Opale Campagnes

Archives => IdF - Sstrad - Carrion Crown => Livre 5ème: Les cendres de l'Aube => Discussion démarrée par: Celena le mars 27, 2013, 01:00:27 am

Titre: Chap.20: Nuit étoilée
Posté par: Celena le mars 27, 2013, 01:00:27 am
Je sens le sol glisser sous mes pas. Je le suis, calquant mes mouvements aux siens. Sa main gauche me guide tandis que son bras droit tient fermement ma taille me soulevant presque. Les candélabres de la salle tournoient autour de nous, transformant les lumières en pluie d’étoiles. Les regards nous accompagnent rendant un hommage silencieux à l’élégance de  notre danse. Je l’observe. Je ne me suis jamais tenue aussi proche de lui, de son visage, de son corps. Sa beauté me coupe le souffle. Je tente de ne rien laisser paraître. L’image fugace de ces femmes ayant cédé à ses charmes traverse mon esprit. Comme je les comprenais en cet instant.

Mon regard court sur la ligne de ses épaules. Son port altier, sa prestance, son aura me font penser à un roi. Je souris intérieurement à cette idée dénuée de sens. Mes yeux remontent le long de son cou, sa mâchoire, ses tempes, où des mèches blondes et rebelles roulent doucement.
« Quelle était ta question déjà ? »
La proximité de son souffle me fait sursauter, sa voix me sort de ma contemplation.
Ses yeux bleus plongent dans les miens. Je découvre les subtils détails de ces iris auréolés d’un dégradé indigo, clairsemés de traits dorés que je n’avais encore jamais remarqué.
Ses pupilles s’agrandissent tandis que son regard passe alternativement de mes yeux à mes lèvres.
« Maintenant que nous sommes seuls, quelle est la véritable raison de ta venue ici ? »
Son regard, intense et profond, plonge de nouveau dans le mien. Je le soutiens, attendant patiemment sa réponse.
Son bras se contracte dans mon dos, tandis que l’équilibre de notre danse se brise soudainement. Les étoiles disparaissent, laissant place aux flammes des immenses bougeoirs d’argent.
Je sens ses lèvres se poser délicatement sur les miennes, les effleurant comme une caresse. Je m’immobilise, le souffle court. La caresse disparaît, cédant la place à un baiser chaste mais appuyé.
« Tu parles vraiment trop tu sais. »

Je le sens s’écarter de moi. Un frisson me parcourt. La chaleur de son corps me ferait-elle déjà défaut ?
D’un geste doux, il nous ramène à notre table. Puis se tournant vers moi, me saisit la main, la porte à ses lèvres et y dépose un nouveau baiser.
«  Je te raccompagne au manoir, viens. »
Son assurance habituelle a repris le dessus, enfermant au plus profond l’homme que je venais d’entrapercevoir.
 Je l’observe, sans chercher à dissimuler ma surprise. J’avais pris un engagement en échange de ses réponses. L’avait-il déjà oublié ou cela ne l’intéressait-il tout simplement pas ? Le doute m’envahit soudain, tandis qu’une angoisse me noue peu à peu l’estomac. S’était-il de nouveau joué de moi ? Tout cela n’avait-il servi qu’à démontrer sa supériorité et sa maitrise en toutes situations ? Je sens mon cœur cogner contre ma poitrine tout en le regardant ramasser nos manteaux. Je serre le poing, sentant une multitude de sentiments monter en moi, passant tout aussi brutalement de la colère aux larmes.
Je refuse cette situation de non lieu.

« J’avais donné ma parole de passer la nuit avec toi. L’aurais-tu oublié ? »
La question passe mes lèvres sans que je ne puisse la retenir.
Il se fige instantanément, comme sonné par son contenu. Il m’observe, attendant un mot, un geste de ma part le ramenant à la réalité. Je l’avais déjà vu aux bras de femmes, des dizaines, des centaines de fois. Je me souviens de l’expression de son visage à chacune de ces soirées où il les emmenait passer la nuit dans sa couche. Je me souviens de cette expression que je haïssais tant, tant elle reflétait son détachement. Cette expression que je ne retrouvais pas en cet instant …
Son regard s’accroche au mien, tel un naufragé à un rocher. L’homme qui me faisait tourner quelques instants plus tôt se tient de nouveau devant moi, perdu, ébranlé, aussi fragile qu’un adolescent. Le masque de l’arrogance s’est définitivement brisé, tombant par morceaux sur le tapis de la comédie.

