet inconnu revenu après dix ans d'absence clamer son héritage. Il sentait souvent les regards des uns et des autres se porter sur son dos, comme autant de dagues prêtes à le lacérer. Beaucoup connaissait la vérité, tous la taisait. Sa propre mère s'était même présentée au château voilà peu pour protéger les intérêts du tout nouveau jeune Lord Darry. Bien-sur elle connaissait tout de cette histoire mais avait préféré demander à son propre fils de ne pas faire de scandale.

A qui profitait donc le crime ? Après la mort de son père, Claytor Darry, cette femme avait convolé peu de temps après avec un homme de la maison Frey. Maison qui n'avait pas levé le petit doigt pendant les dernières razzias sur le Conflans ; et qui avait dépocédées d'une bonne partie de ses terres la maison Darry suite à la victoire de l'Usurpateur. Les Frey et les Darry avaient un long passé en commun et les mariages entre les deux familles étaient fréquents. Mais la maison de Lawren avait prit la décision de rester fidèle à ses engagements avec les Targayriens, combattant contre leur suzerain Tully.

Aujourd'hui la maison Tully récoltait les fruits de ses trahisons passées, pour avoir comploté et avoir rejoint la révolte des Barathéons, elle se retrouvait assaillie et prise à la gorge par ses anciens alliés.

Lors de la Révolte, le viel Hoster Tully avait placé ses deux jeunes filles, Catelyn et Lysa, auprès des familles Stark et Aryn en vue de les voir l'une ou l'autre monter sur le trône. Grand mal lui en a fait, car ni l'un ni l'autre n'avait osé franchir le pas laissant cette bassesse à Robert Barathéon.

Aujourd'hui ces deux mariages, ces deux mésalliances, s'étaient retournés contre lui et le domaine de Vivesaigues devait soutenir le siège de la maison Lannister. Les Sept avaient parfois un humour douteux.

Les lions ne se reconnaissaient aucun égal.

Lawren haïssait la famille Lannister, comme ses autres compagnons il s'était rué pour aider les autres maison du Conflans et ainsi faire tomber Ser Gregor Clegane, dit La Montagne, mais une petite voix intérieure ne pouvait que se réjouir de ce retour de flamme qui mettait à mal aujourd'hui ceux qui avaient trahis les siens par le passé.     

Son regard se porta à nouveau sur le bureau, puis sur sa chambre. Mais cette pièce n'avait jamais été sa chambre, elle était réservé aux invités et aux gens de passage. "Sa" chambre
était pour l'heure occupé par son cousin Lyman.

Lawren enrageait de sa situation mais encore plus de son impuissance à agir, il n'avait jamais vraiment vécu ici et ne gardait de ses jours passés au domaine Darry que de vagues souvenirs. Comment quelque chose que l'on n'avait pas connu pouvait vous manquer.

Malgré cela il ne gardait aucune rancune directe envers son cousin, il n'était qu'un enfant. Mais tout comme lui, les enfants grandissaient et fait homme cet enfant pourrait devenir une lourde menace sur sa propre vie. Lui, aurait connu le domaine, lui y aurait goûté des jours heureux et d'aucun ne se laisserait dépouiller aussi aisément de ses biens et de sa vie comme cela. Lawren le premier, qu'il fusse à sa place ou à celle de son cousin.

Le domaine Darry était une chose, mais le monde était bien plus vaste et ses richesses encore plus. Il savait que sa propre existence et son avenir dépendraient des alliés qu'il pourrait se faire dans les semaines à venir. Comme un écho à ses pensées c'est à ce moment précis qu'à travers sa fenêtre il entrevit là jeune Targaryenne et Ser Jonothor, le chevalier du Val.
Lawren savait que l'homme que deviendrait le jeune Lyman était la première menace qui pesait sur sa propre vie, et qu'il lui faudrait écarter celle-ci. Comme d'autres avant elle...

L'heure des adieux était donc venue.

