Opale Campagnes

Archives => IdF - Dorothée => Livre I – L’Invasion de la Plaie du Monde => Discussion démarrée par: Sstrad le février 24, 2016, 15:41:50 pm

Titre: CH.11 Une nuit mythique.
Posté par: Sstrad le février 24, 2016, 15:41:50 pm
Soufflant fort pour mimer un puissant coup d’épée, Ulf sauta sur la table de chêne à pieds joints en poussant un cri de victoire.
Il se tourna lentement vers son seul spectateur, fit semblant d’empoigner un ennemi imaginaire du poing, tandis que son autre main se saisissait de l’outre de vin. Le barbare était heureux. Boire et raconter ses exploits en les grossissant un tout petit peu, c’était ce qu’il préférait par-dessus tout. Ulf lança un regarda en coin à Zack qui suivait ses exploits avec entrain, et sourit.
Il porta l’outre à la bouche et bu tout son saoul avant de reprendre.   

« Et là, j’ai attrapé l’incube qui devait bien faire douze mètre de haut » commença Ulf d’une voix un peu pâteuse, pointant un doigt vengeur vers le monstre de son histoire, « Quinze ! Tout à l’heure il en faisait quinze ! » Rectifia Zack le paladin, qui semblait aussi éméché que lui, et qui en profita pour vider son verre d’un trait. Ulf le regarda un moment interloqué, puis se ressaisit, et acquiesça gravement de la tête, comme pour féliciter son auditeur d’être autant dans l’action que lui-même.
« Ouais, tout à fait ! » reprit-il, maintenant son doigt vengeur dans ce qui devait être la narine du monstre, s’estimant lui-même, au minimum, à dix mètre du sol.
« Et donc je lui ai dit, TOI LA ! TU VAS PAYER POUR TOUT CE QUE TU AS FAIT ! Parfaitement, monsieur ! »
 
Zack hocha frénétiquement de la tête, approuvant la méthode barbare face à un démon.
« Je l’ai choppé par les couilles, puis je les ai remonté par-dessus son front… » Continua Ulf, joignant les gestes et les paroles.
« Ça c’est une grosse paire de couille ! » S’exclama Zack, tout à fait saoul.
« Et comment ! Les plus grosses couilles que j’ai jamais vu ! » Tempêta Ulf, agitant les mains au-dessus de sa tête,
comme s’il secouait les testicules du géant, qui venait d’un coup, de grandir de cinq bon mètres.
« Et là, j’ai entouré sa tête d’Incube avec la peau de ses couilles et j’ai serré comme si j’empêchais les enfers eux-mêmes
de s’ouvrir sous moi. » Ulf avait sauté de la table et avait saisi la peau d’ours, au sol, par le cou, bandant tous ses muscles, comme pour achever une deuxième fois la pauvre bête. Congestionnant sa puissante musculature sous l’effort de son coup fatal, Ulf devint tout rouge, puis dans un dernier râle, relâcha sa prise. Il s’écroula sur la fourrure, ahanant sous l’effort fourni.

Zack se leva de sa chaise, et le corps gainé comme se préparant au salut militaire, applaudit lentement, mais puissamment, les exploits du barbare « Là, je dis bravo. Mes respects, monsieur le barbare ! » Dit-il aussi sincèrement que son état d’ébriété le lui permettait.

Apolline avait congédié les gardes en faction devant la porte du général. Ce soir, Zack et Ulf avaient besoin de décompresser,
et ils allaient boire toute la nuit. Drezen avait besoin que la réputation de son dirigeant soit aussi éclatante que son armure,
aussi s’était-elle résolue à assurer la sécurité de Zacknamaël KANTARIA elle-même.