(…)

La porte grande ouverte me laisse découvrir l’espace où il vit depuis son arrivée.
De lourdes tentures richement brodées habillent les murs, dissimulant par endroit des sculptures en bas reliefs d’un raffinement rare. Devant la cheminée, trône un élégant  guéridon où brocs en argent et coupes attendent leur office. Mon regard glisse sur le sol recouvert de peaux parfaitement entretenues, avant de remonter le long d’une lourde étoffe moirée habillant le pied de la pièce maitresse de cette luxueuse chambre.
Le lit, immense, s’étend devant moi. L’on pourrait y dormir à trois sans difficulté. Les montants en bois sculptés supportent un dais aux couleurs bleu pastel rehaussé de motifs dorés et de franges.
Je m’avance doucement vers le centre de la pièce, continuant de déshabiller du regard cette chambre dont le confort et l’élégance n’ont rien à envier au Manoir Adrissant.
Un bruissement de tissu me rappelle que je ne suis pas seule.

Je le sens. Il se tient dans mon dos, son corps effleurant le mien, avant de l’épouser. Ses mains caressent mes bras, remontant lentement vers mes épaules. Je reste parfaitement immobile. Mon cœur bat si fort que je m’attends à le sentir s’arrêter. Sa main gauche caresse mon épaule, continuant sa progression, écartant ma chevelure, lui dévoilant mon cou.
Je sens son souffle glisser sur ma nuque tandis que ses lèvres y déposent de doux baisers. Je le sens descendre, puis remonter, passer derrière puis revenir. Sa main droite maintient mes cheveux relevés tandis que la gauche caresse du bout des doigts mon bras. Je ne peux réprimer un frisson en dépit de la bouffée de chaleur que je sens m’envahir.

Soudain, une nouvelle vague s’envole de me reins et remonte mon dos. Ses lèvres ont laissé la place à une langue qui entreprend de découvrir mon oreille, avant d’en sucer le lobe. Les baisers reprennent, plus intenses, plus appuyés. Doucement, il me fait pivoter vers lui sans reculer pour autant. Son visage effleure ma joue, son souffle caresse ma peau. Sa main gauche quitte mon épaule et épouse mon visage, caressant mes lèvres.
Les siennes s’attardent quelques secondes aux commissures des miennes, comme hésitantes, puis s’y posent délicatement. D’abord le baiser chaste de notre danse, puis, rapidement, une envie insistante de forcer la barrière de mes lèvres.
Je me prends au jeu, résistant puis cédant aux assauts répétés. Je le sens prendre possession de ma bouche, tandis que sa main, enfouie dans mes cheveux, me presse contre son visage, intensifiant la fougue de son baiser. Je me sens perdre pieds et pose mes mains sur son torse afin de maintenir mon équilibre. Le contact de sa peau nue me fait sursauter. Je le sens tressaillir sous mes doigts. La pression de son baiser s’attenue, redevenant plus légère.

Mon épaule gauche se dénude tandis que le tissu de ma robe glisse lentement, découvrant mon sein. Son autre main quitte ma chevelure et entreprend le même travail.
Mes hanches retiennent l’espace d’un instant les tissus, qui achèvent leur course à mes pieds. Un frisson me parcourt. Il se penche et me soulève du sol, me déposant quelques pas plus loin, sur le lit.
Je me glisse prestement sous le drap afin de soustraire ma nudité à son regard. La lune joue les indiscrètes ce soir, inondant la pièce de sa lumière bleutée.  L’on y voit comme en plein jour. Son pantalon quitte ses hanches et finit lui aussi à terre.
Je ne peux détacher mon regard de son corps si parfait. Mes yeux en suivent chaque muscle semblant avoir été dessiné par les plus grands artistes. Il est beau comme un dieu.