Lawren désirait rencontrer son cousin une dernière fois avant de partir. Il savait que le jeune garçon venait de perdre son père quelques jours plus tôt et parfois cette idée le réjouissait comme un juste retour pour ceux qu'il avait perdu ou qui l'avait abandonné. Mais confronté à ce genre de pensée la jeunesse et l’innocence de son cousin lui donnait également parfois des hauts le cœur. Aurait il la force de haïr quelqu'un qui partageait son propre sang ? Ne serait il pas plus simple de parler directement avec lui de ce problème d'héritage ?

Il comprendrait - peut être.

Mais ceux qui l'entouraient, ceux qui voyaient en ce jeune garçon une proie facile à manipuler ne le verraient pas de cet œil.

Lawren jaugeait son cousin, plutôt la menace en devenir qu'il pouvait représenter, ses dernières touffes de cheveux ne lui arrivaient guère plus qu'à hauteur de coudes et ses yeux pétillants de toute la fraîcheur de sa jeunesse essayaient vainement de cacher l'effroi de sa toute nouvelle situation.

Les enfants montrent une sorte de cruauté inconsciente qui les blesse eux mêmes autant que leur entourage. Ils ne s'en rendent pas compte. La leçon du bien et du mal doit être apprise dans le chagrin.

Dans un mélange de compassion et d'amertume le nouvel aîné de la famille essaya de lui prodiguer les maigres conseils qu'il comptait s'appliquer à lui même. Avancer à pas feutrés, ne pas se faire remarquer le temps de trouver la bonne opportunité. Il aurait pourtant aimé serrer ce cousin dans ses bras, il était resté longtemps si loin de sa famille, ayant grandit sans l'amour d'une mère et dans le deuil d'un père héros des siens - mais honnis des vainqueurs - qu'il ne savait guère comment exprimer ce que son coeur lui dictait.

Il lui faudrait trouver des alliés, une fois introduit auprès des puissants de ce monde il lui serait facile de retrouver ses terres, libre à son cousin d'aller se faire prendre chez l'Etranger ensuite, la providence mettait sur sa route le marche-pied qui lui ferait gravir des montagnes. Dans une dernière embrassade gênée il laissa le nouveau maître des lieux.

Pour un temps.

Lawren ne pouvait s'empêcher en quittant le manoir familial de songer au siège qui se déroulait en ces même instants à Vivesaigues. Ces chiens de Lannister après avoir ravagé le Conflans s'étaient attaqués au siège du pays des rivières, leur traîtrise ne trouvait donc aucune limite.

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Récits et dialogues / Chap 125 : Et dans les flammes les lier
« le: août 09, 2017, 10:50:19 am »
L'annonce avait sommairement été faite aux premières lueurs de l'aube, malgré un sommeil plutôt agité Lawren avait passé une nuit plutôt correcte. Il n'avait dormi que d'un œil, comme chaque nuit passée sur le domaine Darry, une dague à portée de main. La peur le tenaillait toujours et l'idée de ne pas se réveiller vivant et cette sensation ne le quittait que tard dans la nuit, quand épuisé de veiller le sommeil daignait l'emporter. Malgré cela passer une nuit la boule au ventre valait toujours mieux qu'un lit de caillasse sur un campement de fortune. Tout du moins ici les nuisibles étaient visibles et à sa portée.

Le jeune Tarly avait fait savoir que Stépan, l'infortuné compagnon, avait trouvé la mort dans son sommeil, la Mère avait du prendre ce pauvre hère en pitié finalement. Une idée saugrenue était alors apparue, monter un bûcher pour ses funérailles. Depuis leur première rencontre un certain malaise avait toujours flotté sur la condition du troubadour, beaucoup de non-dits et d'interrogations restaient sans réponse.

On disait que les flammes purifiaient les corps malades, que craignaient ils à l'enterrer comme il se doit ; que cachaient leur visage cireux à la vue du corps inanimé de leur ancien ami. Malgré la curiosité de leur demande du bois fut ramené et le corps y fut déposé, à n'en pas douter cette scène viendrait enfler les récits et les rumeurs de l'étrange cohorte.