Il me rejoint. Son corps se colle au mien, d’une chaleur surréaliste. Je tends une main hésitante vers son visage. Tout ceci est-il bien réel ?  Je la dépose sur sa joue, avant de descendre en caresse sur son torse. Je laisse mes doigts courir, explorer chaque sillon sculpté par ses muscles, effleurant involontairement un mamelon. Le frissonnement déclenché me fait sourire et me pousse à recommencer mais sa main arrête net ma progression.
« C’est à moi de t’aimer ce soir. Laisse-moi te le prouver. S’il te plait. »
Je l’observe sous les rayons de l’astre. Son regard empreint de sérieux et d’honneur me contraint de céder.
D’un hochement, j’accède à sa demande.

Avec une infinie douceur, il me pousse par son poids à me remettre sur le dos. Mon regard se pose sur les dessins dorés du dais créant un ciel d’étoiles dans la chambre. Surprenante et créative attention décorative éclipsée par son dos. Il se penche au-dessus de moi.
La ronde des baisers reprend, d’abord doux et légers, puis, intrusifs et possessifs. Sa main droite s’enfonce dans ma chevelure éparpillée sur l’oreiller, m’y maintenant doucement mais fermement. L’espace d’un instant, elle me distrait de la seconde qui a quitté mon visage.
Je la sens glisser lentement le long de mon cou, descendre vers ma poitrine avant d’atteindre un sein.
D’un geste maitrisé, il en caresse le galbe, passant en dessous, remontant sur le coté, faisant le tour, le prenant à pleine main, le pressant doucement, tandis que son baiser appuyé étouffe une respiration qui s’accélère. Il remonte peu à peu vers le point culminant qu’il finit par saisir doucement entre ses doigts. Une vague de frisson me traverse trouvant écho dans un gémissement sourd. Je pose instinctivement ma main sur son bras, le caressant à mon tour. Ses doigts accélèrent le mouvement, provoquant des gestes indépendants de ma volonté.
Soudain, ma bouche se libère, tandis que ses lèvres glissent le long de ma gorge, rejoignant la main experte.

Il effleure du bout de sa langue la pointe de mon sein, dessinant des cercles imaginaires autour. Le plaisir est intense et la volupté du jeu le rend entreprenant. Il caresse, mordille pour enfin le sucer à pleine bouche m’arrachant un nouveau gémissement. Son autre main libérée de ma chevelure, entame les caresses sur mon second sein, tandis que sa bouche avide ne semble plus vouloir quitter le premier.

Mes mains courent sur ses épaules, allant et venant sans but sauf celui de s’assurer que tout cela n’est pas un rêve. Lentement, il glisse vers sa seconde victime, lui octroyant les mêmes faveurs. Le plaisir redouble, ma poitrine est en feu.
Il ne laisse pas une parcelle de peau qui ne soit caressée ou sucée. Mes sens sont exacerbés, je ne sais où il se trouve tant je le sens partout en même temps.
Puis, lentement, il remonte vers mon visage, revenant aux caresses délicates du début. Sa bouche cherche de nouveau la mienne, mordillant mes lèvres. C’est alors que je prend conscience de ce qui se passe. De cette main quittant anodinement mon sein pour glisser vers le bas, comme attirée par une force irrésistible. Elle masse mon ventre, s’attardant autour du nombril avant de reprendre sa progression. Mon poul s’accélère. Je sens mon bas ventre enflammé par un désir inconnu jusqu’alors. Un désir au seuil de la douleur, si impérieux qu’en cet instant, plus rien n’existe.
Sa bouche reprend possession de la mienne, détournant mon attention de ces envies folles, lorsque mon corps entier se raidit.