Le temps n'était pas au beau fixe, la moiteur de la nuit ne s'était toujours pas levée et les bottes de Lawren s'embourbaient ici et là de quelques centimètres. Malgré cela les dieux se montraient cléments, il ne leur fallut que peu d'effort pour voir la furie du feu embraser le corps. Il savait que le mort suivait la dénommée Thalia depuis longtemps et elle lui portait un attachement qu'il jugeait sincère. Elle le disait musicien, un troubadour du Bief, qui l'avait suivi à travers tous les Sept Royaumes.

Comme faisant échos à son dernier tour de chant parmi les vivants, les flammes du bûché se mirent à danser étrangement. Lawren ne l'aurait lui même pas remarqué s'il n'avait pas noté la fascination de Thalia, Aurane mais aussi la jeune Targaryenne pour ce spectacle. Tous trois faisaient mine de résister à une force qui les attirait de plus en plus vers les flammes, leurs mouvements étaient à peine perceptibles mais l'on pouvait distinguait les légers soubresauts de leurs membres qui se contractaient et se retenaient de répondre à cet appel. La toute « jeune » Tully frémissait à chaque craquement du bois et son front perlait de sueur ; ses yeux quand à eux ne quittaient plus le brasier. Il aurait été dur de savoir ce qu'elle contemplait avec exactitude, la dépouille ou les flammes elles mêmes.

Brisant la litanie dont chacun semblait prisonnier Ser Jonothor ramena vers lui la jeune Rhaenys d'un geste sec et paternel, le « charme » en fut ainsi stoppé net puis il emporta la jeune princesse sous le couvert de la demeure familiale. Avant de se quitter, le chevalier du Val et Aurane ne purent s'empêcher de s'échanger quelques mots acerbes sur leur conviction religieuse.

Lawren ne comprenait guère pourquoi Aurane rejetait tant la conception des Sept, n'avait il pas reçu leur éducation dans son enfance ? Il comprenait bien sur que ses voyages sur la lointaine Essos aient pu lui faire voir ou comprendre des idées nouvelles, mais rejeter tout en bloc jusqu'à la véracité de leur existence surprenait le jeune garçon. Il savait que le Donjon Rouge abritait un prêtre rouge et il avait même été en sa présence. Lawren ne connaissait que peu de chose à cette religion, mais si les gens d'Essos désiraient prier ce dieu plus qu'un autre lui importait peu, alors pourquoi ce sentiment de rejet du bâtard Vélaryon ?

Le jeune garçon repensait aux premiers moments de leur rencontre et se rendait compte qu'il l'avait mal jugé. Il trouvait chez cet homme quelque chose de fascinant.

Des hommes et des femmes comme Ser Jonothor ou Lady Rhaenys il en avait croisé des dizaines par le passé, forts de leurs convictions et de leur rang - engoncés dans leur honneur - ils se ressemblaient tous, pale et sans saveur.

Aurane ressemblait plus aux gens qu'il avait fréquenté dans les tavernes de Port Réal. On croisait parfois de ces petits nobles venus d’encanailler dans les bouges de la capital le cœur plein de morgue. Des dragons d'or au fond des poches et de nombreuses années à s’entraîner avec un maître d'arme faisaient d'eux de dangereux personnages. Ils venaient dépenser leur or et s'embarquer dans la moindre rixe afin de montrer au monde leur supériorité.

Mais, à moins qu'il ne soit un fieffé menteur, le bâtard Vélaryon semblait bel et bien avoir vécut plus d'aventures que celle de percer comme une outre un pauvre paysan de passage – et un peu trop aviné. Il radotait constamment sur sa « glorieuse » campagne entre Yunkai et Mereen qu'il sortait à la moindre occasion. Il y avait quelque chose d’exotique en lui, de palpitant et de dangereux à la fois. Il ne savait jamais si sur trois mots il y avait deux mensonges mais cela le changé tellement de son cadre de Port-réal qu'il aimait l'écouter discourir. Il parlait ouvertement de ses forfaitures de guerre, mettant mal à l'aise le jeune lord, ce dernier n'était pas idiot il savait depuis longtemps que les guerres ne se gagnaient pas en roses et en poèmes, mais il ne ressentait pas chez dans ces paroles le détachement des hommes habitués à tuer, mais un parlé fleurit plus proche de celui des conteurs. Où commençait le mythe et où finissait la vérité.

Il se freinait encore pour ne pas se laisser embringuer par le soudard mais la tentation était là.

4
Récits et dialogues / Chap 125 : Départ
« le: août 09, 2017, 10:47:45 am »
- Départ -

Domaine Darry, année 286


La double porte aux battants blanc et bleu de la chambre prenait des allures de mur infranchissable. Derrière elle, l’orage enflait, Lawren en avait conscience. Dans le halo terne de la lampe, il s’efforçait de se concentrer sur sa lecture. Mais à chaque fois qu’il baissait les yeux, il ne pouvait se départir de la sensation que la porte l’observait comme un juge froid, attendant que sa méfiance s’endorme pour s’ouvrir à la volée sur une terrible sentence.

Il tenta de se raisonner et de faire taire ses craintes stupides. Néanmoins, il sentait bien qu’il se passait quelque chose de grave dans la maison Darry. Bien sûr, on prenait soin de lui cacher la vérité, mais il la devinait aux regards fuyants de son oncle, aux éclats de voix qui résonnaient, tard dans la nuit, entre lui et sa mère ; il la devinait aux chuchotements de la domesticité, dont les rangs se clairsemaient peu à peu. Il la devinait aux visites de courtoisie toujours plus rares de leurs amis et alliés à la cour. Et, surtout, il la pressentait à ces deux mots terribles par lesquels son oncle commençait désormais ses phrases : « Tu sais… ».

Comme tous les enfants, Lawren avait compris que les adultes s’en remettent à des « tu sais » quand, à court d’explications, ils tombent dans des poncifs flous et croient ainsi protéger les enfants de la tourmente.

Ces temps-ci, son oncle multipliait les « Tu sais… » très vagues et les sourires sans joie. Il l’impliquait de moins en moins dans la gestion du domaine et semblait éviter d’aborder le rôle de seigneur qu’en héritier de la maison il serait un jour appelé à occuper.  Alors, il attendait, feignait d’ignorer les signes, comme si sa vie suivait son cours normal – mais il conservait, au ventre, la certitude funeste et obsédante que les jours en étaient comptés. Lawren s’aperçut qu’il n’avait rien retenu de la page qu’il venait de tourner. Il jeta un coup d’oeil aux autres ouvrages empilés sur la desserte. Essais, poèmes. Roman. Ce dernier apaiserait peut-être mieux l’angoisse sourde qui lui nouait les entrailles. Il soupira, posa le pamphlet sur la pile puis, sans conviction, tendit la main vers le volume relié – quand soudain les marches du grand escalier grincèrent bruyamment. Il sursauta et sa main heurta la pile, qui s’écroula. Pris d’une culpabilité irraisonnée, il ramassa les livres en hâte, posa le roman sur ses genoux et l’ouvrit au hasard, le coeur battant, comme s’il craignait d’être pris en faute. Il se força à respirer calmement, honteux de cette réaction puérile, puis guetta le pas qui se rapprochait dans le couloir.

Deux coups frappèrent à sa porte, qu’on ouvrit sans attendre de réponse. Lawren resta très droit sur le fauteuil, immobile, espérant offrir une image digne d’un futur Lord, mais des
tremblements lui agaçaient les épaules, le cou. En cet instant, il n’aurait rien tant voulu que se réfugier dans son lit, se couvrir la tête des couvertures et qu’on l’oublie.

Marise, une des plus anciennes femmes de chambre de la maison, passa la tête par l’embrasure.

« Monsieur, fit-elle d’une voix hésitante, votre oncle requiert votre présence au salon. »

Derrière elle, dans l’ombre, se dressait la haute silhouette d’un homme de main des Lannisters, lequel s’était présenté au manoir en début de soirée. Avec une délicatesse exagérée, Lawren reposa son livre sur la pile, lui lança un dernier regard, puis se leva avec l’impression de ne plus sentir ses
membres.

*****

« Voilà donc le jeune Lawren », fit l'envoyé de la famille Lannister avec un sourire. Il était carré confortablement dans un haut fauteuil, les jambes croisées.