Sa main se glisse sans hésitation entre mes jambes, au cœur de mon intimité. Il la caresse, lentement de haut en bas.
Son baiser devient fougueux. Mon esprit perd pied. Sa main devient pressante, les caresses s’intensifient lorsqu’un doigt perce enfin les protections, s’immisçant entre les lèvres. Il s’y glisse voluptueusement, trouvant rapidement mon bouton de bonheur. Le souffle me manque, tandis qu’il descend de nouveau vers ma poitrine en longs baisers. Sa main poursuit en cadence, caressant ce point si sensible que j’en saisi les draps pour ne pas gémir.
Je remonte ma jambe tandis que mes reins se cambrent pour mieux accompagner son mouvement. Je ne remarque pas que son visage à quitter mon corps. Je sens mes jambes s’écarter. Je réalise qu’il n’est plus à mes côtés. Je balaye les draps sans succès lorsqu’un souffle frais sur mes lèvres intimes me fige. Ma respiration est suspendue. Ce n’est pas possible…

Sa langue remontant doucement m’arrache un véritable cri.
Elle progresse lentement pour atteindre le bouton dont elle s’empare. Sa bouche entière  semble vouloir l’absorber tandis que mes gémissements déchirent le silence de la nuit. Mon dos se cambre au point de se briser, mes mains me font mal tant je sers les poings. Je sens sa langue explorer chaque parcelle de mon intimité, remontant et descendant en caresses insoutenables.
Mon cœur s’est définitivement décroché. Le plafond d’étoiles brodées tangue au-dessus de moi. Je perds toute notion des choses. Je pense avoir atteint le paroxysme lorsque un cri s’échappe de ma gorge. Un doigt vient de me pénétrer tandis que sa bouche continue son office. Je crois devenir folle et attrape ses cheveux comme pour éviter de perdre pied. Je le sens aller et venir en moi en cadence pendant que sa bouche me nourrit de baisers. Mon bassin ondule, mes doigts s’enfoncent un peu plus dans ses cheveux, ma respiration s’entrecoupe de gémissements que je ne maitrise plus.
Sa main gauche glisse sous mes reins, soulevant mon bassin. Cette nouvelle inclinaison accompagnée de ses caresses incessantes, m’arrachent un cri de plaisir tandis que mon corps tout entier est parcouru de spasmes dont j’ignorai jusqu’à l’existence.

Il me repose doucement, cessant ses caresses et remontant vers mon visage. Je sens alors tout le poids de son corps glisser entre mes jambes puis sur mon corps. Je ne l’imaginais pas si lourd. Il dépose un baiser volé sur mes lèvres, puis se redresse.
Sa main gauche saisit mes hanches et je sens une déchirure en moi. Sentiment étrange de douleur mêlée à un plaisir infini.
Je sers les dents tandis que je le sens s’enfoncer un peu plus au plus profond de moi. Il se penche de nouveau au-dessus, me caressant le visage en signe d’interrogation. La douleur est là, mais ma joie est immense. Mon sourire finit de le tranquilliser.
Il se redresse et maintenant fermement mes hanches, entame une lente danse en va et vient, réitérant les plaisirs de ses caresses. La douleur s’estompe peu à peu, seul le plaisir reste. Cela doit se lire sur mon visage car son rythme s’accélère et je sens plus précisément ses coups de reins heurtant mon bassin. Il lâche mes hanches et cherchent mes genoux sur lesquels il prend appui. Mes gémissements ne sont plus solitaires. Je cambre le dos, renversant ma tête.
Les coups s’intensifient, puis, dans un cri commun, nous atteignons le paroxysme du plaisir.

Il se laisse lentement retomber sur moi. Je le prends dans mes bras. Son dos, clairsemé de sueur, atteste des instants torrides que nous venons de vivre. Son souffle est bruyant. Il enfouie son visage au creux de mon cou, cherchant refuge dans ma chevelure. Ses bras puissants m’enserrent, manquant de m’étouffer. Je lui rends son étreinte ce qui le fait rire. Je me demande l’espace d’un moment comment une femme « normale » avait pu survivre à une telle force de la nature.
Je le caresse. Son dos, son visage. J’y dépose de doux baisers.

Bientôt, nos respirations s’accordent, retrouvant un rythme plus posé.
Il se laisse glisser sur mon côté, me libérant de son poids. Je me blottis dans ses bras.
Nul besoin de mot. Nous partageons un moment de bonheur comme jamais je ne m’étais autorisée à en rêver.
Les rayons bleus de la lune nous enveloppe, tandis que nous glissons enlacés dans le monde de Desna.



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