« Il eût été regrettable que vous n’assistiez pas à cette conversation ; elle vous concerne au premier chef. »

L'homme lui adressa un hochement de tête et ses petits yeux bleus se plissèrent, composant l’expression bienveillante d’un grand-père l’invitant à s’asseoir sur ses genoux. Mais Lawren resta figé sur place, quelques pas en retrait. La chaleur du feu qui craquait dans l’âtre le faisait et lui donnait l’impression d’avoir de la fièvre. Il connaissait les lois et le usages des Sept Royaumes ; il caressait l’espoir de mener une carrière d’essayiste parallèlement à la gestion du domaine. Mais il craignait de trop bien comprendre la scène qui se jouait devant lui. Paniqué, il jeta un regard vers son oncle, assis sur le sofa. Il dévisageait son neveu avec une expression de terreur muette.

Les rides de son visage semblaient s’être crevassées dans l’éclat palpitant des flammes, et un voile troublait ses yeux. Il semblait s’être retiré en lui-même, obligé de se couper du monde pour ne pas casser net sous l’effet d’un choc. Lawren lui connaissait cette expression. Il l’avait vue à la mort de son père, deux ans plus tôt. Mais, dans ce regard, il y avait aussi de la détresse, comme un appel au secours qu’il s’interdisait de formuler, refusant de s’appuyer sur son neveu pour pallier sa faiblesse.

« Viens », lui dit-il, sur le même ton qu’un « Tu sais… », en lui désignant le fauteuil en face d’eux. Son crâne dégarni avait pris une teinte jaunâtre, maladive. Les yeux dans le vague, les mains sur les cuisses, parfaitement immobile, on aurait pu croire une statue de cire. De toute l’assemblée, seul l'envoyé des Lannisters était parfaitement à son aise, buvant sa coupe avec un air de chat comblé.

Cette soirée-là serait bien plus meurtrière qu’un duel à fleurets mouchetés.

Lawren obtempéra. Il se percha au bord de l’assise du fauteuil, et l’homme de main qui l’avait suivi depuis sa chambre se plaça dans son dos. Un autre se tenait près de son oncle à la limite du cercle de clarté dispensé par le feu et les lampes basses. Lawren en devina un troisième près de la porte-fenêtre ouvrant sur le parc obscur. Il discerna de longs fourreaux le long de leurs jambes. Ils ne se souciaient ni d’apparence ni d’étiquette. Ils ne cachaient pas leur rôle. Lawren comprit qu’il assistait déjà au dernier acte de cette tragédie qu’il avait pressentie. Et, à en juger par les liasses de documents et de titres étalées sur la table basse, son sort ne lui appartenait déjà plus.

- « C’est un solide gaillard que vous avez là, Darry », dit le Lannister sur le ton de la conversation.

Lawren avait un physique nerveux : son éducation accordait une égale importance à l’intellect et au corps.

- « Serait-il possible de voir ce dont il est capable ?

- Mon neveu ne s’exhibera pas devant vous comme un bestiau sur la place du marché, rétorqua son oncle. Il faudra vous contenter de ce que vous voyez ! »

Un nouveau sourire découvrit les dents de l'envoyé de Port Réal. Son aisance et sa bienveillance contrastaient violemment avec la présence d’hommes armés dans le manoir familial, la supplique muette de son oncle et le malaise que Lawren ressentait toujours en présence du visiteur.

5
PJ actuels / Lawren Darry
« le: mai 05, 2017, 19:06:39 pm »





Lawren Darry





Année de naissance : 279
Taille : 1.m76
Poids : 68kg





PHYSIQUE


Lawren est un jeune homme qui sort à peine de l'adolescence, il n'a pas encore atteint sa pleine carrure d'adulte mais laisse présager un futur homme bien fait de sa personne. De prime abord il a un regard plutôt dur et sévère mais qui s’efface vite lorsqu'il découvre son sourire franc et rieur. Il l'a le pied leste et les mains vives, il n'excelle pas particulièrement aux armes mais il est assez malin pour se sortir de bien de situations.






FAMILLE



 « Toujours se relève ! »




La maison Darry est une maison noble du Conflans. Historiquement, c'était l'une des maisons les plus éminentes et les plus puissantes du Trident, jusqu'à la chute des Targaryens contre Robert Rebellion. Leur blason est un laboureur noir sur le brun. Les Darry ont manqués d’être dépossédé par les Frey à la victoire de Robert qui comptait sur le mépris du roi contre cette ancienne maison.






PASSÉ


Lawren a été élevé à Port-Réal en tant que pupille, proche du pouvoir, parmi une multitude d'enfants et de familles venues de tous les Sept Royaumes. Il a tant été élevé pour tenir son statut que pour servir la famille royale.






COMPORTEMENT


Malgré des traits et un port trahissant sa naissance et son éducation, c'est un jeune homme discret qui essaye de se faire bien voir partout il va. Il est assez malin pour se faire bien voir des bonnes personnages et se faire oublier des autres. Bon camarade avec ceux qu'il apprécie, il peut se montrer dur, parfois mesquin, envers ceux l'ayant blessé.

Il se dit qu'il n'oublie jamais un visage ou une rencontre.

Il n'est pas encore un adulte à part entière mais il a déjà quitté le confort et l'insouciance de l'enfance depuis longtemps[/font]

6
Récits et dialogues / Chap. 119 : Du Nord au Conflans
« le: mai 05, 2017, 14:19:35 pm »


(An 298, 2° lune du 8° mois)

Je les entends encore se disputer, ils se chamaillent comme des enfants.

Qui de l'un ou de l'autre est un vrai chevalier, une femme d'honneur ou un véritable homme lige. Ils s'arrangent, se jaugent, se bousculent comme dans une gigue qui se cesserait de tournoyer. Leurs atermoiements ressemblent plus à une parade nuptiale ou à une querelle d'amoureux, que cherchent ils et où veulent ils en venir. Ils se pavanent, gonflent leur torse bouffi d'orgueil engoncé dans leur armure.

J'ose un œil dans leur direction, j'ai peur qu'ils ne prennent conscience de ma présence et ne m'attirent dans leur querelle. Ser Jonothor m’effraie parfois, j'hésite à grande peine de lever le regard vers ses yeux glacés. Il me rappelle mon père.

Je ne saurais dire si je lui suis utile ou si je l'encombre. Me considère t'il comme un enfant, insignifiant, accroché à sa jambe ou une de ses servantes, que l'on appelle puis que l'on ignore.

Et voici qu'ils tirent les armes et qu'ils en viennent aux mains. Brienne vient de flanquer Ser Jonothor à terre.

Que cherchent ils à se prouver.

Je ne peux pas rester à leur côté plus longtemps, je sens le regard lourd de sens de Rhaenys posé sur eux. Mais surtout sur son lige. De la désapprobation. De l'agacement.

Le corbeau de Maestre Aemon commence à s'agiter, cette créature est des plus étrange. Derrière les deux billes noires que sont ses yeux j'ai l'impression que d'autres me regardent. Plus profonds, plus noirs. Il joue parfois avec mes nerfs et l'animal s'en amuse. Qui de l'homme ou de la bête mène l'autre ?

Il bat des ailes et s'agite, décidément la bestiole n'aime pas être dans sa cage. J’entends alors la voie de Thalia s'élever. Deux personnes s'avancent vers nous, deux jeunes gens. Un garçon et une fille.

La fille dépasse le garçon d'une bonne tête qui a l'air plus frêle mais son regard est marqué d'une grande maturité. Ils avancent seuls en direction de Winterfell.

Mes nouveaux compagnons semblent les connaître, ils se prénomment Jojen et Meera Reed et leur famille leur serait venu en aide quelques mois plus tôt mais je n'arrive pas très bien à comprendre s'ils se sont quitté en bon ou en mauvais terme. Les deux jeunes adultes se rendent à Winterfell où Robb Starck a convoqué l'ensemble des bannerets du Nord pour qu'ils lui jurent allégeance en l'absence de son père, à présent Main du Roi.

Je sens mes compagnons nerveux, et je ne suis pas plus rassuré, s'il advenait que nos identités soient découvertes. J'en frémis pour notre princesse. Mais les deux membres de la famille Reed ne semble pas plus porter attention à nos motivations ni à notre destination.

Sous mes yeux le jeune Jojen se lance alors dans une parodie de discussion avec mon corbeau. Je n'arrive pas y croire, mais le jeune seigneur semble comprendre le volatile et de même en retour. Il comprend rapidement que le corbeau m'a été confié par le vieux Maestre.

Plus les jours avancent et moins ils me semblent ordinaires. Des loups de la taille d'un cheval au delà du Mur, les morts qui se relèvent et marchent parmi les vivants et maintenant cet enfant qui parle aux corbeaux.

Je n'ai pourtant jamais demandé tout cela, je n'ai jamais voulu voir ces choses et encore moins les rencontrer. De les trouver au sein des recueils de la bibliothèque de la maison ou de Maestre Aemon me suffisait amplement. Je commençais à m'habituer à Chateau-Noir, les brimades se faisant moins régulières, moins pesantes. Le temps passé avec le maestre emplissait largement mes journées, et la routine de ces jours me convenait parfaitement. Aujourd'hui mes jambes tremblent à mon réveil, mes mains se crispent à mon couché et je connais que la faim, le froid et la peur. Et cela pour les bons jours.

- « Plus je regarde Lady Rhaenys, plus je me demande où elle trouve la force de continuer, seule contre tous. Certes, elle soutiendrait qu'elle nous a nous. Deux chevaliers incapables de s'entendre, une hors la loi et un gros bêta peureux. Le tout en route pour Port-Réal afin de remettre la dernière de sa lignée sur le trône.

J'allais oublié notre nouvel invité, leur ancien compagnon Stépan. Pauvre petit être. Je me demande parfois s'il n'est pas le plus béni de nous tous, car il ne se rend pas compte du drame vers le quel nous nous dirigeons.

Il en aurait peut être fait une bonne chanson.
»

A mes paroles le corbeau ne réagit guère, me renvoyant à mes propres interrogations.

Nous regardons à tour de rôle dans le trou d'une serrure sans nous apercevoir que la porte s'ouvrira sur un précipice. 

7
Date de la prochaine partie / Re : Prochaine partie le 7 Juin
« le: mai 25, 2016, 18:04:03 pm »
Je confirme

je vous présente le véritable héros de cette aventure !

Le cale porte !



(Hold the door)

8
Date de la prochaine partie / Re : Partie le 24 Mai
« le: mai 22, 2016, 18:00:00 pm »
Pas prévu encore

9
Date de la prochaine partie / Re : Partie le 24 Mai
« le: mai 11, 2016, 17:56:43 pm »
ok pour moi

10
I am back après 15 jours loin de chez moi

donc le 03 semble très compromis, j'ai fait de mon mieux mais impossible de changer mon planning.

je serais libre le 07, 10, 12, 16, 17, 18 dans les dates les plus proches

11
Perso, je prend trois ou quatre niveaux sur le chemin :)

je m'occupe de ma montée de niveau :)

12
Les personnages / Re : Création des personnages
« le: avril 14, 2016, 15:18:32 pm »
UC ? tu veux dire MJ, à moins que ce soit ok avec le Master
[Edit Inzemoon] c'est corrigé

13
Les personnages / Re : Création des personnages
« le: avril 14, 2016, 13:13:52 pm »


https://fr.pinterest.com/pin/403283341609179830/


Dites bonjour à Durlag, votre nouveau soigneur :) Il adore les risettes

14
Les personnages / Re : Création des personnages
« le: avril 14, 2016, 11:16:56 am »
Non c'est bon, le programme dois juste être mis à jour de temps à autre pour recalculer les bonus

15
Les personnages / Re : Création des personnages
« le: avril 14, 2016, 11:13:19 am »
A moins que mon programme de créa bug, je ne vois pas le bonus modifié par mon bandeau de sagesse sur mes compétences liées à la sagesse.

Nouvelle règle ?

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